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Israël (Société - mentalités)
Israël (défense - apologie d')

Combattre l’idée que l’Etat juif ne serait pas légitime et gagner l’opinion publique, J. Mc Cain
26/01/2007

Allocution prononcée lors de la 7ème Conférence d’Hertzlyah pour la Politique et la Stratégie - 23/01/07 – session du soir.

 

Texte anglais sur le site de la Conférence d’Herzliya.

 

 

Traduction française * : Albert Soued

(www.chez.com/soued/conf.htm  pour www.nuitdorient.com)

 

 

Merci de m’avoir invité à parler devant vous à cette conférence. Ce "nouveau sommet" est d’une importance majeure et il est difficile de trouver, dans l’histoire récente, une époque où Israël a eu à faire face à autant de défis pour sa sécurité. Dans le passé, l’Etat d’Israël a eu des temps difficiles, ce qui était pour lui la norme plutôt que l’exception. Souvenons-nous : depuis son indépendance, Israël a subi l’invasion de 1948, la Guerre des Six Jours, la guerre du Kippour, la 1ère guerre du Liban, 2 Intifadas et, récemment, la 2ème guerre du Liban. Il n’y a aucun pays au monde qui ait subi, en si peu de temps, autant de défis à son existence. Survivre dans ces conditions est déjà impressionnant, prospérer serait hors de question pour un autre pays.

 

Et pourtant, Israël a prospéré. Je veux croire que l’Amérique y a contribué, puisque ce pays est son allié et son partenaire naturel. Les épreuves continuent avec le Hamas, le Hezbollah, l’antisémitisme qui domine les médias arabes, la dure violence en Iraq et ailleurs, et les menaces hargneuses proférées régulièrement par le président iranien.

 

Mais Israël survivra, comme il a réussi à le faire face aux armées et aux terroristes; comme il a prospéré avec les voisins les plus dangereux au monde, il réussira à écarter les menaces d’aujourd’hui. Et comme il y aura toujours un Israël fort et fier, il y aura toujours des relations étroites et durables entre Israël et les Etats-Unis. Permettez-moi de consacrer quelques minutes à préciser ce que seront ces liens futurs entre les deux pays, selon moi.

 

Je commencerai par l’évidence: il n’y aura jamais de compromission quant à la défense d’Israël. Je sais qu’à cette Conférence on a discuté de la possibilité d’une plus grande coopération avec l’Otan. Je soutiens ces aspirations. Une démocratie amie en état de siège devrait même appartenir à l’organisation de défense la plus efficace du monde.

 

En même temps, je voudrais qu’il n’y ait aucun doute quant à la position américaine, même en dehors de l’Otan. Devant l’accroissement des menaces contre la sécurité d’Israël, le soutien américain devrait s’intensifier, par la fourniture de l’équipement militaire et de la technologie nécessaires pour assurer à Israël la supériorité qualitative sur le plan des armes. Les ennemis d’Israël sont trop nombreux, la marge d’erreur possible, trop faible, et les intérêts communs et les valeurs partagées, trop importants pour qu’il en soit autrement.

 

La puissance israélienne sera mise à l’épreuve. L’Etat qui parraine le terrorisme international, l’Iran, se définit par son hostilité à l’égard des Etats-Unis et d’Israël. Il est tragique que des millénaires d’une Perse digne et fière aboutissent à un gouvernement actuel qui ne peut figurer au nombre de ceux des nations civilisées. Quand le président iranien appelle à l’effacement d’Israël de la carte du monde et exige un monde sans sionisme, ou suggère que la population juive retourne en Europe, ou appelle l’Holocauste un mythe, il est clair que nous avons affaire à un homme malfaisant et à un régime extrêmement dangereux.

 

La poursuite, par l’Iran, du projet nucléaire, constitue un risque inacceptable. Protégé par un arsenal nucléaire, l’Iran intensifierait sans frein son parrainage de la terreur dans le monde, pour éliminer ses ennemis. Son mépris envers le traité de non-prolifération nucléaire, qu’il a signé, rendrait ce traité obsolète et induirait des pays comme la Turquie, l’Egypte, l’Arabie et d’autres à revoir leur posture de défense. Les Etats modérés du Golfe devraient s’adapter à cette nouvelle réalité et le monde vivrait indéfiniment avec la menace d’un transfert, par Téhéran, d’armes nucléaires à des organisations terroristes. Couplé avec son arsenal balistique, un Iran doté de capacité nucléaire constituerait une menace immédiate et mortelle pour l’Etat d’Israël.

 

Le Conseil de Sécurité de l’Onu doit imposer des sanctions politiques et économiques plus sévères. S’il continue à traîner les pieds, les Etats-Unis devront prendre la tête d’un groupe de pays qui partagent leur vision des choses pour imposer des sanctions multilatérales, en dehors de l’Onu. L’Iran a besoin d’importer du pétrole raffiné, ce qui le rend très vulnérable. Des pays tels que la Chine ou la Malaisie, qui ont signé des contrats pour développer la production du pétrole iranien, ainsi que la Russie, qui fournit des systèmes d’armements à Téhéran, devraient comprendre que la menace iranienne sera un élément crucial dans leurs relations bilatérales avec l’Amérique. Entre temps, les Etats-Unis devraient vérifier si ces contrats ne violent pas les clauses de l’"Iran Freedom Support Act", de l’an dernier. [Loi pour le soutien de la liberté en Iran votée par le Congrès. NdT).

