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Contentieux palestino-israélien

Conflit israelo-palestinien : qui est responsable de l'echec du processus de paix en 2000-2001

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Cahiers Bernard Lazare

____________________________________________________

Mensuel du Cercle Bernard Lazare publié avec le concours du Centre Nationaldu Livre

 

N° 222, Février 2002, pp. 13-25

 

[Nous remercions chaudement et l’auteur, et la revue qui a publié cette remarquable contribution, de nous autoriser à publier cette version électronique sur notre site. Toute reproduction et diffusion de ce texte devra faire mention tant du nom de l’auteur que du © des Cahiers Bernard Lazare, ainsi que de la mise en page Web de CJE – www.chretiens-et-juifs.org (l'indication du nom et de l'adresse du site est obligatoire) ].

 

Évaluation des responsabilités des dirigeants israéliens

et palestiniens dans l’échec des négociations

de paix de Camp David/Taba

 

par RenéSchwok, Professeur, Département de science politique,Université de Genève

 

Résumé

Cet article tente d'établir le plus objectivement possible quellesfurent les positions des Américains, des Israéliens et des Palestiniens durantles intenses négociations de paix de 2000-2001.

Une telle approche présente non seulement un intérêt historiquepour en partie déterminer quel protagoniste porte la principale responsabilitéde l'abîme dans lequel s'enfonce le conflit israélo-palestinien.

Elle permet aussi de cerner avec davantage de précision quelspourraient être les paramètres réalistes d'un futur accord de paix imposé parla communauté internationale.

 

Quelques remarques épistémologiquessur les sources

Evaluation des thèses de Malley etAgha

Les propositions israéliennesétaient-elles "généreuses"?

Les propositions palestiniennesétaient-elles constructives?

Ambiguïtés palestiniennes par rapport à l'échange de territoire

Les Palestiniens nient le lien symbolique des Juifs avec le Temple

Évaluation

"Les paramètres Clinton"

Réception des "paramètresClinton" par les protagonistes

Les Palestiniens exigent uneimmigration sans entraves en Israël

Les Palestiniens acceptent le fait politiqueisraélien mais pas sa légitimité morale

Conclusion : la thèse révisionnisterésiste difficilement à l'examen

 

 

Quelles ont été les positions adoptées par lesIsraéliens et les Palestiniens durant les négociations de paix de 2000-2001,qui avaient commencé à Stockholm, avaient connu leur point culminant à CampDavid pour échouer à Taba? Un texte publié dans la prestigieuse New YorkReview of Books[1]a traité de cette question, amenant uneimportante couverture médiatique aux Etats-Unis et en Europe. Du fait que cesthèses émanent de Robert Malley, un ancien membre de la délégation américainequi semble rompre avec son propre camp, elles ont été d’emblée adoptées par LeMonde de Paris et Le Temps de Genève comme la preuve que c'est"l'attitude des Israéliens qui doit être dénoncée"[2]et qu'il "faut prendre la défensed'Arafat".[3]

 

Le propos de Malley, avec son co-auteur, le PalestinienHussein Agha, consiste à essayer de comprendre la perception de la délégationpalestinienne pendant le Sommet de Camp David de juillet 2000. En substance,les deux auteurs écrivent que les Palestiniens ont eu le sentiment d'avoir étéforcés de se rendre Camp David, alors que les positions ne s'étaient passuffisamment rapprochées dans les douze séances préparatoires du processus deStockholm (printemps 2000). Ils ont perçu l'ensemble du processus comme untraquenard américano-israélien.

 

Malley et Agha accréditent également la thèse queles Palestiniens avaient quelques raisons de se méfier des Israéliens dont (1)les "offres généreuses" étaient insuffisantes et que (2) lesPalestiniens ont fait davantage de propositions d'ouverture qu'on ne l'agénéralement écrit.

Cette thèse a été qualifiée de révisionniste auxÉtats-Unis car le public avait jusqu'alors été confronté à la version de laplupart des responsables politiques américains, le Président Clinton en tête,selon laquelle la res-ponsabilité principale de l'échec incombe aux dirigeantspalestiniens qui n'ont pas été à la hauteur du courage du premier ministre EhudBarak[4]En substance, si les Palestiniens avaient dit "oui" aux propositionsde paix américaines, ils disposeraient aujourd'hui d'un État viable sur environ100 % des territoires perdus en 1967, avec Jérusalem arabe pour capitale, lasouveraineté sur l'esplanade des mosquées et une solution juste au problème desréfugiés.

En France, la thèse de Agha et Malley apparaîtégalement d'une certaine manière comme révisionniste dans la mesure où laprincipale version qui avait été véhiculée était celle des Palestiniens selonlaquelle ceux-ci avaient bien eu raison de refuser toutes les scandaleusespropositions américaines et israéliennes à Camp David qui justifient leurfrustration et le déclenchement de l’“Intifada al-Aqsa”.[5]

 

 

Quelques remarques épistémologiques sur les sources

 

Pour se forger une opinion personnelle, on disposedéjà d'une masse impressionnante de témoignages des principaux négociateursisraéliens, palestiniens et américains, disponibles en anglais et sur le Web.Ils prennent la forme d'extraits de "journaux" de bord oud'interviews avec des journalistes. Nous avons pu également réaliser unentretien exclusif le 30 octobre 2001 à Genève avec Yossi Beilin, un desprincipaux négociateurs israéliens à Taba.

 

Il manque cependant les Mémoires du PrésidentClinton, qui ne seront pas publiées avant 2003, un essai retrospectif de DennisRoss (prévu pour 2002), ainsi que les souvenirs du premier ministre Ehud Barak,du Président Yasser d'Arafat et des principaux négociateurs. L'ouverture desarchives dans 25 à 30 ans sera évidemment la bienvenue, même si elles risquentd'être lapidaires car les prises de note écrites étaient interdites à CampDavid.

 

Sur ces bases documentaires, on peut déjà se forgerune opinion relativement solide même s'il faut rester conscient du caractèrepartiel et partial de ce genre de comptes-rendus souvent traduits de l'arabe etde l'hébreu et du fait que ces négociateurs apportent leur témoignage enfonction de leur combat actuel et de leurs ambitions politiques personnelles

 

 

Evaluation des thèses de Malley et Agha

 

Les propositions israéliennes étaient-elles"généreuses"?

 

Les propositions israéliennes étaient-elles"généreuses"? Poser la question dans ces termes, comme le font Malleyet Agha, ne peut évidemment qu'engendrer une réponse négative, tant laformulation est biaisée à la base. D'un point de vue palestinien, uneproposition israélienne n'est jamais "généreuse" puisque le"voleur sioniste" ne fait que leur rendre ce qui leur est dû.

