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Antisionisme chrétien

L’étrange amour du pape pour "ceux qui appellent le mal, bien, et le bien, mal", M. Macina
02/01/2007

Voir aussi: "Le Pape et les négateurs de l’Holocauste".

 

02/01/07

 

"Comment ne pas tourner, une fois de plus, notre attention vers la situation effroyable des droits de l’homme sur la terre natale de Jésus?". [Reuters)

 

Outre le caractère exorbitant de l’expression "situation effroyable" (Israël n’est pas le Darfour !), on peut se demander qui vise le pape dans cette phrase de sa première homélie de l’année, consacrée aux droits de l’homme ?

 

Sachant que LE coupable tout désigné des atteintes aux droits de l’homme « sur la terre natale de Jésus », est Israël, auquel on reproche d’imposer à la population palestinienne des contrôles sécuritaires "cruels et humiliants", on peut regretter que le pape n’ait pas précisé sa pensée, ne serait-ce que pour être ôté d’un doute, non moins « effroyable que la situation des droits de l’homme sur la terre natale de Jésus ».

 

Sinon qui d’autre ?

 

Il y a peu de chances qu’il s’agisse de Mahmoud Abbas, le « bon dirigeant palestinien », « l’homme de dialogue » et « l’ami de la paix », que célèbrent unanimement – une fois n’est pas coutume - Américains et Européens.

 

S’agirait-il des factions terroristes ? Aucune chance, à moins d’avoir le culte du ridicule. Les terroristes, par définition, ne respectent ni les droits de l’homme ni la vie humaine.

 

Difficile donc d’éviter la dure réalité : c’est bien d’Israël que parlait le pape dans cette homélie.

 

 

Mais qu’est-ce qui ne va pas entre le Vatican et Israël ?

 

L’Etat des Juifs est-il si diabolique, que le chef de l’Eglise catholique ait cru devoir rajouter aux condamnations incessantes de l’ONU, de l’Europe et des pays arabes ? Au moins, les considérations suivantes ne devraient-elles pas être portées au crédit de ce peuple ?

  • Israël n’est pas sur le point d’utiliser l’arme atomique contre un ou plusieurs des Etats arabes qui ont juré sa perte.
  • Il n’a pas organisé une conférence sur les crimes de l’Eglise, en général, durant les siècles où celle-ci avait tout pouvoir, ni sur ceux de l’Inquisition, en particulier.
  • Il s’est même abstenu d’organiser un procès posthume de Pie XII, pour la lâcheté insigne dont a fait preuve ce pape en évitant de « condamner clairement, nettement et non par des allusions diplomatiques, la mise en croix de ces innombrables "frères du Seigneur" » (1), et en ne dénonçant pas, par des paroles de feu, "la situation effroyable des droits de l’homme", qui prévalait alors sur une grande partie du continent européen.

Si l’on se base sur l’audience privée accordée récemment par le pape Benoît XVI au ministre iranien des Affaires étrangères (dont le ministère a patronné le concours de caricatures sur l’Holocauste, organisé à Téhéran), et sur « les salutations chaleureuses » qu’il a fait transmettre au président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, et si l’on y ajoute la déclaration du directeur de la salle de Presse du Saint-Siège, suite à l’exécution de Saddam Hussein - « une exécution capitale est toujours une nouvelle tragique, un motif de tristesse, même lorsqu’il s’agit d’une personne qui s’est rendue coupable de graves délits » -, on en vient à se demander si le principal tort de l’Etat des Juifs n’est pas l’insuffisance de sa malignité.

 

Il semble en effet, que le pape ait toute la miséricorde du monde pour les scélérats, alors qu’il réserve l’essentiel de sa sévérité au seul peuple des Juifs réfugiés en Israël, qui tentent péniblement de survivre sur le territoire qui fut jadis leur patrie, et dont de prétendus "partenaires de la paix" contestent le moindre arpent, massacrent périodiquement leur population et dénient, en toute occasion et dans chaque forum international, à Israël, le droit à l’existence en tant qu’Etat juif indépendant.

 

On attend encore le prophète qui osera ce qu’un simple chroniqueur ne peut se permettre : inviter ce pape, si méritant par ailleurs, à relire les Ecritures dont il n’affectionne guère, semble-t-il, le sens obvie (2), et à en méditer spécialement les passages suivants:

 

Is 5, 20 : Malheur à ceux qui appellent le mal, bien, et le bien, mal, qui font des ténèbres, la lumière, et de la lumière, les ténèbres, qui font de l’amer, le doux, et du doux, l’amer.

 

Pr 17, 15 : Déclarer juste le malfaisant et malfaisant, le juste, deux choses qui sont en horreur à Dieu.

 

 

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(1) Préface de l’écrivain catholique François Mauriac, au livre de Léon Poliakov, Bréviaire de la haine. Le IIIe Reich et les Juifs, 11 avril 1951.

 

(2) Typique, à cet égard, est le refus péremptoire (j’allais écrire : ’viscéral’) de ce pape, d’admettre que Dieu puisse se venger, comme l’atteste pourtant la Bible (Nouveau Testament inclus), à maintes reprises. Voir : "Vengeance de Dieu: refusée par le successeur de Pierre, corroborée par l’apocatastase".

 


Menahem Macina

 

© upjf.org

 

Mis en ligne le 02 janvier 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org