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Contentieux palestino-israélien

Israël, les Palestiniens et l’initiative arabe : nouvelles perspectives ? Israel E. Altman
05/05/2007

30/04/07

Original anglais : "Palestine, Israel and the Arab Initiative: New Perspectives ?" (en annexe).

 

Lors du sommet de Riyad, les 28 et 29 mars 2007, les États arabes ont relancé l’initiative saoudienne, initialement adoptée cinq ans auparavant au sommet de Beyrouth, visant à aboutir à une paix israélo-arabe. L’Arabie Saoudite a décidé de prendre la direction de cette initiative en vue de la relancer et de la faire approuver au cours du sommet, afin de faire face aux nouvelles exigences provoquées par les changements stratégiques dans la région.

Pour qu’un processus de paix soit applicable, la conjoncture politique doit lui être favorable. Les conditions permettant un accord israélo-palestinien  sont-elles réunies aujourd’hui ? Cette initiative a-t-elle des chances d’être applicable? Au regard des clauses de l’initiative saoudienne, de son contexte stratégique et de ses implications, cet article tente de répondre à ces deux questions fondamentales.

L’arrière-plan de relance de l’initiative arabe est une scène politique régionale qui a connu des  bouleversements dramatiques. D’abord, durant la période allant de l’été 2006 au début 2007, deux groupes rivaux semblent avoir émergé au Moyen-Orient. La résurgence d’un mouvement iranien chiite a pénétré l’espace arabo-sunnite en Irak, au Liban et ailleurs, par une campagne intensive de « shiitisation ». Le Hezbollah et son chef charismatique, Hassan Nassrallah, sont apparus comme la seule force armée arabe invaincue face à Israël, mais aussi comme une arme d’infiltration irano-shi’ite dans le monde arabo-sunnite. Aux yeux des populations sunnites, la prédominance chiite iranienne au Liban est indéniablement associée à la mainmise chiite sur l’Irak, à la menace potentielle des ambitions nucléaires de l’Iran, et au patronage iranien sur le Hamas arabo-sunnite qui est à la tête du gouvernement  palestinien.

Ces développements ont abouti à l’émergence d’une communauté d’intérêts afin de freiner l’influence grandissante de l’Iran au Moyen-Orient. Parmi eux se trouvent les Arabes modérés, alliés des Etats-Unis, tels l’Arabie Saoudite (moteur de la lutte contre l’Iran), l’Egypte, la Jordanie, les États signataires du conseil de coopération des pays du Golfe, la faction palestinienne pro-occidentale Al-Fatah (qui a souffert du soutien iranien au Hamas), le gouvernement de Fouad Siniora au Liban (assiégé politiquement par le Hezbollah), et Israël comme partenaire implicite. Cette communauté d’intérêts fait face à "l’Axe de la Résistance", a savoir, l’Iran, la Syrie - suspectée par les Etats arabes modérés d’être impliquée dans le meurtre de Rafiq Hariri et d’avoir cherché à reprendre le contrôle du Liban -, le Hezbollah et le Hamas. L’Arabie Saoudite a semblé alors poursuivre une stratégie de pressions exercées sur l’Iran, en coordination avec l’administration Bush.

Mais ces deux groupes régionaux rivaux n’ont pas formé des ensembles homogènes, évoluant de part et d’autre d’une ligne de conflit clairement définie. Début 2007, l’administration Bush est apparue affaiblie et de plus en plus contestée par le Congrès. Le retrait des troupes américaines d’Irak et la mise en place d’une initiative militaire americaine contre les installations nucléaires iraniennes sont devenues plus probables. L’Arabie Saoudite n’a pas voulu être perçue comme l’acteur principal d’une coalition arabe anti-iranienne qui soutient une attaque militaire américaine contre l’Iran, et, le retrait américain d’Irak étant à venir, l’Arabie Saoudite ressent plus que jamais le besoin de se rapprocher de l’Iran.