 

Plus fondamentalement, la problématiquescientifique intéressante est la suivante : y a-t-il eu de véritablespropositions israéliennes d'ouverture? Surtout étaient-elles acceptables parles Palestiniens? En fait, il apparaît bel et bien que les premières idéesisraéliennes avancées au début du Sommet de Camp David peuventrétrospectivement apparaître comme insuffisantes dans la mesure où ellesamenaient à découper le futur État palestinien en des sortes de cantons, touten annexant environ 9% de la Cisjordanie. En regard de ce que les Israéliensaccepteront plus tard, leur position de départ dans la négociation apparaîteffectivement modeste même si elle constituait un énorme pas par rapport auxpositions du Likoud.

 

Mais faut-il juger les Israéliens sur leur positionde départ ou sur leur disponibilité dans la négociation ? Robert Malley et deHussein Agha apportent eux-mêmes la réponse : les Palestiniens étaientconvaincus que les Israéliens et les Américains agissaient de concert. LesPalestiniens avaient bien perçu que la tactique de Barak consistait à partird'une position de départ relativement dure tout en faisant comprendre qu'il serallierait in fine aux propositions américaines si les Palestiniensavançaient des contre-propositions.[6]

 

Ce fait est confirmé par Akram Haniyyé, responsabledu journal officieux Al-Ayyam et membre de la délégation palestinienne àCamp David. Il atteste que les Palestiniens ont perçu les suggestionsaméricaines comme des propositions israéliennes, à tel point qu'il utilisel'expression (abusive) de "fusion sans failles des positions israélienneet américaine".[7]Il cite également à plusieurs reprises la même anecdote où Arafat rejette desidées américaines de compromis en disant : "ces idées sont israéliennes.Leurs délégués me les avaient déjà communiquées".[8]

 

Ainsi, Agha et Malley démontrent paradoxalementqu'il ne faut pas juger Barak sur ses propositions initiales mais bien sur sadisponibilité à endosser les idées américaines qui allaient bien au-delà. Lepremier ministre israélien avait bel et bien déjà fait comprendre à Camp David,qu'il pouvait "acquiescer à [un État palestinien] couvrant environ 95% desterritoires"[9]. Le"leader" palestinien Faisal Husseini a également confirmé avant sondécès que "Barak avait accepté de se retirer de 95% des territoirespalestiniens occupés avant 1967".[10]Cela contredit la nouvelle thèse de l'Autorité palestinienne développée enjuillet 2001 selon laquelle Israël n'aurait été disposé à se retirer que de 91%des territoires occupés et aurait revendiqué 10% supplémentaire en location.[11]

Malley rappelle aussi que Barak n'avait finalementpas rejeté la proposition américaine selon laquelle, concernant Jérusalem,"il aurait été octroyé à la Palestine la souveraineté sur les quartiersarabes, et sur les quartiers chrétiens et musulmans de la Vieille Ville".[12]Ainsi, le révisionniste Malley contredit une version encore plus révisionniste,celle de juillet 2001 de l'OLP selon laquelle "les Palestiniens auraientété forcés de reconnaître l'annexion par Israël de toute la partie arabe deJérusalem Est".[13]


Les propositions palestiniennes étaient-ellesconstructives?

 

Agha et Malley assurent que les Palestiniens ontfait davantage de propositions constructives qu'on ne l'a généralement écrit.Leur argumentation se développe d'abord autour de la formulation suivante : lesPalestiniens avaient déjà offert leurs principales concessions en entrant dansle processus d'Oslo, en acceptant en 1988 de déclarer caduque la charte del’OLP et en se résignant au fait politique israélien.[14]Mais un tel raisonnement ne s'apparente-t-il pas à une forme de sophisme? Celarevient à écrire en substance: "les Palestiniens ont fait des concessions parcequ'ils avaient l'impression qu'ils les avaient déjà faites".

 

 

Ambiguïtés palestiniennes par rapport à l'échangede territoire

 

De manière plus intéressante, Agha et Malleyaffirment que les Palestiniens avaient "accepté le principe qu'Israëlannexerait certaines implantations de Cisjordanie en échange d'un montantéquivalent de territoire israélien".[15]Ils étaient ouverts à l'idée d'une division de Jérusalem-Est, octroyant unesouveraineté israélienne sur le Quartier juif de la Vieille Ville, le Mur Occidentalet les quartiers juifs.

 

Khalil Shikaki va encoreplus loin que Agha et Malley. Pour ce professeur à l'Université de Naplouse,directeur du "Center for Policy and Survey Research" de Ramallah etsource de nombreux textes révisionnistes, Arafat aurait négocié directementavec Clinton et lui aurait soumis une carte proposant qu'Israël puisse annexerles quartiers juifs de Jérusalem-Est, 3% de la Cisjordanie, incluant les troisplus important blocs de colonies, y compris Ariel, en échange de 3% de territoireisraélien.[16]

 

Sylvain Cypel franchitune étape supplémentaire puisqu'il affirme que les Palestiniens "peuventaccepter des aménagements pour le maintien de blocs de colonies en Cisjordanie(sur […] peut-être 4% ou 5%)".[17]Pour le même journaliste, ce sont les Palestiniens qui ont proposé, concernantJérusalem, "là où la population est arabe, c'est aux Palestiniens, là oùelle est juive, aux Israéliens".[18]

 

Ces affirmations posent cependant au moins deuxproblèmes méthodologiques : (1) les dirigeants palestiniens ont clairementcontesté avoir fait des concessions sur Jérusalem-Est. Au contraire, Arafat aqualifié de telles hypothèses de "désastreuses" et"dangereuses".[19] Akram Haniyyé cite ainsi la réponse privéed'Arafat aux Américains : "nous revendiquons la pleine souveraineté sur lapartie de Jérusalem occupée en 1967".[20] Abu Mazen a également déclaré : "il est clairque Jérusalem Est doit nous être retournée et que c'est Jérusalem Ouest [sic]qui doit être une ville ouverte"[21]; (2) on ne possède aucune trace écrite despropositions palestiniennes sur un échange de territoire (contrairement auxpropositions sur les réfugiés).

 

 

LesPalestiniens nient le lien symbolique des Juifs avec le Temple

 

Une des principales pommes de discorde à Camp Davida concerné les liens du peuple juif avec l'Ancien Temple de Jérusalem. Ladélégation palestinienne a catégoriquement refusé d'envisager une souverainetésymbolique d'Israël sur le "Mont du Temple"[22][le sous-sol de l'"Esplanade des Mosquées"] en échange de laréaffirmation de la souveraineté palestinienne sur cette Esplanade etl'interdiction absolue aux Israéliens d'y procéder à des fouillesarchéologiques.

