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Contentieux palestino-israélien

Vents mauvais sur la Galilée: Une nouvelle stratégie des Arabes d’Israël, Ugo Rankl
27/03/2007

23/03/07 

Reportage paru dans L’impact n° 37  du 23 mars 07, pp. 24-27

 

 

Ma’ayan Ben Orin est morte le 8 janvier dernier. Elle avait dix-huit ans. Son corps a été retrouvé sur le bord de la route qui relie Yodfat à Avtalion. La Galilée est belle en attendant le printemps qui tarde à imposer ses droits sur un hiver de pluie, de lourds nuages et de mort.

 

Le dernier témoin qui a aperçu Ma’ayan Ben Orin vivante travaille dans un atelier de réparations de pneus, au carrefour de Kaubab. C’est un Arabe. Il a eu peur quand les policiers sont venus l’interroger. Parce qu’il est Arabe, il est convaincu que les Israéliens ne pouvaient le voir autrement que comme un suspect idéal. Ma’ayan était belle. L’ouvrier se rappelle parfaitement d’elle. Il a vu la jeune fille entrer dans la boutique à côté de l’atelier. Il pense qu’elle a acheté des cigarettes, et puis il l’a perdue de vue. Ma’ayan était belle. Il s’en souvient très bien. Pendant les jours qui ont suivi, l’ouvrier a prié pour que le meurtrier de la jeune femme ne soit pas Arabe. Il y a des pervers chez les Juifs aussi, non ? Il n’a jamais pensé qu’on la retrouverait vivante. On ne disparaît pas facilement sur ces routes. On ne s’y égare pas. Ou pas assez longtemps sans que quelqu’un s’inquiète. On a retrouvé le corps de Ma’ayan dans des buissons, la tête fracassée. Ce n’était pas un accident. La police s’est mise à rechercher un assassin. Les prières de l’ouvrier du carrefour de Kautab n’ont pas été exaucées. Le tueur est un Arabe. Il a dix-sept ans. C’est un berger. Il jure qu’il n’a pas fait exprès, que c’est un accident. Ma’ayan Ben Horin est passée à côté de lui. Il ne l’a même pas regardée. Lui, il ne s’intéressait qu’à ses brebis. Il en a vu une qui quittait le troupeau. Il lui a jeté une pierre. Une grosse. Mais c’est Ma’ayan qu’il a touchée à la tête.

 

Le corps de la jeune fille assassinée récuse cette version des faits. Quand on l’a découvert, il portait des traces qui racontent une autre histoire, moins stupide, bien plus horrible. Une fois connue l’identité de l’assassin, la peur s’est répandue dans les villages bédouins de la haute Galilée. Les Juifs n’allaient certainement pas renoncer à se venger. Les groupes humanitaires furent alertés. Les Juifs allaient attaquer. On prévoyait des viols, des meurtres, des attentats. Les Juifs ne sont-ils pas capables de tout ? Shfaram se trouve à quelques kilomètres de Yuvalim, où vivait Ma’ayan Ben Horin. C’est à Shfaram qu’un soldat déserteur de Tsahal, un garçon dérangé est monté dans un bus et a tiré sur des Arabes. La foule a lynché le tueur sur place. Ils sont bien peu à croire à Shfaram que le soldat était un malade mental. L’opinion générale est qu’il avait été envoyé en mission par ses supérieurs. Il devait tuer autant d’Arabes qu’il le pouvait avant que d’autres soldats ne viennent le chercher pour le mettre à l’abri. Ce plan diabolique devait provoquer un exode des Arabes de Galilée pour que des colons juifs viennent prendre leurs maisons et leurs terres.

 

 

Les Juifs n’ont pas vengé la mort de Ma’Ayan Ben Horin. Ils ont accepté l’évidence. L’assassin de la jeune femme est un gamin vicieux et nul autre que lui ne doit supporter les conséquences de son crime. Les Bédouins ne croient pas à la sincérité de cette indulgence. Leurs voisins n’ont pourtant rien de commun avec habitants des communautés juives de Hébron, de Judée ou de Samarie. Ils n’ont pas le sang chaud et la gâchette facile. Ils ne pensent pas que le fait d’attaquer un Juif est une offense faite à l’Eternel.

 

Ces Juifs-là votent majoritairement à gauche. Ils ne rechignent pas à envoyer leurs enfants dans des écoles où l’on enseigne aux petits Juifs et aux petits Arabes à vivre ensemble. Quand on leur demande ce qui les a incités à venir s’installer en Haute-Galilée au début des années 80, ils ne disent pas qu’ils sont venus occuper la terre promise aux Juifs. Ils se justifient en parlant de la beauté des paysages, de leur qualité de vie, de leur espoir de construire une société aussi juste pour les Arabes que pour les Juifs. Les Juifs de la région de Misgav sont patients.

