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Histoire de la Palestine, vue et déformée par les médias, M. Macina
24/09/2007

 


09/03/2003


HISTOIRE DE LA PALESTINE

 

REVUE ET CORRIGÉE PAR LES MÉDIAS

 

ANALYSE D’UNE DÉSINFORMATION

 

 

Transcription et commentaires, par Menahem Macina, d’une émission de télévision,
diffusée par France 3 en février 1993

 

 

 

I. INTRODUCTION

 

 

La chaîne de Télévision française d’État FR3 a diffusé, dans le cadre de son émission ’Planète Chaude’ (heure d’écoute : 21 h 30), un film sur l’histoire de la Palestine, à orientation nettement pro-palestinienne, intitulé " Palestine, histoire d’une terre" (première partie : 16 février 1993; seconde partie : 23 février 1993). Voici le générique de la première Partie [il n’est pas absolument identique à celui de la deuxième Partie] :

 

• Auteurs : Simone Bitton, Jean-Michel Meurice • Montage : Mireille Abramovici, assistée de Hélène Pasquet et de Michèle Ghazi, stagiaire • Consultants historiques : Pierre Vidal-Naquet, Élias Sanbar • Recherche de documents : Alexandre Dolgorouki • Documentaliste INA: Marie Bessi • Recherche musicale : Françoise Marchesseau • Mixage : Corinne Gigon, Myriam René • Traductions : Catherine Neuve-Église • Texte dit par Philippe Faure • Montage régie : Fabrice Charrin • Banc-titre : Jean-Noèl Delamarre • Assistant de production INA : Thierry Ippolito • Assistante de production : Martine Lebreton • Assistante de rédaction : Sophie Renon • Opérateur synthé : Didier Burel • Moyens techniques : Transatlantic Video, Teletota, INA • Documents : Al Quds Television Production, Archive Films, Musée Départemental Albert Kahn (Hauts-de-Seine), United Studios Israel, Imperial War Museum, Institut des Études Palestiniennes, Institut Lumière, Israel Broadcasting Authority, Israel Film Archive-Jerusalem, Archives ONU, UNRWA, Jewish Film Archive, Hebrew University, World Zionist Organisation-Jerusalem, Visnews; WTN, INA, Movietone, Pathé • Remerciements : United Nations Television • Producteurs délégués : Patrice Barrat et Jean-Louis Saporito • Producteur associé : Christiane Graziani-Traube • Avec la participation du Centre National de la Cinématographie • Une co-production France 3 Point du Jour – INA Entreprise • Dans la collection “Histoires d’Actualité”, conçue et dirigée par Jean-Michel Meurice • Réalisation : Simone Bitton • Copyright : France 3 / Point du Jour / INA Entreprise, 1993.

 

Le moins qu’on puisse en dire est qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre de désinformation. Ci-après, on trouvera le texte lu par le présentateur, accompagné de la description des séquences projetées, avec leur repérage sur la bande de l’enregistrement réalisé par mes soins (attention, j’ai pris l’émission en route, le compte commence donc à partir de la séquence décrite ci-après) et, à l’occasion, accompagné de remarques et de mises au point.

 

 

 

II. PREMIERE PARTIE DU FILM

 

 

 

Bande 1ère Partie: 1-16 :

 

• Images : Séquence filmée représentant une foule bigarrée portant des drapeaux, puis, superposition d’un document en arabe (probablement carte d’identité).

 

• Texte : «Ils sont tous sujets du sultan de Constantinople ».

 

Bande 1ère Partie: 17-34 :

 

• Images : Carte de l’empire ottoman.

 

• Texte : «Dans l’empire ottoman, il n’y a pas de frontières, seulement un découpage administratif. Dans cet immense territoire, la Palestine ne représente que 27.000 Km2, trois petits districts au sud de la province de Damas».

 

 

Bande 1ère Partie: 35-54 :

 

• Images : Autre carte (historique).

 

• Texte : «Le même empire au XVII° siècle. Entre-temps, il a perdu les Balkans. La France et l’Italie lui ont pris l’Afrique du Nord. L’Angleterre s’est installée en Égypte, à Aden et même à Koweit déjà».

 

 

Bande 1ère Partie: 55-111 :

 

• Images : Photo de Mehemet V.

 

• Texte : «Mehemet V, le dernier sultan. Son empire est malade : il croule sous les dettes. Des officiers modernistes exigent des réformes. Dans les provinces, on parle d’indépendance».

 

 

Bande 1ère Partie: 112-131 :

 

• Images : Photos de civils pendus.

 

• Texte : «Alors, au nom du sultan, les gouverneurs érigent des potences, a Damas, à Beyrouth, en Palestine ».

 

 

Bande 1ère Partie: 112-147 :

 

• Images : Séquence filmée représentant un orchestre jouant un morceau de musique à Saint-Pétersbourg, tandis que des convives dansent.

 

• Texte : «Très loin de la Palestine, Saint-Pétersbourg. Un autre empire danse et brille de ses dernières lueurs».

 

 

Bande 1ère Partie: 148-158 :

 

• Images : Séquence filmée représentant une foule composée, en majeure partie, de clercs orthodoxes et d’officiels (apparemment cérémonie de l’intronisation du nouveau tsar).

 

• Texte : «En 1881, c’est l’assassinat d’Alexandre II. Son petit-fils Nicolas sera le dernier tsar. C’est le début des troubles révolutionnaires».

 

 

Bande 1ère Partie: 159-221 :

 

• Images : Photos de pogromes.

 

• Texte : «Les juifs sont désignés par le régime tsariste comme la cause de tous les malheurs du peuple russe. Ils étaient 5 millions en 1880. En l’espace d’une génération, des dizaines de milliers d’entre eux sont massacrés».

 

 

Bande 1ère Partie: 222-238 :

 

• Images : Photos d’immigrants juifs.

 

• Texte : «Pour échapper aux pogromes, par centaines de milliers, ils vont fuir en Amérique. D’autres vont rester et s’engager dans la révolution et quelques-uns – une poignée de jeunes romantiques – vont inventer le sionisme».

 

 

Bande 1ère Partie: 239-310 :

 

• Images : Photos de colons juifs en Palestine, sur fond de chanson en hébreu, avec sous-titrage.

 

• Texte : « [Texte de la chanson :] "Chantons l’avenir, oublions le passé. Une génération se lève et nous ouvre la voie". A la fin du XIX° siècle, ils sont 4.500 colons juifs en Palestine. Ils veulent travailler la terre, créer un juif nouveau, sain de corps et d’esprit. Ils sont les premiers nationalistes. On les appelle les ’Amants de Sion’».

 

 

 

Bande 1ère Partie: 311-354 :

 

• Images : Séquence filmée montrant des Arabes travaillant dans les vergers, navigant sur des embarcations de fortune, portant des nattes tressées, etc.

 

• Texte : «Les paysans arabes, qui voient arriver les premiers immigrants juifs, ne se doutent de rien. Ils vivent dans un système féodal séculaire. La terre appartient à des notables, au sultan, ou à des familles de Damas et de Beyrouth. Bédouins et paysans ne possèdent rien. Ils vivent de la terre. Ils sont chez eux dans leur village. Mais tout cela va changer».

 

 

 

Bande 1ère Partie: 355-411:

 

• Images : Photo de Hertzl avec la date de 1897, puis superposition de la couverture de son livre Der Judenstaat (l’État juif).

 

• Texte : «Théodore Hertzl. Il est né à Bucarest, a grandi à Vienne et il est journaliste. Après l’affaire Dreyfus, il écrit : “Si même la France des ’Lumières’ veut la mort des Juifs, alors il faut que nous ayons une terre à nous, un État dont nous serons les maîtres”».

 

 

 

Bande 1ère Partie: 412-436:

 

• Images : Photo d’époque du Congrès juif. Puis photo de Hertzl contemplant le lac Léman.

 

• Texte : «En 1897, il préside le premier Congrès sioniste, en Suisse. Il crée les structures d’un appareil politique efficace. Il s’est donné 50 ans, pas plus, pour réussir à fonder un État juif. Les sionistes ont maintenant une banque, une presse en plusieurs langues et une organisation mondiale dont la tâche essentielle sera d’acheter des terres en Palestine ».

 

• Remarques : La phrase mise en exergue peut donner l’impression qu’Hertzl était un dirigeant, ou un stratège politique et qu’il fut l’artisan des prodromes d’un État juif. En fait, ce journaliste était plutôt un idéologue et un visionnaire. Le commentaire se base sur une phrase prémonitoire, qu’on attribue à Hertzl, concernant la possibilité – utopique à l’époque – que voie le jour un État juif : “Aujourd’hui, c’est impossible, dans 10 ans peut-être, dans 50 ans sûrement… Si vous le voulez, ce ne sera pas une légende”.

 

Concernant la ’banque sioniste’ [précisions historiques à rechercher], il faut préciser que, plus tard (1930), les Arabes eurent, eux aussi, une banque, qui “devint une importante institution nationale financière et politique” (1).

 

 

Bande 1ère Partie: 437-533 :

 

• Images : Séquence filmée représentant l’arrivée des acheteurs sionistes de terre, précédés d’Arabes pacifiques caracolant à cheval autour d’eux. Puis, scènes de négociations, se terminant sur des fêtes de liesse, où mangent, dansent et chantent ensemble acheteurs juifs et propriétaires terriens arabes.

 

• Texte : «Les acheteurs du Fonds National juif paient comptant, sans marchander. Ils ne ressemblent pas aux juifs du pays. Leurs idées sont étranges, mais ils achètent toutes les terres qu’on leur propose, qu’elles soient fertiles ou rocailleuses. Leurs contrats stipulent qu’une fois devenue la propriété du peuple juif, la terre ne doit être travaillée que par des juifs. Une clause spéciale ajoute qu’elle doit être livrée vide d’habitants. Certains refusent de vendre à de telles conditions, mais d’autres ne se font pas prier».

 

• Remarques : a) A propos de la mention, sur les contrats, de la clause selon laquelle la terre ne devra être travaillée que par des juifs, il eût été honnête de rappeler le contexte de cette stipulation. Certains idéologues du sionisme préconisaient la ’rédemption’ du juif par le travail, pour réagir contre l’image du juif galoutique, brasseur d’argent ou colporteur. Ils se refusaient à ce que des juifs se conduisent en propriétaires terriens faisant travailler des métayers arabes. Quant à la clause stipulant que la terre doit être livrée vide d’habitants, elle sonne terriblement dur à des oreilles occidentales modernes, alors qu’elle n’est qu’une clause courante dans tout achat immobilier (lorsqu’on veut y habiter, on n’achète pas un appartement avec ses locataires à l’intérieur). A cela il convient d’ajouter que le droit foncier est très complexe, dans les États du Proche Orient (2).

 

b) Précisons que les Arabes finirent par réagir à cette politique d’achats massifs de terres : “Une banque agricole arabe s’ouvrit, avec un capital de 60.000 Livres, pour le développement des terres arabes. Le Fonds National (arabe) lança une campagne de souscription et commença à acheter des terres qui, autrement, auraient été vendues à des Juifs. Une campagne de propagande très active contre les ventes de terres aux Juifs fut organisée par le Conseil musulman suprême, dans les mosquées et dans la presse arabe. Les petits propriétaires fonciers furent encouragés à faire enregistrer leurs terres comme Waqf (3) de famille, pour éviter qu’elles ne soient aliénées (4).

 

 

Bande 1ère Partie: 534-556 :

 

• Images : Séquence filmée représentant un village arabe de l’époque. Puis trois photos, datées de 1909, représentant des maisons arabes en terre battue, puis les premières baraques en bois des haloutsim.

 

• Texte : «C’est dans un village comme celui-ci que le premier kibboutz est né. Dans les archives du mouvement sioniste, cette histoire est racontée par trois photos. Le village s’appelait Um-Djuni. Il est vendu et vidé de ses paysans. Les maisons de terre battue sont remplacées par des cabanes en bois, comme en Russie. Um-Djuni s’appelle maintenant Degania et l’aventure collectiviste commence».

 

 

Bande 1ère Partie: 557-621:

 

• Images : Séquence filmée (film israélien de reconstitution de la vie des pionniers au kibboutz).

 

• Texte : «Un film de reconstitution nous montre les débuts d’un kibboutz. Une société exemplaire où tout est mis en commun. Candeur révolutionnaire, soif de vérité et de justice, d’enthousiasme, mais aussi la fatigue et parfois le doute».

 

 

Bande 1ère Partie: 622-645:

 

• Images : Photos d’époque : enfants juifs faisant trempette au bord d’un lac (Tibériade?). Enfants arabes photographiés devant une école.

 

• Texte : «La première génération née au kibboutz apprend à tout partager… entre juifs. On leur apprend aussi que les juifs, peuple sans terre, sont désormais chez eux, sur cette terre sans peuple. Mais il y a d’autres enfants en Palestine. En 1910, les juifs ne constituent encore que 8% de la population.».

 

 

Bande 1ère Partie: 646-703:

 

• Images : Photo d’époque de Ben Gourion, en chéchia turque.

 

• Texte : «La même année un jeune homme signe un premier article dans le journal du parti ouvrier des Juifs de Palestine. David Gryn vient d’arriver de Pologne. Il commence sa carrière de militant, sous le nom de David Ben Gourion. Dans quarante ans, il sera le chef du premier gouvernement de l’´État d’Israël».

 

 

Bande 1ère Partie: 704-736:

 

• Images : Énorme chiffre : 1914. Puis séquence filmée de la visite du Kaiser au sultan turc.

 

• Texte : «Pendant que la première guerre mondiale ravage l’Europe, le kaiser Guillaume II est reçu à Constantinople. Le sultan Mehemet V ne maîtrise plus vraiment le pouvoir. Son gouvernement le pousse à entrer en guerre aux côtés de l’Allemagne, contre la France et l’Angleterre. C’est l’erreur qui lui coûtera son trône et son empire. L’erreur que les puissances occidentales attendaient pour donner le coup de grâce à l’empire ottoman».

 

 

Bande 1ère Partie: 737-755:

 

• Images : Séquence filmée de Hussein sortant de la mosquée. En sous-titre : 1915.

 

• Texte : «Hussein, shérif de La Mecque, chef de la puissante famille des Hachémites. Pour vaincre les Turcs, les Britanniques ont besoin de lui. Les Britanniques le dressent contre la Turquie. Ils lui promettent un grand royaume arabe uni et indépendant, à condition de lancer la guerre sainte contre Constantinople ».

 

 

Bande 1ère Partie: 756-848

 

 

• Images : Photo de Lawrence d’Arabie. Puis, brève séquence filmée (d’époque) où l’on voit Lawrence arrivant en voiture, ensuite reçu par Fayçal, puis des chevauchées arabes.

 

• Texte : «Envoyé en Arabie, un autre homme va jouer dans les coulisses de l’histoire. C’est un agent des services secrets britanniques : le colonel Lawrence. La légende et le cinéma l’ont consacré Lawrence d’Arabie. Quelques rares images nous montrent Lawrence dans le désert. Fayçal veut être roi de Syrie. Lawrence lui promet qu’il le sera. Ensemble, ils vont ouvrir aux Anglais la route de Damas. C’est la grande révolte des Arabes contre la Turquie».

 

 

 

Bande 1ère Partie: 849-916:

 

• Images : Carte du partage.

 

• Texte : «Nous sommes en 1907. Mais ni Lawrence, ni Fayçal ne savent que les provinces arabes sont déjà partagées par les grandes puissances entre la France et l’Angleterre. Dans une chambre d’hôtel, à Paris, deux hauts-fonctionnaires se marchandent le Liban, la Syrie, l’Irak. Le français Georges-Picot dessine en bleu, l’Anglais Mark Sykes, dessine en rouge. Pour la Palestine, ils prennent une troisième couleur. On en fera une zone internationale, après la guerre».

 

• Remarques : Vérifier la véracité de l’épisode du ’partage’ de la Palestine dans une chambre d’hôtel parisienne.

 

 

 

Bande 1ère Partie: 917-955:

 

• Images : Séquence filmée (train), puis troupes britanniques déferlant sur la Palestine, enfin entrée du général Allenby dans Jérusalem.

 

• Texte : «En 1917, l’armée britannique entre en Palestine par le sud. Ici, au fil des siècles, on a vu passer les Romains, les Croisés, les Turcs. Sur la route de Damas, c’est un nouvel empire qui arrive. Le 9 décembre, les Britanniques ajoutent un nouveau joyau à leur couronne : Jérusalem. Le général Allenby franchit les portes de la ville. Par respect pour la sainteté du lieu, il est à pied et sans armes».

 

 

 

Bande 1ère Partie: 956-1024:

 

• Images : Photo de la lettre de lord Balfour.

