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[Autour du Protocole des Sages de Sion] Complot européen sur la scène arabe, M. Milson
13/09/2007

Une analyse remarquable due au Professeur (émérite) Menahem Milson, de l’Université Hébraïque de Jérusalem. Il faut savoir gré à M. Milson et à l’institut MEMRI qu’il dirige, de mettre à la disposition des internautes francophones une étude qui, sauf erreur, n’a pas d’équivalent, surtout en ce qu’elle traite de la réception et de l’influence, en milieu musulman, du célèbre faux antisémite qui a causé des dégats impossibles à évaluer à l’image du Juif dans le monde, en général, et dans le monde arabe, en particulier. C’est peu dire que j’en recommande chaudement la lecture et la diffusion! (Menahem Macina).

12/09/07

 

 

Ces cinquante dernières années, Le Protocole des sages de Sion a été publié et distribué dans le monde arabe, avec peut-être plus de succès que nulle part ailleurs.

 

Le Protocole a en fait été publié en arabe dès 1925, mais, pendant un quart de siècle, ce texte antisémite n’a pas joué de rôle prépondérant dans le combat arabe contre le sionisme. (1)

 

Il semble que l’accueil sans précédent fait au Protocole ne soit intervenu qu’après la création de l’Etat d’Israël. Le fait qu’une petite communauté de Juifs ait vaincu les armées réunies de sept pays arabes et créé un Etat souverain – en dépit de la désapprobation des pays arabes –,  a entraîné une dissonance cognitive chez les Arabes : le sort des Juifs, selon le Coran, est de vivre dans le malheur et l’humiliation (2). Les Juifs sont en outre qualifiés de lâches au combat (3). Dans ces conditions, comment Israël avait-il pu gagner la guerre et priver les Arabes de la victoire ? La croyance en un complot juif mondial, tel que décrit dans le Protocole, a fourni une explication prétendument rationnelle à ce qui était autrement inconcevable pour les Arabes. Le fait que Le Protocole des sages de Sion réponde à un besoin psychologique profond semble expliquer en grande partie le succès de ce texte dans le monde arabe. En effet, depuis le début des années 50, celui-ci est omniprésent dans le discours des élites politiques arabes.

 

La première à avoir attiré l’attention sur l’existence d’une version arabe du Protocole des sages de Sion est la spécialiste du Moyen-Orient Silvia Haim, en 1955 (4). Dans un article intitulé "Littérature arabe antisémite : remarques introductives", elle souligne que la première traduction en arabe du Protocole a paru dans les années 1920. Il est surprenant de constater que l’existence d’une version arabe du Protocole et l’antisémitisme arabe de manière générale n’ont attiré l’attention des chercheurs, universitaires et autres intellectuels qu’après que Yehoshafat Harkabi, aujourd’hui défunt, se fut intéressé au sujet. Dans son remarquable ouvrage, La position arabe dans le conflit avec Israël, publié en 1968, Harkabi rapporte divers phénomènes révélant la haine du Juif dans la littérature et les médias arabes, les qualifiant assez justement d’"antisémitisme arabe" (5). Il consacre un chapitre entier au Protocole en arabe, et sa bibliographie comprend une liste exhaustive de versions arabes toujours en circulation (6). Malheureusement, depuis la fin des années 1960, le nombre de maisons d’éditions ayant édité le Protocole n’a fait que croître.

 

Notons que si le Protocole des sages de Sion est, bien sûr, d’origine européenne, son adoption et sa large diffusion dans le monde arabe ont probablement été facilitées et encouragées par l’enracinement profond dans la culture arabe de stéréotypes juifs ; je ne pense pas à l’image négative du Juif impie, mais aux stéréotypes du Juif rusé et enclin aux complots. Deux incidents majeurs intervenus aux premiers temps de l’islam, et considérés comme faisant partie de l’histoire sacrée, ont contribué à enraciner ce stéréotype dans les mentalités. Ces deux incidents ont trait au rapport qu’entretenait le prophète Mahomet avec les Juifs de Médine. Mahomet avait d’abord établi une alliance avec les tribus juives de Médine, mais au bout de quelques années, il rompit le traité et les attaqua. Il faut de bonnes raisons pour rompre un traité et l’histoire islamique sacrée fournit des explications aux actions de Mahomet : selon les sources islamiques, le Prophète était un jour assis avec un groupe de disciples, dos au mur. Soudain, il se leva pour annoncer que l’Ange Gabriel venait juste de lui révéler que les Juifs de la tribu de Banu Nadhir complotaient de l’attaquer en lui jetant une grosse pierre sur la tête du sommet du mur.

 

Sur la base de cette "preuve" divine de l’existence d’un complot juif, la tribu de Banu Nadhir a été expulsée de la ville et tous ses biens ont été confisqués par les musulmans.

 

Les prochains sur la liste furent les Juifs de la tribu de Banu Qurayzha : la rumeur prétendait qu’ils complotaient contre Mahomet et se préparaient à le trahir. Les musulmans les cernèrent et après que la tribu se fut rendue, les hommes furent tous mis à mort, tandis que les femmes et les enfants furent faits esclaves.

