Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.
Antisémitisme

Barre: «Ils auraient pu faire sauter la synagogue et les Juifs», pas des "Français innocents"
09/03/2007

Extraits de l’interview de Raymond Barre sur France Culture, dans l’émission «Le rendez-vous des politiques», 1er mars 2007, l’ancien Premier ministre, titillé par l’animateur sur sa défense publique de Maurice Papon et de Bruno Gollnich et sur ses propos malheureux lors de l’attentat de la rue Copernic (1980): «Un attentat odieux qui voulait frapper les Juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». On peut dire, sans exagérer, qu’en voulant se blanchir, Barre a jeté le masque et a révélé le fond de sa pensée. Témoin cette phrase stupéfiante : «Ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les Juifs. Mais pas du tout. Ils font un attentat aveugle, et il y a trois Français non-Juifs [qui sont tués]… Parce que ce qui faisait la caractéristique, le fait qu’il y avait l’attentat, c’était de châtier les Juifs coupables…». Et comme si cela ne suffisait pas, apparaît, comme une bave maladive sur les lèvres minces de Barre, le ’blood libel’ de la thèse du complot juif universel, rajeuni en "lobby juif" - expression très à la mode et mondialement répandue, pour le malheur de ce peuple, une fois de plus ! Incroyable, mais vrai, hélas ! (Menahem Macina).

08/03/07

Pour écouter l’interview, cliquer sur ce lien.
On peut lire une transcription intégrale de cette interview sur le site du CRIF (*)

 [Les mises en grasses sont de notre fait.]

 

……………….......................

 

 

Raphaël Enthoven (animateur de l’émission)

Au moment de l’attentat de la rue Copernic, il y avait 3 morts, vous avez dit votre indignation devant cet attentat odieux qui voulait frapper des Juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des "Français innocents" qui traversaient la rue Copernic…

 

R. Barre

Oui.

 

R. Enthoven

A quelle occasion… Vous regrettez ces mots-là…

 

R. Barre

Euh, non.

 

R. Enthoven

Il y a eu lapsus, ou quoi ?...

 

R. Barre

Non, je me souviens très bien du climat dans lequel j’ai dit cela. Et n’oubliez pas que, dans la même déclaration, je dis que la communauté juive ne peut pas être séparée, à mes yeux, de la communauté française.

 

R. Enthoven

Personne ne doute que vous le pensiez, mais c’est le mot de "Français innocents", qui…

 

R. Barre

Peut-être, mais ils n’ont pas compris. Quand on cite, on cite en entier…

 

R. Enthoven

Tout à fait.

 

R. Barre

Et la campagne qui a été faite par, je dirais, le lobby juif, le plus lié à la gauche, venait du fait que nous étions dans un climat déjà électoral. Et moi, ça ne m’a pas impressionné et ils peuvent continuer à le répéter.

 

R. Enthoven

Bien sûr, mais c’est l’expression de "Français innocents" sur laquelle je voudrais revenir…

 

R. Barre

Mais oui, parce que des Français qui se trouvent dans la rue et qui se trouvent fauchés parce qu’on veut faire sauter une synagogue. Alors, ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les Juifs. Mais pas du tout. Ils font un attentat aveugle, et il y a trois Français non-Juifs [qui sont tués]. C’est une réalité. Non-Juifs ! Mais ça ne veut pas dire que les Juifs, eux, ne sont pas Français…

 

R. Enthoven

Monsieur, c’est le mot d’"innocents", en l’occurrence, sur lequel je revenais…

 

R. Barre

Oui…

 

R. Enthoven

Vous dites "Non-Juifs", c’est incontestable, mais pourquoi avez-vous parlé d’"innocents", à ce moment-là ?

 

R. Barre

Parce que ce qui faisait la caractéristique, le fait qu’il y avait l’attentat, c’était de châtier les Juifs coupables

 

R. Enthoven

A leurs yeux… [ceux des terroristes]

 

R. Barre

Bien sûr, à leurs yeux. Aux miens, les Français n’étaient pas du tout liés à cette affaire. Non, je suis très clair sur ce point. D’ailleurs, aucun de mes amis Juifs – et j’en compte – ne m’a fait grief là-dessus…

 

R. Enthoven

Non, d’ailleurs, Raymond Aron vous avait défendu, à cette occasion…

 

R. Barre

Oh, pas seulement Raymond Aron…

 

R. Enthoven

Bien sûr, mais je…

 

R. Barre

… mais tous mes amis Juifs…

 

[R. Enthoven passe alors la parole à sa consoeur journaliste, mais est interrompu par Barre, qui achève son propos]:

 

R. Barre

… Mais alors, là, je tiens à vous dire que, sur cette affaire, je considère que le lobby juif, pas seulement en ce qui me concerne, est capable de monter des opérations qui sont indignes. Et je tiens à le dire publiquement.

 

……………….......................

 

Transcription : Menahem Macina

 

(*) Je dois à M. Waintrater, rédacteur en chef de L’Arche, le lien à la transcription complète remarquable de l’interview, effectuée par le CRIF. 

 

Mis en ligne le 08 mars 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org