 

• Texte : «Mais déjà les conquérants percent sous les libérateurs. Trois semaines plus tôt, une petite lettre avait dévoilé leurs intentions. Signée par le ministre des Affaires étrangères, cette lettre est devenue célèbre sous l’appellation de ’Déclaration Balfour’. Elle annonce à la communauté juive britannique que le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement d’un ’Foyer National Juif’ en Palestine ».

 

• Remarques : Incontestablement, les Anglais, comme d’ailleurs la France, avaient des visées stratégiques sur le Proche-Orient, en général, et sur la Palestine, en particulier et celles-ci coïncidaient, de manière accidentelle, avec la doctrine sioniste de renaissance d’une entité nationale juive sur la terre de leurs ancêtres. Comme toute politique réaliste, celle des Anglais était pragmatique et opportuniste. Ces derniers surent discerner, dans l’idéal de ces pionniers défricheurs, des valeurs de civilisation, plus proches des leurs que celles de la mentalité arabe, qui leur était totalement étrangère. Plutôt qu’à une volonté cynique de conquête, c’est donc à cette confluence d’intérêts, hétérogènes mais convergents – renforcés par la culture biblique des anglo-saxons, en majorité protestants et sensibles à des arguments plus ou moins fondamentalistes, voyant dans la renaissance de la nation juive sur sa terre, l’accomplissement possible des annonces de restauration, émises par les prophètes juifs de jadis – que les sionistes durent de gagner à leur cause les sympathies de l’intelligenzia politique britannique.

 

Sur la genèse des tractations compliquées qui précédèrent la ’Déclaration Balfour’, voir l’excellent analyse de Michel Abitbol, dans son ouvrage de référence sur le sionisme français (5).

 

 


Bande 1ère Partie: 1025-1038:

 

• Images : Photo de Ben Gourion, en uniforme de l’armée britannique.

 

• Texte : «David Ben Gourion, qui avait été expulsé par les Turcs, aprend la nouvelle à New-York. Il revient aussitôt en Palestine et s’engage dans l’armée britannique, au sein d’une ’Légion juive’».

 

 

Bande 1ère Partie: 1039-1050 :

 

• Images : Photo de Z. Jabotinski, en uniforme de l’armée britannique.

 

• Texte : «Les premières ’légions juives’ avaient été créées, en 1915, par Zeev Jabotinski, un grand orateur, un militaire et un idéologue. Il deviendra le maître à penser de la droite israélienne».

 

 

Bande 1ère Partie: 1051-1141 :

 

• Images : Photo de groupe des membres du premier Congrès national palestinien, sous-titrée 1919. Photo de Moussa Kazem Al Husseini. Photo de Amin Al Husseini. Photo de Winston Churchill.

 

• Texte : «Pour les Arabes de Palestine, la ’Déclaration Balfour’ est le premier signe d’une trahison britannique. Ils s’organisent. En 1919, c’est la réunion du premier Congrès national palestinien, l’ancêtre de l’OLP. Le président du congrès est Moussa Kazem Al Husseini, le doyen d’une grande famille de notables de Jérusalem. Son jeune cousin, Amin Al Husseini, va devenir le premier grand leader du nationalisme palestinien. En 1921, il est grand mufti de Jérusalem et président du Conseil suprême musulman. A Londres, le ministre des Colonies, W. Churchill. Il ne fait aucun cas des doléances arabes. Pour lui, l’essentiel c’est d’assurer le contrôle de l’Angleterre sur ses conquêtes militaires».

 

 

Bande 1ère Partie: 1142-1218 :

 

• Images : Carte du Moyen-Orient, portant la date de 1922.

 

• Texte : «La Société des Nations ratifie le partage de la région. La Syrie et le Liban sont confiés à la France, l’Irak est mis sous mandat britannique. Ils y installeront sur le trône leur protégé Fayçal, fils du shérif Hussein. Pour son frère aîné, Abdallah, ils vont créer un nouvel émirat, en Transjordanie. La Palestine est incluse dans le Mandat britannique et les termes de la ’Déclaration Balfour’ sont entérinés par la Communauté internationale. Il y aura donc un Foyer national juif en Palestine. On avait promis aux Arabes un grand royaume uni et indépendant, mais on a créé plusieurs États séparés».

 

 

Bande 1ère Partie: 1219-1235 :

 

• Images : Séquence filmée de sentinelles montant la garde à la frontière syrienne.

 

• Texte : «Maintenant, la Palestine est entourée de frontières. Ici, au nord, c’est la frontière avec la Syrie. Une image qui paraît anodine, mais qui signifie la fin d’un grand rêve pour les Arabes du Moyen-Orient».

 

 

Bande 1ère Partie: 1236-1309 :

 

• Images : Séquence filmée d’orchestre militaire, scènes de rues montrant des policiers et des militaires anglais, ainsi que de l’arrivée du haut-commissaire britannique.

 

• Texte : «Les Anglais vont rester 30 ans en Palestine. Aux portes de Jaffa, c’est l’arrivée du premier haut-commissaire britannique, sir Herbert Samuel. Il est juif. Quelques mois après sa prise de fonctions, des émeutes causent la mort de 46 immigrants juifs. L’hostilité des Arabes grandit».

 

 

Bande 1ère Partie: 1310-1339 :

 

• Images : Séquence filmée montrant un quattuor vocal juif interprétant une chanson à la gloire de la construction du pays. Texte de la chanson en sous-titres.

 

• Texte : «Mais en 10 ans, la colonie juive reçoit 100.000 immigrants russes et polonais et elle passe de 11 à 17% de la population globale. [Texte de la chanson:] “Donnez-nous des briques. Nous sommes les bâtisseurs. Ensemble nous construisons. Ensemble nous chantons”. Ils chantent maintenant en hébreu. La langue des prières est ressuscitée pour devenir le ciment unificateur d’une nouvelle nation».

 

 

Bande 1ère Partie: 1339-1428:

 

• Images : Petit film d’animation de l’époque faisant de la publicité pour le Fonds national juif. Puis séquences extraites d’un film de propagande montrant des travailleurs en train de construire routes et immeubles, dans le Yishouv.

 

• Texte : «Depuis 20 ans, les juifs d’Europe et d’Amérique remplissent les petites tirelires en fer blanc du Fonds national. Des films de propagande donnent l’idée que la Palestine est une terre aride, un désert à défricher. On raconte la naissance de la première ville juive, Tel-Aviv et on oublie de signaler qu’elle se construit aux portes de la ville arabe de Jaffa ».

 

• Remarques : Si la Palestine de l’époque n’était ni totalement une terre aride, ni intégralement un désert à défricher, il n’en reste pas moins – les films et les photos de l’époque en témoignent – que ses surfaces pierreuses et non cultivées excédaient de très loin les terres mises en valeur. Les correspondances de l’époque soulignent les conditions climatiques extrêmement insalubres, les marais délétères, les épidémies de typhus qui faisaient des ravages dans la population. De nombreux témoignages (rapports, lettres, nouvelles, romans, etc.) attestent que la perspective d’aller s’exténuer sur cette terre inhospitalière effrayait les candidats juifs éventuels à l’émigration en Palestine.

 

Quant à la ville arabe de Jaffa, si on ne la mentionne pas comme telle dans le film de propagande sioniste incriminé c’est qu’il s’agit de l’ancienne Joppé. Elle est plusieurs fois mentionnée dans la Bible : comme ville située à la frontière du territoire de la tribu juive de Dan (Jos 19, 26), comme servant de port maritime à Jérusalem (2 Ch 2, 15, Esd 3, 7; Jon 1, 3; 1 M 14, 5). Devenue ville hellénistique, à l’époque de l’hégémonie des Séleucides, elle n’en conserve pas moins une importante population juive. Elle est plusieurs fois mentionnée dans le NT, et Pierre, l’Apôtre, y guérit une juive du nom de Tabitha (Ac 9, 36, 38, 42). A l’évidence, les Arabes palestiniens n’existaient pas, à cette époque!

 

 

Bande 1ère Partie: 1429-1525 :

 

• Images : Séquences filmées montant des soldats écossais, puis des jeunes femmes, en short, devant leur habitation. Scènes de rue montrant la vie quotidienne des Arabes et, à la fin, des prestidigitateurs instrumentant sur une plage.

 

• Texte : «Pendant que des soldats en kilt succèdent aux occupants turcs d’hier, pendant que des jeunes nouvelles venues d’Europe exhibent leurs jambes nues, que devient la population arabe? C’est simple : on ne la voit pas. On ne la filme pas, ou si peu. Juste de très rares images : celles de Nathan Axelrod, le précurseur du cinéma israélien. En regardant bien, en ralentissant un peu le film, on devine une réalité très différente de celle des colons juifs. Ici, c’est l’Orient. Sur la grande place de Jaffa, à la sortie de la municipalité, des écrivains publics. Et sur la plage, un spectacle exotique. Ces images, trop calmes, ne montrent pas la colère qui monte».

 

• Remarques : Il n’est nul besoin d’insister sur le caractère tendancieux de l’allusion appuyée du commentaire sur les jambes nues des pionnières juives. Pour un peu on croirait qu’il s’agit d’une troupe de danseuses de saloon légèrement vêtues et affriolantes. En fait, la photo représente des ouvrières agricoles en chemisiers à manches courtes et en short – le tout fort décent  – tenue courante dans ces régions chaudes.

 

Quant à la population arabe, censée gommée dans ce film de propagande sioniste, là aussi il s’agit d’un mauvais procès. L’auteur de ce film mérite qu’on lui réponde par un argument ad hominem : combien de documents et d’aspects positifs et favorables à la cause des Israéliens ne figurent pas dans son œuvre cinématographique! Faut-il attribuer cela à une intention malveillante? Je serais tenté de penser que c’est le cas!

 

 

Bande 1ère Partie: 1526-1613 :

 

• Images : Séquences filmées : grève générale des magasins arabes. Puis, photos : rues désertes, pogromes de juifs; arrivée de la commission d’enquête sur les massacres.

 

• Texte : «En 1929, les Arabes commémorent le douzième anniversaire de la ’Déclaration Balfour’ par une grève générale. La même année, des incidents graves, qui se produisent autour du ’Mur des Lamentations’ dégénèrent et se propagent dans tout le pays. Il y a 173 morts juifs, 116 morts arabes. Ces cadavres [images] sont juifs. Il n’y a pas d’images des morts arabes. La Société des Nations envoie des enquêteurs. De leur côté, les Britanniques annoncent qu’il n’y a plus de place, en Palestine, pour une immigration massive. Mais l’histoire de la Palestine ne s’écrit pas dans les rapports des Commissions d’enquête».

 

• Remarques : La pointe : “Il n’y a pas d’images des morts arabes” n’est pas anodine. Elle suggère qu’il y a eu dissimulation ou manipulation de l’information. Accusation feutrée, qui étonne dans un tel film, qui se veut un document historique impartial!

 

 

Bande 1ère Partie: 1614-1649 :

 

• Images : Année 1933. Photo du livre d’Hitler : Mein Kampf. Séquences filmées de jeunes immigrants juifs courant dans les champs.

 

• Texte : «En Allemagne, Hitler accède au pouvoir. Les premières mesures antijuives provoquent une recrudescence de l’immigration. Ils viennent d’Allemagne, mais aussi de toute l’Europe centrale. Ils sont 37.000, l’année où Hitler prend le pouvoir [1933]; 45.000, l’année suivante [1934]; 1935 est une année record, avec 65.000 immigrants. C’est plus de juifs qu’il y en avait dans tout le pays, 20 ans plus tôt».

 

 

Bande 1ère Partie: 1650-1727 :

 

• Images : Séquences filmées de manifestations arabes.

 

• Texte : «La révolte arabe explose, en avril 1936. Le mufti Amin Al Husseini en tête, cinq partis politiques palestiniens appellent au soulèvement général contre l’occupation britannique. Les paysans, les chefs de village, les notables, les commerçants, ils se révoltent tous contre l’occupation britannique et l’immigration juive».

 

 

 

Bande 1ère Partie: 1728-1843 :

 

• Images : Séquences filmées d’un discours de leader arabe (en anglais, avec sous-titres en français) de manifestations, d’émeutes, de contrôles d’identité.

 

• Texte : «Les premiers porte-parole s’adressent à l’opinion britannique : “Les Arabes poursuivront leur grève générale jusqu’à l’arrêt complet et immédiat de l’immigration juive. Ils exigent un changement radical de la politique actuelle, car son maintien aurait pour résultat de remplacer les Arabes par des Juifs”. La grève générale dure 6 mois. Les affrontements avec les forces de l’ordre sont quotidiens. C’est l’état d’urgence. Perquisitions, contrôles, arrestations. Mais la révolte se durcit. Une vague d’attentats frappe les colonies sionistes et les installations britanniques».

 

 

Bande 1ère Partie: 1844-1919 :

 

• Images : Projection de séquences de films d’actualités anglaises, avec sous-titrage en français, sur le renforcement des troupes britanniques, leur déploiement et les contrôles auxquels ils procèdent.

 

• Texte : «“Des renforts britanniques débarquent à Haïfa, pour rétablir l’ordre. Ils doivent mater des assassins et des bandits, en usant de la force le moins possible”. On ne parle pas encore de terroristes. A Londres, les actualités filmées parlent de bandits et d’assassins. Il faut rassurer l’opinion en métropole, annoncer le prochain retour au calme. Les renforts acheminés en Terre Sainte auront vite fait d’y ramener la paix».

 

 

Bande 1ère Partie: 1920-1940:

 

• Images : Photo de trois chefs arabes armés.

 

• Texte : «Les bandits, les assassins, ce sont eux : les premiers chefs partisans palestiniens. Celui-ci [focalisation sur le personnage du milieu] est le commandant de la guérilla pour le secteur de Jérusalem : Abd El Kader Al Husseini. Autour de lui, une armée de paysans et quelques centaines de volontaires venus des pays arabes limitrophes».

 

 

Bande 1ère Partie: 1941-2041:

 

• Images : Séquence filmée d’un orchestre de jeunes pionniers juifs, d’installation de camps et de localités, d’entraînement militaire, etc.

 

• Texte : «Pendant ce temps, les juifs construisent de nouvelles colonies. Des éléments préfabriqués, une barrière, une tour de garde, quelques cabanes. C’est la technique du fait accompli. En quelques heures, une nouvelle localité juive existe sur la carte, bâtie comme un camp retranché. La population se militarise. Avec l’aide de quelques instructeurs britanniques, on crée des unités d’élite. La jeunesse juive est embrigadée dans des mouvements paramilitaires. Tous apprennent à se servir d’un fusil. C’est la naissance du citoyen-soldat».

 

• Remarques : Pour l’objectivité du récit, il eût été honnête de préciser que cette manière de prendre possession du territoire était conforme aux lois ottomanes encore en vigueur sous le mandat britannique. Sauf erreur, les Arabes agissaient de même, en Palestine, comme ailleurs [point à vérifier].

 

Quant à la ’militarisation’ de la population juive, il eût été honnête d’en préciser la raison : les attaques incessantes des partisans arabes, évoqués plus haut.

 

 

Bande 1ère Partie: 2042-2053:

 

• Images : Photo de Ben Gourion.

 

• Texte : «Depuis deux ans, Ben Gourion dirige l’Exécutif sioniste, qui fonctionne comme un gouvernement. Alors que les Arabes s’épuisent dans une lutte inégale contre l’armée britanniques, lui, il construit méthodiquement les bases d’un futur État».

 

 

Bande 1ère Partie: 2054-2113 :

 

• Images : Photo de Zeev Jabotinski.

 

• Texte : «Quant à Jabotinski, il exige une révision de la politique sioniste. En clair, il préconise la manière forte. Ses adeptes créent l’Irgoun, organisation paramilitaire clandestine, qui lance des bombes et des grenades sur la population arabe».

 

• Remarques : Telle qu’elle est émise, l’affirmation mise en exergue semble indiquer que l’Irgoun lançait des bombes et des grenades sur la population, par simple plaisir, ou pour satisfaire des besoins sanguinaires. Sans canoniser les méthodes de cette organisation terroriste juive – qui étaient souvent très contestables, même si leurs auteurs en justifiaient le caractère implacable par la cruauté de l’ennemi – est-il besoin de préciser qu’ils s’agissait toujours d’opérations de représailles pour des attaques ou des massacres perpétrés par les Arabes?

 

 

Bande 1ère Partie: 2114-2159:

 

• Images : En fondu enchaîné, pour illustrer l’accusation précédente : séquence filmée d’une énorme explosion due, en fait, au bombardement d’une agglomération arabe, par les anglais, que l’on aperçoit, d’ailleurs, au premier plan]. Puis, séquences de perquisitions, d’arrestations, de regroupements de suspects arabes et d’actions militaires anglaises.

