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Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

Statut_de_Jérusalem_position_chretienne
01/01/1970



Le pape plaide pour Jérusalem, ville sainte

Castelgandolfo, 23 juillet 2000 (CIP)

Dimanche, lors de la prière de l’Angélus, qu’il a récitée à sa résidencede Castelgandolfo, Jean-Paul II, évoquant les négociations de Camp David, ademandé un statut spécial pour Jérusalem, qui garantisse son statut de VilleSainte pour les trois religions monothéistes.

« Jevoudrais encourager ces négociations et les accompagner par la prière, desnégociations qui ne sont certes pas faciles », a déclaré le pape,invitant les responsables à poursuivre leurs efforts et en souhaitant qu’ils« gardent toujours le désir sincèrede respecter le droit et la justice pour tous, ainsi que celui de parvenir àune paix juste et durable ».

Le moment le plus délicat des négociationsentre le Premier ministre israélien, Ehud Barak, et le leader palestinien,Yasser Arafat est arrivé. Il s’agit de la discussion des propositions desÉtats-Unis concernant la future souveraineté de Jérusalem. Avant de se rendreau sommet du G8 (les sept pays les plus industrialisés et la Russie) à Okinawa(Japon), jeudi dernier, le président Bill Clinton avait proposé diversessolutions. Il a quitté Okinawa dimanche, bien avant l’horaire prévu, pourrevenir en toute hâte aux négociations de Camp David, qui l’avaient déjàcontraint à annuler la visite prévue à Tokyo avant le sommet du G8.

Jean-Paul II a exposé à nouveau laposition du Saint-Siège concernant Jérusalem. « Je voudrais, a-t-il dit,inviter les parties impliquées à ne pas négliger l’importance de la dimensionspirituelle de la ville, avec ses saints lieux et les communautés des troisreligions monothéistes qui les entourent. Le Saint-Siège continue à penser que seul un statut spécial garanti demanière internationale pourra préserver réellement les parties les plus sacréesde la Ville Sainte et assurer la liberté de foi et de culte pour tous lesfidèles qui, dans la région et dans le monde entier, voient Jérusalem comme uncarrefour de paix et de vie commune. »

Au début de ce sommet pour la paix, lespatriarches latin, orthodoxe et arménien de Jérusalem ont demandé, dans unelettre envoyée à Camp David, de participer aux futures négociations sur laquestion de la Ville Sainte, soulignant le rôle de Jérusalem comme lieu de foi,avant son éventuelle fonction de capitale administrative de l’État israélien etpalestinien. (cip-zn)

 

 

Statut de Jérusalem : l’histoire en marche

Les patriarches chrétiens vont en discuter eux aussi

Jérusalem, 24 juillet 2000 (CIP)

Les trois patriarches chrétiens de Jérusalem - catholique,grec-orthodoxe et arménien - rencontreront lundi et mardi des ministrespalestiniens et israéliens pour discuter de l’avenir de Jérusalem, à l’heure oùPalestiniens et Israéliens tentent de trouver une solution pour parvenir à lapaix. Jérusalem est l’un des points d’achoppement entre les deux parties. Lepape demande notamment un statut spécial pour la ville. Quoi qu’il en soit, ledogme de l’indivisibilité de Jérusalem est désormais battu en brèche. Dossier.

Les trois patriarches vont s’entretenir lundiet mardi avec des ministres palestiniens et israéliens à la suite de la lettreouverte envoyée la semaine dernière par les trois patriarches aux participantsau sommet de Camp David, a confirmé le Père Rahed Abou Sahlia, secrétaire dupatriarche latin Mgr Michel Sabbah. Le Père Sahlia n’a cependant pas précisé lenom des ministres et responsables officiels que les patriarches vontrencontrer.

Les chrétiens entendent obtenir un statutspécial avec des garanties internationales pour la Vieille ville de Jérusalemoù se trouve notamment le Saint Sépulcre, où Jésus a été crucifié avant deressusciter, a précisé le secrétaire du patriarche.

Mercredi dernier, Diodoros I, patriarchede l’Église orthodoxe grecque, Mgr Sabbah et Torkom II, patriarche de l’Église orthodoxearménienne, ont signé une lettre ouverte demandant que des représen­tants desÉglises soient associés au sommet de Camp David et que les quartiers chrétiensde la Vieille ville ne soient pas séparés en cas d’accord de paixisraélo-palestinien. Les trois patriarches, dans leur lettre commune adresséeau président américain Bill Clinton, au Premier ministre israélien Ehud Baraket au président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, ont appelé lesparticipants au sommet de Camp David à « s’assurer que les communautés chrétiennes à l’intérieur des remparts dela Vieille ville de Jérusalem ne soient pas séparées les unes des autres ».

