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Conflits, terrorisme, oppression, etc.
Terrorisme

Terrorisme et Résistance, Cyrano
07/03/2007

Pour la plupart des militants de la cause palestinienne, les tueurs de civils, d’hommes, de femmes et d’enfants israéliens, sont des combattants de la résistance. Pour la presse et la radio aux ordres de Vichy comme pour les nazis, les résistants, communistes ou gaullistes, qui s’attaquaient aux forces d’occupation, étaient des terroristes. Ce double contresens est la résultante de définitions délibérément erronées utilisées à des fins politiques. (Cyrano).

05/03/07

 

Sur le site de Guysen Israel News.

 

 

« Il n’est de meilleur moyen pour mal comprendre un phénomène que de mal le nommer » (1).


Résistants, terroristes, kamikazes, islamikazes, autant de mots qu’il importe de définir lorsque l’on aborde l’histoire d’un conflit et, plus encore, si l’on vit un conflit au quotidien. Malheureusement, il est fréquent que des journalistes, par inconscience ou à dessein, fassent un amalgame entre ces mots, mettent sur le même plan un attentat terroriste et les réactions de Tsahal. C’est comme si l’on renvoyait dos à dos pyromanes et pompiers, criminels et justiciers.


Ce texte est une brève mise au point sémantique sur le terrorisme et ses différentes formes.

Les bonnes définitions


La lecture attentive de la presse et d’ouvrages de référence invite chacun de nous à user à bon escient des mots justes sur ce fléau de notre époque. A quelques nuances près, les définitions du terrorisme * se rejoignent.

 

  • Pour le Palestinien Elias Sanbar, « toute opération armée qui tue aveuglément des civils » est un acte terroriste.
  • Pour Frédéric Encel, le terroriste fait « usage d’une violence inexcusable, moralement et juridiquement répréhensible, consistant à frapper des innocents ».
  • Le Petit Larousse  précise que le terrorisme consiste en « actes de violences commis par une organisation terroriste pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système » (1).

 

Le terrorisme d’Etat s’est exercé largement au cours de l’histoire contemporaine, telles les exécutions d’otages par les nazis, l’attentat libyen de Lockerbie contre un avion de ligne, la répression sanglante contre les opposants dans les pays totalitaires, etc. Il ne constitue qu’une variante du terrorisme, variante qui ne sera pas confondue avec les « dommages collatéraux» dont sont victimes des civils proches d’objectifs militaires.


Kamikazes et auteurs d’attentats suicides

Les kamikazes japonais au cours de la 2ème guerre mondiale étaient de jeunes pilotes que leurs supérieurs envoyaient à la mort avec pour mission de projeter leurs appareils contre des navires de guerre américains. Le terme kamikaze signifie « vent divin », allusion aux « bourrasques qui repoussèrent une invasion mongole au XIIIe siècle ».

L’utilisation de ce mot par les médias occidentaux à propos des auteurs d’attentats-suicide est dénoncée par Frédéric Encel (1) et par les rescapés de ces commandos de la mort. L’un d’eux déclare : « les terroristes agissent par haine et visent des civils, nous étions des soldats qui exécutions un ordre dont les objectifs étaient militaires » (2).

Les islamistes parlent d’opérations-martyre. Les candidats à ces actions ont l’espoir d’une vie meilleure pour eux-mêmes dans l’au-delà ( 70 vierges, pas moins ! ) et d’un pactole pour leurs familles.


Un universitaire israélien, Raphaël Israeli, a proposé, pour désigner ces terroristes, un néologisme qui condense référence à l’islam, meurtre et suicide, c’est celui d’islamikazes, mais ce terme est encore trop peu utilisé.


Origines et motivations du terrorisme islamiste

 

C’est encore dans les écrits de Frédéric Encel que l’on trouve la véritable filiation des islamikazes. Elle se situe à la fin du XIe siècle : la secte ismaélienne des hashashin (d’où est né le mot assassin), ainsi appelés en raison de leur large usage du haschich, a pratiqué à grande échelle l’assassinat politique visant des notables de l’empire turc. Ces fanatiques, intégristes islamistes, laissaient habituellement leur vie dans l’accomplissement de leurs forfaits.

 

Les attentats-suicide ne sont pas le fait du désespoir et de la misère, comme le laissent entendre des observateurs mal informés ou complaisants ; ils sont le fruit de la haine, de l’esprit de vengeance et du fanatisme.(3) L’enseignement de la haine d’Israël, « des croisés » et de l’Occident est une constante chez leurs éducateurs et leurs dirigeants, et cet endoctrinement commence souvent dés l’enfance.


Un phénomène devenu universel


Le phénomène du terrorisme est universel et rares sont les pays qui ont été épargnés ; le record du nombre de ses victimes se situe probablement en Irak avec les attentats anti-chiites quotidiens.


L’obédience des auteurs n’est pas univoque, on connaît les actions « patriotiques » des "tigres" tamouls au Sri Lanka, mais la palme revient, sans conteste, au terrorisme islamique. 

Tous les actes terroristes sont abominables, mais la décapitation filmée du journaliste Daniel Pearl a atteint un sommet, celui du mal absolu avec la conjonction de l’antisémitisme, de la lâcheté, du sadisme, de la barbarie et tout cela au nom de la foi !


Autre sommet, celui du cynisme et de la perversion, l’attentat du 18 février dernier contre « le train de l’amitié », le Samijhauta express, train qui relie l’Inde au Pakistan. Son objectif ? Raviver la tension entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires qui, à deux reprises, se sont fait la guerre.


Peut-on parler avec des terroristes ?


Pendant des années, la règle en Israël était celle de la fermeté : on ne discute pas avec des terroristes. Mais cette doctrine a subi plus d’une fois des aménagements, lorsque toute autre possibilité d’action était exclue. Encore faut-il préciser qu’il s’agissait de négociations indirectes. La reconnaissance de l’Etat d’Israël par ces organisations criminelles transformerait leurs dirigeants en interlocuteurs. On se souvient de la poignée de main, hésitante il est vrai, entre Itzhak Rabin et Yasser Arafat, mais l’on a quelque mal à imaginer, pour demain, un dialogue d’Ehoud Olmert avec Ismaël Hanyieh, Khaled Mashaal ou Hassan Nasrallah. Le double jeu d’Arafat a montré le côté hasardeux et les limites des négociations avec les chefs d’organisations terroristes, limites quant à leur représentativité et leur sincérité. La prétendue ouverture vers la paix  d’Arafat a été une illustration du proverbe oriental « La main que tu ne peux mordre, baise-la. »



* A ma connaissance, la définition du terrorisme par les Nations Unies est toujours en gestation.

Sources

1. Frédéric Encel, Géopolitique de l’apocalypse, éd. Champs Flammarion 2002 ;

2. Philippe Pons, "Kamikazes malgré eux", in Le Monde, 15 février 2007.

3. Cyrano, "Thé ou café, monsieur Ben Laden ?", in Guysen Israel News, 22 septembre 2004.

 

Cyrano

 

© Guysen Israel News

 

Mis en ligne le 07 mars 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org