 

• Texte : «En octobre 1938, les Britanniques lancent une offensive finale contre les rebelles arabes. L’aviation bombarde les villages. La répression est impitoyable. Les ruelles sont élargies à la dynamite. les leaders sont déportés. Les partisans sont pendus. Il y a des milliers de morts. En quelques mois, la grande révolte est écrasée. Elle a duré presque trois ans et les Palestiniens s’en souviennent comme de leur première Intifada».

 

 

Bande 1ère Partie: 2160-2241:

 

• Images : Brève séquence filmée de l’arrivée de plénipotentiaires (anglais, juifs et arabes), avec arrêt sur l’image, pour chaque personnage clé.

 

• Texte : «[1939] En février, les Britanniques organisent une Conférence de paix, à Londres. La seconde guerre mondiale approche. Ils veulent s’assurer la loyauté de leurs alliés arabes, tout en évitant de rompre avec les Juifs. La délégation sioniste est conduite par Haïm Weizman, président de l’Organisation sioniste mondiale. Les Palestiniens ne forment pas une délégation autonome. Ils sont inclus dans la délégation arabe, composée exclusivement de pays soumis à l’influence britannique. Pendant la grande révolte, ces pays avaient conseillé aux Palestiniens de faire confiance aux Britanniques».

 

 

Bande 1ère Partie: 2242-2308 :

 

• Images : Photo de la page de garde du Palestine Statement of Policy (de mai 1939), puis d’une page du dit texte.

 

• Texte : «Le 17 mai 1939, les Anglais publient un ’Livre Blanc’ qui contingente l’immigration juive et prévoit de la soumettre à l’accord des Arabes. [Mise en exergue de l’alinéa 3):] “After the period of five years, no further Jewish immigration will be permitted unless the Arabs of Palestine are prepared to acquiesce in it”. Les Sionistes sont furieux. Leur vieil ami anglais se transforme en ennemi, au moment même où la situation des Juifs d’Europe devient désespérée».

 

 

Bande 1ère Partie: 2308-2346 :

 

• Images : Brève séquence filmée de Hitler, debout dans sa voiture décapotable fendant lentement une foule qui le salue, main droite étendue. Puis, séquences filmées de regroupements d’émigrés clandestins.

 

• Texte : «Au printemps 1939, Ben Gourion crée le Mossad, l’ancêtre des Services secrets israéliens. Au début, le Mossad est un réseau qui organise le voyage d’émigrés clandestins vers la Palestine. 17.000 juifs européens seront sauvés par cette filière. Une goutte d’eau dans la mer».

 

 

Bande 1ère Partie: 2347-2356 :

 

• Images : Photo d’un couple de juifs ashkénazes, apparemment aisés, arrivant avec leurs valises.

 

• Texte : «A cause de leur costume et de leur jaquette bien repassés, on les appelle les ’yéqés’. Il y a déjà un argot juif, en Palestine ».

 

Bande 1ère Partie: 2357-2425 :

 

• Images : Séquence filmée montrant des juifs venant s’enrôler et d’autres, en uniforme, dessinant une étoile de David sur des obus anglais. On voit également des femmes occupées à tricoter, aux côtés de soldats.

 

• Texte : «Pendant la guerre, 30.000 juifs de Palestine s’engagent dans les rangs de l’armée britannique. Ils servent de base avancée contre les forces de l’Axe et les juifs fraternisent avec les soldats alliés. Les femmes de Tel-Aviv tricotent pour la Royal Navy, comme celles de Londres ou de Paris».

 

 

Bande 1ère Partie: 2426-2500 :

 

• Images : Séquence filmée montrant les soldats musulmans de Yougoslavie qui défilent devant le Mufti.

 

• Texte : «Pendant ce temps, à Berlin, les musulmans de Yougoslavie défilent devant le grand Mufti de Jérusalem. Pour échapper à la répression, le leader palestinien s’était réfugié au Liban, puis il avait continué son combat nationaliste en Iraq. En 1941, il espère la défaite de ses ennemis jurés : les Anglais. Il cherche l’alliance avec Hitler. A ce moment-là, personne ne sait qu’un génocide va décimer les Juifs et le Mufti ne sait pas qu’il ne reverra jamais Jérusalem».

 

 

Bande 1ère Partie: 2501-2530 :

 

• Images : Séquence filmée montrant les camps nazis d’extermination, les premiers rescapés, les charniers.

 

• Texte : «Ce n’est qu’après la capitulation allemande que le monde apprend l’ampleur du génocide nazi. On compâtit devant l’horreur, on culpabilise. On semble enfin découvrir la question juive».

 

• Remarques : On notera la brièveté incroyable de cette séquence : 29 unités, pour des millions de victimes juives, contre 75, pour les 250 victimes arabes du massacre de Deir Yassin, en Palestine (voir plus loin : Bande 1ère Partie 3958-4032). On objectera peut-être que c’est l’histoire de la Palestine que relate ce film, il n’en reste pas moins que la disproportion est psychologiquement insupportable, d’autant que la Shoah jouera un rôle indirect considérable dans la décision des nations de légitimer internationalement la revendication étatique de ce qui n’était jusque-là qu’un Foyer national juif.

 

 

Bande 1ère Partie: 2531-2620 :

 

• Images : Séquences filmées montrant des villes en ruines, des camps de personnes déplacées, des foules de réfugiés. Puis, photos de Hertzl et, ensuite, de candidats à l’immigration se pressant dans les bureaux des organisations juives.

 

• Texte : «Mais les frontières restent fermées. Dans les ruines de l’Europe, des centaines de milliers de survivants et d’apatrides se pressent dans les camps de personnes déplacées. Personne n’en veut. Dans tous les pays, les quotas d’immigration sont très stricts. Beaucoup de juifs ne veulent pas retourner dans leur pays d’origine, là où leurs propres concitoyens les ont livrés à l’abattoir. Les envoyés sionistes leur offrent l’espoir d’une nouvelle vie. On leur dit que leurs frères les attendent en Palestine ».

 

 

Bande 1ère Partie: 2621-2658 :

 

• Images : Photo du magasin de photographie de Kh. Raad. Puis succession de photographies d’Arabes de Palestine, prises par ce dernier.

 

• Texte : «A Jérusalem, Khalil Raad est photographe. Lui, il conserve la mémoire des Palestiniens. Il collectionne des milliers d’images, comme si un sentiment d’urgence le poussait à rassembler, devant son objectif, une société tout entière, avant sa dispersion.

 

 

Bande 1ère Partie: 2659-2814 :

 

• Images : Séquence filmée représentant les principaux leaders sionistes, don Ben Gourion, chantant l’hymne national, la Hattiqvah, avec, en surimpression, la date : 1946. Séquence filmée d’un discours de Ben Gourion, en anglais, suivie d’un défilé des jeunesses sionistes arborant des drapeaux rouges, en l’honneur du 1er mai.

 

• Texte : «En 1946, le nationalisme juif n’est plus une utopie. Il y a 500.000 juifs en Palestine. Ils exigent des visas pour 100.000 rescapés du génocide. Ils ne parlent plus de Foyer national, mais d’indépendance. Depuis 1942, Ben Gourion a fait prendre un tournant au mouvement sioniste. L’alliance avec les Britanniques est terminée. C’est à présent vers les USA, les grands vainqueurs de la guerre, que son regard se porte. Tous les ans, les Juifs américains offrent 50 milliards de dollars au sionisme. [Focalisation sur le visage de Ben Gourion, puis extrait d’un discours enflammé de ce dernier :] “Le président des États-Unis et, récemment, le Congrès américain, ont demandé, pour les Juifs, la liberté d’immigrer en Palestine, ce qui conduira à la création d’un Commonwealth juif démocratique et libre. C’est le peuple juif qui a fait la Palestine. C’est la Palestine qui a fait le peuple juif. Aucun autre peuple au monde n’a fait la Palestine. Aucun autre peuple n’a jamais été fait par la Palestine !”».

 

 

Bande 1ère Partie: 2815-2836 :

 

• Images : Séquence filmée d’un défilé de jeunesses sionistes arborant des drapeaux rouges, en l’honneur du 1er mai.

 

• Texte : «A Tel-Aviv, c’est le 1er mai. On chante l’Internationale en hébreu. La grande majorité des Juifs adhèrent à la gauche sioniste. Sous cette esthétique révolutionnaire, se cache la politique réaliste de celui qu’on appelle déjà ’le vieux’».

 

• Remarques : Ici encore, la remarque concernant la dissimulation d’une politique ’réaliste’ (traduisez : expansionniste) sous le voile du socialisme, a pour but de jeter le discrédit sur la moralité de Ben Gourion. Ce dernier était incontestablement un socialiste. Ce qui ne l’empêchait pas de vouloir, de toutes ses forces, un État juif indépendant et fort en Palestine. Le socialisme n’a jamais été un alibi pour ce leader sioniste, pas plus d’ailleurs que pour d’autres de même orientation politique.

 

 

Bande 1ère Partie: 2837-2905 :

 

• Images : Photo de Menahem Begin tenant meeting et séquence filmée de défilés politiques.

 

• Texte : «Face à Ben Gourion, l’opposition de droite. Menahem Begin a succédé à Jabotinski. Il revendique un grand État juif sur les deux rives du Jourdain. Un État qui engloberait le royaume d’Abdallah. Mais, pour le moment, droite et gauche s’unissent pour livrer la bataille de l’immigration et de l’indépendance. Begin, comme Ben Gourion, appelle à la lutte armée contre l’Angleterre».

 

 

Bande 1ère Partie: 2906-2937 :

 

• Images : Photo du King David Hotel, à Jérusalem, avant l’attentat. Puis, diverses séquences filmées, tirées des actualités de l’époque : déblaiement des ruines de l’hôtel King David, installations en feu, ruines résultant de divers attentats, déraillements, évacuations de victimes, etc.

 

• Texte : «Le 22 juillet, l’Irgoun fait sauter l’état-major des troupes britanniques à Jérusalem. La Haganah, dirigée par Ben Gourion, L’Irgoun de Menahem Begin et un groupe encore plus radical, le Stern, additionnent des centaines d’attentats. La violence est partout : Juifs, Arabes, Britanniques, tout le monde y participe et les victimes ne se comptent plus».

 

 

Bande 1ère Partie: 2938-2999 :

 

• Images : Séquence filmée de l’accostage d’un bateau d’immigrants illégaux [Exodus].

 

• Texte : «Pendant ce temps, tous les jours, des bateaux surchargés d’immigrants illégaux forcent le blocus britannique. Lorsqu’ils sont arraisonnés, leurs passagers sont expulsés ou internés. Quelques-uns coulent en chemin, avec leur cargaison humaine».

 

 

Bande 1ère Partie: 3000-3034 :

 

• Images : Séquence filmée de perquisitions, de contrôles d’identité, d’arrestations de juifs.

 

• Texte : «A nouveau, les Britanniques perquisitionnent, contrôlent, fouillent. Mais, cette fois, les stocks d’armes découverts sont importants et ils proviennent de leurs propres arsenaux. Des centaines de Juifs sont arrêtés. Les radicaux sont pendus. Les Britanniques sont pris au piège. Ils ne peuvent réprimer brutalement la révolte juive, sans être accusés d’antisémitisme».

 

 

Bande 1ère Partie: 3035-3050 :

 

• Images : Séquence filmée de délégations et de plénipotentiaires arabes, juifs et anglais.

 

• Texte : «En septembre, encore une fois, on réunit une conférence à Londres. La Palestine est devenue un fardeau trop encombrant. 5 mois plus tard, les Britanniques annoncent qu’ils vont remettre la question de Palestine à la toute nouvelle Organisation des Nations Unies».

 

 

Bande 1ère Partie: 3051-3345:

 

• Images : Date : 28/4/1947. Puis, séquences filmées d’extraits des débats de l’Assemblée générale et des discours des principaux intervenants.

 

• Texte : «Ce jour-là, l’Assemblée générale ouvre un dossier qui ne quittera plus jamais son ordre du jour. Aucune terre au monde n’a donné lieu à autant de débats dans cette salle. [Sir Ladogan, Grande-Bretagne:] “En acceptant le Mandat sur la Palestine, après la première guerre mondiale, le gouvernement de Sa Majesté s’est engagé à y établir un foyer national pour le peuple juif, étant entendu que rien ne pouvait être fait qui puisse nuire aux droits civils et religieux des communautés non juives de Palestine. On a cru, à l’époque, que cet objectif pourrait être atteint, avec l’accord et la coopération des deux peuples. L’expérience a montré que l’on s’était trompé”. Face à face, un Sioniste et un Palestinien sont conviés à parler devant une Commission d’enquête : un discours chacun, un même temps de parole. – Henry Cattan, le Palestinien : il est avocat à Jérusalem. Il représente le Haut Comité arabe dirigé par le grand Mufti : “Je viens à vous, au nom du peuple de Palestine. Je suis un arabe dont les racines s’enfoncent profondément dans cette terre déchirée. Les Arabes souhaitent vivement trouver une solution juste et durable au problème qui vous est soumis, parce qu’ils sont les premiers concernés. Il s’agit de leur survie et de leur destin”.

 

– Abba Hillel Silver, le Sioniste. C’est un rabbin réformiste. Il vit à New-York. Il représente l’Agence juive, dirigée par Ben Gourion : “Le peuple juif fait partie de cette Société des nations. Le peuple juif ne mérite pas moins que les autres peuples, dont l’indépendance nationale est fermement établie et dont les représentants siègent ici. Le peuple juif a été votre allié pendant la guerre. Il a uni ses sacrifices aux vôtres, pour atteindre la victoire commune”.

 

– [Henry Cattan, le Palestinien :] “Les Arabes de Palestine ne réclament pas un pays qu’on leur aurait promis, mais le pays qui est le leur. Ils ne réclament pas leur indépendance, sur la foi de promesses, car cette indépendance résulte de leurs droits naturels et inaliénables”.

 

– [Abba Hillel Silver, le Sioniste :] “Nous avons l’espoir que notre peuple, qui restaure son existence nationale sur la terre de ses ancêtres, sera bientôt accueilli au sein de cette noble assemblée des Nations Unies”».

 

 

Bande 1ère Partie: 3346-3430 :

 

• Images : Séquence filmée de l’arrivée des membres de la Commission d’enquête et de ses périgrinations en Palestine.

 

• Texte : «Une commission de l’ONU part en Palestine. Sa composition est le fruit d’un savant dosage géopolitique : un ancien gouverneur des colonies néerlandaises, un Suédois, un Canadien, un Australien, un Uruguayen, un Tchèque, un Péruvien, un Guatémaltèque, un Yougoslave, un Iranien et un Indien. Depuis 25 ans, c’est la 17ème Commission d’enquête en Palestine, mais celle-ci va jouer un rôle capital. Pendant qu’ils inspectent, qu’ils essayent de comprendre et qu’ils cherchent une solution à une situation déjà très complexe, la Haganah prépare soigneusement une action pour les influencer. C’est l’affaire de l’Exodus».

 

• Remarques : Il est à peine besoin de souligner le caractère diffamatoire de cette présentation tendancieuse de l’affaire de l’Exodus. L’assertion selon laquelle toute l’affaire aurait été montée par la Haganah pour impressionner la Commission d’enquête de l’ONU est totalement ridicule. C’est une ’prophétie post eventum’, ou une explication étiologique. En effet, cette version des choses suppose connue d’avance, par les organisateurs de cette immigration maritime clandestine (qui était loin d’être la première), la tournure tragique que prirent ensuite les événements. Que l’affaire de l’Exodus ait servi la cause sioniste en précipitant la cessation du Mandat britannique sur la Palestine, c’est incontestable. Il reste que c’est un événement fortuit et… tragique (il y a eu des morts et des blessés et les immigrants furent refoulés en Allemagne où on les interna… dans un camp!), qui ne pouvait aucunement être prévu, encore moins prémédité.

 

 

Bande 1ère Partie: 3431-3517 :

 

• Images : Séquence filmée de l’arrivée de l’Exodus, de son abordage par les forces britanniques et de l’évacuation violente des immigrants clandestins.

 

• Texte : «Le 18 juillet, l’Exodus est arraisonné par les Britanniques, au large de Gaza. A son bord, 4.500 immigrants illégaux, encadrés par des officiers de la Haganah. Ils refusent de se rendre. Il y a des morts, des dizaines de blessés. Les Britanniques ne cèdent pas. Les rescapés du génocide sont brutalement refoulés : ils devront retourner en Allemagne. Plusieurs membres de la Commission des Nations Unies assistent à ces scènes tragiques et leur décision est prise : il faut mettre un terme au Mandat britannique».

 

 

Bande 1ère Partie: 3518-3552 :

 

• Images : Photo d’une carte de la Palestine.