Les patriarches réagissaient à desinformations parues dans la presse israélienne, selon lesquelles Barak seraitprêt à transférer le contrôle des quartiers chrétien et musulman de la Vieilleville à la future entité palestinienne, alors que les quartiers arménien etjuif resteraient sous contrôle israélien.

L’avenir de Jérusalem constitue l’un desprincipaux obstacles à la conclusion d’un accord israélo-palestinien à CampDavid. Dimanche encore, le pape,commentant la négociation de Camp David, a réaffirmé que Jérusalem devaitbénéficier d’un « statut spécialavec des garanties internationales ».

Le chef de la diplomatie du Vatican, MgrJean-Louis Tauran, avait déjà indiqué, lors d’une visite à Jérusalem en 1998,que cette ville « est une réalitéunique qui exige un engagement unique, non seulement du Saint-Siège mais detoute la communauté internationale, comme cela s’est produit en 1947 »,lors de l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU d’une résolution proposantque Jérusalem soit placée sous un régime international spécial.

Un accord signé entre le Saint-Siège etles Palestiniens à la mi-février et qui mentionnait Jérusalem dans sonpréambule, affirmant que « desdécisions et actions unilatérales modifiant le caractère spécifique et lestatut de Jérusalem, sont moralement et juridiquement inacceptables »,avait offert l’occasion au Vatican de clarifier davantage encore sa position.

Acceptablepour les trois religions monothéistes

« Ence qui concerne la ville de Jérusalem, l’accord n’entre pas dans les questionsde souveraineté ou territoriales qui concernent les deux parties intéressées,Israéliens et Palestiniens », avait pour sa part déclaré JoaquinNavarro-Valls, porte-parole du Vatican, précisant que le texte « se réfère à la dimension religieuse etculturelle universelle » de la ville.

Le Père Angelo Macchi, expert de politiqueinternationale pour la revue des jésuites italiens « La Civiltà Cattolica », a expliqué dimanche à Radio Vaticanque le pape demande que la question de la souveraineté de Jérusalem soitrésolue « uniquement par des accordsentre israéliens et palestiniens » avec l’aide de ceux qui se proposentcomme intermédiaires (en ce moment les États-Unis). Cela dit, étant donnéel’importance des lieux saints pour les croyants des trois religionsmonothéistes, il demande de parvenir à un accord garanti internationalement, etque l’on tienne compte de la voix des chrétiens, des musulmans et des juifs. Endépendent des questions aussi délicates que le libre accès aux lieux de cultepour les pèlerins des trois religions, ou « la construction d’un immeuble de vingt étages devant l’église du SaintSépulcre ».

Pour aider à comprendre la complexité dela question de Jérusalem, le Père Macchi raconte que « lorsque les négociations de Madrid ontcommencé, en 1991, le secrétaire d’État nord-américain de l’époque avaitdéclaré : “S’il vous plaît,supprimez le problème de Jérusalem de l’ordre du jour, traitez-le à la fin. Sivous commencez par cela, vous n’arriverez jamais, jamais, jamais à un accord.Lorsque vous aurez résolu les autres questions, vous pourrez passer à celle deJérusalem et, puisque vous aurez résolu les autres questions, le processus seraalors irréversible. Il faudra du temps, mais on pourra résoudre la question dela souveraineté de Jérusalem”. »

Ledogme de l’indivisibilité de Jérusalem battu en brèche

Selon des responsables israéliens, lesprochaines heures devraient être décisives pour savoir si le sommet a désormaisdes chances d’aboutir à un accord, grâce à des propositions de compromisaméricaines, notamment sur la question de Jérusalem-Est. Washington auraitproposé de diviser Jérusalem-Est, en zones de souveraineté israélienne et enquartiers contrôlés par les Palestiniens. Le degré de contrôle palestinien surcertains quartiers de la vieille ville se situe, selon ces responsablesisraéliens, entre « une pleinesouveraineté et une autonomie très large ».

L’État hébreu avait conquis Jérusalem-Est,où sont situés les hauts lieux des trois religions, chré­tienne, juive etmusulmane, lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Il a fait unilatéralementde l’ensemble de la ville sa capitale éternelle. Les Palestiniens insistentpour obtenir la souveraineté sur la vieille ville où résident quelque 200.000habitants arabes.

