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Menahem Macina

Si on avait mieux traité Hitler, son contrôle sur l’Europe eût été bien moins violent
16/06/2007

L’auto-flagellation est à la mode en Europe. Quand elle a lieu à propos du terrorisme palestinien, elle va généralement de pair avec la dénonciation rituelle du coupable tout désigné : Israël. Certains dirigeants politiques et humanitaires européens n’ont pas dérogé à cet usage. Voici un bref échantillon de ces jérémiades, ponctuées de mes commentaires, aussi ironiques qu’impuissants, hélas. Je remercie M. Giora Hod, d’Israël, qui m’a transmis les extraits de presse, cités et commentés par moi, ci-après. (Menahem Macina).

16/06/07

 

[Les extraits de presse, commentés ci-dessous, sont extraits de LEMONDE.FR avec AFP (15.06.07).]

 

 

"Si le Hamas avait été accepté, s’il avait reçu des fonds internationaux,
il aurait certainement assis son contrôle sur Gaza,

mais d’une manière bien moins violente",

 

dixit Stein Tonnesson, directeur de l’Institut de recherche pour la paix, d’Oslo.

 

Si ce monsieur a raison, alors, aucun doute :

 

si les vainqueurs de la Grande Guerre n’avaient pas imposé à l’Allemagne le dur Traité de Versailles, et si, quelque deux décennies plus tard, les Alliés avaient mieux traité Hitler et "l’avaient accepté", au lieu de lever contre lui une armada militaire, "il aurait certainement assis son contrôle sur l’Europe, mais d’une manière bien moins violente".

 

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"Nous aurions peut-être dû soutenir ce gouvernement d’union Fatah-Hamas, dès le début,

que nous ayons été sceptiques ou pas"

 

dixit Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de la France (15 juin).

 

Si l’ancienne vedette de l’humanitaire a raison, alors, aucun doute :

 

"Nous aurions peut-être dû soutenir" le programme nucléaire de M. Ahmadinejad, "dès le début, que nous ayons été sceptiques ou pas" concernant ses intentions pacifiques affichées.

 

 

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"Selon les experts, la responsabilité des événements incombe largement aux Etats-Unis et à Israël qui – tout comme l’UE – ont suspendu leurs aides économiques au gouvernement palestinien dans les semaines qui ont suivi la victoire du Hamas. Cette opinion rejoint celle du coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Alvaro de Soto qui, selon le Guardian, a mis en cause, dans un rapport confidentiel, le soutien américain à la politique israélienne d’isolement du Hamas, et notamment au gel par l’Etat hébreu de la restitution des recettes fiscales collectées au nom de l’Autorité palestinienne."

 

A cette aune, il faudrait cesser d’"isoler"

 

·       la Serbie, qui, à n’en pas douter, fait exprès de ne pas arrêter ses criminels de guerre ;

·       la Syrie, qu’on accuse, sans preuve, d’être derrière tous les attentats contre des personnalités politiques anti-syriennes au Liban ;

·        l’Iran, dont on a bien tort de ne pas croire son affirmation qu’il n’enrichit l’uranium qu’à des fins pacifiques ;

·        Al Qaïda, qui, après tout, a le droit d’avoir sa conception religieuse de l’existence et de tenter de l’imposer au monde par les voies pacifiques que l’on sait ;

·        le Soudan et ses milices janjawid, qui, après tout, ont le droit de tenter de raisonner, avec la modération et l’éthique humanitaire que l’on sait, au Darfour, une ethnie qui a tort de ne pas se laisser islamiser ;

·        l’IRA, qui a, certes, une manière un peu explosive de faire valoir ses droits, mais ne demande, après tout, que la libération de l’Irlande du nord, colonisée par les Britanniques, même si une grande partie de sa population, stupide, veut rester dans le giron de la Grande-Bretagne ;

·        bref, tous les violents de la terre, qui, c’est bien connu, n’en sont venus aux extrémités qu’ils commettent, que parce qu’on a été par trop sévère à leur égard…

 

 

Ces conceptions sont une retombée et une resucée modernes, à la sauce "politiquement correcte", du mythe rousseauiste du "bon sauvage", qu’illustre parfaitement cette phrase de l’utopiste du XVIIIe siècle (1):

 

« Si j’étais chef de quelqu’un des peuples de la Nigritie, je déclare que je ferais élever sur la frontière du pays une potence où je ferais pendre sans rémission le premier Européen qui oserait y pénétrer, et le premier Citoyen qui tenterait d’en sortir. »

 

Ce mythe fait tellement partie de notre inconscient autoculpabilisé d’anciens dominateurs et colonisateurs, qu’il est sous-jacent à de nombreux comportements considérés comme les fruits positifs d’une conscience saine, alors qu’ils ne sont, en fait, que l’expression caricaturale d’une "bonne conscience", trop affichée pour être crédible.

 

A l’instar du violeur et du délinquant, autour duquel s’agitent, compatissants, sociologues, psychologues, pédagogues et démagogues, alarmés non par le sort des victimes de ces "bons sauvages", mais par la punition que l’on ose leur infliger, tous les adeptes du politiquement correct et les hypocrites en quête de bonne conscience, se pressent, en chœur, au chevet du Hamas atteint du délire de la gâchette et du lance-roquettes. Et ces Diafoirus de la santé de ce malade imaginaire, après s’être querellés tout leur saoul sur la nature de la maladie et du remède à lui appliquer, sont au moins d’accord sur le diagnostic des "experts", cité plus haut :

 

"la responsabilité des événements incombe largement aux Etats-Unis et à Israël." (2).

 

Menahem Macina

 

© upjf.org

 

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Notes

 

(1) Dernière réponse de J.-J. Rousseau à Bordes, à propos du Discours sur les Sciences et les Arts (avril 1752) ; citation reprise du site de la revue négro-africaine de littérature et de philosophie, Ethiopiques


(2) A ce sujet, je ne puis que renvoyer à l’étude magistrale de Joël Fishman, intitulée "
Grand mensonge et guerre des médias contre Israël. De l’inversion de la vérité à l’inversion de la réalité", dont je ne citerai ici que ce bref passage, invitant les internautes à lire l’intégralité du texte : « Depuis les années 60, l’inversion de la vérité et de la réalité a constitué l’une des méthodes préférées des adversaires d’Israël. L’une de ses plus fréquentes expressions est l’accusation selon laquelle les juifs, qui ont été victimes des nazis, sont devenus, de nos jours, les nouveaux nazis, agresseurs et oppresseurs des Arabes palestiniens. Les observateurs contemporains ont démarqué cette méthode et l’ont décrite comme une "inversion de la réalité", un "abus intellectuel de confiance", une "inversion de la réalité", ou un "sophisme". Comme les ennemis d’Israël ont, durant près d’un demi-siècle, répété de telles calomnies sans être contredits, elles ont progressivement gagné en crédibilité. Du fait que l’inversion de la réalité constitue le principe de base de la campagne anti-israélienne actuelle, il est important de comprendre sa nature et son fonctionnement. Cette méthode de propagande est une production de l’Allemagne nazie. Elle est totalitaire à la fois dans ses méthodes – particulièrement, l’utilisation du mythe paranoïde – et dans la solution radicale qu’elle prône. Elle nie catégoriquement toutes les affirmations d’Israël et ne laisse aucune place à l’autocritique ni au compromis. »

 

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Mis en ligne le 16 juin 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org