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L'Ambassadeur des Etats-Unis en Belgique se dit optimiste
13/04/2005

13.04.2005

Titre complet : "'Je suis optimiste', Interview de Tom Korologos, Ambassadeur des Etats-Unis en Belgique".

Interview réalisée par l'Atlantis Institute.


Atlantis Institute – Vous avez débuté votre carrière en tant que journaliste, notamment pour le New York Herald Tribune et Associated Press. Plus récemment, en 2003, vous avez séjourné en Irak où vous étiez responsable des relations de la Coalition avec le Congrès américain. Fort de cette double expérience, la couverture de la crise irakienne par la presse belge et européenne correspond-t-elle à ce que vous avez vu et vécu dans ce pays ?

Tom Korologos – J'étais à Bruxelles pour la première fois en 1958, lors de l'Exposition universelle, alors que je terminais mes études de journalisme à la Columbia University. Ce fut une expérience fascinante. J'écrivais des articles pour le New York Herald Tribune et j'étais rémunéré de 10 à 25 dollars la pièce, ce qui me permettait de rester quelques jours de plus dans la capitale. Plus j'écrivais, plus je pouvais rester. J'ai pu ainsi assister à la fermeture de cette Expo qui fut assurément une réussite.
Je comprends parfaitement, et le Président Bush comprend également – il l'a d'ailleurs dit au Premier ministre Verhofstadt, le mois passé – la situation en Irak et la manière dont les médias ont tenté de créer un clivage entre la politique et la population. Quand je suis arrivé en Irak, j'ai compris, pour la première fois, ce qui se passait. J'ai vu les progrès que nous faisions : ils sont manifestes aujourd'hui. Pas plus tard qu'hier, un gouvernement a été mis en place pour rédiger une Constitution. Ces éléments n'étaient pas répercutés par les images que je recevais des Etats-Unis lorsque j'étais en Irak. C'est dommage. Les Etats-Unis jouissaient d'un plus grand support au sein de la population que ce qui a été montré. Je ne vais pas énumérer ici, une à une, tous les sujets, mais disons que c'est un peu décevant de voir – je parle ici en tant qu'[ancien] journaliste – des préjugés personnels influer ainsi sur le choix des événements couverts par les médias.



On a récemment appris que, dans un manuel destiné à la formation des policiers belges, des photos étaient mises côte à côte de manière à établir des similitudes entre les expressions du visage du président Bush et celles d'un chimpanzé. Vous avez dit récemment que «critiquer l'Amérique est devenu une manière de vivre en Europe. Mais ce n'est pas la manière adéquate pour faire des affaires ou conduire une politique». L'anti-américanisme n'est pas nouveau sur notre continent. Vous n'avez pas l'impression que ce phénomène croît, particulièrement dans les cercles intellectuels ?

C'est une affaire malheureuse et les personnes responsables se sont excusées auprès de l'ambassade. Nous comprenons qu'à l'ère de l'informatique, d'Internet, des bloggers et de la communication en temps réel, ce genre de choses puisse arriver. C'est regrettable. Mais, comme je l'ai dit, nous avons accepté les excuses. C'est du passé.
L'anti-américanisme a atteint des sommets durant cette guerre mais j'ai le sentiment que cela s'améliore. J'ai l'impression que, même au niveau médiatique, nous allons vers un mieux. L'anti-américanisme d'aujourd'hui est moins radical que celui que nous vivions récemment. Entre-temps, il y a eu la visite du Président, de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, à deux reprises, de plusieurs membres du Congrès, la coopération avec la Belgique concernant l'Irak, l'Iran et – je l'espère – le Congo. Et le ministre des Affaires étrangères se rendra, dans dix jours, à Washington pour rencontrer la secrétaire d'Etat Rice. Ajoutons à cela tous les événements positifs survenus depuis : les élections en Palestine, en Ukraine, en Afghanistan, en Irak. Les gens commencent à se dire : «Bon sang ! Peut-être que George Bush avait raison».



Vous êtes donc optimiste ?

Je suis optimiste. Je suis un optimiste de nature. Les Américains sont des optimistes. Et je suis plus optimiste que la plupart des Américains.