 

« Pour combien de temps encore » se demandent les Bédouins ? Quelques jours après la découverte du corps de Ma’ayan Ben Horin, six jeunes Arabes sont arrêtés dans le village de Bir al-Maksur. La police était sur leurs traces depuis qu’une jeune fille de 13 ans avait été violée, en avril 2005. Quelques mois plus tard, une jeune soldate de dix-neuf ans est enlevée à un arrêt de bus et violée près de Kiryat Ata. La victime suivante est une jeune fille de 16 ans. Les violeurs se font oublier pendant quelques mois, mais ils repassent à l’attaque en novembre 2006. Ils enlèvent et violent une femme de 25 ans qui, elle aussi, attendait à un arrêt de bus. L’une des victimes a témoigné que l’un de ses tourmenteurs lui a déclaré qu’il avait commis de nombreux viols et s’apprêtait à agresser encore plus de jeunes femmes juives pour « venger les crimes que l’armée israélienne commet chaque jour contre les Palestiniens ».  Arrêtés, les suspects ont tenu les mêmes propos devant les policiers.

 

Pour eux, le viol des femmes de l’ennemi est un acte de guerre légitime, que les hommes qui connaissent les lois de la guerre selon l’islam ne peuvent songer à condamner. Hassan Gadir, le chef de Bir al-Maksur, ne cherche pas à cacher le dégoût que les crimes commis par les six violeurs lui inspirent.

 

Dans son village de 7000 habitants, tous les hommes – ou presque - se portent volontaires pour servir dans les unités d’éclaireurs de Tsahal, et le sentiment d’appartenir à la société israélienne suscite depuis soixante ans un sentiment de fierté véritable. Les jeunes de Bir al Maksur sont élevés par leurs parents dans le respect des lois, parce que, dans aucun autre pays, les Bédouins ne bénéficient d’autant de droits et de libertés qu’en Israël. Pourtant, rares sont ceux qui, dans le village, ne veulent voir que des crimes crapuleux dans les viols commis entre avril 2005 et novembre 2006.

 

Un certain crédit est accordé à la revendication nationaliste palestinienne des six jeunes hommes arrêtés par la police israélienne. Depuis la fin de la deuxième guerre du Liban, en effet, les enfants de Bir al Maksur à qui l’on a inculqué le respect de l’Etat et de l’Armée d’Israël, ne croient plus aux valeurs de leurs parents. Le succès relatif du Hezbollah sur le champ de bataille a enflammé les esprits, et même dans ce village qui a donne à l’armée israélienne quelques-uns de ses meilleurs soldats, certains se sont pris à rêver d’une histoire où les Juifs seraient vaincus par les guérilleros du Hezbollah, du Hamas et par leurs frères de Galilée. Violer une jeune juive est devenu, dans le contexte créé par la non-défaite des hommes de Nasrallah, une action aussi héroïque que la destruction d’un [char] Merkava.

 

De nombreux sondages publiés depuis la fin de la seconde guerre du Liban, sont venus confirmer un phénomène que les violeurs de Bir al Maksur ont incarné de si méprisable manière. Le 18 janvier, les professeurs Effi Ya’ar et Efrat Peleg de l’Université de Tel-Aviv ont rendu publics les résultats d’une étude d’opinion réalisée auprès de 800 Arabes israéliens.

 

L’impact de la dernière guerre a été dévastateur sur le « sentiment patriotique » de la population interrogée, qui affiche, au contraire, un très fort sentiment d’appartenance à la nation arabe et au peuple palestinien. Une autre étude a montré que 78 pour cent des Arabes d’Israël estiment que les dirigeants israéliens devraient être traînés devant les tribunaux de la justice internationale pour les « crimes de guerre » dont ils se seraient rendus coupables au Liban pendant l’été 2006.

 

Les études montrent également que, pour les Arabes israéliens, la destruction d’Israël est une certitude absolue. Taraudés par cette idée, les Arabes Israéliens cherchent à prendre le plus de distance possible tant avec les autorités israéliennes qu’avec les concitoyens juifs. Au sentiment d’avoir remporté une victoire sur l’oppresseur, via le Hezbollah, s’ajoute une peur panique d’être considérés comme des collaborateurs le jour où les forces arabes triompheront de l’entité sioniste. Aucun Arabe israélien n’ignore que le mouvement nationaliste palestinien a été fortement influencé par le FLN algérien, qui avait fait du massacre des « collaborateurs » un des fondements de sa stratégie militaire. Dès l’instant où Tsahal ne semble plus en mesure de contenir les bandes du Hezbollah, qui ne sont que l’avant-garde des armées de l’islam, la prudence commande de se glisser dans la peau de l’opprimé qui résiste vaillamment sous le joug sioniste.