 

Ces récits traitant de la tromperie et la traîtrise des Juifs sont très répandus parmi les musulmans, car ils font partie de la Sira, biographie sacrée du Prophète. Ces récits anti-juifs ont dernièrement été mis en scène dans une série télévisée diffusée sur la chaîne saoudienne Iqra (7). Il convient de souligner que les actions du Prophète Mahomet telles qu’elles sont rapportées n’ont pas uniquement une valeur historique ; elles servent aussi de critère de conduite pour les musulmans.

 

Les historiens sunnites ont longtemps imputé à un complot juif secret le fossé traumatique qui sépare chiites et sunnites ; ce complot aurait été mis à exécution par les machinations d’un certain Juif yéménite du nom d’Abdallah ibn Saba, qui s’est extérieurement converti à l’islam. Ainsi l’événement le plus traumatique de l’histoire de l’islam primitif provient, d’un point de vue musulman, d’un complot juif visant à corrompre et détruire l’islam (8).

 

Les récits islamiques accusant les Juifs de complot contre Mahomet et la communauté musulmane ont indubitablement prédisposé cette dernière à l’adoption du Protocole comme étant un document authentique, qui révèle la vraie nature des Juifs et du judaïsme.

 

Comme mentionné plus haut, la première édition arabe du Protocole des Sages de Sion date de 1925. Toutefois, celle-ci est rarement mentionnée, et les traductions consécutives n’y font pas référence (9).

 

Une nouvelle traduction arabe de Muhammad Khalifa Al-Tunisi a d’abord été éditée en 1951, pour être ensuite reprise par plusieurs maisons d’édition. La deuxième édition, datant de 1961, est digne d’attention, car préfacée par un auteur égyptien de grande renommée : Abbas Mahmoud Al-Aqqad (1889-1964). Cette préface reprend un article élogieux publié par [le même] Al-Aqqad dans une revue égyptienne peu de temps après la première publication de la traduction d’Al-Tunisi (10).

 

Voici quelques extraits de la préface d’Al-Aqqad :

 

"Afin de rendre justice à l’histoire, je me dois de résumer ici ce qui est dit du livre d’un point de vue historique afin de le prendre en défaut et de mettre en doute l’authenticité de ses sources - ou, au contraire, de la confirmer - et de prouver la véracité de son contenu (…) Les  critiques se basent aussi sur le fait que le Times de Londres prétend qu’il s’agit d’un faux, après y avoir fait référence comme à un document authentique. D’un autre côté, l’argument de base de ceux qui prétendent que ces documents ou leur contenu sont véridiques est qu’ils n’apportent rien de nouveau par rapport aux livres juifs connus, tels que le Talmud et les livres de la tradition juive – sauf que le Talmud parle en termes généraux, alors que ces documents apportent des détails." (11).

 

Citant le journaliste britannique A.K. Chesterton (12), Al-Aqqad affirme que

 

"les Sages de Sion sont soit une réalité historique, soit un produit de l’imagination, mais ce qui est indéniable, c’est qu’ils tentent d’avoir de l’influence."

 

Al-Aqqad poursuit :

 

"Je peux personnellement ajouter que nous assistons à une énorme machination allant d’Istanbul à l’Amérique, jusqu’à l’Afrique du Sud, et cela prouve, entre autres, qu’un gang international est à l’œuvre pour atteindre ses objectifs, même s’il n’y a pas (vraiment) eu de coordination dans la phase préparatoire… Une autre preuve (de l’existence d’un complot juif) est que les sionistes se servent de leur influence pour apporter une notoriété à des auteurs de moindre importance afin de les fourvoyer. C’est ainsi qu’aucun livre en arabe écrit par un écrivain critique du sionisme n’a jamais été traduit (dans les langues occidentales). Je n’ai pas besoin de chercher loin : c’est le cas pour mes propres livres (…) dont l’impression (en français et en anglais) a été interrompue, malgré tout le mal que l’on s’est donné pour les traduire, car je m’exprimais contre la politique sioniste." (13).

 

La contribution d’Al-Aqqad aux écrits concernant le Protocole des sages de Sion en arabe, en continuelle augmentation, ne se limite pas à cet article critique de 1951 (réédité  en 1961 comme préface à la traduction de Tunisi). En 1956, il a publié un ouvrage intitulé Al-Sahyuniyya al-’Alamiyya ("le sionisme mondial") qui s’en prend violemment au sionisme, mais aussi aux Juifs et au judaïsme de l’antiquité à nos jours (14). Selon Al-Aqqad, la nature juive est si perverse et les Juifs représentent une telle menace pour toutes les autres nations, que le monde devra les forcer à s’assimiler pour qu’ils cessent d’être un groupe distinct des autres (15). Un résumé du Protocole est fourni dans l’annexe. Le livre est sorti dans la série Ikhtarna Lak ("Nous avons sélectionné pour vous"), qui servait de moyen d’endoctrinement national et a été édité par Dar al-Ma’arfif, la plus grande maison d’édition égyptienne.

 

L’ouvrage d’Al-Aqqad adopte le vieil argument des propagateurs du Protocole : peu importe que les détails relatifs aux origines du Protocole soient ou non exacts. Ce qui importe est que les événements historiques sont conformes au projet juif présenté dans le Protocole. Cela suffirait à prouver qu’il existe bien un complot juif.

 

Il est intéressant de noter qu’Al-Aqqad était l’une des plus grandes figures de la vie intellectuelle égyptienne au XXe siècle, et le resta jusqu’à sa mort, en 1964. Le site officiel du gouvernement égyptien consacre une page à sa vie et son œuvre. Celle-ci s’ouvre sur la phrase suivante :

 

"Abbas Mahmud Al-Aqqad est l’un des piliers intellectuels de la renaissance (arabe) du XXe siècle (…) Il fut l’un des interprètes de la conscience et de l’éthique égyptiennes."