L'économie belge n'est pas à son zénith aujourd'hui. Des taxes écrasantes, des réglementations étouffantes, un manque relatif d'innovation, autant d'éléments qui minent la croissance économique. Pensez-vous que la Belgique soit encore un pays attractif pour les entreprises américaines désireuses d'investir et de se développer ici ?

La Belgique a un problème en la matière. De nombreux investisseurs américains se demandent pourquoi investir en Belgique, étant donné la situation fiscale, la situation salariale, la réglementation. C'est un endroit accueillant, mais d'autres pays voisins sont meilleurs, si l'on se place du point de vue de la rentabilité. Je l'ai dit au Roi, au Premier ministre, au ministre des Affaires étrangères, au ministre des Finances, au ministre de la Santé. Je me faisais ainsi le porte-parole d'hommes d'affaires américains. Ces derniers sont venus me parler et se sont assis là où vous êtes assis en ce moment. Ils m'ont dit : «Nous avons un problème. Nous avons de l'argent à investir ici et nous voulons nous développer, mais le climat d'investissement n'est pas aussi favorable que dans d'autres pays. Dès lors, nous sommes en train de reconsidérer la question». En conséquence, nous avons demandé l'assistance du gouvernement belge, mais, à ce jour, je ne vois pas beaucoup de progrès en la matière.


Nous savons que les relations entre les Etats-Unis et l'Europe sont à nouveau sur les rails. Mais ne pensez-vous pas que les causes structurelles de la crise des relations transatlantiques sont toujours vivantes et qu'elles pourraient continuer à miner ces relations dans les années à venir ?

Je n'ai pas bien compris votre question. Pouvez-vous préciser ce que vous entendez par «causes structurelles» ?


Nous parlons ici de «causes structurelles» pour les distinguer de «causes conjoncturelles». En d'autres termes, l'hypothèse, dans le cas présent, serait que cette crise ne procède pas – contrairement à ce qu'on entend souvent – d'un malentendu d'ordre psychologique - tel qu'on en trouve dans les relations de couples [par exemple] -, mais de raisons plus profondes, comme, entre autres, le fait que l'Europe prend aujourd'hui conscience de sa faiblesse, attendu qu'elle se trouve dans une situation délicate, tant en matière économique qu'en matière militaire, une situation de dépendance par rapport aux Etats-Unis. En ce sens, la crise irakienne était peut-être un prétexte qui aurait mis au jour cette situation conflictuelle.


Je ne suis pas psychiatre. Je ne peux pas me mettre dans la tête des autres. J'ignore pourquoi l'Europe s'oppose aux Etats-Unis. Il y a certainement une bonne vingtaine de motivations socio-économiques à cette situation. Mais ma perception des choses, c'est que la crise irakienne les a mises au jour en raison d'une mécompréhension des raisons pour lesquelles nous étions là-bas. Nous avions une résolution des Nations unies qui disait que Saddam n'avait pas autorisé les inspecteurs à faire leur travail. Nous savions que le régime de Saddam Hussein menaçait ses voisins, qu'il devenait incontrôlable. Raison pour laquelle nous sommes allés sur place pour régler le problème. Maintenant que c'est fini, cette situation peut être comparée à une autre crise : celles des «euromissiles». Il y eut, à l'époque, de nombreuses protestations contre Reagan lors de leur installation. Mais cela a contribué au renversement de l'Union soviétique. Je dirais donc à l'Europe, à la Belgique et à d'autres : wait and see. Regardons ce que l'histoire nous enseigne et évaluons posément les conséquences de ces actions. Maintenant, je ne pense pas que cette profusion de critiques à l'encontre des Etats-Unis soit explicable par une raison en particulier. C'est plutôt une accumulation de raisons. Par ailleurs, les Etats-Unis sont puissants économiquement et militairement. Les gens n'aiment pas ce qui est grand, ce qui réussit économiquement et politiquement. C'est naturel, c'est humain. Je le comprends, c'est ce que je veux dire.


Vous avez dit : «L'Europe devrait faire des concessions quelque part. Je commence à être un peu fatigué de l'entendre parler de la nécessité d'avoir de meilleures relations et nous critiquer violemment, la minute d'après». N'avez-vous pas le sentiment que l'Europe en construction recherche une identité et que l'anti-américanisme est une tentation de se définir de manière négative ?