 

C’est dans ce cadre qu’il faut interpréter la publication en rafale, quelques semaines après le cessez le feu au Liban, d’une série de textes qui proposent une nouvelle façon d’envisager les relations entre les Arabes et les Juifs au sein d’un « état binational ».

 

Ghaida Rinawi-Zouabi habite à Nazareth. C’est une mère de famille de 34 ans, qui a toujours travaillé dans les organisations nationalistes palestiniennes tolérées par Israël. Pendant des semaines, cette jeune femme à la volonté de fer s’est imposée à une quarantaine d’intellectuels et de chefs traditionnels de la communauté arabe d’Israël et les a obligés à se réunir régulièrement à l’Hôtel Ambassador, de Jérusalem, pour travailler ensemble à la rédaction d’un texte proposant une « Vision de l’avenir des Arabes Palestiniens en Israël ». Ce projet a été largement financé par les Fonds des Nations Unies pour le Développement. Le texte finalement accouché dans la douleur est – bien que ses auteurs s’en défendent - un véritable plan pour la destruction de l’intérieur d’Israël en tant qu’état juif et démocratique.

 

Les représentants de la gauche israélienne la plus favorable aux revendications des Arabes israéliens ont eux-mêmes été assommés par la violence de l’attaque contre les fondements de l’Etat d’Israël.

 

Le Professeur Shimon Shamir, militant de toujours de la cause des Arabes Palestiniens, a réagi à la publication de cette « Vision de l’avenir » en écrivant dans un journal arabe :

 

« il est difficile d’échapper au sentiment que l’objectif de ce rapport tendancieux est de priver les Juifs de ce pays de leur identité. Ceux qui le liront, même s’ils supportent votre cause, ne peuvent éviter de se sentir menacés. Le document que vous avez publié ne fait pas avancer votre cause. Au contraire, il vous a fait régresser ».

 

Pour le professeur Shlomo Avineri, la « Vision de l’Avenir » élaborée par les intellectuels de la communauté arabe israélienne ne serait rien d’autre « qu’un plan préparé par la frange extrémiste du nationalisme arabe, et dont l’objectif est l’annihilation de l’Etat Juif ». Ce document est d’autant plus dangereux, « que tous ses argument sont habillés de considérations hypocrites sur les droit de l’homme et la Justice ».

 

Les auteurs de ce rapport, qui a détruit les illusions d’une grande partie de la gauche israélienne et mis le Shin Beth sur les dents, affectent de ne pas comprendre la violence des réactions juives à leurs propositions. Ils n’ont fait, selon eux, qu’exprimer des revendications légitimes et raisonnables.

 

Le drapeau israélien et l’hymne national doivent être mis au rebut pour ne pas heurter la sensibilité patriotique des Palestiniens d’Israël. « L’Etat juif et démocratique » doit être remplacé par un état binational et bilingue. Chacune des communautés aura droit de veto sur les décisions importantes en matière d’économie, de défense et de politique étrangère.  La Loi du Retour, qui autorise tout juif de la diaspora à émigrer librement en Israël, doit être abolie et remplacée par de nouvelles dispositions permettant à tous les Arabes de s’installer sur le territoire national et d’avoir un accès libre et sans contrainte à la citoyenneté. Les réparations de l’injustice subie en 1948 par les Arabes de Palestine doivent devenir la raison d’être du nouvel Etat. La « Nakba » doit être reconnue officiellement. Les « réfugiés de l’intérieur » pourront exercer librement leur droit au retour sur leurs terres. Nul ne les empêchera de prendre possession des biens dont ils estiment avoir été spoliés. Les Palestiniens du nouvel état binational disposeront d’une représentation élue qui sera seule habilitée à gérer leurs affaires. Une autonomie totale sera garantie aux Palestiniens pour tout ce qui concerne les questions religieuses, l’Education, la Culture et l’Information.

 

A peu près en même temps que la « Vision du Futur », d’autres textes programmatiques ont été rendus publics par les représentants de la communauté des Arabes israéliens. La « Charte de Haïfa » reprend les points principaux de la « Vision de l’Avenir » mais insiste plus particulièrement sur le lien organique et indéfectible entre les Arabes d’Israël et les Palestiniens. Adalah, une organisation de défense des droits des minorités en Israël, a tout simplement proposé comme base de redéfinition des rapports entre Juifs et Arabes dans un état binational, une version à peine déguisée de la Charte de l’OLP. Mais le texte que Yasser Arafat avait déclaré caduc, parce qu’il était indéfendable devant l’opinion publique mondiale, n’a pas semblé assez dur aux représentants du mouvement Adalah. Ceux-ci ont donc ajouté aux articles de la Charte un article exigeant l’instauration d’une politique officielle de repentance pour les "crimes" commis par Israël depuis 1948. En outre, une discrimination positive devra être mise en place pour que les Palestiniens puissent rattraper le retard qu’ils ont accumulé à cause de la politique "raciste et colonialiste" pratiquée par Israël.