 

En effet, aussi incroyable que cela puisse paraîtrepour des Occidentaux, dans la mythologie palestinienne et arabe, le"Temple de Salomon ne se situe pas sous le Dôme du Rocher". Ceténorme mensonge est véhiculé par Arafat lui-même pour qui le "Temple étaità Naplouse".[23]Ce même type d'affirmation inouïe a été propagée par les principauxnégociateurs palestiniens "modérés" Abu Alaa,[24]Nabil Sha'ath[25] et SaebEreiqat[26],ainsi que la plus haute autorité religieuse palestinienne, Sheikh Ikrima Sabri[27]et de l'Islam sunnite, Sheikh Mohammed Sayyed Tantawi.[28]

 

Cette observation est importanteparce qu'elle offre un éclairage complémentaire au contexte du déclenchementdes violences, le 28 septembre 2000. N'oublions pas que l'"intifada"s'appelle "al Aqsa" et qu'elle est justifiée par l'Autoritépalestinienne[29] parl'argument (fallacieux) que les "Israéliens veulent détruire lesMosquées".[30]

        

 

Évaluation

 

Le premier problème posépar la thèse des "propositions d'ouverture palestiniennes" est queAgha et Malley reconnaissent, en se contredisant, que les "Palestiniensn'ont soit jamais dit oui aux idées américaines soit jamais présenté unecontre-proposition incontestable et spécifique de leur part".[31]Difficile, dans ces conditions, d'accréditer ce genre de sources.

 

Le deuxième problème vient du fait que lesdirigeants américains[32],Clinton en tête,[33] etisraéliens se souviennent seulement que "les Palestiniens ont rejetél'ensemble du paquet de Camp David".[34]

 

Le troisième problème posé par la thèse des"propositions d'ouverture palestiniennes" est que les dirigeantspalestiniens les nient farouchement. Ils se sont en effet vantés à denombreuses reprises d'avoir rejeté le "diktat israélo-américain",qualifié par Arafat de "moins qu'un Bantoustan"[35]et ont justifié devant la Commission Mitchell l’"intifada al Aqsa"par le caractère scandaleux des propositions qui leur ont été soumises à CampDavid.[36]

 

Le quatrième problème est que les comptes-rendusdes négociations de paix de Taba n'indiquent pas non plus que les Palestiniensaient été aussi ouverts aux propositions américaines que la thèse révisionnistene le prétend.

 

 

"Les paramètres Clinton"

 

Les propositions américaines à Taba (décembre 2000)se rapprochent encore davantage de celles des Palestiniens qu'à Camp David. Les"paramètres Clinton"[37]amenaient ainsi les Israéliens à accepter que l'Etat palestinien soit établisur un territoire qui correspond à 99 % des territoires occupés, avec unevéritable continuité territoriale. Israël devait céder une partie de sonterritoire d'avant 1967 pour agrandir Gaza (territoire de Haloutza) et laisserpasser une route sous contrôle palestinien entre Gaza et la Cisjordanie.

 

Du fait que Clinton avait inclus dans sesparamètres la sécurité de la route entre Gaza et la Cisjordanie, il n'est pasabusif de prétendre qu'il était proposé presque 100% aux Palestiniens. Clintonavait en effet formulé sa proposition de sorte que, si l’attitude desPalestiniens était favorable, ils pourraient présenter cette solution devantleur public comme une solution "à 100%".

 

Israël devait s'engager à totalement évacuer Gaza,à démanteler toutes les implantations de Cisjordanie sauf trois blocs (voirinfra) et à ce que les quartiers arabes de Jérusalem deviennent la capitale del'Etat palestinien.

 

En contrepartie, Israël pouvait annexer lesquartiers juifs de Jérusalem Est. L’Etat hébreu aurait également pu annexertrois blocs de colonies installés en Cisjordanie (Maalé Adoumim, Gush Etzion etAriel). D'autres garanties étaient données à Israël comme la non-militarisationdu futur Etat palestinien et la présence temporaire de forces internationalesde contrôle sur les hauteurs qui surplombent le Jourdain.

 

Pour notre part, comme l'Union européenne,[38]nous pensons que le Plan Clinton méritait d'être soutenu. Il n'était certes pasparfait, comme ne l'étaient pas davantage les autres plans présentés parl'Administration Clinton en Irlande, en Bosnie, au Kosovo et en Macédoine. Et,pourtant, ils ont grandement contribué à la paix dans ces conflits. Le PlanClinton ne pouvait pas obtenir un accueil enthousiaste car il imposait descompromis difficiles aux deux parties sur la base de la reconnaissance desnationalismes juif et palestinien. A défaut de toute autre, il était néanmoinsdans les grandes lignes la moins mauvaise des solutions, pour reprendrel'expression généralement consacrée aux mérites et aux limites de ladémocratie.

 

Réception des "paramètres Clinton" par lesprotagonistes

 

Les appréciations divergent sur la réception qui ena été faite par les protagonistes. Leur acceptation par le gouvernement le plus"colombe" de l'histoire d'Israël n'est pas contestée.[39]L'ancien ministre des affaires étrangères, Shlomo Ben Ami, confirme que songouvernement avait proposé de restituer 94.5% des territoires occupés, sanscompter l'octroi d'une partie du territoire israélien près de Gaza ou au Sud dela Cisjordanie et un passage pour une route entre Gaza et cette mêmeCisjordanie, donc près de 100%. [40]Les seules réserves israéliennes concernaient des détails mineurs, desarrangements de sécurité et des clarifications concernant l'Esplanade desMosquées/Mont du Temple.

 

Cependant, selon la thèse révisionniste, l'échecn'en est pourtant pas imputable aux Palestiniens qui ont fait de nombreusesoffres d'ouverture.[41]Leurs négociateurs ont bien accepté d’entrer en matière sur unéchange d'environ 2 % du territoire (120 km2) couvert par les colonies contredu territoire israélien de quantité et de qualité égale. Ce point est confirmépar Shlomo Ben Ami.[42]Ils n'auraient pas non plus catégoriquement refusé d'imaginer une annexion parIsraël de quartiers juifs de Jérusalem-Est. Certaines des garanties de sécuritéà Israël n'auraient pas fondamentalement été rejetées par les Palestiniens,même si, évidemment, de nombreux points de divergence demeuraient.

 

A ce stade, il estintéressant de souligner deux paradoxes. Ce sont en fait les négociateurspalestiniens qui n'ont cessé de rappeler que les colonies israéliennes necouvrent qu'environ 120 km2 de la Cisjordanie et de Gaza, soit une grossecommune française. Cela représente environ 2 pour milledes territoires occupés par Israël en 1967 (environ 50.000 km2)! Leur annexionpar Israël en échange d'un territoire israélien de superficie équivalentecorrespond bien à l'interprétation anglo-saxonne de la résolution 242, la seulequi fait foi et qui a été formulée à dessein, selon laquelle Israël doit seretirer de territoires occupés et non des territoires occupés.

 

Deuxième paradoxe, lesnégociateurs palestiniens sont bien entrés en matière sur la cession à Israëlde trois blocs de colonies et de quartiers juifs d'Israël, alors qu'ils n'ontcessé dans le même temps d'essayer de convaincre la communauté internationaleque la cause principale du conflit était due à ces implantations.

