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Contentieux palestino-israélien

M. Ya’alon: les Palestiniens ne veulent pas un Etat, mais la confrontation avec Israël
29/01/2007

22 janvier 2007

 

Texte original anglais (sur le site du Washington Institute) : "The Changing Paradigm of Israeli-Palestinian Relations in the Shadow of Iran and the War against Hizballah". 

 

7ème  Conférence Politique et Stratégie de Hertzliyah - 22 Janvier 2007.

 

 

Traduction française [1] : Stéphane Teicher (pour www.nuitdorient.com)

 

  Cliché IDF, ajouté par upjf.org

Il en est qui croient que la résolution du conflit arabo-israélien amènera la stabilité au Moyen Orient. Beaucoup pensent que le problème est "l’occupation" - la détention des territoires conquis en 1967 -, et que le fait de quitter ces territoires mettra fin au conflit. Ces deux postulats erronés empêchent l’émergence d’un nouveau modèle pour la résolution du conflit. En dépit des tentatives incessantes pour régler ce conflit durant les quinze dernières années, rien n’a été résolu. Nous sommes tellement occupés à nous disputer à propos de la solution que nous avons perdu de vue le problème.

 

Les accords d’Oslo, et la décision d’Arafat de lancer son Intifada en 2000 après avoir été responsable de l’échec du sommet de Camp David, ont montré qu’Arafat ne voulait pas d’une solution à deux Etats, ni de la paix avec Israël. Il voulait éviter de reconnaître Israël comme un Etat juif et indépendant. Les méandres de l’attitude d’Arafat sont dans la ligne de ceux des Palestiniens des générations passées. Les Palestiniens ont toujours rejeté la solution de deux Etats : ils avaient déjà rejeté la Commission Peel, en 1937, et le plan de partition des Nations Unies, de 1947. Le rejet le plus significatif est celui qui est intervenu à Camp David, en 2000, quand Ehoud Barak a carrément offert de se retirer sur les lignes de 1967. En fait, après chaque rejet palestinien d’une solution politique, une violente agression contre les Juifs est intervenue. Le leadership palestinien a admis que les accords d’Oslo étaient un cheval de Troie [2]. Fayçal Husseini disait : "en 2000, nous sommes sortis du cheval".  Aujourd’hui, le Hamas ne cache pas ses vraies intentions: il n’y a pas de place pour un état juif indépendant entre le Jourdain et la Méditerranée. La plupart des Israéliens et de leurs dirigeants voulaient faire un compromis territorial et acceptaient la solution de deux Etats. Une majorité d’Israéliens soutenaient le plan de désengagement, alors qu’il devenait évident qu’il n’y avait pas de partenaire. Le fait que, l’été dernier, nous ayons été attaqués sur deux fronts, a renforcé le sentiment que nous étions dans une impasse ; mais surtout, il a prouvé que la racine du conflit n’est pas l’occupation. L’objectif du Hezbollah n’est pas la libération du Liban, mais la destruction de l’Etat d’Israël, en tant qu’élément d’une stratégie islamique de Jihad. Les organisations palestiniennes aspirent à détruire l’Etat d’Israël, et non à coexister avec lui.

 

Après la révolution de 1979, le conflit s’est mué en un choc de civilisations. C’est la Troisième Guerre Mondiale.

 

La Révolution iranienne de 1979 ne s’est pas produite à cause du conflit israélo-arabe, et Al-Qaeda et les Frères Musulmans ne sont absolument pas des sous-produits de ce conflit. Il y a là une guerre culturelle, et le conflit israélo-arabe en est la conséquence, et non la cause.

 

Je ne vois pas de solution pacifique à court terme. Les retraits unilatéraux Israéliens ne feront que renforcer le Jihad Islamique. Comme il n’y a pas de leadership palestinien efficace, capable et désireux de mettre en œuvre la solution de deux Etats, et comme les jeunes générations de Palestiniens sont éduquées dans une culture de haine et de mort, la solution de deux Etats n’est pas pertinente actuellement ni dans un proche futur, et nous devons rechercher un nouveau modèle.

 

Ce n’est pas tout, car même s’il y avait une solution au conflit israélo-arabe, cela ne résoudrait pas le choc des civilisations avec l’Occident. Nous ne pouvons échapper à la confrontation avec le l’islam djihadiste, et d’abord et avant tout, avec le régime iranien. Ce même Iran qui soutient, finance et arme le terrorisme en Irak et dans l’Autorité Palestinienne, et qui est sur le point d’acquérir des armes nucléaires. Le régime iranien ignore tout bonnement les injonctions de la communauté internationale, et estime que l’Occident est faible et ne constitue pas une menace.