 

• Texte : «Mais à qui transmettre la souveraineté? A qui appartient la Palestine ? Les onze diplomates hésitent. Finalement, huit d’entre eux proposent de partager le pays en deux États : un État juif, en bleu, un État arabe, en gris, imbriqués l’un dans l’autre, dans un tracé compliqué. Jérusalem aura un statut international et ne fera partie d’aucun des deux États. Les Juifs reçoivent plus de la moitié du territoire, alors qu’ils ne constituent que le tiers de la population. Des centaines de milliers d’Arabes devront vivre sous un gouvernement juif».

 

• Remarques : Toujours le thème des méchants Sionistes favorisés par les Grandes Puissances, alors que les pauvres Arabes sont l’objet d’injustice et de discrimination. Il faudrait vérifier, dans les documents d’époque la justesse éventuelle de cette prétendue inégalité de répartition du territoire de la Palestine, et si elle est avérée, en rechercher l’explication.

 

 

Bande 1ère Partie: 3553-3622 :

 

• Images : Séquence filmée d’un extrait du discours du délégué syrien aux Nations Unies.

 

• Texte : «A l’Assemblée générale des Nations unies, le délégué syrien [l’émir Abdel Arsian dénonce ce projet, en ces termes :] “Par les intrigues faites autour de lui, et par les machinations qui sautent aux yeux et qui ont servi à le présenter à l’opinion publique comme un projet uniquement humanitaire, ce projet restera le plus grand scandale politique de tous les siècles”».

 

 

Bande 1ère Partie: 3623-3741 :

 

• Images : Séquence filmée d’extraits des discours des délégués arabes aux Nations Unies.

 

• Texte : «Tour à tour, les autres délégués arabes montent à la tribune. [Flash sur le prince Saïf Al-Islam Abdallah, du Yémen] “La Charte des Nations Unies, disent-ils, ne permet pas de partager une terre contre la volonté de son peuple. La Palestine est arabe. Elle doit le rester. Si les Européens veulent offrir un pays aux Juifs, s’ils se sentent coupables de les avoir persécutés, alors qu’ils leur donnent une terre en Europe ”. [Flash sur l’émir Fayçal, d’Arabie Saoudite] Tous ils expriment leur déception et leur colère. [Le délégué du Pakistan :] “Nous avons cherché à accomplir le Bien, selon les voies que Dieu nous montre”. Jusqu’au bout, le délégué pakistanais essaie de convaincre que le partage provoquera un bain de sang. Avec l’Iran et la Yougoslavie, il propose un plan d’états fédérés : “Nous avons réussi à convaincre un nombre suffisant de nos homologues de partager notre façon de voir, mais on ne les a pas autorisés à défendre le Droit, tels qu’eux-mêmes le conçoivent. Nos cœurs sont lourds, mais nos consciences légères, car nous avons agi comme nous le devions”».

 

 

Bande 1ère Partie: 3742-3828 :

 

• Images : Séquence filmée du vote de partage de la Palestine, aux Nations Unies (avec surimpression de la date : 29/11/1947 ).

 

• Texte : «[Appel des voix, puis proclamation du résultat :] “La résolution du Comité ad hoc pour la Palestine a été adoptée par 33 voix contre 13 et 10 abstentions”».

 

 

Bande 1ère Partie: 3829-3920 :

 

• Images : Séquences filmées de manifestations de rues, d’émeutes et d’incendies, en Palestine.

 

• Texte : «Dès le lendemain, l’humiliation et l’angoisse jettent les Arabes dans les rues de Jérusalem. Ils disent : “Ce qui a été écrit en noir, à New-York, sera effacé en rouge, en Palestine. La foule attaque le centre commercial juif. Les juifs ripostent par des plastiquages. Sept morts, dès le premier jour. 160, les deux premières semaines. 450, en un mois. Ce n’est pas une émeute, c’est la guerre qui commence. Une guerre qui se déroule sous le regard impassible des Britanniques, dont le mandat se termine dans 6 mois.

 

• Remarques : La remarque sur l’ ’impassibilité’ des Britanniques est exagérée. Les scènes d’émeutes, complaisamment projetées dans cette séquence, montrent, au contraire, que la police anglaise s’est interposée avec énergie entre les émeutiers et les magasins que ceux-ci attaquaient, mais il est clair que les forces de l’ordre furent rapidement débordées par l’ampleur et la violence de la révolte.

 

 

Bande 1ère Partie: 3921-3957 :

 

• Images : 1948, en grosses lettres. Photo de Ben Gourion entouré de jeunes combattants de la Haganah.

 

• Texte : «1948. Cette année-là restera marquée dans la mémoire des Israéliens et des Palestiniens. Pour les uns, la catastrophe, pour les autres, la libération. Ben Gourion sait que le vote des Nations Unies n’est qu’un morceau de papier. Il achète des armes en Tchécoslovaquie et décrète la mobilisation générale, Avant le départ des Anglais, il veut contrôler les régions arabes du territoire, élargir les frontières de l’État juif, attaquer plutôt que se défendre».

 

• Remarques : Comment peut-on dire sérieusement que le vote du partage de la Palestine était “un morceau de papier”? S’il arrive que certaines décisions de l’ONU restent lettre morte, ce n’est jamais le cas de celles qui ont trait à la partition d’un pays, surtout quand en découle automatiquement la création d’un État».

 

 

Bande 1ère Partie: 3958-4032 :

 

• Images : DIR YASSIN, en lettres énormes. Photos et séquence filmée : 1) Photo d’une vue générale du village de Deir Yassin, probablement après l’attaque; 2) au premier plan, photo extrêmement nette d’une jeune femme morte, portant une grosse bague à l’annulaire de la main gauche, contours du corps noyés de noir (sans doute pour masquer des détails qu’on préfère cacher), avec, en arrière-fond, la photo de la vue précédente du village de Deir Yassin; 3) séquence filmée montrant des personnes exhibant les cadavres d’enfants, dans leur berceau et à terre.

 

• Texte : «Un mois avant la fin du mandat britannique, l’Irgoun et le Stern prennent le village de Deir Yassin, près de Jérusalem. Avant de le transmettre aux hommes de la Haganah, ils ont massacré tous les habitants : 250 hommes, femmes et enfants».

 

• Remarques : a) D’où provient cette séquence filmée? Comment se fait-il qu’elle n’apparaisse qu’aujourd’hui? Si de tels document avaient réellement existé, il y a longtemps que la propagande arabe – qui a édité des dizaines de documents sur le sujet – en aurait fait un usage intensif.

 

b) 4017-4018 : on aperçoit une main qui découvre un bébé massacré. On distingue nettement la manche d’un vêtement arabe.

 

c) 4020-4024 : On distingue nettement un avant-bras et la manche de ce qui pourrait être, soit un habit de notable arabe, soit un blouson blanc, avec une extrémité de manche rapportée, en tissu ou tricotée, de couleur noire, rouge ou bleue. Mais ce qui est le plus incroyable, c’est le bracelet-montre et la montre elle-même, extrêmement élégants et fins. Ce type d’articles existait-il, en Palestine, en 1948? (à vérifier auprès de la Chambre Syndicale de l’Horlogerie). Par contre, il existait dans les années 80. Cette séquence a très bien pu être filmée ailleurs et en d’autres temps : par exemple, à Sabra et Chatila, au Liban, après le massacre perpétré par les Phalangistes dans ces camps de réfugiés palestiniens! Toutefois, il convient de bien examiner ce document cinématographique, qui semble, malgré tout, plus ancien que les années 80.

 

d) Les mots mis en exergue visent à transformer en massacre, le ’dérapage’ que constitua la réplique terroriste juive aux attaques incessantes de convois, perpétrés à partir de ce village, qui surplombait la route d’accès à Jérusalem (à peu près sur l’emplacement de l’actuel quartier de Giv‘at Shaül). Les récits autorisés qui nous sont parvenus de l’événement et le fait (reconnu même par les publications extrêmement tendancieuses émanant de la Ligue Arabe sur cette malheureuse affaire) que la population ait été avertie, par hauts-parleurs, d’avoir à évacuer le village, sont de nature à écarter la thèse du massacre prémédité. Il semble plutôt que les attaquants juifs aient réellement cru, après l’évacuation des villageois qui s’étaient rendus et qui furent conduits dans la vieille ville de Jérusalem, qu’il n’y avait plus aucun civil parmi les combattants retranchés dans les maisons de ce village. Les assaillants juifs avaient alors donné l’assaut, avec la violence que l’on sait, puisque même un mortier fut utilisé, au cours de l’attaque, par les combattants de la Haganah, venus à la rescousse du groupe de l’Irgoun, dont le commandant avait été tué, lors du premier assaut.

 

e) Il est à noter qu’avant ces documents suspects, il n’existait aucune photo ni film des victimes. Pour avoir une idée des efforts inouïs déployés par la propagande arabe, en vue de faire, de cette ’bavure’, un massacre organisé, il n’est que de lire le compte rendu surréaliste qui en est fait dans une brochure publiée par la Ligue des États Arabes (6), lequel se base, en grande partie, sur le récit rocambolesque d’un prétendu témoin oculaire, alors délégué de la Croix Rouge (7), et parle de «crime inqualifiable», tandis que la brochure elle utilise l’expression – pour le moins insolite, dans ce contexte – de crime de «génocide» (8).

 

Enfin, on lira, plus loin (Bande 1ère Partie: 4455-4550, a) un aveu, autorisé autant qu’instructif, de l’exploitation de cet ’incident’ par les États arabes, dans leur propagande pour inciter les Palestiniens à fuir le pays (cf. Bande 1ère Partie: 4143-4307, g).

 

 

Bande 1ère Partie: 4033-4142 :

 

• Images : Séquences filmées montrant des Arabes en train de déménager leurs meubles, puis des scènes d’exode et d’embarquement (brèves séquences filmées et photos).

 

• Texte : «Ben Gourion condamne le massacre, mais Deir Yassin devient un symbole et un exemple. Au fur et à mesure de l’offensive, les villes et les villages palestiniens se vident. Les Palestiniens résistent, mais lorsque la défaite s’approche, ils s’en vont pour ne pas subir le sort de ceux de Deir Yassin. De plus en plus loin, de plus en plus nombreux, dont il ne reste que ces quelques traces : en tout une dizaine de photographies et quelques mètres de pellicule. Aux portes de Jaffa, là ou Nathan Axelrod avait filmé un magicien, quelques années plus tôt, ils partent vers Gaza ou vers Beyrouth».

 

• Remarques : Ce qui frappe, dans ces séquences et dans ces clichés, c’est le calme et la tranquillité avec lesquels ces gens rassemblent et chargent leurs affaires, s’en vont et montent dans les bateaux qui vont les emmener. Aucun signe de panique, ni de désespoir! Il s’agit bien de l’exode volontaire, sur l’instigation des gouvernements arabes, dont nous avons maints témoignages écrits, tant juifs qu’arabes (voir, ci-après, Bande 1ère Partie: 4143-4307 (Remarques) et, plus loin, Bande 1ère Partie: 4455-4550 (Texte).

 

 

Bande 1ère Partie: 4143-4307 :

 

• Images : Photo de villages et de villes désertés. Puis, séquences filmées : 1) quelques cadavres dans les rues; 2) une file d’Arabes, composée en majorité d’hommes d’âge mur, que l’on emmène quelque part; 3) des vues de rues désertes, de devantures d’immeubles et de magasins éventrés, de barques vides amarrées au bord de la mer; 4) foules de réfugiés arabes se pressant aux frontières. Le tout sur une musique de fond, mélancolique à souhait).

 

• Texte : «Ils laissent derrière eux des villes désertes. Ailleurs, il y a des ruines après la bataille, des cadavres dans les rues. Et une image, une seule image, montre des gens que l’on a rassemblés et qu’on emmène. Ils ont voulu rester : ils sont chassés de force. Le futur État juif s’est vidé de centaines de milliers d’Arabes. Ils sont allés vers ce qui reste de la Palestine : Gaza, au sud, la Cisjordanie, à l’ouest. Au Nord, ils ont franchi la frontière vers le Liban ou la Syrie. Certains ont traversé le Jourdain. Maintenant, ils attendent la fin des combats pour pouvoir rentrer chez eux».

 

• Remarques : Avec celle de Deir Yassin, cette séquence, constitue l’un des joyaux de la désinformation contenue dans cette œuvre filmée. Sa particulière longueur, l’utilisation habile de clichés – anodins en eux-mêmes, mais qui deviennent percutants, voire meurtriers, en raison de leur agencement et du texte tendancieux qui les commente – réussissent assez bien à persuader le spectateur que c’est le massacre de Deir-Yassin et la cruauté des combattants juifs qui ont causé l’exode de centaines de milliers d’Arabes palestiniens. Pas un mot sur les injonctions écrites et radiodiffusées, en provenance des chefs militaires et des Gouvernements arabes (voir, ci-après : Remarques, b, c, d, e, f, h, j, et, plus loin : Bande 1ère Partie: 4943-5125, Remarques, b), enjoignant aux Arabes de Palestine de quitter immédiatement le pays et leur promettant qu’ils y reviendraient bientôt et prendraient possession des biens des juifs, quand ces derniers auraient été rejetés à la mer par les armées arabes coalisées qui allaient bientôt déferler sur la Palestine. Ces assertions demandent évidemment à être étayées par un maximum de documents (nous en fournissons un échantillon assez représentatif, dans nos Remarques), mais il est intéressant de constater que le Commentaire de cette séquence se contredit lui-même, dans sa phrase finale : “Maintenant, ils attendent la fin des combats pour pouvoir rentrer chez eux” et par le commentaire de la séquence 4455-4550 (voir notre commentaire, ibidem, Remarques a).

 

Voici d’ailleurs d’autres preuves, extraites de sources sûres, arabes en majorité :

 

a) Jamal Husseini, président par intérim du Haut Comité Arabe de Palestine, dans un discours prononcé le 23 avril 1948, devant le Conseil de Sécurité de l’ONU (9)  :

 

“Les Arabes n’ont pas voulu se soumettre à une trêve qui les aurait couverts de honte ; ils ont préféré abandonner leurs maisons, leurs biens et tout ce qu’ils possédaient au monde et quitter la ville [Haïfa]. C’est ce qu’ils ont fait en réalité […] Nous n’avons jamais dissimulé le fait que nous ayons commencé le combat”.

 

b) Mgr Georges Hakim, archevêque grec-orthodoxe de la Galilée (10) :

 

“Les réfugiés étaient sûrs que leur absence de Palestine ne serait pas longue et qu’ils retourneraient, après quelques jours – dans une semaine ou deux. Leurs chefs leur avaient promis que les armées arabes écraseraient les ’bandes sionistes’ très rapidement et qu’il n’y avait nul besoin de se livrer à la panique ou de craindre un long exil”.

 

c) Edward Atiyah, secrétaire du Bureau de la Ligue Arabe à Londres, de 1945 à 1950 (11) :

 

“Cet exode en masse est particulièrement dû à la croyance qu’avaient les Arabes, encouragés en cela par les vantardises d’une presse arabe dépourvue de réalisme et les déclarations irresponsables de certains chefs arabes, que la défaite des Juifs par les armées des États arabes était l’affaire de quelques semaines et qu’elle permettrait aux Arabes palestiniens de rentrer dans leur pays et d’en reprendre possession”.

 

d) Nimr al-Haouari, ancien Commandant de l’Organisation para-militaire en Palestine, Najada (12) :

 

“Les chefs brandirent leurs sabres, prononcèrent des discours enflammés, rédigèrent des articles retentissants. «Nous fracasserons le pays à coups de canon!», tonna le Premier ministre d’Iraq. «Nous détruirons et ferons disparaître chaque endroit où les Juiis chercheront un abri. Les Arabes devront conduire leurs femmes et leurs enfants dans des régions plus sûres, en attendant que les combats se soient apaisés”.

 

e) Extrait d’un article paru dans un journal de Jordanie (13) :

 

Les États arabes, qui ont encouragé les Arabes de Palestine à quitter temporairement leurs foyers, pour ne pas gêner les mouvements des armées arabes d’invasion, n’ont pas tenu leurs promesses d’aider ces réfugiés”.

 

f) Extrait d’un article, paru dans le même organe (14)   :

 

“Ce n’est ni par amour pour les Juifs, ni par haine pour les Arabes que ces frères ont préféré rester sous le régime juif. Ils ont été plus intelligents que nous et ont compris comme nous avons été trompés par les États arabes; ils ont préféré la mort dans leur Palestine à la mort dans les camps de tentes et les déserts. Nous avons quitté notre patrie sur la foi de fausses promesses faites par des chefs malhonnêtes dans les États arabes. Ils nous ont promis que notre absence ne durerait pas plus de deux semaines, que ce serait une sorte de promenade, au bout de laquelle nous rentrerions”.

