Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

Une Webcam sur le site des travaux controversés près du Mont du Temple, M. Lavie
16/02/2007

Israël a installé une Webcam sur le site des travaux controversés (Rampe et porte des Maghrébins). Désormais, on peut suivre, en direct, à partir du site de l’Israel Antiquities Authority et en permanence, les travaux et fouilles qui s’y déroulent. (Menahem Macina).

16 février 2007

 

The Guardian

 

Texte original anglais : "Israel Puts Webcams at Disputed Site".

 

Traduction française : Menahem Macina

 

Cliquer pour visionner les images transmises par la Webcam (attention, le temps d’attente peut être assez important)

 

 

Jerusalem (AP)

 

   Image ajoutée par upjf.org

Israël a commencé à transmettre en direct les images des travaux de consolidation et de fouilles du site de la Rampe de Moghrabi, proche du lieu saint chaudement disputé. Il a également répondu favorablement à une demande turque d’inspection des travaux, pour répondre aux intenses critiques du monde musulman.

 

La diffusion des images transmises par des caméras reliées au réseau Internet, est accessible sur le site de l’Administration israélienne des Antiquités, montre les fouilles archéologiques sous trois angles dont les prises de vues se succèdent automatiquement. Une caméra montre la place du Mur occidental en arrière-plan, avec des visiteurs qui vont et viennent.

 

Le gouvernement israélien espère que les images retransmises en direct contribueront à calmer les craintes, et démontreront que les fouilles ont bien lieu à l’extérieur du mur en face de l’esplanade où se trouve la Mosquée al Aqsa, troisième lieu saint de l’islam. Les musulmans ont accusé Israël de fomenter le projet de saper les fondations de la mosquée pour rebâtir les temples de Jérusalem qui se dressaient en ce lieu à l’époque biblique.

 

La controverse extrêmement émotionnelle à propos de ce site, que les Juifs appellent le Mont du Temple et les musulmans, le Noble Sanctuaire, a provoqué des violences dans le passé, et sabordé plusieurs tentatives de paix entre Israël et les Palestiniens [1].

 

Dans la semaine qui s’est écoulée depuis le début des travaux, il y a eu, sur le site, quelques actions de protestation de Palestiniens criant en direction des forces de police et leur jetant des pierres [2]. Jeudi, le dirigeant palestinien Raed Sala s’est à nouveau vu interdire l’accès au site, durant 60 jours, sur ordre d’un tribunal.

 

Les fouilles se déroulent le long du remblai de terre de la Rampe qui mène à la porte des Maghrébins, l’une des entrées des esplanades. En vertu d’arrangements conclus en 1967, quand Israël s’empara de la Vieille Ville de Jérusalem, le Wakf [3] musulman administre le site contesté, mais la Porte des Maghrébins et sa rampe d’accès sont sous la responsabilité d’Israël.

 

Les fouilles archéologiques ont lieu avant les travaux de réparation de la Rampe, entrepris par Israël pour remplacer le passage qui s’effondre par une rampe d’accès soutenue par des piliers de béton. Le passage avait été endommagé, en 2004, par une tempête de neige.

 

Cependant, il est évident que cette critique embarrassante a eu de l’effet. Le maire juif de Jérusalem a dit qu’il appelait à une révision du projet qui pourrait le repousser de plusieurs années, le gouvernement s’est hâté d’installer une Webcam, et jeudi, Olmert a donné son accord à une inspection turque.

 

Jeudi, à la tombée de la nuit, la diffusion sur Internet des images du site éclairé a continué, tandis qu’une tempête de vent faisait vaciller les caméras. On peut voir un tas de décombres, une longue saignée dans le sol jouxtant le passage et une longue prise de vues de l’emplacement du site proche de la place du Mur Occidental, où les Juifs viennent prier.

 

Pourtant, les musulmans sont loin d’être satisfaits de ces images.

 

C’est le cas de Ismail Radwan, un porte-parole du mouvement Palestinien du Hamas, lequel a déclaré :

 

« Cette procédure est insuffisante. L’ennemi sioniste se lance dans une tricherie et continue à creuser. Nous n’avons pas confiance dans ces procédures. »

 

En Turquie, où s’est rendu le Premier Ministre, Ehud Olmert, pour une visite de deux jours, le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a réitéré sa critique du projet et proposé d’envoyer une délégation chargée d’inspecter les travaux. Olmert a donné son accord.

 

La Turquie, un pays musulman, a des liens étroits avec Israël et est considérée comme un intermédiaire potentiel entre Israël et le reste du monde musulman. Avant l’arrivée d’Olmert en Turquie, mercredi, Erdogan a critiqué la construction et appelé à l’arrêter.

 

Olmert a amené avec lui, pour les montrer à ses hôtes turcs, des photos des fouilles, mais Erdogan a affirmé, au cours d’une conférence de presse commune : « Les photos ne me satisfont pas à 100%. »

 

L’acceptation par Israël de permettre une inspection turque a entraîné une critique d’un membre de l’opposition du Parlement israélien, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Silvan Shalom, de l’aile dure du Likoud. Il a affirmé à la radio de l’Armée que cette initiative pourrait mener à une « internationalisation » de Jérusalem. Israël revendique la totalité de la ville, mais les Palestiniens veulent la partie orientale de la ville pour capitale [4].     

 

Mark Lavie

 

© The Guardian

 

---------------------

 

Notes de la Rédaction d’upjf.org

 

[1] Affirmation dénuée de tout fondement. On sait depuis longtemps et de l’aveu même de responsables palestiniens et de dirigeants de mouvements terroristes palestiniens que ces incidents ainsi que d’autres, ont servi de prétexte au déclenchement des Intifadas successives.

[2] Pas un mot, par contre, sur les jets de pierres contre les fidèles juifs en prière devant le Mur occidental en contrebas de l’esplanade.

[3] "Le Waqf qui signifie étymologiquement « l’emprisonnement d’un bien légué dans le but de l’exploiter à des fins autres que son propre usage », est l’immobilisation d’un bien pour le faire fructifier et en donner le bénéfice aux pauvres. En d’autres termes, le Waqf est une sadaqa ou aumône continue dont les récompenses, l’utilité et les effets qui en découlent augmentent durant la vie du donateur et continuent après sa mort ; ses bénéfices étant distribués chaque année (fonds de roulement)." (Wikipedia). 

[4] Ce que ne dit pas l’auteur de cette dépêche, c’est que de leur propre aveu, les dirigeants de l’Autorité Palestinienne (sans parler des dignitaires religieux musulmans) ont, à maintes reprises, revendiqué une souveraineté palestinienne exclusive sur toute la ville de Jérusalem, comme, d’ailleurs, de la majorité, si ce n’est la totalité de la Terre d’Israël, considérée par eux comme étant « la Palestine éternelle, du Fleuve à la Mer » ; voir l’article de Itamar Marcus, "Objectif des Palestiniens: accord de paix ou trêve ?".

 

---------------------

 

Mis en ligne le 16 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org