 

lI n'en demeure pas moins que ces implantationsciviles israéliennes sont illégales en regard du droit in ­ternational,qu'elles ont été maintes fois condamnées par la communauté internationale,Etats-Unis y compris, qu'elles affaiblissent grandement la positiondiplomatique d'Israël, qu'elles constituent une humiliation permanente pour lesPalestiniens et que leur utilité stratégique est contestable à de nombreuxégards.

 

Pour revenir à la thèse révisionniste, le principalproblème épistémologique pour l’historien est qu'elle est contredite par laversion officielle palestinienne. Dans un document public, l'Autoritépalestinienne affirme en effet avoir clairement refusé la plupart des points duPlan Clinton.[43] Telle en aété également la perception des Américains. Selon Dennis Ross, "lesPalestiniens ont posé tellement de réserves [aux propositions Clinton] qu'ilsles ont vidées de leur sens".[44]

 

D'abord, l'Autorité palestinienne a contesté que lePlan Clinton soit conforme aux résolutions des Nations Unies[45]comme les juristes du Département d'Etat l'affirment.[46]

 

Surtout, Abou Mazen, pourtant une"Colombe" palestinienne, a défendu la position que jamais unnégociateur palestinien n'avait fait la moindre concession à Taba. Il rappelle qu'Arafatest le seul maître à bord et qu'il a également eu raison de resterintransigeant[47],particulièrement sur Jérusalem-Est qui doit rester entièrement soussouveraineté palestinienne.[48]

 

Quant à Abu Alaa, le chef de la délégationpalestinienne - considéré comme un "modéré" et à la source de laplupart des informations "off the record" de la thèse révisionniste -il a pourtant multiplié les déclarations selon lesquelles les propositionsClinton étaient inacceptables.[49]

 

Les Palestiniens exigent une immigration sansentraves en Israël

 

Clinton avait proposé que les réfugiés puissents'établir sans limites dans le futur Etat palestinien, ainsi que dans lesterritoires concédés par Israël pour agrandir Gaza ou le Sud de la Cisjordanie.Ils devaient être largement indemnisés (la somme de 40 milliards de dollars aété articulée). De plus, des pays comme l'Australie et le Canada étaient prêtsà en accueillir jusqu'à 300'000. Pour Clinton, cependant, une libre immigrationdes Palestiniens en Israël est exclue car elle serait source de problèmes sansfin. C’est aux Israéliens de fixer le nombre de Palestiniens qu'ils veulentaccueillir.

 

Ainsi, pour les Américains, parmi les optionsenvisageables, il y a une possibilité que le gouvernement israélien autoriseles réfugiés qui veulent vivre en paix de s'installer en Israël. Dans cetteperspective, il ne s'agit pas d'un "droit au retour". C'estd'ailleurs pour cela que le gouvernement israélien avait accepté en décembre1948 la résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations Unies car celle-cimettait sur le même pied cette option avec d'autres options comme laréinstallation dans les parties de l'Etat arabe [palestinien] occupées par laJordanie et l'Egypte.[50]Les Etats arabes ont par contre refusé cette résolution jusqu'à la fin desannées 1960, précisément pour cette raison, car elle ne garantit pas de"droit au retour".

 

Les Israéliens ont accepté les lignes directricesaméricaines comme le révèle un "non papier".[51]Le ministre israélien Yossi Beilin affirme avoir proposé environ 100'000réfugiés, en priorité du Liban.[52]Le gouvernement israélien a également multiplié les gestes symboliques dans son"non papier" en se référant aux "spoliations". Il n'acependant pas reconnu sa responsabilité dans l'origine du problème desréfugiés, l'attribuant au rejet par les Arabes du Plan de Partage de 1947 et audéclenchement de la guerre.

 

Pour les négociateurs palestiniens, le plan Clintonest inacceptable car tout réfugié doit avoir le choix d'immigrer en Israël sanslimites.[53] Seuleconcession, on pourrait étaler leur immigration. Le "non papier"palestinien de janvier 2001 est clair: "Tous les réfugiés qui résidentactuellement au Liban […] seront autorisés à retourner en Israël [] Sans porterpréjudice au droit de tout réfugié de retourner en Israël, et en plus du retourde réfugiés mentionnés ci-dessus, un minimum de xx [chiffre à préciser]réfugiés par an sera autorisé à retourner en Israël".[54]L'ancien ministre israélien, Shlomo Ben Ami, affirme pour sa part que ladélégation palestinienne avait exigé un nombre d'environ 1 million 500'000personnes sur dix ans.[55]Yossi Beilin nous a, pour sa part, déclaré que les exigences palestiniennesétaient moindres, sans pour autant nous citer de chiffres précis.[56]

 

Notons que les négociateurs palestiniens refusentla perspective d'une immigration des réfugiés dans le futur Etat palestinien enCisjordanie et à Gaza : "le droit au retour signifie un retour en Israël,non dans l'Etat palestinien".[57]

 

Abu Alaa rappelle aussi que la libre immigrationn'est pas un élément symbolique et que les divergences avec les propositionsaméricano-israéliennes sont fondamentales.[58]Abu Mazen partage cette opinion et rappelle que le "droit au retour"doit être appliqué.[59]On est loin de la thèse révisionniste selon laquelle les Palestiniens étaientprêts à admettre "un retour d'un nombre très limité de réfugiés enIsraël".[60]

 

Les Palestiniens acceptent le fait politiqueisraélien mais pas sa légitimité morale

 

Une énigme demeure : pourquoi certains négociateurspalestiniens ont-ils été si loin dans la reconnaissance d'Israël, n'excluantpas de discuter d'échanges territoriaux ? Et comment peut-on expliquerdans le même temps qu'ils soient demeurés si intransigeants sur lareconnaissance du lien symbolique des Juifs avec le Mont du Temple et siinsensibles à la crainte des Israéliens d'être mis en minorité par l'octroi auxPalestiniens d'un droit effectif de libre immigration en Israël?

 

Notre hypothèse est que les Palestiniens sont prêtsà tolérer le fait politique israélien comme une réalité, si possibletemporaire, en s'illusionnant de pouvoir finalement remporter la victoire parl'arme démographique. Mais, comme le relèvent Agha et Malley, l'immensemajorité des Arabes n'accepte pas la "légitimité morale"[61]et historique de l'Etat d'Israël. Le drame est qu'ils contribuent à accréditerla thèse selon laquelle le nationalisme juif est assimilable aux Croisades et àune forme de colonialisme raciste ou d'apartheid habilement manipulée par lepuissant "lobby juif" américain qui joue sur la mauvaise conscienceoccidentale hantée par un génocide banalisé ou même nié.