 

g) Extrait d’un article paru dans un quotidien jordanien (15) :

 

“Quant à la fuite et à la chute des autres villages, nos chefs en sont responsables pour avoir disséminé des rumeurs qui exagéraient les crimes des Juifs et les décrivaient comme des ’atrocités’, afin d’enflammer les Arabes […] Politique terriblement fausse; en répandant le bruit d’atrocités juives, d’assassinats de femmes et d’enfants, etc, ils faisaient pénétrer la peur et la terreur dans le cœur des Arabes de Palestine, tant et si bien qu’ils finirent par s’enfuir, abandonnant leurs foyers et leurs biens à l’ennemi. Ainsi, la majorité des Arabes de Palestine tombèrent victimes des erreurs de la propagande menée par leurs propres chefs”.

 

h) Kenneth W. Bilby, alors correspondant du New York Herald Tribune, au Moyen Orient (16) :

 

L’exode arabe, à son début du moins, a été encouragé par de nombreux chefs arabes tels que Hadj Amin al Husseini, le Mufti exilé, pronazi, de Jérusalem, et par le Haut comité Arabe pour la Palestine…”

 

i) Extrait d’un rapport paru dans le Bulletin du Groupe de Recherche pour les Problèmes de la Migration Européenne (17) :

 

Dès les premiers mois de 1948, la Ligue Arabe publiait des ordres dans lesquels elle exhortait les gens à chercher un refuge temporaire dans les pays voisins, pour retourner plus tard à leurs foyers, sur les pas des armées arabes victorieuses et obtenir leur part de la propriété juive abandonnée […] Voici pour quelles raisons cette évacuation fut encouragée : 1) Pour montrer au monde qu’aucun Arabe ne resterait en Palestine dans de pareilles circonstances, prouvant ainsi qu’une intervention de l’ONU en faveur des Arabes était essentielle. 2) Ue raison de tactique militaire : il est plus facile de mener la guerre dans des régions où l’on ’est pas gêné par des non belligérants amis, qui obstruent le chemin et qui vivent dans des villages surpeuplés, sur la ligne de feu elle-même […] 3) Il fallait attirer l’attention des pays arabes voisins sur la guerre, de cette manière frappante et inciter ainsi la population à embrasser la cause arabe avec plus de zèle”.

 

j) Extrait d’un article d’un journal américain (18) :

 

“Quant à savoir qui a causé la fuite des Arabes de Palestine ou à quoi il faut l’attribuer, ce journal rappelle les dépêches transmises par son correspondant, M. W. G. Hetherington, qui avait été chargé de couvrir la guerre arabo-juive, en 1948. A cette époque, rapporta M. Herrington, il entendit des autorités juives exhorter les Arabes palestiniens à ne pas quitter leurs foyers, alors que les postes arabes de la radio du Caire, de Damas et de Beyrout les exhortaient à fuir”.

 

 

 

Bande 1ère Partie: 4308-4352 :

 

• Images : Séquences filmées montrant des leaders arabes en train de se concerter, à l’occasion d’une conférence au sommet.

 

• Texte : «Jusque-là, les leaders des pays arabes n’ont pas bougé. L’afflux des réfugiés les submerge. Ils doivent agir. Mais ils attendent la fin officielle du Mandat britannique et ils n’ont pas tous les mêmes intérêts. Abdallah, de Transjordanie, est censé avoir négocié secrètement avec les juifs. Il leur a promis d’accepter leur État, s’ils le laissent s’emparer du territoire promis à l’État palestinien. Farouk, d’Égypte, veut contrôler les ambitions territoriales d’Abdallah, mais ses généraux craignent une défaite militaire. Les présidents syriens et libanais, le régent d’Iraq, eux, sont sûrs de la victoire. Ils feront la guerre».

 

 

Bande 1ère Partie: 4353-4454 :

 

• Images : Date en gros plan : 14/05/1948. Séquences filmées : 1) descente des couleurs de l’Union Jack; 2) embarquement du haut-commissaire britannique; 3) Photos du rouleau du texte de la proclamation d’indépendance, avec, en surimpression, la photo de Ben Gourion, puis celle de Théodore Hertzl.

 

• Texte : «Le 14 mai 1948 est une date fatidique. Le dernier haut-commissaire britannique quitte la Palestine. L’après-midi même, Ben Gourion proclame l’indépendance d’Israël : “Nous sommes solennellement réunis, nous les membres de l’assemblée du peuple, représentants des juifs de Palestine et du mouvement sioniste, en ce jour de la cessation du mandat britannique, en vertu de nos droits naturels et historiques et de la résolution de l’assemblée générale des Nations Unies, nous proclamons la création d’un État juif sur la terre d’Israël, qui portera le nom d’État d’Israël”».

 

 

Bande 1ère Partie: 4455-4550 :

 

• Images : 1) Séquence filmée montrant l’arrivée de camions transportant des combattants arabes et traversant une localité palestinienne, sous les acclamations de la population locale; 2) Photo d’un emblème représentant la carte de Palestine avec, en superposition, une étoile de David percée, de part en part, par un poignard arabe; 3) séquences filmées de la bataille de Jérusalem.

 

• Texte : «Quelques heures plus tard, à l’aube du 15 mai, les armées arabes entrent en Palestine. Partis d’Égypte, de Transjordanie, de Syrie, d’Iraq et du Liban, ils se sont donné rendez-vous à Tel-Aviv. Ils promettent la destruction de l’État juif, le renvoi des Sionistes à la mer et le retour rapide des réfugiés. A Jérusalem, la bataille est très dure. La légion arabe de Transjordanie assiège le vieux quartier juif. La Haganah doit capituler. Mais Abdallah reste fidèle à sa promesse secrète et il ne tente pas de pénétrer dans le territoire israélien».

 

• Remarques : Les mots mis en exergue semblent corroborer nos suppositions antérieures (cf., ci-dessus, séquence 4143-4307, dernière phrase des Remarques). En voici, d’ailleurs trois témoignages, irréfutables car issus de source arabe, peu suspecte d’être pro-sionistes.

 

a) Le premier est extrait des Mémoires de Al Azm, ancien premier ministre de Syrie (1948-1949). Analysant les raisons de l’échec des Arabes, cet auteur écrivait (19):

 

“Cinquièmement : l’appel des gouvernements arabes aux habitants de la Palestine, pour qu’ils la quittent et se rendent dans les pays arabes voisins, après qu’ils eussent semé la terreur parmi eux à l’occasion de l’incident de Dir Yassin. Cet exode général avantagea les Juifs dont la situation s’améliora sans qu’ils eussent à faire le moindre effort […] Nous avons demandé, depuis 1948, le retour des réfugiés dans leurs foyers. Mais c’est nous qui les avions encouragés à partir. Quelques mois à peine séparent notre appel les insitant à partir et notre appel aux Nations Unies pour qu’elles résolvent la question de leur retour […] Nous avions amené la destruction sur un million de réfugiés arabes, en les incitant et en les adjurant de quitter leurs terres, leurs foyers, leur travail et leurs commerces; et nous en avons fait des chômeurs misérables…”

 

b) Le second est extrait d’un article de Sabri Jiryis, chercheur bien connu de l’Institut des Études Palestiniennes, paru dans un quotidien de Beyrouth (20) :

 

“Il n’est pas vrai que des pays étrangers […] furent les seuls facteurs de la situation qui a amené la création de l’État d’Israël. Les Arabes également ont participé à l’élaboration de cette situation […] Aujourd’hui, ils sont trois millions; parmi eux un demi-million sont venus en Israël durant les vingt-sept années de son existence, en provenance de huit États arabes […] Ce n’est guère le lieu ici de décrire comment les Juifs furent expulsés de pays où ils avaient vécu depuis des centaines d’années; comment ils ont été ignominieusement déportés vers Israël, après que leurs biens eurent été confisqués ou acquis à vil prix […] Les arguments d’Israël sont les suivants : il est possible que nous, les Israéliens, ayons été la cause de l’expulsion de leurs foyers de certains des Palestinies, dont le nombre est estimé à 700.000, pendant la guerre de 1948. Leurs biens ont ensuite été placés sous séquestre. Par contre, depuis 1948, vous, les Arabes, avez expulsé exactement le même nombre de Juifs des États arabes; la plupart d’entre eux se sont établis en Israël, tandis que leurs biens étaient accaparés d’une manière ou de l’autre. En réalité, donc, ce qui s’est passé n’était qu’une sorte de d’ ‘échange de populations et de biens’ dont chacune des deux parties doit assumer les conséquences. Israël intègre les Juifs originaires des États arabes; les États arabes doivent, pour leur part, intégrer parmi eux les Palestiniens et résoudre leurs problèmes”.

 

c) Le troisième est extrait d’un article de Abu Mazen dans le journal de l’OLP (21) :

 

Les armées arabes sont entrées en Palestine pour protéger les Palestiniens contre la tyrannie sioniste; mais, au lieu de cela, elles les ont abandonnés à leur sort, les ont forcés à émigrer et à quitter leur patrie […] Les États arabes ont réussi à disperser le peuple palestinien et à détruire son unité. Ils ne l’ont pas reconnu comme peuple jusqu’à ce que d’autres États dans le monde l’eussent fait, et ceci est très regrettable. Pendant dix-sept ans, les stations arabes ont diffusé leur intention de rejeter les Juifs à la mer et de ramener les réfugiés dans leurs foyers. Ils n’ont ni rejeté les Juifs à la mer, ni ramené les réfugiés dans leurs foyers, jusqu’à ce que la guerre d’octobre se soit offerte à eux comme le seul éclat de victoire dans la sombre lutte israélo-arabe”.

 

 

Bande 1ère Partie: 4551-4629 :

 

• Images : Séquence filmée du représentant palestinien J. Bey Husseini faisant un discours à l’ONU.

 

• Texte : «Le représentant palestinien Jamal Bey Husseini [Haut Comité Arabe pour la Palestine ]. Le 20 mai, aux Nations Unies, il refuse le cessez-le-feu : “Au sein de la Ligue Arabe, les Arabes de Palestine, représentés par le Haut Comité Arabe, ont légitimement demandé aux autres membres de les aider à rétablir l’ordre et la paix dans leur pays. Les troupes des États de la Ligue Arabe qui sont entrées en Palestine, à partir des pays voisins, à la cessation du mandat, ont donc agi à la demande expresse du peuple de Palestine”».

 

 

Bande 1ère Partie: 4630-4723 :

 

• Images : Séquence filmée de l’arrivée du comte Bernadotte, de son discours et de ses déplacements en Palestine, avec vues de villages détruits ou déserts.

 

• Texte : «Le comte Bernadotte, médiateur suédois désigné par les Nations Unies. Le 11 juin, il réussit à imposer une trève. Il est optimiste : “Je suis convaincu, et je crois avoir des raisons de l’être, que, tôt ou tard, et cela pourrait être bientôt, nous arriverons à un accord et ferons cesser la guerre en Palestine”. Il va très vite changer d’avis. En parcourant le pays, il découvre les villages arabes détruits et l’ampleur de l’exode palestinien. Les rapports qu’il adresse à l’ONU inquiètent beaucoup les Israéliens. Pour eux, cet homme est dangereux. Le jeune Yitshaq Shamir, commandant du groupe Stern donne l’ordre de l’assassiner. Ses rapports le suivent dans sa tombe.

 

• Remarques : a) D’après l’Encyclopaedia Judaica, c’est aux Lohamei Herout Israël que cet assassinat fut alors attribué, mais aucune preuve n’a jamais pu en être apportée.

 

b) Est-il utile d’insister sur le caractère inadmissible et extrêmement tendancieux de la dernière phrase : “Ses rapports le suivent dans sa tombe”? Elle implique que l’ONU aurait profité de la mort de son médiateur pour enterrer ses rapports, estimés défavorables aux juifs de Palestine !

 

 

Bande 1ère Partie: 4724-4741 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) Troupes juives faisant des incursions armées dans des agglomérations arabes; 2) soldats arabes capturés. Photos de morts.

 

• Texte : «Maintenant les israéliens sont bien armés et bien organisés. A la fin de 1948, les armées arabes sont vaincues».

 

• Remarques : Par quel miracle les Juifs de Palestine auraient-ils soudain été bien armés? Tous les rapports de l’époque, y compris ceux des ennemis d’Israël, s’accordent à souligner le mauvais équipement de l’armée juive, le caractère hétéroclite de son armement et surtout l’absence totale d’entraînement de ses nouvelles recrues, composées presque essentiellements de nouveaux émigrés, dont beaucoup sortaient à peine des camps de la mort, de transit ou de personnes déplacées. Certes, Ben Gourion et l’Agence juive faisaient feu de tout bois pour acheter des armes, particulièrement en provenance de Tchécoslovaquie, mais les armées arabes étaient-elles aussi dépenaillées et mal armées que les forces juives? Rien ne le prouve, au contraire. En tout cas, les experts militaires de l’époque ne donnaient pas cher des chances militaires juives. Les plus pessimistes prévoyaient la fin précoce du jeune État à peine né.

 

 

Bande 1ère Partie: 4742-4812 :

 

• Images : Séquence filmée du dernier discours de Bey Husseini, à l’Assemblée des Nations Unies.

 

• Texte : «“Je crois de mon devoir de dire que les Arabes de Palestine ne peuvent participer à aucune discussion qui aurait comme préalable un État juif en Palestine ”. Jamal Bey Husseini vient de s’exprimer pour la dernière fois dans l’enceinte de l’ONU. Nous sommes toujours en 1948. Le prochain discours d’un représentant palestinien devant les Nations Unies sera celui de Yasser Arafat, en 1974. Dans 26 ans».

 

 

Bande 1ère Partie: 4813-4942:

 

• Images : Photo d’une carte d’Israël, sous-titrée : 1949. Puis, séquence filmée sur les camps de réfugiés palestiniens. Enfin, carte montrant la répartition des cartes d’alimentation, selon les camps de réfugiés, dans les différents États arabes.

 

• Texte : «Pendant la guerre, l’État d’Israël a gagné 4.000 km2 sur le plan de partage. Grâce au départ des Palestiniens, sa population est maintenant presque entièrement juive. Jérusalem, qui devait avoir un statut international, est coupée en deux. Sa partie ouest devient la capitale d’Israël. Sa partie est passe sous domination jordanienne. Les territoires de Cisjordanie et de Gaza sont restés sous contrôle arabe. Selon le plan de partage, un État palestinien aurait dû y voir le jour. Mais la bande de Gaza est mise sous administration égyptienne et la Cisjordanie est annexée par le roi Abdallah. Au lieu d’un état palestinien, les Nations Unies créent un Office d’assistance pour les réfugiés arabes, l’UNRWA. En 1949, on dresse les premiers camps de tentes et on distribue des cartes qui donnent droit à des rations alimentaires. 200.000 cartes sont attribuées en Cisjordanie, 180.000, dans la bande de Gaza, 60.000 en Jordanie, 70.000 en Syrie. Ce sont surtout les paysans, ceux qui ne possèdent rien, qui sont dans les camps. 200.000 autres exilés ont pu survivre sans faire appel à la charité internationale. En tout, ils sont plus de 800.000».

 

• Remarques : L’affirmation selon laquelle, “selon le plan de partage, un État palestinien aurait dû y [en Cisjordanie et à Gaza] voir le jour” est irresponsable. Tout d’abord, il faut rappeler que le plan de partage de la Palestine, voté par l’ONU, prévoyait l’établissement de deux États, l’un juif, l’autre arabe, en Palestine, mais que, si les Juifs l’ont accepté et ont créé leur État, les Arabes palestiniens, eux, l’ont obstinément refusé et sont, par conséquent, restés sans État. En outre, les Nations Unies n’admettent une entité nationale à s’ériger en État, que si elle prouve qu’elle est en mesure de s’auto-administrer, de pourvoir aux besoins de sa population et de vivre – autant que cela dépend de cet État – en bonne intelligence avec ses voisins; et le moins qu’on puisse en dire est que ce n’était pas le cas de l’entité palestinienne, à cette époque. Quant à l’affirmation selon laquelle les réfugiés arabes de Palestine seraient “en tout, plus de 800.000”, elle est grossièrement exagérée. Tout d’abord, les chiffres ronds avancés pour les cartes d’alimentation sont déjà fortement sujets à caution et très certainement largement gonflés (22). Enfin, aucune preuve ne peut être avancée pour corroborer le chiffre de “200.000 exilés [qui] ont pu survivre sans faire appel à la charité internationale”.

