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Conflits, terrorisme, oppression, etc.
Terrorisme

Attentat d’Eilat: le chauffeur de taxi israélien qui a convoyé le terroriste témoigne, R. Aouate
04/02/2007

29 janvier 2007

 

Sur le site d’Arouts7 en français.

 

 
Une des trois victimes (cliché ajouté par upjf.org.)
 
L’organisation Zaka rassemble les débris humains des victimes
(cliché ajouté par upjf.org.)

 

« Je  soupçonnais cet homme, mais je ne pouvais en faire état avant qu’il ne descende ».

 

Ces paroles sont celles de Yossi Waltinski, le conducteur qui a pris en auto stop le terroriste responsable de l’attentat suicide de ce lundi matin à Eilat.

 

Récit détaillé du témoin principal.

 

Tenus sur la chaîne de télévision Arouts 10, ces propos témoignent de ces instants de peur et de responsabilité, vécus par celui qui a rencontré et conduit Mohamad Al Saksak, responsable de la mort de trois personnes.

 

Ces instants de doute, ce sont ces moments où Yossi Waltinski a fait son possible pour éloigner son passager du centre de la ville, où l’explosion aurait fait probablement beaucoup plus de victimes.

 

Voici le récit détaillé du conducteur, à la seconde près, des instants précédant l’attentat.

 

« Durant tout le trajet, j’essaie de ne pas attirer son attention alors que je tente de détacher discrètement ma ceinture de sécurité. Mais l’homme s’en aperçoit. Je ne pouvais pas prévenir la police et il m’était impossible d’atteindre un poste de police. »

 

Waltinski poursuit :

 

« A un moment donné, l’homme me dit en bégayant qu’il souhaite se rendre à Haïfa. J’ai immédiatement compris, avec certitude, que cet homme était dangereux. J’arrête alors la voiture, et lui demande de sortir. A ma grande surprise, il accepte. Dès qu’il en sort, je téléphone à la police, décris l’endroit où je me trouve et la direction prise par cet homme. Je l’ai fait descendre au niveau d’une déviation de route, de telle sorte que cela nécessite une marche d’une demi-heure au moins. Malgré ça, l’homme a pris une autre direction, vers des routes proches d’habitations. Dès la conversation avec la police terminée, je me mets à suivre l’homme mais celui-ci se met à courir et disparaît de ma vue. A ce moment-là, je perds complètement sa trace »,

 

regrette Yossi.

 

« Et avec tout ça, à ma grande tristesse, cet homme est parvenu à tuer des innocents. C’est pour cette raison que je ne me sens pas bien ».

 

Sur la question de savoir si cet attentat aurait pu être empêché, Yossi déclare ne pas savoir si les forces de sécurité auraient pu arrêter le terroriste au moment ou l’information leur a été donnée.

 

« Peut-être aurait-il été possible de l’arrêter, peut-être pas, je l’ignore. Je ne sais pas combien de forces de police étaient présentes dans cette zone. Entre le moment où j’ai donné l’information, et l’explosion, dix minutes au plus se sont écoulées. Il est resté cinq minutes dans ma voiture. Je roulais volontairement vite afin de détourner son plan vers un autre endroit.»

 

Le conducteur israélien se retrouve alors dans une position classique et critique, connue des forces militaires : il comprend immédiatement qu’il est dans une situation anormale :

 

« Les pensées fusent, à ce moment, et la moindre décision risque d’aggraver plus ou moins les choses ».

 

Le colonel de police de la région d’Eilat, Bruno Stein, précise, quant à lui : 

 

« Il a fallu quelques minutes à la police pour faire le lien entre les deux choses : les indices dans cette zone ajoutés au témoignage concernant le terroriste, et donc pour comprendre qu’il s’agissait de préparer un attentat terroriste. Mais nous ne pouvions savoir qu’il s’agirait d’un attentat-suicide. La réaction a été très rapide : deux patrouilles sont sorties en direction de l’endroit, et il y a eu également la tentative de localiser l’information. Mais il ne faut surtout pas oublier que l’on parle de sept minutes en tout jusqu’à l’explosion, à 9h 40 ce matin. »

 

Stein rappelle que cet attentat était programmé pour faire davantage de victimes, au cœur de la ville.

 

Nul doute que le comportement de Yossi Waltinski, un Israélien comme les autres, est pour beaucoup dans cet épilogue, certes tragique, mais sans commune mesure avec les intentions préalables du terroriste.

 

 

Raphaël Aouate

 

© Arouts7 en français

 

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Les précédents attentats à Eilat et dans la région (Ajout d’upjf.org)

  • 8 février 1990 : 3 terroristes infiltrés en Israël depuis le point frontalier d’Arava (avec la Jordanie) tirent sur un véhicules militaires, blessent 4 soldats, puis sont abattus.
  • 25 novembre 1990 : un soldat égyptien tire et tue un conducteur de bus, 3 soldats, et blesse 26 travailleurs civils au Nord d’Eilat, sur la route Kadesh Barnea.
  • 30 mai 1992 : 2 terroristes nagent depuis Aqaba puis tirent et tuent que un gardien à l’Institut interuniversitaire, à 10 km au Sud d’Eilat.
  • 19 novembre 2003 : un terroriste venant de Jordanie tire sur des touristes équatoriens, en tuant un et en blessant 4 autres.
  • 19 août 2005 : des militants d’Al-Qaida tirent 3 roquettes Katiousha visant un bateau américain. Une roquette touche une installation militaire ans le port d’Aqaba, tuant un soldat jordanien et en blessant un autre. Une autre roquette tombe près de l’aéroport d’Eilat et de l’hôpital de la ville, sans faire de victimes.

(Source : © News Press 2007 TV 5.)

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Mis en ligne le 1er février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org