Que le sommet de Camp David réussisse ouéchoue, il a déjà ébranlé le dogme de l’indivisibilité de Jérusalem, la « capitale éternelle et réunifiée »d’Israël, sur lequel deux générations d’Israéliens ont grandi depuis 1967. Pourla première fois depuis la conquête de la partie orientale de Jérusalem, ungouvernement israélien discute d’un contrôle palestinien de secteurs entiers dela Ville Sainte, tout en évitant autant que possible de trancher sur laquestion de souveraineté. Fait sans précédent, indique de son côté l’AFP, leministre israélien de la Justice Yossi Beilin, qui prône depuis longtemps uncompromis avec les Palestiniens, a contesté publiquement, vendredi, « le mythe de l’unité de Jérusalem ».

« Ceuxqui croient que Jérusalem est unifiée et est reconnue comme la capitaled’Israël (par la communauté internationale) entretiennent un mythe et senourrissent d’illusions », a déclaré ce haut res­ponsable du partitravailliste du Premier ministre Ehud Barak au quotidien « Yédiot Aharonot ». « Ce serait une erreur historique que de faireéchouer le sommet de Camp David sur cette contre-vérité. »

Légitimesrevendications

De toutes les questions qu’Israéliens etPalestiniens tentent de régler à Camp David, Jérusalem a été considérée dès ledépart comme la plus à même de provoquer l’échec du sommet, tant les positionsdes deux parties sont irréconciliables.

Le Premier ministre israélien Ehud Barakavait averti que toute remise en cause de la souveraineté d’Israël surl’ensemble de la Ville Sainte - y compris la partie orientale (arabe), conquiseet annexée en 1967 - était exclue, Jérusalem devant rester à jamais « la capitale unie et indivisible »de l’État juif. Mais le dirigeant palestinien Yasser Arafat est venu à CampDavid avec une exigence tout aussi incontour­nable, à savoir qu’Israël doitévacuer les territoires occupés en juin 1967, à commencer par Jérusalem-Est,dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur État.L’attachement viscéral d’Israël à la Ville Sainte tient au fait que Jérusalemest la capitale historique et le « cœur »du peuple juif, et que c’est là, dans la Vieille Ville (qui se trouve dans lapartie orientale), que se trouve le lieu le plus sacré du judaïsme, le Mur desLamentations.

Du côté palestinien, l’intransigeance estmotivée par le fait que la Vieille ville renferme le troisième lieu saint del’islam, l’Esplanade des Mosquées, où s’élève la mosquée al-Aqsa (lalointaine), le sanc­tuaire le plus éloigné où le prophète Mahomet se soitrendu.

Tous les experts palestiniens sontunanimes pour dire que Yasser Arafat ne veut pas entrer dans l’Histoire commele dirigeant arabe ayant renoncé à Jérusalem et qu’une concession constitueraitpour lui un véritable suicide politique. (cip-apic)

 

L’historique en chiffres

En 1922, la Société des Nations, qui avait placé laPalestine sous mandat britannique, avait déjà tenté de trouver une solutionoriginale en proposant un « corpusseparatum » pour Jérusalem. En 1947, la résolution 181 de l’ONU sur lepartage de la Palestine reprenait cette idée et proposait que Jérusalem soitplacée sous un régime international spécial. La résolution a été acceptée parles juifs et rejetée par les Arabes.

Après la création de l’État d’Israël, en mai 1948, lepremier conflit israélo-arabe aboutit au partage de la ville en deux secteurs,le secteur occidental (juif) et le secteur oriental, qui passe sous contrôle dela Jordanie. Le 13 décembre de la même année, le parlement israélien déclareJerusalem-Ouest capitale de l’État d’Israël. Pendant la guerre des Six Jours dejuin 1967, Israël s’empare de la partie orientale et l’annexe.

Le 30 juillet 1980, une « loi fondamentale » votée par la Knesset proclame Jérusalem « réunifiée et capitale éternelle d’Israël ». Depuis, c’est la loi israélienne qui prévaut à Jérusalem-Est. L’annexion n’a pas non plus été acceptée à l’étranger. La quasi-totalité des ambassades en Israël sont installées à Tel-Aviv et selon la résolution 672 de l’ONU du 13 octobre 1990, Jérusalem-Est est un territoire occupé.