 

 

Bande 1ère Partie: 4943-5125 :

 

• Images : Séquence filmée, sous-titrée : 11/05/1949, montrant le vote d’admission d’Israël à l’ONU, la prise de place, dans l’assemblée, des délégués israéliens [Abba Eban et Moshe Sharet], sous un tonnerre d’applaudissements, et le départ ostentatoire des délégués arabes. Ensuite, séquence filmée montrant les démolitions de maisons et d’immeubles, endommagés par les émeutes et les bombardements, en Palestine, et enfin la prise de possession d’immeubles et de maisons par des immigrés juifs.

 

• Texte : «Par les hasards de l’alphabet, la place qui est attribuée à la délégation israélienne se trouve entre le fauteuil du Liban et celui de l’Iraq. Mais pendant que les délégués israéliens arrivent, les Arabes quittent la salle, en guise de protestation. Pour devenir membre des Nations Unies, Israël a pris l’engagement officiel de permettre le retour des réfugiés palestiniens, mais cette résolution ne sera pas respectée. Au contraire, une des premières lois votées en Israël réquisitionne tous les biens dont les propriétaires sont déclarés absents (23). Dans la vieille ville de Jaffa, des Israéliens s’installent dans les meubles de ceux qui ne sont plus là. Les belles demeures des notables de Jérusalem sont attribuées à des militaires ou à des fonctionnaires. Partout des immigrants juifs posent leurs valises dans les villes arabes abandonnées».

 

• Remarques : L’objectivité eût exigé que l’on fît mention des obstructions systématiques opposées à presque toutes les tentatives israéliennes de régler le problème des camps de réfugiés. En voici quelques exemples, fondés sur des documents irréfutables :

 

a) Extrait d’un rapport d’une mission d’étude au Moyen Orient (24) :

 

Du point de vue des Gouvernements arabes, le ré-établissement des réfugiés autre part les priverait d’un des principaux arguments contre la continuation de l’existence d’Israël. Les réfugiés […] se fondent, dans leurs attitudes, sur l’hypothèse que le rapatriement signifierait que leur train de vie ne serait pas différent de celui qu’ils connaissaient avant 1948”.

 

b) Extrait d’un mémorandum soumis à l’ONU par 19 dirigeants religieux et civils américains (25) :

 

“En cherchant une solution au problème des réfugiés arabes, la communauté internationale doit se souvenir des circonstances dans lesquelles ce problème a surgi […] Suivant les documents en possession de l’ONU, les États arabes ont empêché la création, en Palestine, d’un État arabe, prévu dans le plan de partage […] Et des chefs arabes ont sommé les Arabes de Palestine d’évacuer le pays en masse, comme le montrent les faits dont nous avons la preuve documentaire”.

 

c) Et voici la solution que le même groupe a propose (26) :

 

“En reconnaissance de la responsabilité de leur participation à une solution du problème des réfugiés, les États arabes, principalement l’Iraq, la Syrie, la Jordanie, devraient attribuer au ré-établissement de réfugiés arabes, dans leurs territoires, des étendues de terre qui sont aujourd’hui inhabitées, ou d’une densité très faible de population, mais que l’on pourrait développer de façon à en tirer la subsistance d’une population substantielle. Le transfert et le ré-établissement de réfugiés arabes de Palestine devraient être financés par un fonds international créé à cet effet et se chiffrant à 300.000.000 de dollars. Israël, qui occupe une superficie de 21.000 km2 [en 1951] … ne peut pas réabsorber les Arabes qui ont fui ses frontières. Mais il peut contribuer, il a effectivement offert de contribuer à un fonds pour le ré-établissement d’Arabes…”.

 

d) Le 1/5/1957, le Rév. J. A. Pike, alors Doyen de la cathédrale St John, à New York, écrivait (27) :

 

Les États arabes ne désirent pas l’établissement des réfugiés, car, dans ce cas, ils perdraient leur moyen le plus puissant de propagande contre Israël. Comme Ralph Galloway, récemment encore chef des Secours de l’ONU en Jordanie, l’a dit : ‘Les États arabes ne désirent pas résoudre le problème des réfugiés. Ils veulent le maintenir dans l’état d’une plaie ouverte, comme un défi aux Nations Unies et une arme contre Israël. Pour les leaders arabes, peu importe si les réfugiés vivent ou meurent’…”.

 

e) Le Dr J. Henry Carpenter, membre dirigeant du Conseil Protestant de New York, qui avait visité la Jordanie et Israël, en 1950, écrivait (28) :

 

“Ces Arabes déracinés ne peuvent pas revenir – rien n’est resté où ils puissent revenir […] Les Arméniens sont-ils jamais retournés dans leurs foyers ? Les Lettons, Les Estoniens, les Lithuaniens pourront-ils jamais retourner dans leurs foyers ? Les Volksdeutsche allemands pourront-ils jamais retourner aux terres qu’ils possédaient en Pologne ou en Tchécoslovaquie ? Les dix millions de Pakistanais ou d’Hindoustanis pourront-ils jamais retourner aux terres qu’ils ont abandonnées ? Les Juifs pourront-ils jamais revenir pour mettre en valeur ce qu’ils ont perdu en Europe, ou maintenant en Roumanie, en Iraq ou au Yémen (29)… Il ne reste qu’un moyen ; c’est de ré-installer ces personnes dans les pays arabes. Elles y vivront avec des peuples de leur propre milieu culturel et de la même origine ethnique”.

 

f) En juillet 1957, la radio officielle de la République Arabe Unie déclarait (30) :

 

“Le fait qu’Israël essaie de résoudre le problème des réfugiés prouve qu’il a intérêt à sa solution […] Ce fait, à lui seul, suffit pour éliminer toute tentative, dans la mesure où cela regarde les Arabes”.

 

g) Abdullah Naouass, député au Parlement Jordanien (31) :

 

Nous devons faire persister le problème de la Palestine avec le plus d’insistance, car c’est une question vitale […] La guerre de Palestine continue seulement du fait qu’il y a des réfugiés. Leur existence même laisse le problème ouvert”.

 

h) En 1949, M. Salah ad-Din, ancien Ministre égyptien des Affaires Étrangères, écrivait (32) :

 

“En demandant le retour des réfugiés en Palestine, les Arabes veulent dire qu’ils doivent y retourner en maîtres… plus explicitement : ils ont l’intention d’annihiler l’État d’Israël.

 

i) A la suite d’un voyage qu’il a fait, en avril et en mai 1957, dans les pays méditerranéens, en sa qualité de membre de la Commission des Affaires Étrangères du Sénat et de président de sa sous-commission consultative pour les Affaires du Proche-Orient, un sénateur rapportait ceci (33) :

 

“Le fait est que, depuis dix ans, les États arabes se sont servis des réfugiés de Palestine comme d’otages politiques dans leur lutte avec Israël… rien n’a été fait pour assister ceux-ci d’une manière pratique, afin de ne pas perdre un moyen de pression politique à utiliser contre Israël”.

 

j) M. Johnston, résumant les négociations, comme ambassadeur spécial du Président Eisenhower, déclarait en 1956 :

 

“Après deux ans de discussions, des experts techniques d’Israël, de Jordanie et de Syrie sont tombés d’accord pour tous les détails importants d’un plan unifié du Jourdain. Mais, en Octobre 1955, il a été rejeté pour des raisons politiques, lors d’une réunion de la Ligue Arabe”.

 

k) Dans une étude consacrée aux problèmes des réfugiés, M. Elfan Rees, conseiller pour les réfugiés auprès du Conseil Mondial des Églises, résume ainsi les preuves de l’obstruction arabe (34) :

 

“L’histoire de l’UNRWA a été une étude clinique de la frustration. Nulle agence n’a été mieux dirigée, n’a été servie avec plus de dévouement, mais l’intransigeance organisée des réfugiés et l’indifférence calculée des États arabes intéressés, ont réduit tous ses projets à néant. Par des chicanes, on l’oblige à nourrir les morts, par des pressions politiques, on lui fait donner des rations à d’autres que des réfugiés, ses fournitures de secours ont été frappées, dans certains cas, de la taxe d’importation, on s’ingère brutalement dans ses affaires de personnel, et ses mesures constructives, auxquelles il aurait nécessairement fallu la coopération de gouvernements, ont été simplement classées. Le résultat est net : des secours sont fournis en 1957 à des réfugiés qui auraient pu être réadaptés en 1951”.

 

l) Extrait d’un article paru dans un journal de Beyrouth (35) :

 

“Les Gouvernements arabes portent une bien grave responsabilité. Pendant huit ans, ils ont appliqué aux réfugiés une politique abstraite et inhumaine; sous le prétexte de cultiver en eux le désir de retrouver leurs foyers en Palestine, et dans le but de maintenir une population menaçante sur les frontières d’Israël, ces Gouvernements ont systématiquement rejeté toutes les tentatives d’organisation et d’emploi pour les réfugiés ”.

 

 

Bande 1ère Partie: 5126-5209 :

 

• Images : Séquence filmée montrant l’arrivée d’immigrants juifs venant des pays arabes et l’érection de villages de tentes.

 

• Texte : «Au début des années 50, Israël accueille 700.000 juifs venus d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Presque le même chiffre que celui des Palestiniens exilés. Ils n’ont pas connu l’antisémitisme dont les Juifs européens ont été les victimes. Mais, depuis 1948, les Arabes les considèrent comme des traîtres. Ils ont préféré partir. Pour eux aussi, on dresse des tentes. Les premières années en Israël seront très dures. Une nouvelle vie commence, mêlée d’espoir et de nostalgie».

 

• Remarques : Voir plus haut ce qui a été dit, par un Arabe, concernant les mauvais traitements infligés aux juifs des pays arabes (cf. Bande 1ère Partie 4455-4550, Remarques, b). Il n’échappera à personne qu’il y a un petit côté méchant dans la phrase apparemment anodine : “Pour eux aussi, on dresse des tentes”, du style : ’chacun son tour!’.

 

 

Bande 1ère Partie: 5210-5240 :

 

• Images : Séquence filmée montrant l’inscription des Arabes des Territoires occupés sur les registres de l’administration militaire.

 

• Texte : «Il ne reste que 150.000 Arabes dans l’État juif. Pour eux, ce sera l’administration militaire, le couvre-feu, la censure, l’interdiction de circuler sans laisser-passer. Ils sont citoyens israéliens, mais leurs droits sont limités et ils sont coupés de leurs frères : tous les autres Palestiniens qui sont à l’extérieur».

 

 

Bande 1ère Partie: 5241-5405 :

 

• Images : Séquence filmée montrant une distribution de rations alimentaires à des Arabes de Palestine. En arrière-fond, on entend une chanson, dont le texte s’affiche en sous-titrage. Enfin, long travelling sur des tentes des camps de réfugiés s’étendant à perte de vue.

 

• Texte : «[Texte de la chanson :] “Nous possédions jadis une très belle terre, un village ombragé. Au mois de Nissan, le printemps s’y attardait. Notre village s’appelait Bissane…”. La ville de Bissan n’existe plus : la ville israélienne de Bet-Shean l’a remplacée. Les camps de réfugiés, eux, existent toujours. Aujourd’hui, plus de deux millions et demi de Palestiniens reçoivent encore des rations militaires, dans les camps de l’UNRWA. 20 ans après ces premières, les enfants de ces camps prendront un fusil : ce sera l’OLP. Plus tard, une deuxième génération de réfugiés se soulèvera : ce sera l’Intifada».

 

• Remarques : a) Comme pour Jaffa, plus haut (cf. Bande 1ère Partie: 1339-1428, Remarques), la ville de Beit Shéan était philistine, puis juive bien avant que les Arabes ne s’installent en Palestine (cf. Jos 17, 11; 2 Ch 7, 29; 1 S 31, 10-12; 2 S 21, 12; 1 R 4, 12).

 

b) Concernant le chiffre exorbitant de rations militaires distribuées aux réfugiés palestiniens, voir ci-dessus, les déclarations désabusées d’un fonctionnaire de l’UNRWA (Bande 1ère Partie: 4943-5125, Remarques, k).

 

 

 

*  *

*

 

 

 

III. DEUXIEME PARTIE DU FILM

 

 

 

 

Bande 2ème Partie: 1-127 : INTRODUCTION

 

• Images : Rétrospective, illustrée par une suite de brèves séquences filmées (déjà utilisées dans la première Partie) : 1) des Arabes palestiniens sur des embarcations de fortune; 2) des soldats britanniques arrivant en Palestine sur des chameaux; 3) des réfugiés juifs venant s’inscrire dans un bureau d’émigration; 3) débarquement forcé d’immigrants clandestins; 4) Arabes enchaînés, suite à la grande révolte en Palestine; 5) Carte de Palestine; 6) Vote du partage de la Palestine, à l’ONU; 7) entrée en Palestine des forces arabes coalisées; 8) File de villageois arabes qu’on emmène; 9) Survol d’une ville israélienne des années 50; 10) Vue de camps de tentes pour réfugiés arabes de Palestine.

 

• Texte : «A la fin du XIXème siècle, 85% de musulmans, 15% de chrétiens et 5% de juifs cohabitent paisiblement sous la domination des Turcs. Après la première guerre mondiale, le pays passe sous mandat britannique, pendant que les pogromes antisémites, puis le génocide nazi font venir d’Europe des centaines de milliers de survivants, qui veulent créer ici un Foyer national, enfin à l’abri des persécutions. Dès les années 30, cette immigration massive inquiète les Arabes, qui se révoltent et sont durement réprimés par les Britanniques.

 

En 1947, voulant mettre un terme à la violence et aux revendications, les Nations Unies décident le partage de la Palestine en deux États : juif et palestinien. Les Arabes refusent le partage : c’est la guerre, la victoire des juifs et l’exode pour 800.000 Palestiniens chassés de leur terre. Peuplé d’immigrants, l’État d’Israël est né. Dans les années 50, il devient un État moderne, d’allure Occidentale. Pendant ce temps, sous les tentes des camps de réfugiés, les Palestiniens attendent le retour sur leur terre».

 

• Remarques : A propos de cette affirmation récurrente et … fausse : ’exode de Palestiniens chassés de leur terre’, rappelons que les Palestiniens n’ont pas été ’chassés’, mais incités par leurs chefs et par les Gouvernements arabes, à fuir la Palestine, pour pouvoir y revenir ensuite, après le ’nettoyage’ qui serait opéré par les armées arabes coalisées (voir plus haut : Bande 1ère Partie: 4143-4307, Remarques).

 

 

Bande 2ème Partie: 128-158:

 

• Images : Générique de la 2ème Partie. Titre : PALESTINE, Histoire d’une terre : 1950-1991. Un film de Simone Bitton. Montage : Caroline Roulet, Aska Talczewski. Dans la collection "Histoires d’Actualité” conçue et dirigée par Jean-Michel Meurice. Une co-production France 3 / Point du Jour / INA-Entreprise.

 

• Texte : néant. Musique et bruits d’extérieur.

 

 

Bande 2ème Partie: 159-252:

 

• Images : Séquence filmée sur un camp de réfugiés palestiniens et sur leurs conditions de vie, avec une insistance marquée sur le niveau de scolarisation (assurée par les fonctionnaires de l’UNRWA).

 

• Texte : «Un camp de réfugiés palestiniens, à la fin des années 50. Le provisoire s’est établi. Des masures ont remplacé les tentes, mais on n’oublie pas. Ici, chaque ruelle porte le nom d’un village perdu. Tous les enfants sont scolarisés par les Nations Unies. C’est ainsi, grâce à la mauvaise conscience internationale, que les Palestiniens deviennent le premier peuple arabe entièrement alphabétisé».

 

 

Bande 2ème Partie: 253-323:

 

• Images : Photos de Yasser Arafat.

 

• Texte : «Yasser Arafat, lui, est collégien au Caire. Né à Jérusalem, il n’a connu ni l’exode, ni les camps. En 1953, il préside l’union des étudiants palestiniens. On parle de libération et de retour. On réfléchit aux moyens de lutter. En 1958, ingénieur au Koweit, il va créer la première organisation de combat palestinienne, une organisation clandestine : le Fatah».

 

 

Bande 2ème Partie: 324-601:

 

• Images : Séquences filmées : 1) Nasser arrivant à un congrès des États arabes; 2) flashes sur les débats de l’assemblée des États arabes et sur certains de leurs représentants les plus marquants; 3) photos des emblèmes et des symboles de l’OLP ; 4) extraits d’une interview d’Ahmed Choukeiri, premier président de l’OLP; 5) cartes représentant diverses parties du Proche-Orient, selon les thèmes abordés par le commentaire.