 

Conclusion : la thèse révisionniste résistedifficilement à l'examen

 

La thèse révisionniste de Agha et Malley a lemérite de nous conduire à remettre en cause certaines idées reçues, à retourneraux sources, à confronter des versions contradictoires et à essayer de dégagerle maximum de cohérence.

 

Néanmoins, leur version suscite nos réticences dansla mesure où elle se fonde sur un mode de narration discutable. Leurinterprétation procède par empathie, se fondant presque exclusivement sur lamanière dont certains négociateurs palestiniens disent avoir perçu leprocessus. Mais pour se rapprocher d'une version objective, Agha et Malleydevraient davantage procéder par intersubjectivité en confrontant les versionsisraéliennes et américaines.

 

Autre problème posé par Agha et Malley, leurargumentation n'est pas dénuée de sophisme avec des raisonnements du genre :"les Palestiniens ont fait des concessions parce qu'ils avaient eu lesentiment de les avoir déjà faites avant".

 

Enfin, la principale difficulté de l'approcherévisionniste est qu'elle est fondée sur une base empirique extrêmement ténue,souvent contredite par Agha et Malley eux-mêmes, et surtout démentie avecvigueur par les négociateurs palestiniens comme notre article a essayé de ledémontrer avec force citations.

 

D'un point de vue logique, un point nous paraîtindiscutable : les pro-Palestiniens ne peuvent pas donner raison à l’Autoritépalestinienne de n’avoir pas fait arrêter l’Intifada du fait des humiliantespropositions américaines et israéliennes à Camp David et Taba, et prétendredans le même souffle qu'Arafat les avait acceptées. Soit les dirigeantspalestiniens ont bien eu raison de rejeter les propositions de Clinton etBarak, soit, ils les ont acceptées. Mais on ne peut pas tenir le même discoursà la fois.

 

A ce stade de la documentation en notre possession,nous pouvons avancer les conclusions suivantes : les négociateurspalestiniens n'ont pas contesté le fait politique israélien, mais ils ontrefusé d'en reconnaître la légitimité historique et morale. Ils ont ainsi belet bien exigé un droit d'immigration massive des réfugiés palestiniens enIsraël tout en excluant qu'ils soient installés dans le futur Etat palestinien.Arafat en tête, ils ont également nié de manière proprement inouïe les lienssymboliques des Juifs avec le Mont du Temple et avec Jérusalem.

 

Sur la base de sources plutôt israéliennes, ilapparaît que certains diplomates palestiniens ont pu entrer en matière surl'idée d'une annexion par Israël d'environ 2% de la Cisjordanie et desquartiers juifs de Jérusalem-Est en échange de territoires israéliens de quantitéet de qualité équivalente. Le principal problème épistémologique qui se poseest que les principaux négociateurs palestiniens ont clairement affirmé aposteriori n’avoir jamais accepté un tel marchandage. Est-ce parce qu’ilsont eu peur pour leur avenir politique et personnel s’ils avaient reconnu detelles concessions ? Gageons que les pro-Palestiniens révisionnistes dutype Agha et Malley avanceraient une telle hypothèse. Ou est-ce, toutsimplement parce qu’ils pensent ce qu’ils disent. Gageons que les pro-Palestinienset les pro-Israéliens classiques se retrouveraient (pour une fois unis), danscette seconde interprétation.

 

Quant au gouvernement Barak, onne peut pas continuer à lui reprocher de n’avoir proposé qu’une sorte deBantoustan invivable aux Palestiniens. Pour apprécier sa position, il ne fauten effet pas se baser uniquement sur sa position de départ dans le"jeu" ("game") du processus de négociation. Il faut plutôtapprécier sa claire disponibilité à reprendre les propositions américaines, aussibien déjà à Camp David qu’à Taba. Ainsi, la documentation en notre possession,appuyée sur les témoignages des dirigeants américains (Clinton, Ross), indiquesans ambiguïté que le gouvernement Barak avait bel et bien fini par se rallierà la création d'un Etat palestinien sur environ 100% des territoires occupés en1967, y inclus les quartiers arabes de Jérusalem, le démantèlement des coloniesde peuplement sauf trois blocs, et une solution acceptable au problème desréfugiés.

 

ANNEXE : LES "PARAMETRES CLINTON"

 

 

"[…] unesolution juste se situerait autour de 95 %, soit entre 94 % et 96 % de laCisjordanie pour l’État palestinien.

 

- La terre annexéepar Israël devrait être compensée par un échange de terres de 1 % à 3 %, en susdes arrangements pour le " passage protégé permanent " [qui relie laCisjordanie à la bande de Gaza]. Les parties devraient également envisager unéchange de terres louées pour satisfaire leurs besoins respectifs.

 

- Les parties devraientélaborer une carte qui tienne compte des critères suivants : 80 % des colonsrassemblés dans des blocs de colonies, la continuité [territoriale], le minimumd'annexion de territoire à Israël, le minimum de Palestiniens affectés parcette annexion.

 

[Après le retrait],une petite présence israélienne serait maintenue sur des sites militairesspécifiques dans la vallée du Jourdain, sous l'autorité de la forceinternationale pendant une nouvelle période de 36 mois.

 

- Les stationsd'alerte avancées : Israël maintiendrait trois installations en Cisjordanie, enliaison avec une présence palestinienne de liaison. Le maintien de ces stationspourrait être révisé au terme d'une période de 10 ans, tout changement destatut devant être mutuellement agréé. […]

 

L'Etat de Palestinedevrait être souverain dans son espace aérien […] et un État non militarisé.[…]

 

Sur Jérusalem : cequi est arabe devrait être palestinien et ce qui est juif israélien. Celas'appliquera également à la vieille ville. […].

 

- Par rapport auNoble Sanctuaire [l'esplanade des Mosquées]-Mont du Temple : [Clinton] proposedeux formules :

 

1) Souverainetépalestinienne sur le Noble Sanctuaire et souveraineté israélienne sur le Muroccidental a) et l'espace sacré pour les juifs dont il fait partie ; ou b) etle Saint des Saints dont il fait partie.

 

2) Souverainetépalestinienne sur le Noble Sanctuaire et souveraineté israélienne sur le Muroccidental, plus une souveraineté fonctionnelle sur la question des excavationssous le Noble Sanctuaire ou derrière le Mur. De cette manière, un consentementmutuel serait requis avant tout travail d'excavation. […]

 

Pour les réfugiéscinq possibles " points de chute "[homes]: l’État de Palestine, lesrégions d'Israël qui seraient transférées à la Palestine dans un échange deterritoires, la réhabilitation dans les pays d'accueil, une réinstallation dansdes pays tiers, l'admission en Israël.