En choisissant d’impliquer l’Iran au lieu de l’affronter, et afin d‘inverser la polarisation sunnite-chiite, le Roi Abdallah a ouvert une série de démarches diplomatiques, dont les buts et les modalités sont les suivants :

·         Ouvrir un dialogue avec l’Iran, y compris avec une visite du Président Ahmadinejad à Riyad.

·         Négocier avec l’Iran un plan de stabilisation au Liban.

·         Rassembler les dirigeants du Hamas et du Fatah en vue de signer les accords de La Mecque (6 au 8 février) afin de freiner l’affiliation du Hamas avec l’Iran et de mettre un terme à la guerre civile dans la bande de Gaza. Cette réunion a conféré au Hamas une légitimité dans le monde arabe, elle-même renforcée lorsque le Premier Ministre Ismail Hanniyyeh a été invité au Sommet de Riyad (la plupart des chefs arabes avaient jusqu’alors évité de reconnaître la victoire électorale du Hamas, susceptible de servir de justification aux forces islamistes dans leurs propres pays).

·         Relancer les liens avec la Syrie, tout en étant convaincu de son implication dans l’assassinat de Rafiq Hariri.

·         Convoquer le Sommet arabe de Riyad, où les États arabes ont approuvé l’initiative saoudienne adoptée en mars 2002 au Sommet de Beyrouth, comme étant le plan arabe pour un accord global israélo-arabe, ainsi que la proposition d’une normalisation des relations avec Israël, sous réserve de son acceptation.

 

Simultanément, l’Arabie Saoudite a pris ses distances avec l’administration Bush. Son soutien et sa légitimation du Hamas, en sponsorisant les Accords de La Mecque et en invitant Hanniyyeh au sommet, ont clairement joué contre le boycott américain du Hamas. Ainsi, au cours du sommet (28 mars), le roi Abdallah a critiqué la politique américaine au Moyen-Orient en faisant référence à sa présence en Irak comme étant une occupation étrangère illégitime et en critiquant sa position à propos du Hamas. Selon la presse, le Roi a annulé sa participation à une cérémonie organisée en son honneur à la Maison Blanche.

Le Roi ’Abdullah a indéniablement transformé le paysage régional. Il a atténué le clivage entre sunnites et chiites, tout en en créant un nouveau. Maintenant qu’un partenaire palestinien semblerait avoir été mis en place (lors de l’Accord de la Mecque et par la formation d’un nouveau gouvernement palestinien), et que l’ensemble du monde arabe a accepté un plan qui semble offrir à Israël la paix et la reconnaissance, un nouveau clivage est apparu, cette fois entre les Arabes et Israël, parce que ce dernier n’a pas encore accepté leur initiative.

Mais le sommet de Riyad et la formation d’un gouvernement palestinien d’unité nationale constituent-ils la première étape vers des négociations de paix israélo-palestiniennes significatives ? Rien n’est moins sûr. Le consensus arabe, lors du sommet, a donné une légitimité au Hamas et renforcé son rôle sans tenir compte d’au moins une des trois conditions fixées par le Quartet : la reconnaissance d’Israël, l’acceptation des accords israélo-palestiniens passés, et le renoncement au terrorisme.

Depuis sa victoire électorale, le Hamas n’a pas changé sa politique, même sous la pression internationale. À présent, sa pleine réhabilitation au sein du monde arabe et sa reconnaissance politique lui donnent encore moins de raisons de modérer ses positions. C’est cela, précisément, qui est la base de sa légitimité.

Le Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, a adressé à Ismail Hanniyyeh une lettre qui fait partie des Accords de La Mecque, dans laquelle il l’appelle à former le nouveau gouvernement d’unité nationale. Par cette lettre, Mahmoud Abbas l’a « invité à respecter les résolutions de légitimité internationale et arabe, ainsi que les accords signés par l’OLP ». Par cette formulation, Hanniyyeh a été « appelé » à « respecter » ces accords, sans pour autant avoir été contraint de les accepter. Abbas a expliqué plus tard que la négociation et la signature des accords sont la prérogative exclusive de l’OLP et de son Président, ce qui dispense le Hamas de reconnaître l’existence d’Israël.