 

• Texte : « Nasser. Il a déjà nationalisé le Canal de Suez, en 1956, en tenant tête à Israël, à la France et à l’Angleterre. Dans les années 60, pour les Palestiniens comme pour tous les Arabes, il symbolise la liberté, le progrès et l’unité. En janvier 1964 [13/01/1964], Nasser propose aux chefs d’États de la Ligue Arabe de créer une Organisation pour la libération de la Palestine. Ben Bella : l’Algérie, Aref : l’Iraq, Ibn Saoud : l’Arabie, Bourguiba : la Tunisie, Hussein : la Jordanie, tous s’engagent à soutenir l’Organisation pour la Libération de la Palestine : l’OLP. Les Palestiniens paieront un impôt à l’OLP. Ils auront un Parlement et des brigades armées et un président : Ahmed Choukeiri. Avocat, diplomate, Palestinien très proche de Nasser, il rédige la Charte et les slogans de l’OLP : unité, mobilisation, libération. [Extraits de son interview :] “Libération c’est l’émancipation de notre pays, la destruction d’Israël comme État. [Question :] – Est-ce que, d’après vous, les possibilités de discussion avec Israël sont nulles? – Cette possibilité n’existe pas. Il n’y a pas une possibilité pour une négociation ou une discussion avec Israël. Jamais!”.

 

C’est la première doctrine de l’OLP : le refus du partage. C’est aussi la doctrine de tous les pays arabes. Ils refusent de reconnaître Israël, qui existe depuis 15 ans déjà et qui compte 2 millions et demi d’habitants : autant que les Palestiniens, maintenant dispersés dans tout le Moyen-Orient. En Israël, ils [les Palestiniens] sont citoyens, mais soumis à des lois d’exception militaires. En Jordanie, on les naturalise. Partout ailleurs, ils n’ont pour toute identité qu’une carte de réfugié. Le retour est interdit. Alors, des réfugiés essaient de passer clandestinement les frontières. Peu à peu les infiltrations deviennent des expéditions armées : raids, embuscades, représailles. C’est l’escalade, angoissante et meurtrière. Angoissante aussi, la puissance militaire de l’Égypte, armée et conseillée par l’Union Soviétique, qui inquiète les Occidentaux autant qu’Israël ».

 

 

Bande 2ème Partie: 602-828 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) Déclaration publique d’Abba Eban, ministre israélien des Affaires étrangères, quelques semaines avant la guerre des Six Jours; 2) scènes de l’attaque éclair de l’aviation égyptienne, de chars égyptiens détruits, dans le désert du Sinaï, de prisonniers et de tués arabes; 3) véhicules militaires pénétrant dans les territoires conquis, avec leurs prisonniers arabes; 4) un détachement de soldats israéliens, avec, à sa tête, les généraux Moshe Dayan et Yitzhaq Rabin, viennent faire leurs dévotions au ’Mur des Lamentations’.

 

• Texte : «En mai 67, le ministre israélien des Affaires étrangères, Abba Eban, fait le tour des capitales occidentales. On craint le pire pour Israël. [Interview de Abba Eban :] “L’agression nous entoure de tous côtés. Plusieurs pays arabes se sentent obligés à donner expression à une attitude hostile. Cependant, c’est Nasser qui dirige et organise cette agression, qui pèse si lourdement sur notre région et sur le monde entier. C’est lui qui annonce que l’heure est venue de détruire notre pays, qui est le dernier espoir d’un peuple qui, depuis plus de trois mille ans, joue un rôle historique dans l’élaboration de la civilisation mondiale. C’est dans la pleine conscience de la gravité de cette heure que nous affrontons, avec la sympathie ardente de l’opinion publique mondiale, les épreuves qui nous attendent”.

 

Mais, quelques jours plus tard, c’est Israël qui attaque. Le 5 juin 1967, au matin, en trois heures, toute l’aviation égyptienne est anéantie. Le lendemain, la Jordanie et la Syrie entrent en guerre. Mais, six jours plus tard, tout est fini : une victoire éclair qui éblouit l’Occident. 25.700 morts : 25.000 Arabes et 700 Israéliens. Pour Israël, le triomphe, pour les Arabes, la douleur et l’humiliation. En six jours, d’immenses territoires sont conquis : Gaza, Cisjordanie, Sinaï. Partout, le drapeau juif flotte sur les bâtiments publics. Et enfin, le symbole : le ’ Mur des Lamentations’, dans le secteur arabe de Jérusalem, est aux mains d’Israël. Moshe Dayan, ministre de la Défense, et Yitzhaq Rabin, chef d’état-major, prient sur les vestiges du Temple de Salomon, pendant que, déjà, les bulldozers rasent les murs qui séparaient la ville en deux».

 

Remarques : Il est à peine besoin de préciser que si les Israéliens n’avaient pas attaqué les premiers, ils eussent été en grande difficulté militaire. Ils étaient en état de légitime défense. La façon tendancieuse dont le commentaire présente l’attaque préventive d’Israël, pour contrer l’invasion égyptienne imminente – qui n’était un secret pour aucun des état-majors et des diplomates de tous les pays concernés par ce conflit – est dans le ton général du film, dont l’orientation saute aux yeux.

 

 

Bande 2ème Partie: 829-935 :

 

• Images : 1) Cartes de Palestine (1947, puis 1967); 2) séquence filmée des débats de l’ONU (22/11/67) sur le retrait d’Israël des Territoires occupés.

 

• Texte : « 20 ans après le partage qui lui a donné naissance, 18 ans après ses premières conquêtes, Israël a maintenant quadruplé la superficie que lui avait attribuée l’ONU. Les territoires occupés comprennent Gaza et la Cisjordanie, peuplées d’un million de Palestiniens (elles font partie des régions de Palestine où l’ONU prévoyait la création d’un État arabe), le plateau du Golan, territoire syrien, de grande valeur stratégique, qui surplombe les localités israéliennes de Galilée et la route de Damas, le Sinaï égyptien, un désert peuplé de quelques tribus bédouines, mais qui recèle du pétrole. A l’unanimité, l’ONU vote le retrait israélien des Territoires occupés. C’est la Résolution 242, qui constitue, encore aujourd’hui, la base légale de tous les plans de paix israélo-arabe. Imprécise et ambiguë dans ses termes, elle n’a encore jamais été appliquée ».

 

• Remarques : Il eût été séant de rappeler que les Palestiniens rejettent également cette résolution, pour de tout autres motifs, bien sûr, dont voici un aperçu, de la bouche d’un spécialiste arabe 36) :

 

“La Résolution 242 ne traite que de l’occupation de 1967 et laisse intacte celle de 1948… Nous luttons et continuerons de lutter pour la libération de la totalité de la Palestine … [La Résolution 242] ne concerne que la moitié de la communauté palestinienne, à savoir ceux qui vivaient en 1967 dans la Bande de Gaza et la Rive Occidentale… Elle ne reconnaît pas la nationalité du peuple palestinien et son droit à la souveraineté, mais elle légitime l’existence d’Israël et cherche à obtenir notre signature et notre sceau pour cette légitimité d’Israël… Elle ne satisfait pas nos besoins, n’envisage que le court terme et ne peut que nourrir des troubles, à long terme”.

 

 

Bande 2ème Partie: 936-1137 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) Réfugiés palestiniens quittant Israël par les ponts du Jourdain (avec gros plan sur un soldat israélien portant dans ses bras un petit enfant palestinien qui pleure de peur !) ; 2) déclaration de Lévy Eshkol, Premier ministre israélien ; 3) réfugiés arabes faisant le siège des bureaux d’accueil aux réfugiés ; 4) déclaration du responsable d’un de ces bureaux des Nations Unies.

 

• Texte : «Sur les ponts du Jourdain, détruits par la guerre, ils sont 250.000, réfugiés pour la seconde fois. Ils vont de l’autre côté, en Jordanie, poussés par les bombardements, par la peur de vivre sous l’occupation israélienne, et parfois par la force [à ce moment, gros plan sur enfant qui pleure, comme indiqué ci-dessus], par les israéliens, qui leur ont fourni des camions et leur ont fait signer l’engagement de ne pas revenir.

 

[Lévy Eshkol déclare :] “Je tiens à affirmer, de la façon la plus catégorique, qu’Israël n’a expulsé personne. Sont partis de leur plein gré des réfugiés qui, sachant qu’ils pourraient continuer à recevoir de l’assistance en étant en Jordanie, préféraient se trouver parmi les leurs. Si nous les avions empêchés de partir, on nous aurait sans doute accusé de restreindre leur liberté de mouvement”.

 

Il faut tout recommencer : assiéger les locaux des Nations Unies, comme il y a 20 ans déjà, commander une place dans un camp, un laissez-passer, encore plus loin du village d’origine, plus loin de la Palestine. [Un responsable de l’accueil des réfugiés :] “Du matin au soir, c’est un flot continu de gens!”.

 

Remarques :

 

a) Il est faux de dire que ce sont les bombardements qui ont fait fuir les Arabes palestiniens. En effet, la guerre de 1967 a été terminée en 6 jours (d’où son nom) et il n’y a pratiquement pas eu d’attaque arabe à l’intérieur du territoire israélien.

 

b) Il est diffamatoire de parler d’expulsion par la force, et l’utilisation manipulatrice de la séquence d’un soldat israélien aidant un enfant palestinien à traverser est une honte pour les auteurs de ce film.

 

c) Quant à l’engagement que l’on faisait signer aux Palestiniens qui fuyaient Israël, il avait probablement pour but d’établir, pour l’avenir, que c’est de leur plein gré que ces gens quittaient leur pays et que l’État israélien déclinait toute responsabilité quant à leurs biens restés en Israël et quant à leur retour éventuel un jour [détails à vérifier]. Il n’y a aucune raison de douter de la bonne foi de la déclaration solennelle de Lévy Eskol, selon laquelle c’est de leur plein gré que ces Palestiniens ont quitté le pays. Le bon sens de sa dernière phrase saute aux yeux!

 

 

Bande 2ème Partie: 1138-1335 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) colons édifiant des bâtiments provisoires sur le plateau du Golan; 2) travaux de voirie et d’urbanisme à Jérusalem; 3) interview d’enfants arabes, dans des villages en ruines; 3) jeep militaire, avec hurlement de sirène, traversant une agglomération arabe populeuse; 4) contrôles d’identité de civils palestiniens par des militaires; 5) scènes de grèves, magasins aux stores fermés, rues désertes; 6) scènes d’arrestations, de gardes à vue.

 

• Texte : « Là-bas, sur le Golan, on implante déjà ce qu’on appelle des colonies. Autour de Jérusalem, on fait place nette. On rase, on trace des routes, on invoque des raisons de sécurité pour détruire des villages entiers. [Interview d’un enfant arabe :] “Où habites-tu? – Dans une maison détruite, entre terre et ciel!” – Dans une tente? [photo d’une tente dressée sur les fondations d’une maison détruite] – Oui. – Tu vas partir? – Non, jamais! Je ne quitterai jamais ma patrie!”. »

 

En Israël; c’est la démocratie. Mais, dans les Territoires occupés, en Cisjordanie et à Gaza, la population, entièrement palestinienne, est placée sous administration militaire, privée de droits civiques, soumise aux contrôles des services de sécurité. Humiliations. Grèves de protestation. Un cycle infernal commence. Très vite, il y a des opérations de résistance, des soldats tués, des attentats. Deux mille arrestations, les deux premières années. Presque tous emprisonnés sans être jugés. La prison forge les consciences et développe les réseaux clandestins. C’est le temps des premières grèves de la faim. C’est le temps aussi où, à l’extérieur, dans les pays de l’exil, les Palestiniens prennent la lutte armée des Vietnamiens et des Algériens comme modèle ».

 

• Remarques : Ce que fait Israël, dans les territoires qu’il contrôle, est conforme aux lois internationales. Il est évidemment facile de parler de ’privation de droits civiques’, dans des régions qui n’avaient pas encore, alors, de statut administratif et politique défini, ni de structure autonome et efficiente de gestion des affaires publiques.

 

 

Bande 2ème Partie: 1336-1611 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) interview d’Arafat ; 2) cartes du Moyen-Orient, avant et après la conquête israélienne; 3) scènes d’entraînements de volontaires palestiniens, dans les camps de réfugiés; 4) scènes d’attentats et de victimes israéliennes, d’enterrements, etc.

 

• Texte : « Et c’est l’heure de Yasser Arafat, qui prend la direction de l’OLP [1969] : “Nous avons attendu longtemps, depuis 1948 jusqu’à maintenant. Nous avons attendu l’ONU. Sans résultat, sauf davantage de réfugiés. Aussi nous pensons que la seule voie est de prendre les armes et de nous battre. Vous savez, nous voulons établir notre État arabe palestinien, dans lequel musulmans, juifs et chrétiens pourront vivre en paix, dans l’amitié et la justice. Un État démocratique. – [Question d’un journaliste :] Quelles seraient les frontières de cet État? – Les frontières originelles : de la mer au Jourdain”.

 

De la mer au Jourdain : c’est l’ancien territoire de la Palestine qu’occupe maintenant entièrement Israël. La logique d’Arafat, c’est aussi celle d’un seul État pour tous : Juifs et Palestiniens, sans exclusion. Arafat continue à refuser le partage. Alors, pour réaliser le rêve, dans les camps, on prépare la lutte armée. Fath, Front Populaire, Front Démocratique. Même les enfants sont entraînés à la lutte armée : ils seront fedayin. Ils donneront leur vie pour la cause. Ils donneront aussi la mort. Civils ou militaires, les Israéliens vont payer le prix de la victoire. C’est le temps cruel des colis piégés et des bombes dans les cinémas, les lieux publics et les marchés ».

 

 

Bande 2ème Partie: 1612-1802 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) interview de Golda Méir ; 2) opérations militaires de ratissage et de recherche d’infiltrés, attaques et bombardements de camps de fedayin.

 

• Texte : « En 1970, Golda Méir devient Premier ministre. On l’appelle la grand-mère d’Israël. Et cette grand-mère dispose du budget militaire le plus élevé au monde : 20% du produit national brut. [Propos de G. Méir :] "Mes enfants, mon fils et ma fille sont nés dans ce pays. Je n’ai jamais voulu leur acheter des jouets qui aient un rapport avec la guerre. Ni fusil, ni pistolet, ni tank. Jamais. Car je voulais croire que, lorsqu’ils seraient grands, il n’y aurait plus de guerre. Je me suis trompée. Mes enfants ont grandi ici. Dès leur plus jeune âge, ils étaient engagés dans la lutte. Tout jeunes, ils étaient dans la Haganah, pour protéger les anciennes colonies juives. Ensuite, ce fut la Guerre mondiale, puis la lutte contre les anglais, la Guerre d’indépendance, le Sinaï et la Guerre des Six Jours. Cela allait à l’encontre de notre volonté, de notre façon de penser, de ce dont nous rêvions. Mais je veux dire une seule chose : heureusement que, dans ce pays, les juifs peuvent défendre leur vie! ”. Pour elle, il n’y a pas de peuple palestinien. Il n’y a que des ennemis qu’il faut chasser. Israël venge ses morts au centuple, frappe tous les fedayin, partout où ils se trouvent ».

 

 

Bande 2ème Partie: 1803-1942 :

 

• Images : 1) Photo de Georges Habash ; 2) séquence filmée du détournement d’un avion à Zarka, en Jordanie ; 3) photo de Hussein de Jordanie et brève séquence filmée le représentant entrant dans son bureau; 4) brève séquence de chars patrouillant dans les rues d’Amman, de combats de rue et de tirs de mortiers.

 

• Texte : « Georges Habash. Il a fondé le FPLP, le Front Populaire de Libération de la Palestine. Nationaliste et marxiste, radicalement opposé à tout compromis. En septembre 1970, convaincu que Nasser et Hussein s’apprêtent à traiter avec les États-Unis et Israël, il invente le détournement d’avions. Et comme ce sont des Occidentaux qui sont pris en otage, pour la première fois, des Palestiniens font la une des journaux. Il n’y a pas de victime à Zarka. Mais le roi Hussein de Jordanie a compris le message. Le 17 septembre, pour chasser l’OLP, il engage une terrible offensive dans sa propre capitale : Amman. Il n’existe presque pas d’images de ces journées de septembre, qui font au moins 3.000 morts parmi les fedayin (37) ».

 

Remarques : On ne se demande jamais, dans ce film, la raison du rejet, souvent violent, par les gouvernements arabes, des combattants palestiniens. La question vaudrait pourtant la peine d’être posée.

 

 

Bande 2ème Partie: 1943-2040 :

 

• Images : Séquences filmées de scènes de rue, photos de la mort de Nasser, articles de journaux sur le même sujet, badauds arabes se pressant aux nouvelles et écoutant les transistors.