 

Ce qui est écrit sur "les Juifs" dans le Lexique des coutumes, traditions et expressions folkloriques égyptiennes, publié en 1953, révèle à quel point la description du Juif comme cherchant à contrôler le monde imprégnait le discours arabe dans les années 1950. L’auteur de ce lexique, Ahmad Amin (1886-1954), était, lui aussi, une figure intellectuelle marquante de l’époque. Dans un passage consacré aux Juifs, il dit notamment :

 

"En Amérique, où ils ne dépassent pas les six millions, ils ont réussi à dominer la population (du pays), riche de près de 400 millions de personnes (sic). Ils discernent parfaitement le type d’activités qui leur permettra de prendre le contrôle de la nation où ils se trouvent, telles que la médecine, la banque, le journalisme, l’enseignement, etc. Ils sont particulièrement doués pour la propagation d’idées et de doctrines qui ébranlent la religion."

 

Une autre traduction du Protocole, parue en 1967, a été effectuée, à partir de l’édition anglaise, par le journaliste et traducteur libano-palestinien, ‘Ajjaj Nuwayhidh. Cette édition, plus volumineuse que celle d’Al-Tunisi, comprend une première partie sur la prétendue histoire du Protocole et une histoire du sionisme ; la seconde partie est le Protocole lui-même ; la troisième partie discute de prétendues sources talmudiques relatives au Protocole, et la quatrième partie porte sur des sources bibliques et religieuses. La traduction de Nuwayhidh, qui est apparemment devenue la version standard dans le monde arabe, a été rééditée plusieurs fois dans différents pays arabes.

 

Les traductions du Protocole n’étaient pas le seul moyen mis en oeuvre pour propager la croyance d’un complot juif dans le monde arabe. D’autres publications, dont des résumés du Protocole, ont été incorporées à différents ouvrages ou ajoutées en annexes. Les titres de certaines de ces publications en disent long :

 

  • Le complot juif contre le christianisme ;
  • La Palestine et la conscience humaine ;
  • Le danger de la communauté juive pour l’islam et le christianisme.
  • Parmi les plus récentes, on trouve Les secrets des malveillants : La cabbale, les organisations clandestines et la tentative de contrôler le monde ;
  • Assassinat : des écritures juives et du Protocole des sages de Sion à Chevalier sans monture.

 

Un grand nombre de ces ouvrages ont été publiés par des maisons d’édition subventionnées par l’Etat. La bibliographie complète en est trop longue pour être donnée ici.

 

Bien qu’il soit aisé de trouver le texte intégral du Protocole, aussi bien sous forme de livre, que sur Internet, il est intéressant de constater que l’ouvrage est généralement cité comme un concept général ; il est rarement fait référence à un protocole en particulier. Il semble donc que le Protocole fait office de preuve concrète de l’existence d’un complot juif. Il sert à montrer que l’existence d’un tel complot n’est pas qu’hypothétique, mais correspond à un fait tangible. Cela explique peut-être la fréquence de la réimpression et de l’affichage du Protocole sur Internet.

 

Il n’est guère surprenant que le livre antisémite de G. Carr, Pawns in the Game (Des pions dans un jeu) (1954) – qui présente une vision moderne de théorie d’un complot mondial – ait également été traduit en arabe et soit fréquemment cité comme preuve confirmant l’existence d’un complot juif mondial (16).

 

Un célèbre incident datant des années 1970 témoigne de la propagation de la croyance en un complot juif dans le monde arabe. Henry Kissinger raconte comment, alors qu’il participait à un dîner d’Etat donné en son honneur en Arabie saoudite par le roi Fayçal, le roi lui a expliqué le danger représenté par le complot juif communiste :

 

"Les silences (imposés) devant le roi accentuèrent ma prise de conscience, lors de ma première visite, de ce qui, dans l’ensemble du monde arabe et dans plusieurs autres régions éloignées, pouvait immédiatement être identifié comme le discours standard de Fayçal. Son idée de base était que les Juifs et les communistes oeuvraient, tantôt en parallèle, tantôt ensemble, pour ébranler le monde civilisé tel que nous le connaissions. Oublieux de mes ancêtres, ou me plaçant délicatement dans une catégorie spéciale, Fayçal insistait pour que soit mis fin, une bonne fois pour toutes, au double complot des Juifs et des communistes. L’avant-poste de ce complot, au Moyen-Orient, était l’Etat d’Israël, mis en place en ce lieu par les Bolcheviques dans le but de diviser l’Amérique et les Arabes." (17)

 

Quittons à présent la Cour du roi et la politique mondiale pour nous tourner vers les affaires profanes des gens ordinaires. Le 6 novembre 2002, un enseignant de Nazareth demandait une décision religieuse (fatwa) sur un service de fatwas en ligne. Son problème était le suivant : les lycées de Nazareth emmènent tous les ans les élèves de Terminale, garçons et filles confondus, à Eilat. Lors de ce trajet, ils découchent, alors que les filles sont sans parent pour les accompagner.