Le plan de travail officiel du nouveau gouvernement palestinien formé le 17 février a donné autorité à l’OLP et à son Président pour négocier. Cependant, il a érigé une barrière efficace afin d’entraver les futures négociations.

Il est stipulé que deux moyens sont envisageables pour approuver tout accord. Le premier passe par le nouveau Conseil National Palestinien : ce nouveau parlement de l’OLP sera mis en place après la mise en application de la réforme au sein de l’organisation, dont le  Hamas doit faire partie. La seconde voie est un référendum, auquel tous les Palestiniens (y compris les réfugiés) participeront. Aucune de ces deux options ne paraît favorable à un accord de paix : la réforme de l’OLP est loin d’être achevée, et quand elle le sera, le Hamas aura plus de pouvoir que le Fatah ; le référendum palestinien est loin d’être réalisable, sans compter que les réfugiés refuseront tout accord qui ne reconnaîtrait pas leur droit de retour.

De plus, lorsque Mahmoud Abbas a donné le pouvoir de décision et de ratification des futurs accords à l’ensemble des Palestiniens (y compris les réfugiés), il n’a pas seulement donné le droit de veto aux groupes radicaux - qui ont une grande influence sur les populations palestiniennes de Jordanie, de Syrie et du Liban -, mais il a également offert une voix aux pays radicaux, principalement la Syrie. Cela s’oppose aux évolutions enregistrées dès les années 1990, lorsque le centre de gravité de la politique palestinienne s’est dirigé de "l’extérieur" vers "l’intérieur", avec l’instauration de l’Autorité Palestinienne. Avec l’installation du Hamas à Damas, tout semble indiquer que c’est lui qui exercera le pouvoir derrière le gouvernement palestinien.

Le droit effectif de veto du Hamas a une importance cruciale en raison des objectifs contradictoires : le Président de l’Autorité Palestinienne cherche un règlement final dans lequel un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza coexisterait pacifiquement avec Israël. Pour le Hamas, un Etat palestinien dans ces territoires n’est qu’une étape vers la création d’un Etat musulman sur toute la Palestine historique et donc, le Hamas s’oppose à la reconnaissance d’Israël. Le plan de travail du gouvernement Palestinien reflète ainsi une pratique qui a paralysé les espérances dans l’évolution du processus de paix avec Israël : affirmer l’existence d’une unité dans ses positions et formuler un consensus textuel qui camoufle une divergence de positions.

L’initiative arabe, confirmée par le Sommet de Riyad, fait émerger d’autres contraintes :

·         L’initiative exige un repli israélien derrière les lignes du 4 juin 1967, ce qui préjuge des futures négociations. En outre, les « Paramètres de Clinton », de décembre 2000, n’appelaient pas Israël à un retour en deçà de ces lignes et laissaient les plus importantes implantations aux mains des Israéliens. Le Président George W. Bush a d’ailleurs déclaré, dans sa lettre du 14 avril 2004, adressée au Premier Ministre Sharon, qu’« à la lumière des nouvelles réalités territoriales, et en tenant pour acquises les principales zones de peuplement israélien existantes, il est irréaliste d’aboutir à un retour plein et complet aux lignes de 1949 ».

·         Concernant les réfugiés palestiniens, l’initiative arabe appelle à une solution juste, agréée et en conformité avec la résolution 194 du 11 décembre 1948 de l’Assemblée Générale des Nations Unies, et rejette tout type d’installation des réfugiés hors de la Palestine historique. Selon cette résolution, les réfugiés qui souhaiteraient retourner et vivre en paix avec leurs voisins seraient autorisés à le faire ; quant à ceux qui renonceraient à leur droit au retour, ils recevraient, en contrepartie, une compensation financière. Aujourd’hui, le nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés s’élève à près de cinq millions de personnes. Leur exigence de retourner dans leurs foyers est perçue par les Israéliens comme une manière à peine voilée de démanteler l’État d’Israël. Ce sentiment est renforcé lorsque l’initiative arabe refuse tout type d’installation des réfugiés hors de la Palestine historique, ce qui exclut catégoriquement que certains s’établissent dans les pays arabes ou ailleurs dans le monde.

