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Conflits, terrorisme, oppression, etc.
Terrorisme

De nouveaux sites web islamistes cherchent à recruter des femmes, Jamel Arfaoui
01/09/2007

"Malgré les efforts déployés pour tenter de surveiller et de contrer les sites internet destinés à recruter et à entraîner des terroristes, des sites continuent de voir le jour sur le web, dont certains visent particulièrement les femmes djihadistes." (magharebia.com).

30/08/2007

 

Sur le site Magharebia - Nouvelles & visions du Maghreb, Tunis.

 

Le Dr Iqbal Gharbi a observé vingt sites Web destinés aux femmes musulmanes.

 

Dans une étude publiée la semaine dernière par le journal tunisien, Le Temps, Iqbal Gharbi, spécialiste des questions religieuses, a affirmé que le nombre de sites Web, consacrés au djihad féminin, avait augmenté, ainsi que leur forme et leur contenu.

Le docteur Gharbi, professeur d’anthropologie religieuse à l’Institut Zitouna, [démarque] quatre vocations générales de ces sites : l’apprentissage à distance, la propagation de l’appel salafiste [1], la mobilisation et le terrorisme sur Internet.

Mme Gharbi, qui a observé vingt sites directement consacrés aux femmes musulmanes, affirme :

« Les islamistes utilisent de plus en plus Internet, symbole de la technologie occidentale, et plus précisément de la technologie américaine, qu’ils critiquent en permanence. Mais l’approche pragmatique qui a permis le recours à ce moyen de communication occidental a prouvé sa [pertinence] et ses nombreux avantages. »

Selon elle, l’un des principaux avantages pour les groupes islamistes est qu’ils n’ont plus besoin d’un espace géographique donné pour leurs activités, Internet remplaçant la formation et la coordination.

Pour illustrer l’importance d’Internet pour les extrémistes, le docteur Gharbi cite Dhiya Rashwan, un expert des groupes islamiques du Centre al-Ahram d’Etudes Stratégiques, qui affirme que le groupe militant, Al-Jamaa Islamiya (Groupe Islamique), était la seule organisation disposant d’un site Web au début des années 1990,

« alors que al-Qaïda, par exemple, ne pouvait envoyer ses messages, ni revendiquer les attentats de Nairobi et de Dar es-Salam autrement que par fax ».

Bien qu’elle ne puisse déterminer avec précision qui se cache derrière ces sites Web, Mme Gharbi affirme qu’ils utilisent une rhétorique radicale

« comme un appât, pour attraper les femmes qui surfent sur le Net et mettre en relation [entre elles] des islamistes féminines ».

Certains sites proposent un contenu journalier assez modéré, comme "For you online", alors que d’autres, comme "Khansaa", décrivent dans le détail un pistolet mitrailleur, et que "Mujahidat" offre un programme d’entraînement militaire de huit semaines.

De nombreux sites Web visent un public féminin par le biais de l’esthétique, en se concentrant sur la beauté de présentation du site, note I. Gharbi :

« Ils utilisent de belles couleurs, avec une préférence pour le rose, le bleu et le vert. Ils [privilégient] également des arrière-plans romantiques, comme des levers de soleil ».

En mars 2006, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure [DGSE] française avait découvert un forum de discussion, dans lequel les djihadistes recrutaient des personnes pouvant pirater des sites Web, attaquer ce qu’ils considéraient comme des ’sites Web athées’, et adoptant le message suivant:

"Si tu ne peux les tuer, détruis au moins leurs sites Web."

En Tunisie, où l’on compte plus d’un million d’abonnés à Internet, le gouvernement bloque les sites extrémistes et pornographiques, pour tenter d’empêcher des actes destructeurs sur le Web. Certains critiques de cette politique gouvernementale, dont l’Union des Jounalistes Tunisiens, se plaignent d’une censure excessive sur le Web ; selon un rapport publié le 3 mai par ce syndicat, même le site Web de la Fédération Internationale des Journalistes est bloqué.

Les avocats du gouvernement affirment que la loi tunisienne ne restreint pas l’accès à des sites politiques ou intellectuels, mais seulement aux sites qui incitent à la violence et à la haine.

La loi antiterroriste de décembre 2003 punit tout individu incitant à des crimes haineux ou à des actes de fanatisme religieux ou racial. Les délits de cette nature sont sévèrement punis en Tunisie, avec des peines de prison allant de onze à trente ans.

Lors du sommet des Ministres arabes de l’Intérieur en 2007 à Tunis, les responsables avaient souligné la nécessité de renforcer la coopération

« pour [traquer] et tarir les sources de financement du terrorisme, et empêcher l’utilisation des moyens de communication modernes ».

S’exprimant lors de ce sommet, le ministre tunisien de l’Intérieur, Rafiq Belhaj Kacem, avait souligné la nécessité de travailler ensemble pour lutter contre

« la criminalité technologique et les crimes dangereux [qui y sont] associés, commis par le biais d’Internet ».

Nikolaï Sintov, porte-parole de la Commission Nationale Russe de Lutte contre le Terrorisme a été récemment cité comme affirmant qu’il y a près de cinq mille sites Web [actifs dans la promotion de] la propagande terroriste sur Internet, contre douze seulement en 1998.


Cette analyse a été réalisée à la demande de Magharebia.com.


Jamel Arfaoui


©  Magharebia - Nouvelles & visions du Maghreb, Tunis

 

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Note de la Rédaction d’upjf.org

[1] "Etymologiquement, salafisme (en arabe : السلفية as-salafiyyah) provient du mot salaf, prédécesseur ou ancêtre, qui désigne les compagnons de Mohamed et les deux générations qui leur succédèrent". Voir l’article "Salafisme", sur le site Wikipedia.

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[Texte aimablement signalé par Roseline L.]

 

Mis en ligne le 31 août 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org