 

Comme l’on pouvait s’y attendre, le cheikh en ligne, un ouléma d’Al-Azhar, a décrété qu’au vu des circonstances décrites par l’enseignant, un tel voyage était prohibé. Le point qui nous intéresse est qu’il a introduit sa fatwa en affirmant que ce type de voyage était "l’une des manœuvres du Protocole des sages de Sion pour corrompre la jeunesse (…)" (18).

 

Tout prétendu écart de conduite a de fortes chances d’être attribué aux effets délétères du Protocole. Ainsi, en août 2003, quand les Frères musulmans ont demandé que le recueil de poèmes Wasaya fi ‘ishq al-nisa ("Conseils au sujet du désir"), du poète égyptien Ahmad al-Shahawi, soit interdit de diffusion, ils l’ont comparé au Protocole des sages de Sion. (19).

 

Vu le potentiel scénaristique du complot juif décrit dans le Protocole, il était fatal qu’une intrigue aussi prometteuse soit reprise, tôt ou tard, par la télévision.

 

Le 6 novembre 2002 (première nuit du Ramadan), certaines chaînes de télévision arabes (dont la télévision d’Etat égyptienne) ont diffusé le premier des 41 épisodes de la série intitulée Chevalier sans monture. Des éléments importants de l’intrigue s’inspirent du Protocole des sages de Sion. Il convient de noter que dans les pays arabes et musulmans, le taux d’audience est au plus haut pendant le Ramadan.

 

Le feuilleton devait, en fait, être diffusé pendant le Ramadan de l’année précédente, mais la diffusion a été reportée pour cause de retard dans la production. En prévision de la diffusion de la série, l’hebdomadaire égyptien Roz Al-Youssef a publié un article accompagné d’une interview du réalisateur et principal acteur : Muhammad Subhi (20). Subhi affirme notamment que l’une des sources de son inspiration n’est autre que l’ouvrage, mentionné plus haut, d’Abbas Al-Aqqad, sur le sionisme mondial, et son explication selon laquelle il suffit de comparer le plan décrit dans le Protocole et les faits historiques, pour savoir quels aspects du Protocole ont déjà été appliqués et quels événements sont à prévoir.

 

Le feuilleton a suscité des protestations dans les pays occidentaux, le département d’Etat américain a appelé le gouvernement égyptien à empêcher sa diffusion – demande qui a été d’emblée rejetée par le ministre égyptien de l’Information, Safwat Al-Sharif. Le feuilleton a été vu et approuvé pour diffusion par un comité nommé par le censeur égyptien. Le comité de L’Association de la radio et la télévision égyptiennes, a qualifié le feuilleton de "jalon dans l’histoire de l’art dramatique arabe". Le ministre égyptien de l’Information a affirmé que "les vues scénaristiques exprimées dans la série ne contiennent aucun élément susceptible d’être considéré comme antisémite." (21). Toutefois, sous la pression de critiques venues de l’étranger, les producteurs ont été obligés de modifier la formulation de l’introduction ouvrant chacun des épisodes. L’introduction originale contenait l’affirmation suivante :

 

"Certains événements (de la série) sont tirés de faits réels, et d’autres sont imaginaires ; certains sont déjà arrivés et d’autres ne le sont pas encore."

 

L’introduction modifiée, plus circonspecte, précise :

 

"La série n’a pas pour but de confirmer la véracité de ce qui est connu comme étant Le Protocole des sages de Sion, lequel n’a pas été historiquement authentifié." (22).

 

Chevalier sans monture a suscité une vive controverse dans la presse égyptienne et arabe. Dans sa majorité, celle-ci a fait l’éloge de la série, dénigrant les Américains et les Juifs pour leur demande "impudente" de ne pas diffuser la série. Certaines voix, dans la presse arabe, ont toutefois critiqué la série, reprochant à son producteur de l’avoir basée sur un faux célèbre. (23) Parmi les écrivains arabes qui ont publiquement dénoncé le Protocole comme étant un faux, on trouve le philosophe syrien, Dr Sadeq Jalal al-Azm, le conseiller du président Moubarak, Usama al-Baz (24), Abdel Wahhab Masiri, qui fait autorité, en Egypte, en matière d’histoire juive, et qui est l’auteur d’une encyclopédie du judaïsme en arabe. (25)

 

La position générale des médias arabes fut, toutefois, de considérer le complot sioniste mondial comme une réelle menace pour l’humanité. Une émission d’Al-Jazeera, du 19 mars 2002, consacrée au Protocole, fournit un bon exemple de cette tendance. Cette émission, "Direction contraire" (Al-ittijah al-mu’akis), regardée par un grand nombre de téléspectateurs, est animée par le Dr Faisal Al-Qasim, célébrité médiatique dans le monde arabe. Ce jour-là, les deux invités étaient le journaliste mauritanien, Muhammad Jamil ibn Mansur, pour qui l’authenticité du Protocole est sujet à controverse tandis que son contenu a été confirmé par l’histoire, et le journaliste irakien kurde, Kameran Qurra Daghi, (26) qui estime, en revanche, que le Protocole est un faux antisémite sans rapport avec les problèmes actuels des Arabes, et que le prendre au sérieux revient à "insulter l’intelligence arabe". Introduisant le débat, l’animateur ne se contente toutefois pas de présenter l’opinion selon laquelle le Protocole apporte des informations authentiques sur l’existence d’un complot juif comme légitime ; il va jusqu’à envisager que ce sont les Juifs qui diffusent le Protocole pour semer la peur dans le cœur de leurs ennemis.