Israël a donc affirmé qu’il ne peut pas accepter cette initiative dans son ensemble, mais qu’elle pourrait servir de base pour de futures négociations.

 

La situation politique qui règne dans les territoires palestiniens ne fait que renforcer les craintes des Israéliens concernant l’existence d’un partenaire palestinien. Les Palestiniens ne semblent pas prêts à de nouvelles négociations. L’héritage d’Arafat a plongé les Palestiniens dans le chaos ; la société est dirigée par des chefs de guerre ; ceux qui détiennent le pouvoir ne font pas preuve d’autorité ; l’influence de forces radicales étrangères (Iran, Hezbollah et même Al-Qaïda) se fait de plus en plus forte ; un fossé de plus en plus profond se creuse entre radicaux et modérés, qui ne semble pas avoir été comblé par les accords de La Mecque et la formation d’un nouveau gouvernement palestinien.

L’inquiétude des Israéliens face à l’émergence de nouvelles démarches arabes est alimentée par le recul de l’influence des États-Unis, qui étaient traditionnellement partie intégrante des pourparlers de paix. Les conclusions des accords de La Mecque et du sommet de Riyad semblent êtres allées à l’encontre de la volonté américaine. Les Israéliens soupçonnent la plupart des pays arabes de ne pas avoir encore vraiment accepté l’existence d’Israël, tout en étant persuadés que les démarches saoudiennes et arabes les plus récentes n’ont pas pour objectif d’établir la paix, mais plutôt de faire endosser à Israël la responsabilité de l’impasse du Hamas et de ses protecteurs radicaux, et de contrebalancer les différends entre les Arabes et l’Iran.

Par conséquent, la conjoncture géopolitique n’est pas mûre pour une négociation de paix israélo-palestinienne. Seuls des accords temporaires peuvent être mis en place afin d’éviter une explosion de la violence. Pour aller encore plus loin dans la prospective, les positions palestiniennes devront être modérées, principalement en ce qui concerne la question des réfugiés. Mais il ne faut pas occulter le rôle crucial que doivent jouer les États Arabes pour créer une atmosphère favorable à la négociation, en y associant les Israéliens et leurs dirigeants.

Les chefs saoudiens et les leaders arabes ont repoussé cette idée, en arguant que la « normalisation » avec Israël ne peut avoir lieu qu’après que des accords de paix aient été signés, sans quoi, aucune issue à long terme n’est envisageable. Le Président Al-Sadate l’avait compris : l’accord de paix n’était pas encore négocié lorsqu’il s’est adressé à la Knesset et aux Israéliens, mais par sa détermination, il a finalement obtenu ce qu’il voulait.

La normalisation dont on profité les Israéliens, depuis la signature des accords de paix avec l’Egypte et la Jordanie, a été très faible. Ce fut une paix froide et distante qui, avec les années, a essoufflé l’enthousiasme israélien pour la paix, sans lequel le retrait complet d’Israël du Sinaï n’avait pas été possible. En ouvrant le dialogue avec Israël, les leaders arabes ne garantiront pas la solution du conflit, mais ils feront un grand pas en ce sens.


Israel E. Altman


© upjf.org

 

Mis en ligne le 03 mai 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

 

Palestine, Israel and the Arab Initiative: New Perspectives ? Israel E. Altman

 

 

In their latest summit conference (Riyadh, March 28-29) the Arab states reaffirmed the Saudi Initiative for Arab-Israeli peace, initially adopted in the Beirut summit five years ago. Saudi Arabia decided to take the lead, to reintroduce the Initiative and to get the Summit to reaffirm it, because of her assessment of new exigencies necessitated by strategic changes in the region. But for a peace process to be successful, conditions have to be ripe. Are conditions ripe for a final status accord on the Palestinian issue? Can the initiative really open the way to progress? This article tries to answer these questions, looking at the initiative, its strategic context and its implications.

