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Conflits, terrorisme, oppression, etc.
Terrorisme

Occupation et terrorisme: y a-t-il toujours un lien ? Jean-Marie Allafort
08/06/2007

05/06/07

 

Texte repris du site "Un écho d’Israël".

 

La Guerre des Six Jours n’est pas seulement une victoire éclair d’Israël sur les armées arabes ; elle n’est pas seulement la réunification de Jérusalem, elle marque également le début de l’occupation israélienne sur les Palestiniens. 40 ans plus tard, alors qu’aucune solution politique ne semble poindre à l’horizon, on ne peut que déplorer cette situation.

L’occupation, entend-on bien souvent, est la cause principale du terrorisme palestinien. Ce terrorisme serait né à la guerre des Six Jours, avec le début de l’occupation israélienne. Lorsque cette dernière se terminera, la violence cessera tout naturellement.
Cet argument est-il fondé ? Le terrorisme est-il toujours lié à l’occupation ?


Faut-il rappeler que, pendant 19 ans, la Samarie et la Judée furent sous occupation jordanienne, que la Bande de Gaza fut sous celle des Egyptiens, et que, dans cette période il n’y eut que peu de violences contre les occupants ? L’attentat le plus significatif contre le pouvoir hachémite fut, sans aucun doute, l’assassinat du roi Abdallah par un Palestinien, alors que le souverain pénétrait dans la mosquée d’El Aqsa, à Jérusalem, le 20 juillet 1951.

Par contre, durant ces 19 années, où Israël n’occupait pas les territoires palestiniens, le jeune Etat connut de nombreux actes terroristes. Pour ceux qui auraient oublié, voici une liste très partielle des attentats de cette période :

·         1er janvier 1952 : une jeune fille de 19 ans est tuée par des Palestiniens armés à Jérusalem.

·         7 juin 1953 : des Palestiniens ouvrent le feu sur des passants au sud de Jérusalem tuant un jeune homme et blessant trois autres personnes.

·         9 juin 1953 : des terroristes lancent des grenades et ouvrent le feu dans une localité près de Lod. Il y a un mort et plusieurs blessés. La même nuit, un groupe armé attaque une maison à Hadera. Cette fois, il n’y a pas de victime.
11 juin 1953 : des Palestiniens attaquent une maison à Kfar Hess tuant un jeune couple.

·         2 septembre : un groupe armé venant de Jordanie lance des grenades dans le quartier de Katamon à Jérusalem. Il n’y a pas de victime.

·         17 mars 1954 : Des terroristes ouvrent le feu contre un bus faisant la liaison entre Tel Aviv et Eilat sur la montée des Scorpions dans le Néguev. Il y a 12 morts et de nombreux blessés.

·         2 janvier 1955 : deux promeneurs sont assassinés dans le désert de Judée.
24 mars 1955 : des Fedayin ouvrent le feu et lancent des grenades lors d’un mariage célébré dans le village de Patish dans le Néguev. Une jeune fille est tuée et il y a 18 blessés.

·         7 avril 1955 : deux membres du Kibboutz Givat Haim sont tués dans leur voiture par des terroristes. Le même jour un ouvrier est tué à Nitzanim.

·         11 avril 1956 : un groupe de Palestiniens armés pénètre dans une école à Shefrir près de Ramleh. Ils ouvrent le feu sur un groupe d’enfants : 3 sont tués ainsi qu’un éducateur. Il y a 5 blessés dont 3 dans un état grave.

·         23 septembre 1956 : 4 archéologues sont tués au Kibboutz Ramat Rahel et 16 autres personnes blessées suite à des tirs provenant d’une position jordanienne.

·         29 septembre 1956 : un enfant est tué par des tirs palestiniens près de Jérusalem.

·         4 octobre 1956 : 5 ouvriers israéliens sont tués à Sodome près de la Mer Morte.
16 avril 1957 : deux gardiens du Kibboutz Messilot sont tués par des terroristes.

·         23 août 1957 : deux gardiens de la compagnie des eaux sont tués près du Kibboutz Beit Gouvrin.

·         5 avril 1958 : près de Tel Lakich, deux Israéliens sont tués par des tirs palestiniens.

·         26 mai 1958 : 4 policiers israéliens sont tués par des soldats jordaniens au Mont Scopus à Jérusalem.

·         3 décembre 1958 : un berger trouve la mort près du Kibboutz Gonen. Un mois plus tard, un autre berger est tué dans le kibboutz Lahavot HaBashan.

·         27 avril 1959 : des tireurs prennent pour cibles des promeneurs près de Massada. Deux sont tués.

·         30 octobre 1959 : un berger est tué près du Kibboutz Yad Hanna.

·         26 avril 1960 : un groupe armé ouvre le feu dans un quartier du nord d’Ashkelon. Il y a un mort.

·         31 mai 1965 : deux Israéliens de Jérusalem sont tués et quatre autres blessés par des tirs de la Légion Arabe.

·         13 juillet 1966 : deux soldats israéliens et un civil sont tués près de Almagor.

·         27 octobre 1966 : une charge explosive posée sur la ligne de train vers Jérusalem fait un blessé.

 

Durant cette « période de calme » de 19 ans, près de 3000 actes terroristes ont été commis. Il est vrai que, dans la majorité des cas, il n’y eut pas de victimes ; il n’empêche que la volonté de commettre de telles actions est clairement manifeste.

Pendant les années d’Oslo, lorsque l’occupation israélienne des grandes villes palestiniennes prit fin, le terrorisme redoubla d’intensité (voir : Un journal d’Oslo - chronologie d’un processus de paix). Aujourd’hui, alors que les Israéliens ne sont plus dans la Bande de Gaza, les tirs de roquettes se poursuivent contre les localités du Néguev occidental.

L’équation occupation - terrorisme est-elle vraiment adéquate ?

 

Jean-Marie Allafort

 

© Un écho d’Israël

 


Mis en ligne le 8 juin 2007, par M.
Macina, sur le site upjf.org