 

Voici l’introduction de l’animateur :

 

« (…) Les Arabes ont-ils lu Le Protocole des sages de Sion ? L’ont-ils compris ? Comment ont-ils réagi ? Et cela à une époque où il est appliqué nuit et jour sous leurs yeux. (…)  Pour le bien de ceux qui ne savent pas grand-chose du Protocole, voici (une brève présentation) :

 

·         C’est un livre qui contient 24 protocoles, écrit par un groupe de sionistes, il y a plus de cent ans, et dans lequel ils révèlent leurs plans pour parvenir à la domination de la Palestine et des Arabes, puis du reste du monde.

·         Le Protocole est encore aujourd’hui sujet à controverse. Certains affirment que ces protocoles ont été concoctés par la police secrète russe et n’ont rien à voir avec les Juifs, tandis que d’autres affirment que c’est un complot juif malfaisant basé sur des doctrines juives que l’on peut trouver dans les livres saints des Juifs. Ceux qui sont de cet avis pensent que les protocoles sont l’essence des hypothèses théoriques et intellectuelles, en fait de la constitution même de l’entreprise sioniste, et que les événements actuels, aux plans politique, économique, médiatique et culturel, correspondent à l’application à la lettre du Protocole. Or le fait est que les Juifs se sont emparés du pouvoir, comme ils avaient promis de le faire voilà plus d’un siècle. Ils ont pris le contrôle de l’économie, de la finance et des médias dans le monde.

·         En outre, ce sont les premiers à avoir glorifié le terrorisme, un terrorisme, aujourd’hui pratiqué en Palestine et dans d’autres pays du monde. Le terrorisme a été, comme le croient certains, inventé, produit et mis sur le marché par eux. Pour eux, le terroriste politique est un martyr, comme l’indique clairement le protocole 19.

·         Ceux qui jettent le doute sur (l’authenticité des) protocoles y voient une simple tentative, de la part des ennemis des Juifs, de leur nuire et de salir leur réputation, et, sur cette base, de les persécuter, comme cela a été fait en Russie et en Allemagne.

·         D’autres encore estiment que la diffusion du Protocole a été un service rendu aux sionistes, vu que celui-ci exagère la capacité des Juifs et leur grandeur. Est-il erroné de considérer que les Juifs eux-mêmes sont à l’origine de la propagation de ces fausses idées, qui font de leurs rivaux des prisonniers de la grande illusion selon laquelle les Juifs sont une puissance secrète qui ne peut être vaincue – une effrayante pieuvre qui pénètre tous les pays ?

·         D’autres encore soutiennent que si le sionisme tient véritablement les rênes des affaires politiques, économiques et médiatiques en Occident, c’est tout à leur avantage, vu que l’Occident est au sommet – aussi bien au niveau technologique et économique que médiatique.

·         Ce sont là des interrogations que j’adresse directement au (journaliste) Kameran Qurra Daghi et à Muhammad Jamil ibn Mansur, l’un des dirigeants du bloc des puissances démocratiques en Mauritanie, écrivain et militant anti-sioniste, président du comité de l’Union nationale pour la résistance à la pénétration sioniste. » (27).

 

Un an après la diffusion de Chevalier sans monture, un autre feuilleton, plus violent encore, a été diffusé, lors du Ramadan de l’année 2003, à une heure d’audience élevée. Cette série de production syrienne, du nom d’Al-Shatat (Diaspora), prétendait mettre en scène la vie juive en diaspora et l’émergence du sionisme, et a été diffusée par la chaîne satellite Al-Manar, du Hezbollah. Elle comportait des scènes macabres, tels le meurtre rituel d’un petit chrétien, et l’exécution rituelle d’un Juif marié à une non-Juive. La série entendait aussi montrer comment Amschel Rothschild, fondateur du prétendu gouvernement juif mondial secret, a ordonné à ses fils, sur son lit de mort, d’inciter à la guerre et de corrompre la société mondiale pour servir les intérêts financiers et les objectifs politiques des Juifs.

 

Il est intéressant de constater que les producteurs d’Al-Shatat, conscients du tollé soulevé l’année précédente par Chevalier sans monture, ont pris la peine de décliner ostensiblement toute responsabilité, au début de chaque épisode, précisant que la série ne se basait pas sur le fameux Protocole des sages de Sion, mais sur des faits historiques et des recherches, dont des écrits de Juifs et d’Israéliens.

 

En janvier 2003 (quelques mois après la diffusion de la série égyptienne), le site arabe nationaliste, Arabrenewal.com, a publié le texte intégral du Protocole, traduit par Nuwzyhid. Il était introduit par la note suivante :

 

"La famille du Renouveau (arabe) tient à préciser que la publication de ce document n’est pas une confirmation de son authenticité. Toutefois, vu l’émoi provoqué par la série télévisée, Chevalier sans monture, vu la coordination des campagnes sioniste et américaine pour contrer la série, vu les références faites au Protocole des sages de Sion, qui s’y trouvent, vu que nous croyons fermement au droit qu’a le public de savoir, et vu que ce document, qu’il soit vrai ou faux, est entré dans l’histoire et a suscité une grande controverse, nous considérons qu’il est important de le publier ici.

