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Antisionisme chrétien

Le Guide d’interprétation de l’intolérance musulmane, de l’Archevêque de Cantorbery, B. Burston
03/01/2007

Scalpel littéraire impitoyable en main, l’auteur débride la tumeur qui mine une partie de l’organisme chrétien. C’est incisif, impitoyable, sans pathos et terriblement efficace. Malheureusement, aucun média de premier plan ne reprendra un tel texte. Surtout pas en France. Cela ferait désordre et l’alignement à la française de nos parterres politiques de gauche ne s’en remettrait pas de sitôt. (Menahem Macina).

31/12/06

 

Haaretz

 

Texte original anglais : "The Archbishop’s guide to Muslim intolerance".

 

 

Traduction française : Menahem Macina

 

 

Problème. Vous êtes le dirigeant spirituel de l’Eglise d’Angleterre et, par extension, de quelque 70 millions d’Anglicans de par le monde. Vous êtes venu à Bethléem, pour examiner la question des attaques musulmanes contre des institutions moyen-orientales chrétiennes et arabes.

 

A Bethléem, vous avez entendu des comptes-rendus d’incidents au cours desquels des musulmans ont menacé, rudoyé, battu et même tué des habitants chrétiens palestiniens de cette ville. Certains chrétiens ont rapporté que des musulmans leur ont adressé des menaces de mort s’ils ne transféraient pas des biens fonciers appartenant à des chrétiens.

 

En Iraq, des prêtres ont été attaqués, certains ont été tués.

 

Vous êtes l’Archevêque de Cantorbery. C’est le moment d’élever la voix.

 

A l’arrière-plan de votre esprit, toutefois, il y a le discours du Pape, en septembre [2006], qui parlant de l’islam, s’abstenait de parler du meurtre d’une religieuse en Somalie, ainsi que des attaques à l’explosif contre des églises de Cisjordanie, de Gaza et d’Iraq.

 

 

Solution. Mettez tout cela sur le compte de l’Occident chrétien. Et, tant que vous y êtes, sur celui des Juifs.

 

Le Dr Rowan Williams, Archevêque de Cantorbery, n’est pas le premier idiot venu. Ce dirigeant spirituel de l’Eglise d’Angleterre sait reconnaître un piège quand il y en a un. Il sait ce qui est arrivé au chef de l’Eglise de Rome. L’archevêque n’allait pas suggérer que la responsabilité de l’effusion de sang, perpétrée au nom de l’islam, incombait aux musulmans qui l’ont exécutée.

 

"Dans une extraordinaire attaque", écrit le Times de Londres en résumant ainsi le message :

 

"Le Dr Williams accuse Tony Blair et les Etats-Unis de mettre en danger la vie et l’avenir de plusieurs milliers de chrétiens au Moyen-Orient, qui sont considérés par leurs concitoyens comme des partisans des ’Croisés occidentaux’".

 

Le Times paraphrasait ensuite les propos de l’archevêque, selon lesquels "les chrétiens du Moyen-Orient sont placés dans une situation de risque sans précédent par la politique ’à courte vue’ et ’ignare’ du Gouvernement, concernant l’Iraq".

 

Position gauchiste dans le vent ? Crainte de représailles ? Croyance fondée sur une doctrine ? Si vous êtes l’Archevêque de Cantorbery, vous n’avez pas à hésiter.

 

A Bethléem, qui, comme l’Iraq, est le théâtre d’un exode continu de chrétiens moyen-orientaux, le Dr Williams a tourné les yeux en direction du point de repère qu’est la Terre Sainte, laquelle est rapidement devenue un lieu de pèlerinage pour la gauche doctrinaire.

 

S’exprimant après que sa délégation ait franchi un point de contrôle israélien pour entrer à Bethléem, le Dr Williams a dit :

 

"Le mur que nous venons de traverser, il y a un instant, n’est pas seulement le signe d’un problème éphémère de la politique de la région ; c’est le signe de certaines choses qui sont le plus profondément mauvaises dans le coeur même de l’homme."

 

Un jour, il y aura une explication pertinente de l’obsession de la gauche occidentale à propos du Mur, et du fait qu’elle a érigé la barrière de sécurité au rang de mal absolu. L’anti-Kotel [*]. L’apothéose de la malfaisance, en comparaison de laquelle le massacre d’innocents fait pâle figure.

 

La balance, en définitive, penche largement d’un seul côté. En février [2006], moins de deux semaines après que le Hamas ait remporté la victoire aux élections de l’Autorité Palestinienne, le Synode général de l’Eglise anglicane votait massivement de cesser d’investir dans les "compagnies qui profitent de l’occupation illégale", tel Caterpillar, fabricant des bulldozers D9 de l’armée israélienne.

 

On a cité la réaction de Lord Carey, le prédécesseur du Dr Williams, à cette décision qui, disait-il, ignorait le traumatisme des Juifs israéliens en proie au terrorisme, et affirmant qu’"il avait honte d’être anglican".

 

Il s’agit là d’un comportement-type, et pas seulement d’un réflexe automatique, consistant à imputer toute la responsabilité de la catastrophe moyen-orientale à l’axe Bush-Blair-Israël.

 

Il y a également le racisme du politiquement correct et le sentiment que les musulmans ne sont pas réellement responsables de leurs actes, comme s’ils étaient des enfants espiègles, ou des animaux à l’état sauvage.

 

Non, c’est nous les Occidentaux, Tony Blair, George Bush, les Juifs israéliens, qui sommes responsables. C’est notre arrogance désastreuse et notre terrorisme d’Etat qui ont causé les attentats du 11 septembre 2001 et la déferlante de massacres-suicide qui a suivi. Le seul rôle qu’ont joué les musulmans a été de placer les explosifs, les cutters, les Katiouchas, les Qassam, les Kalachnikov. Nous avions déjà pressé sur la détente.

 

L’archevêque nous raconte que ce sont les chrétiens, aidés et encouragés par des Juifs, qui ont mené à l’intolérance musulmane envers les chrétiens.

 

La guerre a-t-elle réellement alimenté une escalade dans les attaques des musulmans contre les chrétiens ? Sans aucun doute. Le mur est-il la cause des terribles épreuves des Chrétiens de Bethléem ? Cela va de soi.

 

Mais la formulation du Dr Williams, selon laquelle les musulmans ont attaqué des chrétiens à cause de ce que d’autres chrétiens ont fait à d’autres musulmans, a constitué, peut-être plus que quoi que ce soit d’autre, un échos pervers des remarques émises, cette semaine, par le négateur de l’Holocauste, David Irving :

 

"Ils [les Juifs] devraient se demander pourquoi on les a tant haïs durant trois mille ans, au cours desquels il y a eu pogrome sur pogrome, pays après pays."

 

En fin de compte, l’Archevêque nous a appris au moins une chose : Les musulmans doivent prendre la responsabilité de combattre l’intolérance musulmane envers les chrétiens. Car les dirigeants chrétiens pourraient bien s’en avérer incapables.

 

Bradley Burston

 

© Haaretz

 

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Note de la Rédaction d’upjf.org

 

[*] Kotel est l’abrégé de ha-kotel ha-ma’aravi, le Mur occidental, vestige d’une partie du mur d’enceinte du Temple. En jouant ainsi sur les mots, l’auteur veut marquer l’ironie de situation qui vise à présenter les Juifs qui vénèrent un mur sacré, comme les bâtisseurs iniques d’un autre mur, maudit, celui-là, qui symbolise tout le mal dont souffrent les Palestiniens des mains de l’Occupant israélien honni.

 

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Mis en ligne le 03 janvier 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org