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Etats-Unis

La tempête se déplace et ébranle l’administration américaine
06/09/2005

Elle s’est rapidement transformée en une énorme commotion politique, aux connotations raciales, quand des afro-Américains ont accusé l’administration des Etats-Unis d’avoir ignoré les appels pressants à une aide urgente dans les premiers jours qui ont suivi le choc de l’ouragan contre les côtes de la Louisiane.
Editorial du Jordan Times
 
05/09/05
 
Original anglais : "Shifting storm"
http://www.jordantimes.com/mon/opinion/opinion1.htm
 
 
Traduction française : Menahem Macina
 
Il serait regrettable qu’il faille un cataclysme comme celui qu’a causé l’ouragan Katrina pour que les Etats-Unis prêtent attention à ce qui se passe à l’intérieur de leur pays et commencent à se désengager d’une foule d’implications extérieures, dont certaines sont problématiques, comme la guerre en Iraq.
 
Pourtant, ce semble être le cas. Un premier signe d’une réévaluation de cette sorte, imposée par une opinion publique hostile à des aventures extérieures poursuivies aux dépens de nécessités intérieures urgentes, s’est produit quand le Président Bush a ordonné à des centaines de membres de l’armée de l’air déployée dans la zone de guerre du Golfe, y compris l’Iraq, de revenir au pays et de consacrer tous leurs efforts à évacuer les milliers de gens laissés à l’abandon dans l’Etat de Louisiane, à la suite du passage de Katrina.
 
La tempête s’est rapidement transformée en une énorme commotion politique, aux connotations raciales, quand des afro-Américains ont accusé l’administration des Etats-Unis d’avoir ignoré les appels pressants à une aide urgente dans les premiers jours qui ont suivi le choc de l’ouragan contre les côtes de la Louisiane.
 
Les Etats-Unis déploient à présent plus de 40.000 soldats dans la zone dévastée par l’ouragan, afin de porter assistance aux centaines de milliers de gens, dont la plupart sont pauvres et noirs.
 
Il semble que le nouvel état d’esprit qui règne dans le pays, et qu’a provoqué l’ouragan dévastateur, pourrait avoir des implications sur les stratégies politiques américaines à l’étranger et sur ses engagements partout dans le monde.
 
Il faudra des mois avant que la situation revienne à la normale en Louisiane et au Mississipi, et environ cent milliards de dollars pour réparer la totalité des dommages causés par la colère des éléments. Ce qui signifie tout simplement que Washington aura moins d’argent, de moyens, et aussi de ressources humaines à investir dans la poursuite de sa politique étrangère.
 
Peut-être même n’est-il pas exagéré de conclure que l’engagement militaire américain en Iraq pourrait être affecté par la tâche coûteuse consistant à apporter de l’aide aux deux importants Etats américains où est produite la majeure partie de l’énergie.
 
A ce titre, l’ouragan pourrait avoir la vertu d’ouvrir les yeux du gouvernement américain, dont des citoyens ont exprimé leur consternation devant la terrible négligence de leurs besoins les plus urgents.
 
Beaucoup d’Américains disent maintenant qu’il faut gagner la "guerre" contre la pauvreté et l’injustice à l’intérieur, avant de gagner des guerres à l’étranger, ou même de les envisager. L’opinion publique américaine, comme celle de beaucoup d’autres pays, semble exiger avec force que l’on consacre plus d’attention aux questions nationales, avant que la focalisation ne se porte sur des problèmes extérieurs, si pressants qu’ils paraissent.
 
© The Jordan Times, pour l’original anglais, et M. Macina et upjf.org pour la version française.
 
[Texte aimablement signalé par IMRA - Independent Media Review and Analysis.]
 
Mis en ligne le 06 septembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org