 

Quelques jours plus tard, un lecteur écrit au site ; après l’avoir félicité pour le grand service rendu par la publication du Protocole, il précise :

 

"J’ai noté que vous déclinez toute responsabilité concernant l’authenticité du Protocole (…) Vous êtes, bien sûr, parfaitement en droit de publier un tel déni de responsabilité. Je suis toutefois préoccupé par un grave complexe qui nous tourmente, nous autres Arabes (…) nous acceptons comme vrai (ce que disent) les médias américains, et nous ne croyons aucun de ceux qui tentent de dénoncer leurs mensonges et inventions (…) Je n’ai pas besoin de chercher loin : le Protocole contient la preuve de son authenticité. Même si nous estimons qu’il a été créé de toutes pièces, la réalité correspond à ce qui est décrit dans le Protocole." (28).

 

En dehors des rares voix mentionnées plus haut, à chaque fois qu’il est fait mention du Protocole dans les médias, c’est toujours comme à un document authentique. Il ne fait aucun doute que de nombreux écrivains arabes sont conscients du fait que le Protocole est un faux ; ils continuent néanmoins de s’en servir parce que, disent-ils, "peu importe qu’il soi vrai ou faux ; ses prédictions se sont largement réalisées."

 

Un article du journaliste chrétien libanais, Ghassan Tueni, illustre bien cet état d’esprit :

 

"Si nous ne savions pas que Le Protocole des sages de Sion avait été créé par les services de renseignement russes au XIXe siècle (…) nous dirions que les événements actuels correspondent très exactement à ce que la communauté juive mondiale avait prévu, en raison de la grande ressemblance qui existe (entre les faits et) ce qui est faussement attribué à (la communauté juive mondiale). (Je pense) au complot pour contrôler le monde et en piller les ressources, aux actions (de la communauté juive) partout dans le monde, au statut financier, politique et militaire atteint (par la communauté juive). En plus de ses efforts pour détruire tout ce que les autres considèrent comme sacré." (29).

 

L’incident suivant est fort révélateur : en novembre 2003, la traduction arabe du Protocole a été placée en vitrine à côté de la Torah et du Talmud, dans le cadre d’une exposition sur les Ecritures saintes des trois religions monothéistes. Le Dr Youssef Zeidan, directeur du centre des manuscrits arabes de la bibliothèque d’Alexandrie, a fièrement fait part de cet événement culturel à un correspondant de l’hebdomadaire égyptien Al-Usbu :

 

"Quand mes yeux se posèrent sur le précieux exemplaire de ce livre dangereux, je décidai immédiatement de le placer à côté de la Torah. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un livre saint monothéiste, il est devenu l’un des (textes) sacrés des Juifs, faisant partie de leur constitution de base, de leur loi religieuse et de leur mode de vie. En d’autres termes, il ne s’agit pas simplement d’un livre idéologique et théorique. Peut-être que le livre du Protocole des sages de Sion est plus important pour les Juifs sionistes que la Torah, vu qu’ils appliquent le sionisme conformément à celui-ci (…) Il était donc tout naturel d’inclure le livre à l’exposition." (30). Le correspondant décrit l’exemplaire en vitrine : "C’est la première version du Protocole en arabe, traduit par Muhammad Khalifa Al-Tunisi ; sur sa couverture se trouvent l’étoile de David, le symbole juif bolchevik, entouré de serpents symboliques." (31)

 

Suite aux protestations internationales et aux pressions diplomatiques, l’exemplaire a été retiré de la vitrine et réintégré dans les piles de livres de la bibliothèque. Le retrait de l’ouvrage a déclenché protestations et contestations (32). Le 6 décembre 2003, le Dr Ismaïl Siraj Al-Din, directeur de la bibliothèque d’Alexandrie, a fait une déclaration officielle expliquant le retrait du livre :

 

"L’introduction du livre (à l’exposition) a été le résultat d’une erreur de jugement et d’une absence de sensibilité. Il reste encore au conseil d’administration à décider de la suite à apporter à cet incident."

 

Selon Al-Ahram,

 

"la déclaration du Dr Siraj Al-Din a provoqué une vague de colère parmi les extrémistes de la ville, qui ont évoqué le sujet devant le parlement, écrit aux journaux et publié des articles affirmant que qualifier le livre d’’invention ayant pour objectif de fomenter des sentiments anti-juifs, représentait un acte anti-patriotique et déloyal, ajoutant que la bibliothèque était soumise aux intérêts du lobby sioniste, de l’Etat d’Israël et des Etats-Unis. Ils ont en outre affirmé que la bibliothèque entravait la liberté d’expression en retirant le livre de la vitrine." (33).

 

L’omniprésence du Protocole, symbole de complot malfaisant, se manifeste parfois de façon inattendue: il y a quelques années, un site islamiste affichait un document intitulé "Le Protocole des Sages de Qom", censé présenter le complot secret des ayatollahs chiites – appelés "sages de Qom" – pour amener la destruction de l’islam sunnite (Qom étant le plus grand centre du chiisme en Iran). Le texte du prétendu complot chiite était, soi-disant, tombé entre les mains de loyaux sunnites résidant en Iran, qui le publiaient pour dénoncer une "dangereuse conspiration". Bien que cette grossière invention n’ait rien à voir avec le sionisme ou les Juifs, il est révélateur que le titre qui lui a été donné ait clairement été inspiré du "Protocole des sages de Sion." (34).

