Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël (défense - apologie d')

Le mythe du ’Lobby pro-Israël’, George P. Shultz
12/09/2007

9 septembre 2007

 

Libre opinion parue dans le US New & World Report

 

Original anglais : "The ’Israel Lobby’ Myth".

 

Traduction française : Menahem Macina

 

 

Israël est un lieu de liberté, de démocratie, d’ouverture et de continuelle remise en cause de soi-même. Si vous voulez entendre une violente critique de la politique d’Israël et de ses dirigeants, écoutez les Israéliens. Aussi, la mise en question des actes d’Israël est-elle légitime, mais les mensonges sont une autre chose. Tout au long de l’histoire de l’humanité, ils ont été utilisés non seulement pour dénigrer mais pour servir de fondement à des actes cruels et inhumains. Le catalogue des mensonges à propos des Juifs est long et étonnamment grossier, il n’a d’égal que la souffrance qui a été la conséquence de leur diffusion.

 

Diffamer les Juifs pour contester leur place légitime parmi les peuples du monde a été une longue et honteuse série d’épisodes, bien documentée, tout au long de l’histoire. A maintes reprises, on en est venu au stade où la critique légitime glisse au travers d’une ligne invisible, dans ce qui pourrait être appelé des "fondrières", à savoir, des lieux où ceux qui devraient être considérés comme des adversaires dignes de respect avec lesquels on débat, sont transformés en boucs émissaires, en cibles, en objets de condamnation sur tous les plans.

 

En Amérique, nous protégeons tous les discours, même ceux qui véhiculent les mensonges les plus offensants. Nous permettons une surenchère pratiquement illimitée dans laquelle des lois sont adoptées, appliquées, et interprétées. Des centaines de millions de dollars sont dépensés chaque année pour influencer ce processus ; des milliers de groupes rivalisent pour avoir de l’influence. Parmi eux, il y a des groupes juifs qui ont à nouveau fait l’objet de critiques comme faisant partie d’un « lobby pro-Israël » tout-puissant, notamment dans un livre publié par les professeurs Stephen Walt et John Mearsheimer [*].

 

Les groupes juifs sont influents. Ils reconnaissent également volontiers que les Etats-Unis soutiennent Israël. Mais l’idée qu’ils ont une espèce d’ordre du jour uniforme et que la politique américaine concernant Israël et le Moyen-Orient est le résultat de cette influence, est complètement erronée.

 

Un choix. Certains critiques semblent accorder trop d’importance à l’idée qui estime : « Comme il y a, là-bas, un énorme monde arabo-islamique, qui a tout le pétrole, et qu’il est en conflit avec ce minuscule Israël dépourvu de ressources naturelles, impressionnés par la façon de penser que pour lui, "Comme il y a un énorme monde arabo-islamique avec tout le pétrole, et qu’il s’oppose à ce minuscule Israël sans ressources naturelles, le réalisme commande que les États-Unis soient du côté arabe et contre Israël sur chaque question, et comme ce n’est pas le cas, il doit certainement y avoir quelque sournois complot juif là-dessous".» C’est là une théorie de conspiration, pure et simple.

 

Une autre méthode éprouvée et efficace pour porter atteinte au bien et à la sécurité du peuple juif et de l’Etat d’Israël est de pratiquer une analogie dangereusement fausse. Témoin le livre de l’ancien Président Jimmy Carter, Palestine – La Paix, pas l’Apartheid. Ici l’allusion est, d’une part, à la position d’un Israël menacé dans son existence, et les mesures qu’il a prises pour protéger sa population des attaques terroristes mues par une idéologie orientée vers la complète éradication de l’Etat d’Israël, et, d’autre part, à l’oppression raciale de la population noire d’Afrique du Sud, par le régime Boer des Blancs.

 

La conception qui est à l’arrière-plan de ces analogies repoussantes, demeure et est renforcée par les vues de l’ancien Président, éparses dans tout son livre, qui résultent du parti pris anti-Israël de tous les cas de figure. Ces fausses analogies causent de l’agitation et accordent une légitimité à des mouvements plus largement structurés qui prennent la même dangereuse direction.

 

Quiconque croit que les groupes juifs constituent un "lobby" homogène devrait consacrer du temps à en traiter. Par exemple, ma décision d’ouvrir un dialogue avec Yasser Arafat, après qu’il ait rempli certaines conditions suscita un large éventail de réactions du gouvernement d’Israël, de ses partis politiques, et de groupes de Juifs américains, qui penchaient dans un sens ou dans un autre. D’autres exemples dans lesquels les Etats-Unis rejetèrent le point de vue d’Israël sur une question, ou celui de la communauté juive américaine, incluent la vente d’armes à l’Arabie Saoudite et la décision du Président Reagan d’assister à une cérémonie au cimetière de Bitburg, en Allemagne [où sont enterrés des nazis et des dirigeants du IIIe Reich].

 

Les Etats-Unis soutiennent Israël non en raison d’un favoritisme résultant d’une pression ou d’une influence politiques, mais parce que le peuple américain et ses dirigeants, disent que soutenir Israël est politiquement raisonnable et moralement juste.

 

Nous sommes une grande nation. La plupart du temps, nous prenons de bonnes décisions. Nous ne sommes pas des innocents. Nous agissons en fonction de nos intérêts. Et quand, de temps en temps, nous concluons, à tort, qu’une action ou une politique sont dans l’intérêt de l’Amérique, nous devons prendre la responsabilité de cette erreur.

 

Aussi, à tout niveau, ceux qui accusent Israël et ses partisans juifs pour les décisions politiques américaines qu’ils n’approuvent pas, ont tort. Ils ont tort, en premier lieu, parce que le soutien d’Israël est dans notre plus grand intérêt. Ils ont également tort parce qu’Israël et ses partisans ont le droit de tenter d’influencer la politique américaine. Et ils ont tort parce que le gouvernement américain est responsable des politiques qu’il adopte, et non quelque autre Etat, ou l’un des innombrables lobbies et groupes qui luttent chaque jour – parfois en usant de mensonges – pour gagner le soutien de l’Amérique.

 

George Shultz a été secrétaire d’Etat de 1982 à 1989. Le texte qui précède est extrait de son introduction au livre d’Abraham Foxman, The Deadliest Lies: The Israel Lobby and the Myth of Jewish Control [Les mensonges les plus meurtriers : Le lobby pro-Israël et le mythe de l’emprise juive].

 

George Shultz

 

© US New & World Report

 

---------------------

 

Note de la Rédaction d’upjf.org

 

[*] Voir la réaction, en forme de pamphlet sarcastique aux affirmations de ces professeurs: "Révélation exclusive ! L’arme secrète du lobby pro-israélien".

 

---------------------

 

Mis en ligne le 11 septembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org