 

- L'accordpréciserait que le retour en Cisjordanie et à Gaza, ou dans les zones acquisespar l'échange de territoires, serait un droit de tous les réfugiéspalestiniens, tandis que la réhabilitation dans les pays d'accueil et laréinstallation dans des pays tiers, ou l'admission en Israël, dépendraient despolitiques de ces pays. […]

 

- Le présidentestime que ce sont là les grandes lignes d'un accord juste et durable. Il donneaux Palestiniens la possibilité de déterminer leur avenir sur leur propreterre, un État palestinien souverain et viable reconnu par la Communautéinternationale, El Qods Jérusalem étant sa capitale, la souveraineté sur leNoble Sanctuaire et une

nouvelle vie pourles réfugiés.

 

 - Cela assure au peuple d'Israël unevéritable fin du conflit, une sécurité réelle, la sauvegarde des liens religieuxsacrés, l'incorporation de 80 % des colons en Israël et la Jérusalemhistoriquement la plus large possible reconnue par tous comme sa capitale[…]".

 

 

"Propositionsde William Clinton aux négociateurs palestiniens et israéliens", Mondediplomatique, version électronique, décembre 2000. http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/propclinton.

 

 



[1]Hussein Agha et Robert Malley,"Camp David: The Tragedy of Errors", New York Review of Books,9 August 2001.

 

[2]Ces thèses ont connu un large échodans la presse américaine et européenne. Le Monde titre ainsi : "Unnégociateur américain dénonce l'attitude des Israéliens à Camp David", 24juillet 2001, après avoir offert une tribune à Robert Malley le 16 juillet2001, déjà publiée dans le New York Times du 8 juillet 2001.

               

[3]Pour Le Temps de Genève :"Un an après l'échec de Camp David, un adjoint de Clinton prend la défensed'Arafat", 3 août 2001.

 

[4]"Prime Minister Barak showed particularcourage vision and an understanding of the historical importance of thismoment". Assailli de questions par les journalistes étonnés qu'il prenneaussi clairement position, Clinton répond diplomatiquement : "I was notcondemning Arafat, I was praising Barak because I think he took a bigrisk". William J. Clinton, Statement on the Middle East Peace Talks atCamp David, Washington, DC, 25 July, 2000. http://www.state.gov/www/regions/nea/000725_clinton_stmt.html.

 

[5]Akram Haniyyé, "Ce qui s'estréellement passé à Camp David", Revue d'études palestiniennes, 25,automne 2000.

 

[6]Agha et Malley, op. cit., p. 7 : "[...] he[Barak] gave clear hints that Israel was willing to show more flexibility ifArafat was prepared to "contemplate" the end game".Clinton utilise en fait à peu près la même formulation : "[...] the PrimeMinister moved forward more from his initial position than Chairman Arafat, on-- particularly surrounding the questions of Jerusalem".William J.Clinton, Statement on the Middle East Peace Talks at CampDavid, Washington, DC,25 July, 2000.

http://www.state.gov/www/regions/nea/000725_clinton_stmt.html.

 

[7]              AkramHaniyyé, "Ce qui s'est réellement passé à Camp David", Revued'études palestiniennes, 25, automne 2000, p. 21.

 

[8]              Ibid.,p. 17 et p. 10.

 

[9] Agha et Malley, op. cit., p. 6 : "[...] he [Barak]gradually moved up to the low 90s before acquiescing to the mid-90srange".

 

[10] Al-Safi, 21 March 2001, Cité et traduit par Memri : http://memri.org/news.html#1000142705.

 

[11]Palestine Liberation Organization, Camp DavidPeace Proposal of July 2000, Frequently Asqued Questions, http://www.nad-plo.org/eye/news38.html.

 

[12]            RobertMalley, New York Times, 8 July 2001.

 

[13]            PalestineLiberation Organization, Camp David Peace Proposal of July 2000, FrequentlyAsqued Questions, http://www.nad-plo.org/eye/news38.html.

 

[14]            Ibid.,p. 8.

 

[15]            Ibid.,p. 8.

 

[16]             Cité, avec un grand scepticisme, par Isabel Kershner qui confirme que Shikaki n'a pas de preuves de ce qu'il avance et que personne n'a jamais vu cette carte. " Abu Ala: 'I Warned of

 

Catastophe' ", The Jerusalem Report, 16 July 2001.

 

[17]            SylvainCypel, "Israël-Palestine (1) : Camp David, une impossiblenégociation", Le Monde, 27 décembre 2000.

 

[18]Ibid.

 

[19]Akram Haniyyé, "Ce qui s'estréellement passé à Camp David", Revue d'études palestiniennes, 25,automne 2000, p. 15.

 

[20]Ibid., p. 23.

 

[21]            Abu Mazen: "Had Camp DavidConvened Again, We Would Take the Same Positions", Part I, Al-Ayyam,28 July 2001. Traduit et publié par Memri, Special Dispatch, No.249, 1 August 2001. http://www.memri.org/

 

[22]"Arafat's negotiators insistedthat Jews had no historic tie to the Mount", Leslie Susser TheJerusalem Report, 16 July 2001, p. 12.

 

[23]            Telle est l'affirmation de Dennis Ross, le principalnégociateur américain in The New York Review of Books, September 20,2001, p. 90.Clintona également raconté comment il a apporté une contradiction abrupte à Arafatlorsque celui-ci avait émis des doutes sur le fait que l'ancien temple juif setrouvait réellement à Jérusalem. "Je sais qu’il se trouve là" a ditClinton à Arafat."Clinton to Arafat: it's all your fault", Neewsweek,27 June 2001. http://www.msnbc.com/news/593326.asp.

 

Voirégalement, Al-Ahayat Al-Jadida, 12 August 2000. Traduit et cité parMemri, http://www.memri.org/sd/SP12100.html

 

[24]             Ainsi Abu Alaa a déclaré : "The Israelis claimed that under the Mosques there is something that belongs to them" Al-Ayyam, 30 July 2000, cité et traduit par Memri, http://www.memri.org/ia/IA3500.html.

               

[25]            PourNabil Sha'ath, "Israel demands control of the Temple Mount based on itsclaim that its fictitious temple stood there.", Al-Ayyam, 27 July2000. Ibid.

 

[26]            SaebEreiqat a également affirmé au journal israélien Haaretz du 27 juillet2000 : "there is no proof that the Jewish temple was underneath the TempleMount".