 

Il y a quelques mois, un écrivain irakien chiite affirmait que les sunnites, qui persécutent et massacrent les chiites depuis le VIIe siècle, agissent sur l’ordre de ce qu’ils appellent "Le Protocole des sages de la Sunna". Cet écrivain a été indigné par la tenue de festivités à Salt, en Jordanie, le 10 mars 2005, en l’honneur d’un terroriste d’origine jordanienne, qui avait perpétré un attentat-suicide visant une mosquée chiite à Hilla, dans le sud de l’Irak, attentat qui avait fait 125 morts et deux fois plus de blessés. L’écrivain chiite estime que la seule explication possible de la célébration, par les sunnites, d’un tel crime de haine, ainsi que de la longue histoire des persécutions sunnites des chiites, est l’existence d’un programme chiite d’origine ommeyade, qui ordonne aux sunnites de traiter les chiites de la plus inhumaine des manières afin de les éliminer,

 

"exactement comme le ’Protocole des sages de Sion’ a ordonné aux Juifs de tuer les ’goyim’, y compris les enfants, les vieillards et les femmes (…) afin d’atteindre leurs objectifs." (35).

 

Une autre manifestation de l’omniprésence du Protocole dans le discours politique arabe, est le fait qu’en réponse au rapport de Detlev Mehlis sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafik Hariri, un certain Saadoun al-Hindawi a publié un article accusant Mehlis d’agir conformément au "protocole de Sion". (36).

 

Il nous semble pertinent de conclure cet article par un exemple du retour du Protocole des sages de Sion sur le devant de la scène, dans le monde arabe d’aujourd’hui. Un texte officiel d’un manuel de classe de seconde de l’Autorité palestinienne comprend un chapitre sur l’histoire du sionisme. Ce chapitre résume les résolutions du premier Congrès sioniste de Bâle. Après une présentation des faits et des principales décisions officielles du Congrès, on peut lire :

 

"Il existe un certain nombre de décisions secrètes, formulées par le Congrès et connues sous le nom de ’Protocole des sages de Sion’, qui ont pour but de prendre le contrôle du monde. Elles ont été révélées par Sergei Nilus et traduites en arabe par Muhammad Khalifa Al-Tunisi." (37).

 

Ceci n’est qu’un exemple illustrant le fait que ce faux dangereux n’est pas seulement diffusé dans le monde arabe, mais est même enseigné comme référence historique dans un manuel scolaire officiel.

 

Menahem Milson *

 

© MEMRI

 

 

* Menahem Milson est professeur émérite de l’Université Hébraïque de Jérusalem et directeur du MEMRI.

 

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* Les clichés ont été ajoutés par la Rédaction d’upjf.org. Le premier représente la couverture d’une version égyptienne du dit Protocole. Le second est une traduction de Mein Kampf en langue arabe, imprimée à Ramallah en 1999.

 

Notes

 

Comme on pourra le constater, plusieurs des liens mentionnés ci-dessous n’aboutissent pas. Nous n’y pouvons malheureusement rien.

 

(1) Il a été traduit du français par un pasteur arabe, Al-Khuri Antoun Yamin, sous le titre Mu´amarat al-yahud ´ala al-shu´ub: al-muqarrarat al-sahyuniyya aw madhabit al-jalasat al-sirriyya li-hukumaa israil (Le complot des Juifs contre les peuples du monde, ou Le Protocole des réunions secrètes des hommes sages d’Israël). Cette traduction se base sur  "La conspiration juive contre les peuples" (1920), publié dans La Vieille France. Elyakim Rubinstein a publié une courte étude sur les efforts sionistes pour faire cesser la distribution de cette édition du Protocole. Voir Elyakim Rubinstein, "Ha-Pirteikolim shel Ziqnei Tzion ba-sikhsukh ha-´aravi-yehudi b´Eretz Yisrael bi-shnot ha-´esrim" ("Le Protocole des Sages de Sion dans le conflit judéo-arabe en Palestine dans les années 1920"), Hamizrah Hahadash vol. 6 (1976), pp. 37-42 (en hébreu).          

(2) Le Coran, 2:61 ; 3:112

(3) Le Coran, 3:111

(4) Silvia G. Haim, "Arabic Anti-Semitic Literature: Some Preliminary Notes," Jewish Social Studies, 17:4 (octobre 1955).

(5) Yehoshafat Harkabi, Emdat ha´aravim besikhsukh yisrael ´arav ("La position des pays arabes dans le conflit israélo-arabe"), (Tel-Aviv: Dvir, 1968), pp. 207-287.  

(6) La question de savoir pourquoi les chercheurs du Moyen-Orient ont négligé cet important sujet dépasse le cadre de ce rapport. J´en ai brièvement parlé dans mon article "Qu’est-ce que l’antisémitisme arabe ?"

(7) http://www.memritv.org/Transcript.asp?P1=922

(8) http://www.alsaha.com/sahat/Forum2/HTML/003878.html

(9) On trouve une exception notable dans l’ouvrage d’Emil al-Khuri Harb, Mu´amarat al-yahud ´ala ´l-masihiyya ("Le complot des Juifs contre le christianisme"), Beyrouth, 1947. Ce petit livre contient de longues citations de la traduction de Yamin. 

(10) Al-Assas, Le Caire, le 23 novembre 1951

(11)Al-Khatar al-Yahudi: Brutukulat Hukama´ Sahyun ; traduction de Muhammad Khalifa al-Tunisi, deuxième édition, le Caire, 1961, p. 12.

