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Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

Fouilles, mensonges et rampe d’accès à l’esplanade du Temple, Nadav Shragai
20/02/2007

15/02/07

 

Original anglais : "Digs, lies and the Mugrabi bridge".

 

 

Traduction française : Menahem Macina

 

 

Les gens qui ont lancé le projet de construire la rampe d’accès à l’esplanade du Temple ne vont pas tarder à découvrir que la campagne musulmane, hystérique et sans fondement, pour « sauver la mosquée al-Aqsa en danger », n’est qu’une faible partie de leur problème.

 

Les projets conçus pour gagner du temps s’avèrent parfois très coûteux et peuvent même allonger le processus. Le plan de construction de la nouvelle rampe aurait dû être présenté comme il faut au public, comme faisant partie d’un plan détaillé d’urbanisme qui permet de proposer des réserves et des changements. C’est requis par la loi et par la raison. Après tout, il s’agit d’un changement controversé et important de l’apparence d’un lieu qui fait face au Mont du Temple et à ses murs. Même ceux qui approuvent le plan disent que c’est le moindre mal. Il est clair que le projet ne se serait pas matérialisé si la rampe d’accès ne s’était pas effondrée. Mais il n’est pas évident que l’option de rénover l’ancienne rampe ait été envisagée avec suffisamment de réflexion et de créativité.

 

Pourtant, à quelque chose malheur est bon. La projet de rampe révèle le grand déni musulman : celui du lien juif à Jérusalem, au Mont du Temple et au Temple. Le Dr Yitzhak Reiter décrit le problème en détail, dans son étude, "De Jérusalem à La Mecque et retour. "La cohésion [ou : fusion, intégration] musulmane de Jérusalem" ("From Jerusalem to Mecca and Back. The islamic consolidation of Jerusalem") [1] -, ouvrage incontournable pour quiconque veut comprendre les racines du comportement musulman, y compris dans l’affaire de la rampe de la Porte des Maghrébins –, mais, chose regrettable, son livre est resté une recherche universitaire, qui ne parvient pas à déclencher une campagne de relations publiques de la part d’Israël. Maintenant, le public se voit administrer une autre démonstration.

 

Qui, parmi nous, sait, par exemple, que l’on prétend aujourd’hui que la Mosquée al-Aqsa, qui, selon des études contemporaines, a été construite il y a environ 1 400 ans, aurait été édifiée à l’époque de la création du monde, ou à l’époque d’Adam, ou à celle d’Abraham ? Et qui a conscience du fait qu’un nombre croissant d’universitaires et de dirigeants religieux musulmans, prétendent qu’elle existait même avant Jésus et Moïse, et que l’islam a précédé le judaïsme à Jérusalem ?

 

De nos jours, des milliers d’ordonnances religieuses, de publications et de sources nient les racines juives de Jérusalem et de ses lieux saints. Elles prétendent même que le Temple n’a pas existé à Jérusalem, mais qu’il se trouvait à Naplouse ou au Yémen. Une décision religieuse légale (fatwa) qui figure sur  le site Web du Waqf [2] de Jérusalem affirme que le Roi Salomon et le Roi Hérode n’ont pas du tout bâti de Temple, mais seulement réhabilité un édifice existant qui se trouvait là depuis les jours d’Adam. Aujourd’hui, beaucoup de musulmans parlent du Temple comme étant « le plus grand délit de fraude de l’histoire », et beaucoup de juges musulmans adjoignent au mot "temple" l’adjectif "prétendu".

 

Sur le site Web du mouvement islamique [en Israël] pour la région sud, Mohamed Khalaikah cite des archéologues israéliens à l’appui de sa théorie, selon laquelle il n’y a pas trace du Temple des Juifs. Il déforme les écrits de ces archéologues, dont les études ont apporté des découvertes de sources bibliques qui corroborent l’existence du Temple.

 

Des personnalités religieuses musulmanes tentent de présenter la présence juive à Jérusalem comme ayant été de courte durée. Le Mur occidental, affirment-ils, est un site musulman. Selon eux, l’affinité des Juifs avec ce lieu a été inventée à des fins politiques et date seulement des XIXe et XXe siècles. Leur but est de réfuter la centralité de Jérusalem pour le judaïsme. Plus que tout, ils insistent sur la « priorité de la suprématie de l’islam sur le judaïsme, qui souille le caractère musulman de la ville. »

 

Les dirigeants religieux musulmans ayant un bagage académique au moins partiel, réécrivent aujourd’hui l’histoire de Jérusalem et introduisent des termes et des contenus nouveaux dans le discours musulman et palestinien. Ces textes sont une totale absurdité, même si l’on se réfère à des historiens musulmans connus, comme al Makdessi (qui vivait au XIe siècle). Au cours des dernières années, cette nouvelle terminologie est également passée dans le discours des politiciens musulmans et palestiniens. Ehud Barak, Shlomo Ben-Ami et les membres de la délégation américaine ont été horrifiés de l’entendre, lors du Sommet de Camp David en 2000, de la bouche de Yasser Arafat et de celle des membres de sa délégation.

 

Il est donc facile de comprendre pourquoi les musulmans ont si peur des fouilles archéologiques, non seulement sur le Mont du Temple lui-même, mais également dans ses alentours, bien que ces fouilles éclairent aussi l’histoire musulmane de Jérusalem. Si les musulmans craignent ces fouilles, ce n’est pas parce qu’elles mettent matériellement en danger les fondations d’Al-Aqsa, mais parce qu’elles ruinent le tissu de mensonges affirmant que les Juifs n’ont pas de racines historiques avérées dans la ville ni dans les lieux saints.

 

Nadav Shragai

 

© Haaretz

 

 

Notes de la Rédaction d’upjf.org

 

[1] L’ouvrage n’existe qu’en hébreu : Miroushalaim lamekah uvehazarah. Hahitlaqdut hamoslemit sviv yirushalaim, Mekhon yerushalaim leheqer yisrael. Jerusalem, 2005. http://www.jiis.org.il ; e-mail: machon@jiis.org.il. On notera que le sous-titre de la version anglaise - The islamic consolidation of Jerusalem – rend mal l’original hébreu, qui est "La cohésion [ou : fusion, intégration] musulmane autour de Jérusalem".

 

[2] "Le Waqf qui signifie étymologiquement « l’emprisonnement d’un bien légué dans le but de l’exploiter à des fins autres que son propre usage », est l’immobilisation d’un bien pour le faire fructifier et en donner le bénéfice aux pauvres. En d’autres termes, le Waqf est une sadaqa ou aumône continue dont les récompenses, l’utilité et les effets qui en découlent augmentent durant la vie du donateur et continuent après sa mort ; ses bénéfices étant distribués chaque année (fonds de roulement)." (Wikipedia). 

 

 

Mis en ligne le 18 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org