 

The regional political scene in the background of the revived Arab Initiative has witnessed some dramatic fluctuations. First, in the period from summer 2006 to early 2007 events in the Middle East appeared to be leading to the emergence of two rival groupings. A resurgent Iranian-Shiite camp in Iran, Lebanon, and Iraq poised to penetrate the Sunni Arab space by an intensive Shi’itization campaign in the Arab Sunni countries. Hezbollah and its charismatic leader, Hassan Nassrallah, emerged as the only Arab military force which came out unbeaten from a war with Israel, though its Shiite identity and image as an arm of Iranian infiltration into the Arab and Sunni world diminished the potential of that victory for rallying that world. The Iranian-led Shiite predominance in Lebanon is linked in the Arab Sunni public image with the ascendancy of the Shiites (and the non-Arab Kurds) in Iraq, with the potential threat of Iran’s nuclear ambitions, and with Iranian patronage of the Arab –Sunni movement Hamas, which dominates the Palestinian Government.

 

Those developments led to the emergence of a loose community of interests to stop Iran’s rising influence. It included Arab moderate forces allied with the US - Saudi Arabia (which emerged as the driving force in confronting Iran); Egypt; Jordan; the Gulf Cooperation Council (GCC) states; the pro-western al-Fatah faction in Palestine (which was weary of Hamas getting stronger with Iran’s support); the Fuad Seniora government in Lebanon (besieged by Hezbollah as that organization was seeking to translate its newly acquired prestige to domestic political domination), and Israel as a tacit partner. That community of interests was facing “the Resistance Axis”, namely Iran; its junior ally Syria, which the moderates accused of responsibility for Rafiq Hariri’s murder and for seeking to regain control of Lebanon; and Iran’s proxies Hezbollah and Hamas. Saudi Arabia seemed to be pursuing a strategy of escalating the pressures on Iran, in coordination with the Bush administration.  

 

But these two rival regional groupings did not coalesce into two solid camps, moving toward an ever growing conflict – quite the opposite has happened. By early 2007 the Bush administration looked increasingly weakened and challenged by Congress; the likelihood of an early US departure from Iraq, as well as of an American military action against Iran’s nuclear project, grew considerably; and Saudi Arabia was loath to be seen as the leader of an Arab anti-Iranian camp supportive of an American military attack: There could be retributions from Iran itself, from its proxies like Hezbollah or from Saudi Arabia’s own Shi’ite population, which is concentrated in the oil-rich eastern part of the country. And America’s approaching withdrawal from Iraq made Saudi Arabia feel the need to mend fences with Iran perhaps more than ever before.

 

So King ‘Abdullah launched a series of diplomatic moves designed to shift from confronting Iran to engaging her and to undoing the Sunni-Arab versus Shi’i-Iranian polarization. Those included:

·         Conducting a dialog with Iran, including a visit by President Ahmadinejad to Riyadh.   

·         Negotiating with Iran a stabilization plan for Lebanon and stopping the deterioration there.

·         Halting Hamas’ drift towards Iran and the civil strife in Gaza, by convening the Hamas and Fatah leaders in Mecca (February 6-8) and making them sign the Mecca Agreement on the formation of a national unity government. That conferred upon Hamas Arab legitimacy, which was then reinforced when PM Isma’il Hanniyyah was invited to the Riyadh Summit, and the Mecca Agreement was endorsed by the Summit (Arab leaders had until then avoided recognizing the Hamas election victory, which could serve as a vindication for Islamist forces in their own countries).   

·         Opening up to Syria, despite Saudi conviction that Syria was behind the assassination of Rafiq Hariri.

·         Convening the Arab Summit in Riyadh, where the Arab states endorsed, as the Arab blueprint for a comprehensive Arab-Israeli settlement, the Saudi Initiative originally adopted in the March 2002 Beirut Summit, and offered Israel normal relations if she accepted that blueprint.