L'attitude de l'Europe était de considérer qu'en matière de politique étrangère, tout ce qui allait à l'encontre des Etats-Unis était bon pour elle. Mais ça ne marche pas comme cela. Quand le Président est venu, le 22 février, il a voulu calmer les choses, car l'Europe et l'Amérique s'éloignaient l'une de l'autre. II a forgé des relations avec un grand nombre de personnalités européennes. Des rencontres auxquelles j'ai assisté ici, avec Tony Blair, Jacques Chirac, Jaap de Hoop Scheffer, des représentants de l'Union européenne, il est ressorti beaucoup de choses positives. Comme vous l'avez dit, au début de l'entretien, les relations sont à nouveau sur les rails. Nous n'assistons plus à ce déferlement de critiques depuis la visite du Président. Je suis ravi de dire que les choses s'améliorent. J'en suis agréablement surpris.


Construire un Etat (nation building) est un travail de longue haleine. Un travail que les Américains effectuent depuis deux ans, en Afghanistan et en Irak. Pensez-vous que des erreurs ont été commises ? Si c'est le cas, étaient-elles évitables ? Quelles critiques formuleriez-vous quant à la manière dont ces opérations se sont déroulées ?

Des erreurs d'ordre technique ont été commises, mais, d'un point de vue stratégique, aller en Afghanistan pour éliminer un régime qui nous avait attaqués n'était certainement pas une erreur. Quant à l'Irak, il s'agissait d'un homme qui a tué des centaines de milliers de ses propres citoyens. 1 300 000 Irakiens ont disparu. Je me suis rendu sur les lieux des charniers et j'ai vu ce qu'il a fait. J'ai discuté avec beaucoup de gens dans les rues, dans les villages. Il n'y a pas un seul Irakien – pas un seul – qui n'ait perdu un père, un frère ou un proche. Donc, je ne considère pas que nous ayons commis une erreur.
Aujourd'hui, un gouvernement a été élu en Irak. Nous nous sommes tenus au plan fixé à l'avance. Nous sommes venus et nous repartirons le plus tôt possible. Paul Bremer est parti en juin passé. Les élections se sont tenues en janvier. Le gouvernement est désormais en place. La rédaction d'une Constitution est en cours. Une armée purement irakienne va pouvoir opérer d'ici peu. L'histoire montrera que ce qui s'est passé en Afghanistan et en Irak aura donné le ton pour le vaste processus qui s'enclenche en Ukraine, au Moyen-Orient – regardez ce qui se passe au Liban aujourd'hui –, au Kirghizstan, en Arabie saoudite, au Caire. Il y a bel et bien un momentum. C'est le moment où les gens se disent : «Pourquoi pas chez nous ?». Ce momentum a été rendu possible par le Président et sa vision des choses. Tout cela n'est donc pas, selon moi, une erreur. Evidemment, on peut toujours se demander si l'on n'aurait pas dû faire ceci au lieu de cela, et vice-versa. C'est comme au football, on refait toujours le match après. En ce qui me concerne, je regarde devant, pas derrière.



Qu'est-ce qui aurait pu être amélioré dans le processus en question ?

Lorsque nous sommes arrivés en Irak, le pays était à l'abandon. Les Irakiens, le parti Baath, les gardes républicains avaient abandonné la partie. Ils ne se sont pas battus. Ils sont rentrés chez eux avec leurs fusils. Ils représentent le cœur de l'insurrection qui veut ramener le pays à l'époque de Saddam Hussein. Nous avons dû les localiser et les mettre hors d'état de nuire. N'oublions pas que, un mois avant notre arrivée à Bagdad, Saddam avait relâché 100 000 prisonniers. Certains d'entre eux étaient extrêmement dangereux. Nous n'avons pas hérité d'une situation facile. Peut-être aurions-nous dû consacrer plus de temps et d'argent pour résoudre tel ou tel problème. Mais l'histoire montrera que nous avons fait ce qu'il fallait.