 

[27] Voir son interview haineuse dans Die Welt, où il nie tous liens des Juifs avec Jérusalem et leur enjoint de rentrer chez eux, surtout en Allemagne:" Scheich Sabri: Es gibt nicht das geringste Anzeichen für die frühere Existenz des jüdischen Tempels an diesem Platz. In der gesamten Stadt gibt es keinen einzigen Stein, der auf die jüdische Geschichte verweist. […] Es ist die Kunst der Juden, die Welt zu betrügen. Uns können sie damit nicht reinlegen. Es gibt keinen einzigen Stein in der Klagemauer, der etwas mit der jüdischen Geschichte zu tun hat. Weder in religiöser noch in historischer Hinsicht haben die Juden irgendeinen berechtigten Anspruch auf diese Mauer". (Souligné par nous). http://www.welt.de/daten/2001/01/17/0117au216160.htx.[Il n'y a pas la plus infime indication qu'ait existé un temple juif à cet endroit dans le passé. Dans toute la ville, il n'y a pas une seule pierre qui témoigne de l'histoire juive.... Les Juifs ont l'art de tromper le monde, mais nous, ils ne peuvent pas nous bluffer. Il n'y a pas une seule pierre du Mur des Lamentations qui ait quelque chose à voir avec l'histoire juive. Les juifs ne peuvent légitimement réclamer ce mur, ni religieusement ni historiquement. Traduction. Menahem Macina]

 

[28]            "Thetemple of our lord Solomon is not to be found underneath Al-Aqsa mosque as theJews claim", cité par l'Agence France Presse sur la base de l'Agence depresse officielle MENA, 13 août 2001. Sheikh Tantawi est la personne la plusélevée de l'Université al-Azhar au Caire, considérée comme l'organe le plusinfluent de l'Islam sunnite.

 

[29]            "ThePalestinian Ministry of Information calls on all Palestinian citizens to cometo protect Al-haram Al-Sharif, and to prevent the terrorist Sharon and his gangfrom desecrating the Mosque. The Ministry also calls on Arab and Islamicnations to mobilize their efforts to protect the Aqsa Mosque from the continuousIsraeli threats and attempts to build the so-called temple on its ruins[souligné par nous]".http://www.minfo.gov.ps/statements/est_2709.htm.[Site web officiel de l'Autorité palestinienne. Ce communiqué date déjàdu 27 septembre !].

 

Notrepropos n'est pas de traiter ici du trop vaste sujet des responsabilités dans ledéclenchement de l'intifada al Aqsa. A ce stade de la recherche historique, lesconclusions de la "Commission Mitchell" sur l'origine des violencessont les plus dépassionnées : "aucune preuve convaincante que la visite deSharon [sur l'esplanade des Mosquées] n'ait été autre chose qu'un acte depolitique intérieure; pas de preuves non plus que l'Autorité palestinienne aitplanifié le soulèvement [...] la visite de Sharon n'a pas causél'"Intifada al-Aqsa". Mais son "timing" était inappropriéet son effet provocateur aurait dû être prévu". [...] Pas de preuves pourconclure que l'Autorité palestinienne ait fait un effort soutenu pour contenirles manifestations et contrôler la violence une fois qu'elles ont commencé;ou que le gouvernement israélien ait fait un effort cohérent pour employer desarmes des moyens non meurtriers pour contrôler les manifestations dePalestiniens non armés". Reportof the Sharm el-Sheikh Fact-Finding Committee, [Rapport Mitchell], 30 April,2001, p. 7. http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/documents/rapportmitchell-fr.pdfUne hypothèse n'est cependant pas abordée dans le Rapport Mitchell :dans quelle mesure les Palestiniens ne sont pas davantage convaincus qu'on nele croit en Occident et en Israël que les Israéliens veulent vraiment détruireles Mosquées pour y édifier leur Troisième Temple ? Si notre hypothèse estvalide, cela implique que les dirigeants israéliens sont des irresponsables enayant sous-estimé cette conviction palestinienne, arabe et musulmane (même sielle est fausse). Quant aux dirigeants palestiniens, ils devraient arrêter decroire ces balivernes et de manipuler les foules sur ce sujet. Ainsi,l'Autorité palestinienne n'aurait pas dû, dans son communiqué incendiaire du 27septembre, amalgamer Ariel Sharon et les autorités israéliennes au groupeextrémiste et illégal de Gershon Solomon qui veut vraiment construire ceTroisième Temple: "The Israeli authorities did not stop its offensive actson the Mosque since 1967, acts committed by criminals and murderers like Solomonand Sharon, the killer of children and women in Sabra and Shatilla refugeecamps in Lebanon". http://www.minfo.gov.ps/statements/est_2709.htm

 

[30]Lorsqu'Abu Alaa, un desprincipaux négociateur "modéré" palestinien écrit déjà en juillet2000 : "[...] in a few years they [the Jews] will tear down theMosques.", il se pourrait bien qu'il en soit tout simplement convaincu. Al-Ayyam,30 July 2000, cité et traduit par Memri, http://www.memri.org/ia/IA3500.html.Abu Alaa a continué encoreplus tard à se profiler avec des phrases comme : les "Israéliens veulents'emparer de la mosquée al Aqsa". Le Temps, 13 août 2001.

                 

[31]Agha et Malley, op. cit., p. 6.

 

[32]Voir l'interview du principalnégociateur américain, Dennis Ross : "Arafat n'a pas préparé son peuple àla paix", Libération, 3 juin 2001. Dennis Ross a été pendantquatorze ans le principal négociateur américain dans les pourparlers de paixentre Arabes et Israéliens.

 

[33]"Vous êtes un grandhomme" avait dit Arafat. "Quelle connerie", avait réponduClinton, "Je suis un échec colossal, et c'est bien à vous que je ledois"" in "Clinton to Arafat: it's all your fault", Neewsweek,27 June 2001. http://www.msnbc.com/news/593326.asp.

 Barak révèle que Clinton lui a téléphoné pour contester les thèsesde Malley et l'assurer qu'Arafat avait bien tout rejeté à Camp David. JerusalemPost, 21 August 2001.

 

[34]Selon un des principauxnégociateurs israélien, le ministre Shlomo BenAmi : "The Palestiniansrejected the entire Camp David package". "Ben-Ami's Camp David Diaries, Part I, Maariv,6 April 2001. Traduit et publié par Memri, http://www.memri.org/sd/SP20701.html.

 

[35]            Citépar Deborah Sontag, "Quest for Mideast Peace : How and Why ItFailed", The New York Times, 26 July 2001.

 

[36] Selon le Rapport de la Commission Mitchell, l'OLP a justifiél'"Intifada al Aqsa" par le fait que : [...] "Camp David represented nothing less than an attempt by Israel to extend the force it exerciseson the ground to negotiations". The Mitchell Report onIsraeli-Palestinian Violence, 6 May 2001, http://www.meridian.org/sheikh.pdf.

                 

[37]            "Propositions de William Clinton aux négociateurspalestiniens et israéliens", Monde diplomatique, versionélectronique, décembre 2000. http://www.mondediplomatique.fr/cahier/proche-orient/propclinton. Voir annexe.

                               

[38]            2327thGeneral Affairs Council meeting, Brussels, 22-23 January 2001. http://ue.eu.int/newsroom/main.cfm?LANG=1

 

[39]"[…] les idées américaines, àreculons, Barak les a acceptées". Dennis Ross, "Arafat n'a paspréparé son peuple à la paix", Libération, 3 juin 2001.