 

Simultaneously Saudi Arabia has demonstratively distanced herself from the Bush administration. Her endorsement and legitimization of Hamas, by sponsoring the Mecca Agreement and inviting Hanniyyah to the Summit, ran clearly counter to the US boycott of Hamas. Then, in the Summit itself (March 28) King ‘Abdullah launched a sharp attack on the US policy in the Middle East, referring to the US military presence in Iraq as an illegitimate foreign occupation and criticizing its position on Hamas. The King reportedly cancelled his attendance in a White House function in his honor (scheduled for April 18).

 

King ‘Abdullah has thus transformed the regional strategic picture: He has reduced the severity of the Sunni Arab- Shi’i Persian rift, while creating a new one: Now that a Palestinian partner for peace talks has presumably been created (by the Mecca Agreement and the formation of the new Palestinian government), and that the whole Arab world accepts a plan presumably offering Israel peace and recognition, a new fault line has appeared- this time between the Arabs and Israel, which has yet to accept the Arab offer. By positioning themselves vis-à-vis Israel this way, the moderate Arabs seem to have sought to strengthen their hand in their dispute with Iran and her Arab proxies. 

 

But have the Riyadh Summit and the formation of the Palestinian national unity government really set the stage for the launching of meaningful Israeli-Palestinian peace negotiations? They have not, for several reasons. In the summit, the “Arab consensus”  legitimized and strengthened Hamas without the latter making even the slightest move towards accepting either one of the three conditions of the international Quartet- recognition of Israel, acceptance of past Palestinian –Israeli agreements, and renouncing the use of terror.

 

Hamas, which had not budged under the year- long international pressure since it won the March 2006 elections, will have fewer reasons to moderate its positions now that it had been fully rehabilitated and embraced by the Arab collective. In the letter Palestinian Authority (PA) Chairman, Mahmud ‘Abbas, addressed to Isma’il Hanniyyah, which forms part of the Mecca Agreement, and where ‘Abbas asked him to form the new national unity government, ‘Abbas “called upon” Hanniyyah “to respect the Arab and international legitimacy resolutions and agreements signed by the PLO”. That was the distance the new government was willing to go towards meeting the Quartet’s conditions: Hanniyyah was “called upon” to “respect”, but not obliged to accept, those agreements. ‘Abbas explained later that negotiating and signing agreements was the prerogative of the PLO and its Chairman, ‘Abbas himself, whereas Hamas, even as the Palestinian government, is not authorized to negotiate, hence it does not need to recognize Israel.

 

The platform of the new Palestinian government (February 17) indeed gave the authority to negotiate to the PLO and its Chairman, yet it put an effective barrier in the way of future negotiations. It stipulated that any agreement reached must be approved either by the new Palestinian National council, which will be formed after the PLO is reformed (to bring Hamas into the PLO), or by a referendum in which all the Palestinians (including the refugees everywhere) will participate. Neither of those options seem to favor a peace accord anytime soon: The PLO reform is still a long way to go, and when done, Hamas will probably be stronger in it than al-Fatah; while conducting the all-Palestinian referendum does not seem like a realistic proposition, and even if it is doable, most refugees would reject any agreement which does not recognize their full right of return.

 

Furthermore: When ‘Abbas accepted the principle that all the Palestinians, inside and outside the West Bank and Gaza, have the right to accept or reject any future agreement, he gave veto power over any agreement not only to radical groups like Hamas, which  strongly influences the Palestinians in Jordan, Syria and Lebanon, but also to host radical countries like Syria. This goes counter to the direction of events since the 1990’s, when the center of gravity of Palestinian politics shifted from “the outside” to “the inside” with the establishment of the Palestinian Authority; it goes in line with the emergence of the Hamas leadership in Damascus as the real power behind the Palestinian government.   

 

The effective veto power Hamas enjoys over ‘Abbas in the negotiation is of crucial importance, because their objectives are contradictory: Whereas ‘Abbas seeks a two state solution, and sees the Palestinian state in the West Bank and Gaza as the permanent settlement, Hamas is opposed to a permanent settlement and is willing to accept a state in those territories only if it is temporary and does not require recognition of Israel: Hamas has not given up on its objective of dismantling Israel and retrieving historic Palestine as a whole.