Le récent processus de démocratisation qui se met en place en Europe de l'Est et au Moyen-Orient est des plus fascinants. Paradoxalement, nous constatons que les Européens ne s'intéressent pas à ce phénomène. Comment expliquez-vous cela ?

Je pense que vous avez tort. Les Européens s'y intéressent beaucoup. Le Premier ministre belge et le ministre des Affaires étrangères se sont rendus récemment au Moyen-Orient. Les Européens participent au processus de paix pour cette région. Ariel Sharon sera à Washington le 11 avril (1). Mahmoud Abbas progresse de manière significative. Il est venu ici une semaine avant la visite présidentielle. J'imagine qu'il se rendra bientôt à Washington. Regardons ce qui est en train de se produire dans le monde. En son temps, nous avons libéré l'Europe au prix fort. J'espère que notre action présente pourra contribuer à la libération de millions et de millions de gens en Europe de l'Est et au Moyen-Orient. Tout cela ne peut, à mon sens, laisser les Européens indifférents, je pense.


Certes, mais l'intérêt de l'Europe semble être sélectif. L'Afghanistan a été libéré. Les petites filles peuvent désormais aller à l'école. Les femmes peuvent, même si ce n'est pas toujours facile, abandonner la burka. En Irak, on rédige une Constitution, la presse est libre. La télévision montre souvent des Irakiens s'exprimant de manière très véhémente contre les Etats-Unis. Cette liberté d'expression est assurément un bon indice de la démocratie naissante. Mais la presse européenne ne parle pas de ces réalités. Elle se focalise sur les faits négatifs – le terrorisme, Abu Ghraïb, etc. – et se désintéresse complètement de cette palpitante expérience que nous avons pourtant vécue, 60 ans plus tôt, lors de la Libération.

Nous avons réagi rapidement aux regrettables évènements d'Abu Ghraïb. Les responsables ont été sanctionnés. La situation politique en Irak et en Afghanistan, ce n'est pas très vendeur pour les médias. Il est plus facile de faire un reportage sur les bombardements, les plaintes et les protestations contre les Etats-Unis, que d'annoncer les bonnes nouvelles. Aucun équilibrage équitable des opinions n'a été réalisé ni diffusé sur ce dossier par les médias, américains inclus. Les médias se focalisent toujours sur l'aspect négatif des choses. C'est une attitude courante. J'ai moi-même été journaliste. Mais cette tendance, qui a persisté de longs mois, est en train de changer.
Toute démocratie n'est pas appelée à devenir une démocratie formellement identique à la démocratie que nous avons ici, ou aux Etats-Unis. Cela dépend de ce que choisiront les Irakiens, les Libanais, etc. Laissons-les choisir. Veulent-ils les «Provinces Unies de l'Irak», une monarchie constitutionnelle ou quoi que ce soit d'autre ? Laissons-les choisir ! Une chose qui m'amuse, c'est d'entendre les gens parler d'enlisement, se plaindre de la lenteur du processus. Vous savez combien de temps a pris la rédaction de la Constitution américaine ? Plus d'un an ! Ici, ces personnes sont en place depuis à peine un mois. Give me a break ! [Laissez-moi souffler (NDLR d'upjf.org] C'est du moins ainsi que je vois les choses.



A la lumière des récents évènements au Proche-Orient, ne pensez-vous pas que la Syrie pourrait être l'étape suivante dans la démocratisation de la région ? Damas va-t-il rejoindre Téhéran et Pyongyang dans "l'Axe du Mal", défini par le président Bush ?

Je ne sais pas dans quelle mesure nous pouvons parler du futur, ou le prédire. Le fait que les troupes et les services de sécurité syriens doivent se retirer du Liban est largement admis. Cela dépendra maintenant des Syriens. Nous n'avons pas l'intention d'aller leur faire la leçon. Du moment que l'Etat de droit est respecté et que les violations des droits de l'homme cessent, nous n'allons pas aller leur dire comment mener leur politique. Quant au futur, il est difficile de dire où cela nous mènera, mais il y a un momentum, aujourd'hui, au Moyen-Orient. Les gens se disent : «Pourquoi pas chez nous ?». C'est ce que je constate. C'est ce que se disent les gens dans la rue, au Kirghizstan, au Liban, en Syrie, et même en Egypte. Cela rend d'ailleurs nerveux les gouvernements syriens et iraniens.