 

En publiant ces différentes plateformes, les dirigeants modérés de la communauté arabe israélienne ont clairement indiqué leur désir de se séparer définitivement de la société juive israélienne, qui ne pourra jamais accepter de telles revendications, à moins de vouloir se suicider collectivement. Pour la Droite israélienne, ces textes sont une véritable déclaration de guerre à l’Etat Juif.

 

Les Arabes israéliens se sont démarqués et font désormais officiellement cause commune avec le Hamas, le Hezbollah et l’Iran.

 

La gauche et les mouvements progressistes, déboussolés par la violence des positions exprimées par les Arabes israéliens, peinent à contrer les arguments de ceux qui pensent qu’il est plus qu’urgent qu’Israël se débarrasse de sa population arabe avant qu’il ne soit trop tard.

 

Dans l’épreuve de force qui se prépare, les représentants de la communauté arabe israélienne ont compris qu’il leur sera désormais difficile de compter sur l’aide de leurs alliés traditionnels de la gauche israélienne. Leurs espoirs se tournent donc vers l’Europe et les Etats-Unis, où ils espèrent rassembler tous ceux qui seront sensibles à leur discours. Pour cela, il faut convaincre les progressistes occidentaux que les Palestiniens d’Israël subissent une politique officielle d’apartheid, qui les maintient dans un scandaleux état de sous développement économique, culturel et sanitaire.

 

C’est ainsi qu’au mois de février, les délégués arabes israéliens se sont distingués par la violence de leurs propos, pendant la « Semaine de lutte contre l’Apartheid israélien », organisée simultanément au Canada, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Le député de la Knesset, Jamal Zahalka, a demandé aux consciences du monde de s’unir pour mettre à bas un régime plus brutal, plus cynique, plus sanguinaire que celui de l’Afrique du Sud d’avant Mandela.

 

Au même moment, le mouvement Adalah dépose un dossier contre Israël devant la Commission des Nations unies de Lutte contre les Discriminations Raciales, qui siège à Genève. Les Arabes israéliens voulaient qu’Israël soit condamné parce que certains avantages et postes sont réservés à ceux qui ont fait leur service militaire, ce qui exclut de fait les Palestiniens qui ne veulent pas participer à la défense de l’Etat juif. Adalah espérait également que la Commission prendrait fait et cause pour les plaignants, en raison des difficultés faites à ceux et celles qui voulaient épouser des Palestiniens ou des Palestiniennes et s’installer avec eux sur le territoire israélien, en jouissant de tous les avantages et bénéfices des nationaux. Les membres de la Commission durent enfin écouter les représentants d’Adalah exposer quelques cas de brutalités policières à l’encontre des personnes soupçonnées de préparer des attentats. Un mois plus tard, la Commission, pourtant peut suspecte de sympathie à l’égard d’Israël, rejetait les plaintes d’Adalah comme étant sans fondement. La Commission prit même l’initiative incroyable de féliciter Israël des efforts entrepris pour réduire les disparités de tous ordres, qui existent bel et bien entre citoyens juifs et citoyens arabes de ce pays.

 

Ce revers a mis en rage les représentants des Arabes israéliens, qui redoublent désormais d’efforts pour convaincre le monde que nul régime ne peut être comparé à Israël en termes de violence, de cruauté et de malhonnêteté. Des actions ont été engagées pour que soient reconnues comme discriminations raciales les interrogatoires poussés à l’aéroport Ben Gourion. Discrimination aussi, le fait que les études de médecine à l’Université de Tel-Aviv ne soient accessibles  qu’aux étudiants de 20 ans et plus. Les Arabes israéliens, qui ne font pas l’armée, sont obligés d’attendre que les Juifs qui défendent leur pays aient fini leur service pour commencer leurs études. Discriminations, les routes en mauvais état, les bus en retard, les poubelles non ramassées, les abris anti-missiles, qui manquent parce que les Arabes ne veulent pas payer d’impôts, de peur d’être accusés de collaboration avec l’entité sioniste.

 

Les dirigeants de la communauté arabe israélienne ont tablé sur l’affaiblissement définitif d’Israël et sa disparition dans les vingt années à venir. Quels que soient les développements à venir de l’histoire, ils ne pourront qu’être perdants. Si Israël survit, il leur faudra compter sur l’indulgence d’un pays qu’ils auront abandonné à son sort. Si l’Etat Juif est détruit, ils passeront sous l’autorité de gens qui n’ont ni les moyens ni le désir de leur garantir un niveau de vie et de développement, équivalent à celui dont ils jouissent aujourd’hui.

 

Un vent mauvais souffle depuis la Galilée, qui attend toujours le printemps.

 

 

Ugo Rankl

 

© L’Eclat

 

Mis en ligne le 27 mars 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org