 

Indeed, the platform of the Palestinian government reflects a practice that has paralyzed attempts for progress in the peace process with Israel: The insistence on unity in positions, on formulating textual consensus which covers up a fundamental lack of agreement. Thus each side can claim that the agreement reflects its original position from which it has not budged.

 

The Arab Initiative, re-endorsed by the Riyadh Summit, contains additional stumbling blocks:

  • The Initiative demands that Israel accept in advance complete withdrawal to the June 4, 1967 lines, which prejudges the negotiations. Furthermore: Even the “Clinton Parameters” for the final status agreement (December 2000) did not call for complete withdrawal, leaving the most populated settler blocks in Israeli hands, and President George W. Bush stated in his letter to PM Sharon (April 14, 2004) that “In light of new realities on the ground, including already existing major Israeli population centers, it is unrealistic to expect that the outcome of final status negotiations will be a full and complete return to the armistice lines of 1949”.
  • For the problem of the Palestinian refugees, the Initiative calls for a solution which is just, agreed and in conformity with UN General Assembly Resolution 194 (of December 11, 1948), and rejects “all types of resettlement” of the refugees. Resolution 194 stated that the refugees wishing to return to their homes and live at peace with their neighbors should be permitted to do so, and that compensation should be paid for the property of those choosing not to return. From several hundred thousands, the refugee population has grown to around 5 million. The Palestinian demand to allow the refugees to return to their former homes in Israel is seen by Israelis as a thinly veiled way to bring about the end of Israel as a Jewish state. This impression is reinforced by the Initiative’s rejection of “all types of resettlement”, which categorically eliminates any solution that might envision the refugees or some of them settling in Arab countries or elsewhere around the globe except for Palestine. 
  • Israel said therefore that she could not accept the initiative as a whole, but it could serve as a basis for negotiations.

 

The present state of affaires in the Palestinian territories adds to Israel’s doubts regarding the existence of a Palestinian negotiating partner. The Arafat era left the Palestinians in chaos; a society led by warlords with a vested interest in the continuation of chaos; a lack of authority of those who hold formal power; intensified intervention by radical forces from the outside- Iran, Hezbollah, and increasingly also al-Qa’idah; and a deep split between radicals and moderates which was only plastered over, and not resolved, by the Mecca Accord and the formation of the new Palestinian government.

 

Israeli incertitude regarding the new Arab moves is fed also by the apparent receding of the influence of the US, which traditionally was the indispensable party in peace talks. Arab moves from the Mecca agreement to the Riyadh Summit seemed to be contrarian to the US, which had tried to persuade the Saudis to follow a different course of action. Israelis suspect that most Arabs have not really accepted Israel’s very existence, and that the latest Saudi and Arab moves do not reflect a real interest in reaching peace now, but an attempt to shift the blame for the impasse from Hamas and its radical backers onto Israel and to balance off the Arab dispute with Iran.

 

The situation is therefore not ripe for the negotiation and conclusion of the final status Israeli-Palestinian peace accord. The best that can be achieved at this stage are temporary arrangements which will prevent the eruption of violence. To go beyond that, the Palestinians position will have to moderate, first of all on the refugees issue. But the Arab states do have a role in helping create an atmosphere conducive to moderation, by engaging the Israelis and their leaders.

 

But Saudi and Arab leaders have rejected that idea, arguing that  “normalization” can take place only after peace accords are signed. That “take it or leave it” approach to the Arab Initiative only perpetuates the vicious circle. The late President al-Sadat understood that point well: When he addressed the Knesset and the Israeli people, the final peace accord was not in his pocket, but through his confidence-building approach he eventually got what he wanted.

 

Israelis have experienced very little real normalization even with those Arab states which signed peace accords with Israel, namely Egypt and Jordan: It has been a rather cold, reserved, uneasy peace, which over the years suffocated the Israeli enthusiasm for peace which made the total Israeli withdrawal from Sinai possible. By engaging the Israelis the Arab leaders today will not secure a solution to the conflict, but they will make an important step towards it.  

 

Israel E. Altman