 

[40] Ari Shavit, "End of Journey, Interview with Shlomo Ben Ami based on his diary", Haaretz, 2 October 2001. [Traduction française : "Le jour où la paix est morte" Note de Menahem Macina]

 

[41]             Deborah Sontag, "Quest for Mideast Peace : How and Why It Failed", New York Times, 26 July 2001. "The Palestinians therefore agreed to settlements blocs, provided there would be a swap of equivalent land".Même argumentation chez René Backmann, "Ce qui s'est vraiment passé à Camp David et à Taba", Nouvel Observateur, 16 août 2001.Ces journalistes révisionnistes s'appuient sur les témoignages des principaux négociateurs israéliens, le ministre des affaires étrangères, Shlomo Ben Ami, et le ministre de la justice, Yossi Beilin. Sans trop entrer dans les détails, les comptes-rendus de ces deux ministres indiquent bien que les négociations ont porté sur les sujets sus-mentionnés mais ils ne confirment pas que les Palestiniens auraient accepté ces propositions. Shlomo Ben Ami, "Ben-Ami's Camp David Diaries", Maariv, 6 April 2001, traduit et publié par Memri : http://www.memri.org/sd//SP20701.html et Maariv, 13 April 2001, http://www.memri.org/sd//SP20901.html.Yossi Beilin, "Sharon is a Post-Zionist", Haaretz, 19 June 2001. [Depuis, la rédaction de cet article est paru, en version française, le livre de Shlomo Ben-Ami, Quel avenir pour Israël ?, Entretien avec Yves Charles Zarka, Jeffrey Andrew Barash et Elhanan Yakira, PUF, Paris, septembre 2001. Note de Menahem Macina].

 

[42]Ari Shavit, "End of Journey,Interview with Shlomo Ben Ami based on his diary", Haaretz, 2October 2001.

 

[43]            "Arafat'sLetter of Reservations to President Clinton", Al-Ayyam, 2 January2001. Cette lettre avait déjà été traduite par Memri en janvier 2001, http://www.memri.org/sd//SP17001.html.Elle est pourtant présentée comme un"scoop" par le M onde diplomatique en septembre 2001 : http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/reacpal-en "We seek, through this letter, to explain why the latestAmerican proposals, […] do not meet the required conditions for alasting peace. […]We cannot, however, accept a proposal thatsecures neither the establishment of a viable Palestinian state nor the rightof Palestinian refugees to return to their homes". (Souligné par nous).

 

[44]            Interviewédans Libération, 3 juin 2001, op. cit.

 

[45]            "Arafat'sLetter of Reservations to President Clinton", op. cit.

 

[46]"Propositions de WilliamClinton …", op. cit., "Les parties conviendraient que ceci [l'accordsur les réfugiés] est l'application de la résolution 194 de l'Assembléegénérale des Nations unies.

 - Le président propose que l'accord marque clairement la fin duconflit et que son application mette fin à toutes les revendications. Cecipourrait être exprimé par l'intermédiaire du Conseil de sécurité des Nationsunies, qui noterait que les résolutions 242 et 338 ont été appliquées".

 

[47]             [...] They [Americans and Israeli] tried tograb on any word, fromanyone, that remotely resembled a concession [...] If youhave not heardfrom [Arafat], anything else you've heard is a lie".AbuMazen: "Had Camp David Convened Again, We Would Take the SamePositions", Part II, Al-Ayyam, 29 July 2001. Traduitet publié par Memri, Special Dispatch, No. 250, 1 August 2001. http://www.memri.org/

 

[48]            AbuMazen: "Had Camp David Convened Again, We Would Take the SamePositions", Part I, Al-Ayyam, 28 July 2001. Traduitet publié par Memri, Special Dispatch, No. 249, 1 August 2001. http://www.memri.org/

 

[49]            "Werefused to accept the Clinton initiative as a basis for the negotiations. TheIsraelis said thatClinton's proposal should be the basis, but werejected it". Al-Ayyam, 29 January 2001. Traduit etpublié par Memri, http://www.memri.org/sd/SP18401.html#_edn7.

 

[50]            Cette thèse qui paraît paradoxale aujourd'hui estdéveloppée par Efraim Karsh, "The Palestinians and the "Right ofReturn"", Commentary, May 2001, p. 6. http://www.commentarymagazine.com/01505/karsh.htm

 

[51]            "IsraeliPrivate Response to Palestinian Refugeee". Taba, 22 January, 2001, Mondediplomatique, septembre 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/israelrefugees.en

 

[52]            YossiBeilin, "Sharon is a Post-Zionist", Haaretz, 19 June 2001. Notons que dans un entretienprivé, Yossi Beilin nous a affirmé que ses propositions étaient encore pluscomplexes et qu'elles ne se seraient pas montées à autant de réfugiés. Genève,30 octobre 2001.

 

[53]            "Arafat'sLetter of Reservations to President Clinton", Al-Ayyam, 2 January2001. Traduite et publiée par Memri, http://www.memri.org/sd//SP17001.html." [...] the Palestinians should be giventhe right to choose their place of living, including the homes from which theywere expelled. Recognizing the Right of Return and allowing the refugees'freedom of choice are a prerequisite for ending the conflict".

 

[54]            "PrivatePalestinian Response to Palestinian Refugees", Taba, 23 January 2001, Mondediplomatique, septembre 2001, http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/israelrefugees.en.

 

[55]            AriShavit, "End of Journey, Interview with Shlomo Ben Ami based on hisdiary", Haaretz, 2 October 2001.

 

[56]            Entretienprivé avec Yossi Beilin, Genève, 30 octobre 2001.

 

[57]            AbuMazen, Al-Hayat, 23-24 November 2000. Cité et traduit parMemri, www.memri.org, 6 September 2001. Effectivement, le "nonpapier" palestinien ne prévoit nulle part le "retour" desréfugiés dans le futur Etat palestinien mais seulement en Israël. "PrivatePalestinian Response to Palestinian Refugees", Taba, 23 January 2001, Mondediplomatique, septembre 2001, http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/israelrefugees.en. YossiBeilin nous a déclaré n'avoir jamais perçu ce détail. Il estime que notreinterprétation est exagérée. Entretien privé, Genève, 30 octobre 2001.

 

[58]            "AbuAlaa' added, "The disagreement on the refugee issue is great and deeprooted. There is an immense gap between someone who demands the Right of Return[...] and someone who denies this right [...] As far as we are concerned,however, we hold firmly to our position."" Al-Ayyam,January 29, 2001, Traduit et publié par Memri, http://www.memri.org/sd/SP18401.html#_edn7.

 

[59]            "Implementthis right [of return]". Ibid.

 

[60]            RenéBackmann, "Ce qui s'est vraiment passé à Camp David et à Taba", LeNouvel Observateur, 16 août 2001.

 

[61]Agha et Malley, op. cit., p. 8 :[…] they [the Palestinians] were prepared to accept Israel's existence, but notits moral legitimacy".

 

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