Mais la Syrie reste une dictature. Les dissidents sont mis en prison. Par ailleurs, le Président Bush a récemment déclaré qu'il ne restera pas sourd aux appels de ceux qui, opprimés dans leur pays, aspirent à la liberté. Nous interprétons cela comme un message envoyé, notamment, aux Iraniens et aux Syriens. Mais cela ne dépend pas seulement du peuple. Ceux qui veulent agir sont éliminés. Souvenons-nous de l'insurrection des Kurdes et des Chiites, en 1991, juste après la première guerre du Golfe. Ils avaient été encouragés à se révolter, mais ils n'ont pas reçu l'appui attendu. Faute de ce soutien, ils ont été impitoyablement massacrés par Saddam Hussein.

Ce que je veux dire, c'est que je ne vois pas les Etats-Unis envahir la Syrie ou quoi que ce soit de ce genre. Je n'ai jamais vu ni entendu quelqu'un parler de ce genre d'intervention en Syrie. Ce à quoi nous assistons là-bas, c'est à un changement d'attitude, suite à ce qui s'est passé en Irak et en Afghanistan. Les gens voient également ce qui s'est passé en Ukraine et les élections en Palestine. Les Syriens posent un problème, c'est certain. On verra comment se passera le retour de leurs troupes chez eux, en Syrie. Aujourd'hui, la tendance, dans ces régions, est chaque jour davantage à la concrétisation de la liberté.


Une troïka d'Etats européens – l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne – est actuellement en charge des négociations visant à empêcher l'Iran d'accéder au statut de puissance nucléaire. Il apparaît que l'Iran ne respecte pas les règles fixées par les Européens. Selon vous, quelle est la ligne rouge que ce pays ne pourrait en aucun cas franchir, et quels sont les moyens mis en œuvre pour l'en dissuader ?

Nous y travaillons, de concert avec les trois pays européens. Le Président a entendu, ici même, les différentes opinions sur la manière de gérer le problème iranien. Notre position est claire : faire confiance, mais vérifier. Nous ne voulons, à aucun prix, que l'Iran acquière l'arme nucléaire. Jamais. Que ce soit d'ici 5 ans, 10 ans, peu importe. C'est notre position. Faire confiance, mais vérifier.


En 1981, la force aérienne israélienne détruisait la centrale nucléaire irakienne Osirak. Vous avez dit que les Etats-Unis ne veulent, à aucun prix, d'un Iran nucléaire. Peut-on s'attendre à une intervention américaine de cet ordre-là ?

Ce n'est pas ce que je dis. Je dis que nous devons, au moyen de négociations, créer un contexte qui interdise à l'Iran d'enrichir une quantité suffisante d'uranium pour permettre la fabrication de la bombe atomique. Nous devons convaincre le monde et la communauté scientifique d'utiliser l'uranium pour des objectifs exclusivement pacifiques, c'est-à-dire en tant que source énergétique, comme cela se fait en Belgique, en Allemagne, et ailleurs.



Le retrait israélien de la bande de Gaza et la mort de Yasser Arafat sont deux opportunités de mettre fin au conflit israélo-arabe. Pensez-vous que Bush peut réussir là où – de son propre aveu – Clinton a échoué ?

Il y a une occasion à saisir. Les circonstances ont créé cette dernière. Abbas s'en tire très bien. Nous avons besoin d'un soutien politique fort de la part des Européens pour créer un Etat palestinien. Les trois-quarts du discours du président Bush au Concert Noble étaient consacrés au Moyen-Orient. Il désire qu'un Etat palestinien homogène soit créé. Israël, il faut le saluer pour cela, soutient ce projet, pour autant que sa propre sécurité soit assurée. Israël et la Palestine peuvent vivre en paix côte à côte. Tels sont la pensée et l'objectif du Président Bush.

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(1) La présente interview a été réalisée le 8 avril 2005.

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Propos recueillis par Corentin de Salle et Joël Rubinfeld.

© Atlantis Institute.


Mis en ligne le 13 avril 2005 sur le site Debriefing.org.