 

Aussi devons-nous tout simplement cesser de nous demander quelle est la solution, et arrêter de rechercher une solution immédiate. Il n’y a pas de solutions immédiates. Nous devons penser en termes de concepts stratégiques à long terme. Il n’y a pas de victoire immédiate, et il nous faut vaincre. La route sera longue. Nous en avons assez des veaux d’or des gouvernements israéliens successifs, assez des espoirs qui se sont avérés vains. Ce dont nous avons besoin à ce stade, c’est d’un leadership qui n’a pas peur de dire la vérité, un leadership qui agisse conformément à une morale claire et non dans la confusion morale, un leadership qui préfère la vérité aux pirouettes. Nous n’avons pas besoin d’illusions, mais d’une stratégie dotée d’une vision et des moyens de la réaliser. Au moment où la vigueur de notre société est en jeu, nous devons travailler à l’éducation des générations futures, fondée sur des valeurs juives, sionistes et démocratiques. C’est cela qui renforcera notre cohésion nationale et sociale, et sa contribution à notre vigueur sera plus grande que l’acquisition d’un jet ou d’un char de plus. 

 

Confrontés au terrorisme palestinien, nous devons nous battre sans concessions, ni reddition. Nous devons mener le combat à Gaza comme nous l’avons mené avec succès en Judée et en Samarie. Nous devons combattre les missiles Kassam en reprenant le contrôle des sites de lancement et en causant des pertes élevées aux Palestiniens. A long terme, nous devons bien réfléchir en sortant du cadre étroit de la "solution à deux Etats", et nous devons tout simplement laisser tomber cette manière de voir les choses.

 

Il faut nous défaire de cette idée conventionnelle qui fait de la solution du conflit israélo-arabe la source de la stabilité au Moyen Orient, et renforcer la volonté de l’Occident d’en découdre avec l’Irak et l’Iran. Les concessions israéliennes ne feront que renforcer le djihad, et donc la "canonisation" des lignes de 1967 doit disparaître, particulièrement à la lumière de notre amère expérience du résultat des concessions israéliennes faites aux Palestiniens, dont les tirs de missiles. Il nous faut des frontières défendables [3]. Pour que cela se réalise, nous devons renforcer et améliorer notre diplomatie officielle en Occident. L’opinion publique occidentale subit le lavage de cerveau d’une propagande qui nie la légitimité même de l’Etat d’Israël.

 

Nous ne pourrons nous en tirer en évitant la confrontation avec le régime iranien. Il n’y aura pas de stabilité en Irak, au Liban, ni dans l’Autorité Palestinienne, tant que nous n’aurons pas vaincu le régime Iranien. Les dirigeants iraniens se sentent en sécurité parce qu’on les laisse agir librement, en dépit de leur faiblesse actuelle. Le gouvernement des Ayatollahs n’est pas naturel et il ne jouit pas d’un large soutien populaire. Il ne durera pas éternellement. Mais sans pression extérieure, aucun changement n’interviendra. Les Iraniens et les Syriens, qui financent le terrorisme et mettent au défi l’ordre international, doivent être punis par la communauté internationale. Le fait qu’ils aient pu échapper à toute sanction pour leur implication dans la dernière guerre du Liban montre le manque de détermination de l’Occident.

 

A la lumière du conflit en cours entre sunnites et chiites dans notre région, Israël et l’Occident peuvent se trouver des intérêts communs avec les musulmans modérés, contre les radicaux. Cela pourrait ouvrir de nouvelles opportunités politiques, mais nécessite une action internationale coordonnée avec les pays qui sont aussi conscients de la menace iranienne.

 

Le conflit existe aussi à l’intérieur des sociétés musulmanes et arabes de notre région. Tout le monde n’est pas djihadiste, et il y a ceux qui préfèrent la démocratie et les droits de l’homme, et qui préfèrent la vie à la mort. La culture de la mort tourne à l’autodestruction. L’Occident doit renforcer ces musulmans modérés, pour qu’ils puissent gagner en force politique, et entreprendre les réformes nécessaires en matière d’éducation.

 

Une forte Armée de Défense d’Israël est un important élément de la sécurité d’Israël. Les échecs récents ne sont pas le résultat de problèmes fondamentaux, mais d’un leadership incompétent, et donc Tsahal sera de nouveau là quand nous aurons un nouveau leadership.

 

En résumé, aptitude à diriger et éducation sont les clés de la force d’Israël et de la victoire de l’Occident dans la Troisième Guerre mondiale

 

© Moshe Ya’alon

 

 

* Moshe Ya’alon est Lieutenant-Général (de réserve) et ancien Chef d’état-major de Tsahal. Il dirige le Centre Shalem.

 

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Notes de la Rédaction d’upjf.org

 

[1] Cette première traduction ne manque ni de mérite ni de qualités. Il a toutefois été nécessaire d’en réviser quelque peu le style et d’en corriger les fautes.

 

[2] On peut lire, sur notre site, une traduction française de l’interview de Husseini, à ce sujet : "Al-Husseini, «Les accords d’Oslo: un cheval de Troie»".

 

[2] Moshe Ya’alon est ici dans la ligne du défunt Menahem Begin. Voir, sur notre site, " M. Begin: ’Qui tient la Judée et la Samarie tient la veine jugulaire d’Israël’ ".

 

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Mis en ligne le 29 janvier 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org