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Le « lobby juif », c’est quoi ? Michel Garroté
12/09/2007

Michel Garroté, journaliste atypique, un brin provocateur [1] et à la verve gouailleuse - ce qui, loin de nuire à sa compétence, la rend, au contraire, plus digeste et plus communicative -, a choisi de mettre en ligne, sur ses deux blogues [2], ses nombreux articles, billets d’humeur et analyses, souvent percutants et qui ne se plient ni aux modes ni aux courants dominants du monde de la presse. Cela lui vaut la jalousie, le mépris, voire la haine, de certains folliculaires. Cette semaine, il donne un coup de projecteur sans concession sur l’accusation récurrente de "lobbying" pro-Israël aux Etats-Unis, phénomène présenté comme une version moderne de la théorie du complot juif mondial, dans le registre « Ils sont partout ». Ce fantasme meurtrier, qui a tant coûté au peuple juif, au fil des siècles, n’aura jamais assez de pourfendeurs. M. Garroté en est un, et non des moindres. Réjouissons-nous en. (Menahem Macina).

12/07/07

  

Lobby or not Lobby. Avec la guerre déclarée à Israël, l’été 2006, par le Hezbollah pro-syrien et pro-iranien; avec les récentes célébrations du 11 septembre ; avec bien d’autres événements de ces 18 derniers mois, la question du « lobby juif » est revenue et revient encore, ces jours-ci, sur le tapis (Voir l’article de George Shultz, ancien secrétaire d’Etat américain, Le mythe du ’Lobby pro-Israël’, sur le site de l’Upjf).

 

Ce qui, dans ce contexte, me frappe avant tout, c’est l’ignorance des Européens concernant la totale liberté de critique qui existe en Israël. La presse israélienne, publiée dans de nombreuses langues, peut, en toute liberté, formuler les reproches les plus sévères à l’égard des hommes politiques les plus haut placés.

  

Pour s’en convaincre, il n’est que de lire, dans le Jerusalem Post en anglais et dans son édition française, les articles de Caroline Glick à propos du Premier ministre israélien, Ehud Olmert et à propos du Président israélien, Shimon Peres. Ou encore, en français, les articles publiés dans L’Impact (e-mail de la Rédaction), et dans Kountrass News. Qu’on me dise si la presse démocratique francophone (française, belge, suisse romande, québécoise) est aussi sévère à l’égard de ses dirigeants politiques. La réponse est non. A trop jouer avec les mots, on pourrait tout aussi bien dire qu’il y a un lobby anti-juif et anti-israélien dans les médias israéliens.

  

La même remarque vaut pour les USA. Quiconque n’a jamais lu le New York Times et le Washington Post ne peut imaginer à quel point la presse américaine s’avère parfois incroyablement anti-israélienne et anti-américaine. Qui se souvient de la chronique de Haniyeh, chef du Hamas, publiée dans le Washington Post ? Personne, ou presque.

  

Qui se souvient du livre de l’ex-président des Etats-Unis, Jimmy Carter, « Palestine – La Paix, pas l’Apartheid », amalgame débile entre, d’une part, les territoires disputés de la Judée-Samarie (laquelle, historiquement, n’a jamais constitué un Etat palestinien, et qui fut successivement ottomane, anglaise, et jordanienne), et, d’autre part, les ghettos noirs d’Afrique du Sud, au temps de la domination blanche?

  

Qui se souvient que les Américains, contre le souhait d’Israël et contre le souhait de la plupart des diasporas juives, ont ouvert le dialogue avec Yasser Arafat, à une époque où le leader de l’OLP prônait non pas la cause palestinienne, mais la Révolution palestinienne à la sauce soviétique ? Qui peut parler de « lobby juif » américain, alors que les USA, dans le passé, comme dans le présent, ont vendu et vendent encore à l’Arabie Saoudite (berceau du wahhabisme radical) des armes, dont le coût se chiffre en milliards de dollars, ce qui a inquiété et inquiète encore la majorité des Juifs, en général, et la majorité des Israéliens, en particulier ?

  

Les Juifs eux-mêmes sont très divisés tant sur leur vocation collective universelle, que sur celle, plus spécifique, d’Israël. Ainsi, l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), que l’on présente – ce qui est totalement faux - comme un « lobby juif américain », est, en réalité, un cercle d’amitié israélo-américaine, vertement critiqué par divers mouvements juifs américains.

  

Pour conclure, rappelons que les USA sont tout simplement le pays des lobbies, publics et légaux, connus de tout le monde. Les Juifs américains ont-ils leurs lobbies ? Oui. Mais les Américains d’origine palestinienne, syrienne, irlandaise, libanaise, italienne, mexicaine, ont également les leurs. Aux USA, un lobby est un groupe qui défend et fait valoir ses droits et ses opinions. C’est chez nous, en Europe, que les lobbies sont considérés comme des groupes obscurs, au financement occulte. Regardez les ’affaires’ de ce qui s’appelait encore, il y a peu, la Chiraquie.

 

Avant de fantasmer sur des lobbies, réels ou imaginaires, donnons d’abord, chez nous, un coup de fouet aux fripons notoirement connus comme tels.

 

© Miguel Garroté

 

 

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Notes de la Rédaction d’upjf.org

 

[1] Le sous-titre de son blog Monde Info annonce la couleur sans complexe et sans ambiguïté : "Blog néo-conservateur, catholique et sioniste".

[2] Le bloc Drzz,  et Monde Info.

 

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Mis en ligne le 12 septembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org