 

Les Etats-Unis appelleront le secteur privé à cesser d’investir en Iran, comme cela a déjà été suggéré au cours de cette Conférence. En persuadant les personnes privées, les fonds de pension et les institutions financières de désinvestir des sociétés travaillant avec l’Iran, on peut isoler et rendre illégitime un gouvernement hostile. Et comme nous l’avons fait pour la campagne de désinvestissement en Afrique du Sud, nous intensifierons le débat, à l’intérieur du pays, sur la question de savoir si la situation actuelle sert les intérêts du peuple iranien, ou uniquement ceux d’une élite dévoyée. Les Américains et tous les partisans de la liberté doivent assurer les millions d’Iraniens qui aspirent à l’autodétermination, qu’ils soutiennent leur désir de liberté et de démocratie. Il y a encore beaucoup d’autres choses que nous pouvons et devons faire pour transformer ce soutien en action concrète.

 

Et toutes les options doivent être discutées. Nous ne privilégions pas l’action militaire : elle reste, comme ce doit toujours être le cas, la dernière option. Nous avons encore du chemin diplomatique à parcourir avant de devoir envisager d’autres mesures. Mais il découle de la simple observation de la réalité, qu’il y a une seule chose qui soit pire que la solution militaire, et c’est, mes amis, un Iran doté d’armes nucléaires. Ce régime doit comprendre qu’il ne peut l’emporter dans une confrontation avec le monde.

 

De même les dirigeants du Hamas doivent être isolés. Le peuple palestinien est desservi par un gouvernement terroriste qui refuse de reconnaître le droit d’Israël à exister, de dénoncer la violence et de reconnaître les engagements de paix déjà signés. Les Etats-Unis ne peuvent avoir des relations normales avec un tel gouvernement qui, délibérément, prend pour cibles des civils innocents, pour tenter de terroriser la population juive.

 

Les récents pourparlers entre le Premier ministre, Ehoud Olmert, et le président Abbas sont encourageants, et les Etats-Unis soutiendront ces efforts. Mais nous devons aussi être sûrs que le peuple Israélien puisse vivre en paix, en attendant qu’émergent des dirigeants palestiniens réellement décidés à la paix. Aucune nation ayant des principes moraux – ni Israël, ni les Etats-Unis - ne peut permettre à des terroristes de tracer l’avenir politique de leur peuple. Et nous n’aiderons pas le peuple palestinien, s’il nous faut donner notre consentement ou notre approbation à une association de terroristes qui a réussi à prendre le pouvoir sur une population aspirant désespérément au changement.

 

Et parler de terreur, c’est parler du Hezbollah. La seule chance qu’Israël puisse faire une paix durable avec le Liban, c’est un gouvernement qui ait le monopole de l’autorité à l’intérieur de son pays. Cela implique qu’il n’y ait ni milices privées, ni combattants du Hezbollah, ni armes ni équipements qui affluent vers le Hezbollah. Pourtant, ni l’armée Libanaise, ni la force internationale ne sont disposées, ni déterminées à désarmer le Hezbollah. Tant que cette situation durera,  la trêve actuelle a toutes les chances de permettre au Hezbollah de se regrouper, de se réorganiser et de se réarmer. Mais il n’y a qu’une solution, pour parvenir à une paix durable : que ce soit à brève ou à longue échéance, tôt ou tard, le Hezbollah doit être désarmé.

 

Maintenant, permettez-moi de me tourner brièvement vers l’Iraq. Nous avons fait beaucoup d’erreurs dans cette guerre, et tant Washington que Bagdad demeurent divisés sur la manière de les corriger.  La situation est terrible, et la tentation est de nous laver les mains de cette sale situation. Céder à cette impulsion, c’est, pour l’Iraq, Israël et les Etats-Unis, aller à la catastrophe.

 

Car, un retrait précipité comporte le risque d’une guerre civile généralisée et l’émergence d’un état en faillite au coeur du Moyen-Orient, qui pourrait provoquer l’intervention d’Etats voisins et une guerre régionale de grande envergure. Nous devons empêcher cela à tout prix. Ce qui signifie envoyer nos troupes à Bagdad et dans la province d’Anbar, faire porter au gouvernement Al Maliki la responsabilité de l’exécution des différentes mesures politiques et économiques, et demander des comptes aux voisins de l’Iraq pour leurs actions ou leurs omissions. Si nous voulons avoir une chance de sauver la situation en Iraq, il se peut que ce soit la dernière occasion.

 

Je conclurai en attirant l’attention sur le fait qu’il y a eu un vaste débat, ces derniers mois, non seulement sur le rôle de la promotion de la démocratie dans notre politique étrangère, mais aussi sur la pertinence de l’orientation pro-israélienne de l’Amérique. Ma suggestion est que ce débat passe à côté de l’essentiel. Le lien entre l’Amérique  et Israël n’est pas seulement stratégique, même si cet aspect est important.

 

Le lien le plus profond entre nos deux pays est d’ordre moral. Nous sommes deux démocraties dont l’alliance est fondée sur des valeurs communes. Il n’y a pas de conflit de loyautés dans le fait d’être profondément pro-israélien et pro-américain. Il s’agit de défendre des principes qui sont chers aux deux pays. C’est pourquoi, aujourd’hui, je demeure, comme tant d’entre vous, fièrement pro-américain et fièrement pro-israélien.

 

 

© John Mac Cain

Sénateur républicain de l’Arizona (Etats-Unis)

 

 

* Notre Rédaction a soigneusement revu et corrigé cette première traduction de notre excellent confrère.

 

[Texte aimablement signalé par G. Brandstatter.]

 

 

Mis en ligne le 26 janvier 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org