(12) A.K. Chesterton (1896-1973) était un journaliste britannique antisémite nazi ; il a répandu la notion de complot juif mondial.

(13) Al-Khatar al-Yahudi: Brutukulat Hukama´ Sahyun, p. 14.

(14) ´Abbas Mahmud al-´Aqqad, Al-sahyuniyya al-´Alamiyya, Ikhtarna Lak, n° 27, Le Caire, 1956.

(15) Ibid., pp. 16-17.

(16) Une traduction en arabe de Saïd Jaza´irli a été publiée à Beyrouth, en 1970. En 2001, cette traduction avait été réimprimée 14 fois.

(17) Henry Kissinger, Years of Upheaval (Boston, 1982), p. 661.

(18) Voir http://www.islamonline.net/livefatwa/Arabic/Browse.asp?hGuestID=Yk92VR

(19) http://www.kitabat.com/i8507.htm

(20) Roz al-Yussuf (Egypte), le 17 novembre 2001.

(21) Voir les Enquêtes et analyses, n° 109, 113 et 114, de MEMRI (8 novembre, 10 décembre et 20 décembre 2002). Une cassette vidéo des extraits pertinents, sous-titrés en anglais, est disponible au MEMRI.

(22) Al-Watan (Qatar), le 29 novembre 2002 .

(23)Marc Sayegh, journaliste opposé à la diffusion de la série, a trouvé un moyen inhabituel d’exprimer son opposition, dans sa chronique hebdomadaire du quotidien londonien en langue arabe, Al-Hayat. Dans son article intitulé "Le Protocole des sages arabes : Egypte, ça suffit…", Sayegh présente un scénario inversé : celui d’une télévision israélienne diffusant une émission basée sur un "complot arabe" pour prendre le contrôle du monde. Dans la chronique cinématographique d’Al-Hayat, Ibrahim Al-Arabi s’est aussi opposé à la diffusion de la série. Il a affirmé : "On sait que le livre (le Protocole) est une ’invention’ de la police secrète du Tsar, ayant pour objectif de justifier les attaques contre les Juifs russes. Le livre a toujours servi les régimes fascistes, racistes et antisémites (…)" Voir MEMRI, Enquête et analyse n° 109, le 8 novembre 2002. http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=ia&ID=IA10902       

(24) Al-Ahram (Egypte), les 23, 24 et 25 décembre 2005. Voir la Dépêche spéciale n° 454 de MEMRI, http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP45403

(25) Un rapport de ´Ala´ Abu al-´Aynayn, Islam Online Net, 11 janvier 2003.

(26) Kameran Qurra Dari dirige actuellement le bureau du président irakien, Jalal Talbani.

(27) http://www.aljazeera.net/Channel/archive/archive?ArchiveId=90505

(28) http://www.arabrenewal.com/index.php?rd=AI&AI0=254  

(29) Al-Ayyam (Autorité palestinienne), le 28 mars 2000. Cet article est tiré du quotidien libanais Al-Nahar.

(30) Al-Usbu (Egypte), le 17 novembre 2003. Voir la Dépêche spéciale n° 619 de MEMRI http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP61903

(31) Le correspondant rapporte en outre qu’un article du Dr Youssef Zerdan affirme que l’Holocauste n’a pas vraiment eu lieu, que seuls un million de Juifs ont péri lors de la seconde guerre mondiale, sur un total de 50 millions de victimes, et que les "chambres à gaz" n’étaient que des chambres de stérilisation.

(32) Voir la Dépêche spéciale n° 671 de MEMRI, 2 mars 2004, http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP67104   

(33) Ibid., Al-Ahram rapporte en outre que le Dr Siraj Al-Din a défendu sa position dans une longue interview télévisée, et que celle-ci a été soutenue par une pétition signée par des centaines d’intellectuels égyptiens. Dans un article de l’hebdomadaire égyptien indépendant, Nahdat Misr, Salah Issa, directeur de l’hebdomadaire égyptien, Al-Qahira, critique la propagation d’idées antisémites dans les médias égyptiens, faisant notamment référence à l’incident ci-dessus. Voir la Dépêche spéciale n° 703 de MEMRI, 29 avril 2004 : http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP70304

(34) http://www.alsaha.com/sahat/Forum2/HTML/002007.html. Je suis redevable au Professeur Isaac Hasson, de l’Université Hébraïque de Jérusalem, d’avoir attiré mon attention sur ce document particulier.

(35) http://www.shi3at.com/SHI3AT2/june/hasan1.html

(36) 1ère partie (12/11/05) http://www.kitabat.com/i9895.htm, 2ème partie (13/11/05) http://www.kitabat.com/i9912.htm   

(37)Tarikh al-´alam al-hdith wa´l-mu´asir (histoire du monde moderne et contemporaine), Ministère de l’Education de l’Etat de Palestine, Ramalla-Al-Bireh, 2004, p. 63. Ce manuel a été financé par la Belgique. Quand ce paragraphe a été révélé par Dr A. Groiss, à la radio israélienne, l’Autorité palestinienne a publié une nouvelle édition de ce livre, où le paragraphe faisant référence au Protocole était omis. La nouvelle édition est sortie sans aucune mention faisant état d’une nouvelle édition revue, la seule différence étant la modification des couleurs de la couverture du livre.

 

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Mis en ligne le 12 septembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org