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Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

Jerusalem_Tauran_Internationalisation
01/01/1970



Le Vatican redit son souhait d’un statut spécial pour Jérusalem

et plaide pour le respect dudroit international

Rome, 2 août 2000(CIP)

LeVatican a réitéré le 1er août sa position sur la nécessité d’unstatut spécial pour Jérusalem après avoir reçu la visite de la Secrétaired’État américaine Madeleine Albright.

Suite au deuxième sommet israélo-palestinien organisé àCamp David, la principale responsable de la diplomatie américaine a eu unentretien de 50 minutes avec Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire d’État duVatican et chargé des relations extérieures.

Mme Albright souhaitait informer les « partiesintéressées » par le sort de la Ville Sainte et par la situation généraledu processus de paix au Moyen-Orient. Elle désirait également voir dans quellemesure le Saint-Siège pourrait apporter son aide.

Les dernières négociations israélo-palestiniennes deCamp David ont achoppé notamment sur le statut de Jérusalem, Ville Sainte pourles trois religions monothéistes et revendiquée comme capitale tant par lesPalestiniens que par les Israéliens.

Le nouveau président de l’État d’Israël, Moshé Katzav,tout récemment élu, a d’ailleurs réaffirmé la prétention d’Israël à la souverainetésur l’entièreté de la ville de Jérusalem. Malgré sa promesse d’être leprésident de tous les Israéliens et de ne pas se mêler de politique, il estintervenu dans le dossier hautement sensible de la Ville Sainte. Il a affirméque Jérusalem doit rester « unie,sous souveraineté israélienne". Ce « n’est pas une question qui divisera les Israéliens en deux camps »,a-t-il lancé.

À l’issue de la visite de Mme Albright au Vatican, lasalle de presse du Saint-Siège a précisé que Mgr Tauran avait « réitéré la position connue du Saint-Siègesur les conditions pour une paix juste et durable dans cette partie dumonde : priorité au dialogue ; respect des décisions internationales- en particulier des résolutions de l’ONU - et nécessité d’un statut spécialinternationalement garanti pour les Lieux Saints des trois religionsmonothéistes ».

Israéliens et Palestiniens veulent une capitale

La secrétaire d’État américaine avait auparavantsouligné que ni les Israéliens ni les Palestiniens n’étaient intéressés à l’instaurationd’un statut international pour Jérusalem.

L’Église catholique, à l’instar des autres confessionschrétiennes, est particulièrement concernée par le sort de Jérusalem. C’est làque se trouvent les plus importants lieux saints du christianisme. Or, laprésence chrétienne en Terre Sainte se rétrécit comme une peau de chagrin. Leplaidoyer du Vatican en faveur d’un statut spécial pour la Ville Sainte estaussi de nature à préserver la présence des chrétiens.

L’État d’Israël, de son côté, ne veut en aucun caspartager la souveraineté sur la ville « réunifiée », considérée comme « capitale éternelle et indivisible d’Israël ».

Quant aux Palestiniens, forts du droit international,ils réclament la restitution de la partie arabe de la ville, annexée illégalementpar Israël qui l’a conquise lors de la « Guerre des Six Jours » en 1967.

L’Église veut « unstatut spécial, garanti sur le plan international »

Il y a une dizaine de jours, JeanPaul II avait une nouvelle fois confirmé que le Saint-Siège désire pourJérusalem, Ville Sainte pour les juifs, les musulmans et les chrétiens, « un statut spécial, garanti sur le planinternational ». Le pape  avaitdemandé aux parties en présence de tenir compte de cette exigence.

Après l’échec des négociations de Camp David,précisément à cause de la question de Jérusalem, certains experts, comme GeorgeShultz, qui a suivi pendant des années le conflit arabo-israélien, lorsqu’ilétait secrétaire d’État du président Ronald Reagan, considèrent que la questionde Jérusalem ne pourra trouver de solution que si l’on réussit à offrir desgaranties internationales, comme l’a précisément souligné Jean Paul II.

 

Israël neveut pas abandonner la souveraineté sur Jérusalem-Est

Le Premier ministre israélien Ehud Barak a réaffirmé le30 juillet, lors d’une réunion de son cabinet, que ni lui ni un successeurn’accepterait de transférer aux Palestiniens la souveraineté sur le Mont duTemple, où se trouvent les importantes mosquées d’El Aqsa et du Dôme du Rocher.

« Bienqu’Israël respecte l’importance des lieux saints musulmans et est d’accord d’yreconnaître une autorité musulmane, nous ne pouvons pas abandonner lasouveraineté, car c’est le site de notre Temple », a précisé Ehud Barak, faisant allusion à l’imposantédifice religieux détruit et incendié par les Romains en l’an 70. Le temple deJérusalem, bâti sous Salomon il y a près de trois mille ans, puis incendié parles Babyloniens en 587 avant l’ère chrétienne, avait été reconstruit au retourde l’exil à Babylone, puis agrandi sous Hérode il y a 2000 ans. Son vestige leplus célèbre est le mur des Lamentations.

Ces prochaines semaines, « nous saurons si les Palestiniens sont d’accord sur cette souveraineté, ou s’ils vont s’obstiner », a déclaré Ehud Barak. Le même jour, le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat a déclaré en Arabie Saoudite, lors d’une rencontre avec le prince héritier Abdallah, que la paix ne sera pas possible tant que Jérusalem-Est ne sera pas sous souveraineté arabe. (cip–apic/cic/bbc)