 

• Texte : «Dans les Territoires occupés, on vit au rythme du couvre-feu et des nouvelles de l’extérieur. Nasser est mort et les transistors annoncent aussi le désastre de Jordanie. Ce mois de septembre est bien noir pour les Palestiniens. L’OLP est durement frappée : le protecteur égyptien est mort et la libération semble à nouveau bien lointaine. Avec Arafat, 50.000 Palestiniens quittent la Jordanie, d’abord pour Damas, puis pour le Liban, où l’État est trop faible pour contrôler leur action. Maintenant, le terrorisme va se déchaîner».

 

 

Bande 2ème Partie: 2041-2356:

 

• Images : Séquences filmées : 1) enlèvement du cadavre du Premier ministre jordanien, après son assassinat ; 2) brèves scènes d’attentats dans diverses villes d’Europe ; 3) défilé des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich ; 4) scènes montrant les terroristes embusqués, la police allemande prenant position et les ambulances emportant les victimes ; 5) scènes de la rue à Beyrouth, montrant des Palestiniens en armes, contrôlant des véhicules; 6) déclaration de Kamal Nasser, porte-parole de l’OLP ; 7) Photos de leaders de l’OLP assassinés.

 

• Texte : « Et pour commencer, le Premier ministre jordanien, Vasfital, assassiné pour venger les morts d’Amman. Ensuite, c’est l’Occident qui paye pour son soutien à Israël. En Hollande, en Italie, en Allemagne. Septembre 72 [le 5], aux Jeux olympiques de Munich, les athlètes israéliens sont pris en otage. Pour le monde entier, les Palestiniens oubliés existent. Mais ils ont maintenant ce visage : la cagoule du terroriste. Et le monde entier a peur. La police allemande ordonne l’assaut. Les fedayin, les athlètes, presque tous sont tués. Un communiqué triomphal, signé d’un sigle inconnu ‘Septembre noir’, revendique l’attentat. Le communiqué vient de Beyrouth. Au Liban, ils sont 600.000 Palestiniens, dans un pays grand comme un mouchoir de poche. A l’entrée des camps de réfugiés et devant les bureaux de l’OLP, des Palestiniens en armes.

 

[Déclaration de K. Nasser, porte-parole de l’OLP ] “’Septembre noir’ ne fait pas partie des organisations de l’OLP. Pour nous, ’Septembre noir’ est le fruit légitime des massacres de septembre en Jordanie. ’Septembre noir’ est un état d’esprit parmi les Palestiniens. Les Palestiniens sont frustrés depuis 20 ans. Le monde ne les a pas entendus. Ils ont vécu dans des grottes, des tentes, des abris de fortune… Ils en ont appelé aux Nations Unies. Ils ont demandé au monde entier de comprendre leur cause, de reconnaître leur droit à retourner chez eux. Mais personne ne les a écoutés. Il n’est donc pas étonnant que de tels phénomènes existent chez les Palestiniens”.

 

Un an plus tard, Kamal Nasser sera assassiné, ici, à Beyrouth, par un commando israélien. La guerre de l’ombre fait rage. Israël effectue des raids sur les camps et les bases du Liban, piège des voitures, expédie des colis explosifs aux représentants de l’OLP partout dans le monde. Hassan Khan Hassani, Abou Yousef Nadjar, Kamal Allouane, Awad el-Watir, Mahmoud Assahari. Toute une génération de dirigeants de l’OLP décimée par le Mossad. »

 

• Remarques : Cet amagalme : Israël-Services secrets est insoutenable. Selon ce récit, c’est Israël qui envoie des colis piégés ! Quant aux dirigeants palestiniens ‘décimés’, c’est la conséquence fatale de la politique de violence et d’assassinats menée systématiquement par l’Organisation qu’ils représentent. Est-il utile de préciser qu’entre 1969 et 1992, outre un nombre considérable d’attentats et de massacres perpétrés contre des civils juifs, tant en Israël que partout dans le monde, 22 attentats ont été commis contre des bâtiments et des représentants officiels de l’État d’Israël, dont 12 avec des conséquences mortelles ou gravement attentatoires à l’intégrité physique des victimes.

 

 

Bande 2ème Partie: 2357-2445:

 

• Images : Séquences filmées : 1) Tel-Aviv 06/10/73, mobilisation générale, puis obsèques de soldats israéliens; 2) Sadate saluant son auditoire.

 

• Texte : « Ce jour de Kippour, la fête du Grand Pardon, les Égyptiens ont traversé le canal de Suez et 800 chars syriens déferlent sur le Golan. Les réservistes se précipitent au front, mais il est déjà trop tard. Trois semaines plus tard, grâce à l’assistance militaire américaine, les Arabes sont stoppés. Israël n’a pas perdu la guerre, mais, cette fois, le prix est lourd. Pour Anouar el-Sadate, la défaite est presque une victoire. Il a plongé Israël dans le deuil et dans le doute, il a lavé l’affront de la Guerre des Six Jours. Il va maintenant pouvoir préparer la paix des braves ».

 

• Remarques : S’il est vrai qu’Israël a bénéficié d’une aide américaine en matériel, la mention de ce fait permet aux auteurs du film de laisser penser que, sans cette aide, Israël aurait perdu la guerre. La mauvaise foi est telle, ici, qu’on ne dit même pas qu’Israël a gagné cette guerre – ce qui est pourtant le cas – mais qu’il ne l’a pas perdue ! En fait, Tsahal a fait mieux : après quelques jours de flottement, non seulement l’armée israélienne l’a emporté sur tous les fronts, mais encore elle a capturé l’entièreté de la 5ème armée égyptienne et les chars de Sharon sont parvenus à quelques dizaines de kilomètres du Caire. En fait, le rôle le plus important des Américains, dans cette guerre, aura été de convaincre les Israéliens d’épargner l’honneur de Sadate, en libérant la 5ème armée et de faire stopper l’avance foudroyante de Sharon en territoire égyptien !

 

 

Bande 2ème Partie: 2446-2600:

 

• Images : 15/05/74 : Maalot [dans le nord d’Israël]. Séquences filmées : 1) Prise d’otages d’enfants dans une école; 2) réunion du comité exécutif de l’OLP.

 

• Texte : « En Israël, c’est encore la terreur quotidienne. A Maalot, une petite ville frontalière peuplée d’immigrants, les enfants d’une école sont pris en otages par un commando [palestinien] venu du Liban. L’armée israélienne ne cède pas au chantage et donne l’assaut. Les fedayin sont tués et avec eux 21 enfants. L’OLP ne condamne pas la prise d’otages de Maalot : des enfants, il en meurt aussi beaucoup dans les bombardements israéliens. Le comité exécutif de l’OLP fonctionne comme un gouvernement. Aux côtés d’Arafat, Abou Iyad, numéro 2 du Fatah. Considéré par le Mossad comme le cerveau de l’attentat de Munich. Comme d’autres, il pense qu’il faut changer de stratégie et que la lutte armée doit maintenant déboucher sur le combat politique».

 

• Remarques : a) Pas un mot sur l’innommable lâcheté qu’il y a à prendre des enfants en otages !… En relatant la mort des fedayins, on précise qu’avec eux, 21 enfants sont tués. Tout est présenté pour accréditer la rumeur – qui a également couru alors, en Israël – selon laquelle les enfants seraient tombés sous les balles des soldats israéliens. En réalité, l’enquête a déterminé qu’en effet, quelques enfants ont été touchés par des tirs des forces israéliennes, mais que la majorité des morts et des blessés ont été victimes des explosifs avec lesquels les fedayin avaient miné le bâtiment où ils s’étaient retranchés avec leurs otages.

 

b) Enfin, est-il utile d’épiloguer sur la honteuse remarque : “des enfants, il en meurt aussi beaucoup dans les bombardements israéliens”? Qui ne voit, en effet, la différence entre un pilonnage qui, par définition, est aveugle, et une prise d’otage expressément dirigée contre des enfants ? En outre, on sait depuis longtemps que c’est une tactique de l’OLP que de toujours mettre des femmes et des enfants dans les bâtiments sensibles et armés, pour pouvoir ensuite, lorsque ces bases sont prises pour cible par les tirs de l’armée israélienne, accuser Israël de tuer volontairement des civils.

 

 

Bande 2ème Partie: 2601-2808 :

 

• Images : Séquence filmée du début du discours d’Arafat, à la tribune de l’ONU.

 

• Texte : « Après 26 ans de silence forcé, un Palestinien va enfin parler devant les Nations Unies. Les gouvernements Occidentaux ont, eux aussi, évolué. On soutient toujours Israël, mais les Arabes tiennent la clé du pétrole. C’est une arme qui pousse les Occidentaux à négocier et à entendre la voix des Palestiniens.

 

[Début du discours d’Arafat :] “Je suis un rebelle. La liberté est ma cause. Vous êtes nombreux, dans cette salle, à avoir connu, par le passé, la même situation que moi : la position de résistance dans laquelle je suis et dans laquelle je dois lutter. Vous aussi vous avez dû vous battre, pour faire de vos rêves une réalité. Aujourd’hui, vous devez partager mon espoir. Monsieur le Président, aujourd’hui, je suis venu, un rameau d’olivier dans une main, un fusil de combattant dans l’autre. Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main. Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main”. Il a parlé, mais il n’a pas prononcé le nom d’Israël».

 

• Remarques : On oublie de mentionner l’épisode inqualifiable du refus d’Arafat d’ôter le revolver qu’il porte toujours à sa ceinture. Il prononcera donc son discours, de la tribune de l’ONU, tel un cow-boy. On nous expliqua alors qu’il fallait comprendre cet homme, meurtri et blessé dans son honneur. On saura gré aux auteurs de ce film d’avoir dit clairement ce que tout un chacun sait depuis longtemps : désespérant d’imposer leur conception de la solution palestinienne sur les champs de bataille, les États arabes jouent et rejouent de l’arme du pétrole, qu’elles brandissent – comme Arafat, son ’fusil de combattant’ – en direction d’Israël et des nations occidentales civilisées qui ont l’audace de soutenir son combat pour la paix et l’intégrité de son territoire national.

 

 

Bande 2ème Partie: 2809-2927 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) Vue générale d’une implantation israélienne, dans la région du Jourdain; 2) extraits de l’interview d’une immigrante juive américaine pieuse; 3) Menahem Begin inaugurant une nouvelle implantation.

 

• Texte : «1977. C’est la dixième année de l’occupation. Il y a déjà 80 colonies juives en Jordanie. [Une immigrante américaine :] “Moi et tous, ici, sommes venus pour une raison religieuse et nationale qui implique deux devoirs. L’un est de sauver la terre d’Israël de la désolation. Vous pouvez voir cette désolation [brève vue de l’environnement aride et pierreux], l’autre est de sauver la terre d’Israël de la domination étrangère. Cela veut dire que, dans une zone qu’Israël contrôle, pour avoir repoussé, en légitime défense une agression de la Jordanie, nous estimons qu’Israël doit y rester de façon permanente”.

 

[Images de Begin arrivant pour inaugurer une nouvelle implantation :] le leader de la droite israélienne est premier ministre. La colonisation des territoires occupés devient une priorité absolue. Il ne rendra pas un pouce de la Cisjordanie, qui a retrouvé son appellation biblique de Judée-Samarie, ni du Golan, ni de Gaza ».

 

• Remarques : Il n’y a pas, en Israël, que des immigrants religieux et partisans du Grand Israël. On eût aimé, pour l’équilibre de la présentation, entendre une voix autorisée de la gauche israélienne, sur ce même sujet. Il est remarquable, qu’il n’y en a aucune dans ce film.

 

 

Bande 2ème Partie: 2928-3113 :

 

• Images : Carte de la région, avec focalisation sur le désert du Sinaï, alors sous contrôle israélien. Séquences filmées : 1) arrivée de Sadate pour prononcer un discours devant la Knesset; 2) l’homme d’État égyptien serre les mains de personnalités israéliennes et passe en revue la garde d’honneur, avant de prendre l’avion du retour en Égypte.

 

• Texte : « Pourtant, c’est Begin qui va accepter de rendre le Sinaï à l’Égypte, qui est maintenant sous influence américaine et ne constitue plus un danger pour Israël.

 

[Image de Sadate entrant dans la salle du Parlement israélien :] le 19 novembre 1977, la fin d’un tabou. A la tribune de la Knesset, le Parlement de Jérusalem, Sadate est le premier dirigeant arabe à reconnaître Israël. C’est Jimmy Carter, le Président américain, qui a fixé les grandes lignes de la négociation : la paix en échange des territoires, une patrie pour les Palestiniens. En tendant la main à Golda Méir, à Yitzhaq Rabin, à tous les Israéliens, qui l’ont acclamé pendant trois jours, Sadate joue son avenir politique et risque sa vie. Les Arabes ne lui pardonneront pas ce voyage dont les promesses ne seront pas tenues. La paix signée un an plus tard ne sera qu’une paix séparée entre l’Égypte et Israël, et le projet d’autonomie qu’elle prévoit pour les Palestiniens restera sans suite. L’Égypte sera exclue de la Ligue Arabe et Sadate sera assassiné en 1981 ».

 

• Remarques : a) On notera la perfidie de cette remarque, apparemment anodine, selon laquelle l’Égypte, “qui est maintenant sous influence américaine… ne constitue plus un danger pour Israël”. Il faut évidemment en comprendre, que la restitution du Sinaï à l’Égypte fut un geste qui ne coûta rien à l’État d’Israël. Il faut n’avoir pas vécu dans ce pays, à l’époque des faits, pour émettre une telle absurdité. En vérité, l’opinion publique israélienne était, alors, très divisée sur la question de la restitution du Sinaï. Des investissements colossaux y avaient été faits, tant en matière stratégique qu’en infrastructure civile. Une ville ultramoderne de plusieurs dizaines de milliers d’habitants : Yamit, fut rendue, non sans de véritables émeutes de la part de sa population. Beaucoup, en Israël, craignaient que toute l’opération ne fût un marché de dupes et que l’Égypte, qui ne serait plus désormais contenue par la véritable citadelle fortifiée, que constituait l’énorme zone tampon du Sinaï, n’attaque à nouveau Israël. En fait, toute l’opération fut réalisée pour montrer au monde qu’Israël, malgré les calomnies incessantes, savait respecter à la lettre les clauses d’un traité, et que tout était possible, même rendre des territoires d’importance vitale, en échange de la paix.

 

b) Une fois de plus c’est le même leitmotiv tendancieux : “les promesses [de cet accord] ne seront pas tenues”. Quelles promesses? L’autonomie pour les Palestiniens. Mais il va de soi que ce n’est pas là une question qui se règle en quelques mois, surtout avec une communauté qui repousse tout compromis et refuse de renoncer au terrorisme.

 

c) Quant à la paix entre l’Égypte et Israël, elle ne pouvait être que ‘séparée’, puisque les autres États arabes refusent toujours obstinément de reconnaître Israël. Il faut également préciser que l’Égypte fut exclue de la Ligue Arabe, très peu de temps après ces événements. Ce qui prouve que ce n’est pas suite à la non-réalisation des promesses du traité que cette mesure d’exclusion fut prise, mais parce que, pour la première fois, un dirigeant arabe avait rompu le pacte sacré : ne pas dialoguer Israël et surtout ne pas en reconnaître l’existence. Sadate paiera, plus tard, de sa vie, cet acte de courage et de lucidité politiques.

 

 

Bande 2ème Partie: 3114-3414 :

 

• Images : 1) Séquence filmée de Beyrouth sous les obus; 2) photos d’Assad et de Pierre Gemayel; 3) séquence filmée d’une rencontre entre Jumblatt et Arafat; 4) séquence filmée d’une déclaration faite à la presse par M. Begin, concernant l’engagement d’Israël au Liban : Begin démontre, en s’aidant d’une carte, que l’intervention d’Israël a pour but de sauver les chrétiens du Liban, débordés par les Arabes et les Druzes; 5) carte du Liban, portant la date de mars 1978 et montrant, par une animation graphique, la pénétration des forces israéliennes en territoire libanais.

 

• Texte : « Beyrouth et le Liban ont sombré dans la guerre civile. Au premier plan : Hafez El Assad, le puissant voisin syrien, froid, incontournable et manipulateur. Il joue des renversements d’alliance, au gré de ses intérêts. Sur le terrain, face à face : Pierre Gemayel, dirigeant maronite, à la tête du parti de Droite – il pense qu’il faut chasser les Palestiniens du Liban, et Kamal Jumblatt, le chef des Druzes et de la gauche – il a trouvé, en Arafat, un allié naturel et tous deux se confortent mutuellement.

 

En 1978, l’échiquier libanais s’ouvre à un nouvel acteur : Begin va, lui aussi, intervenir au Liban. [Images du début de la déclaration de Begin, qui s’aude d’une carte :] “Un instant. Ai-je le droit de faire une déclaration? Je répondrai ensuite à toutes vos questions, sauf celles auxquelles je ne répondrai pas. J’ai parlé au Secrétaire général de l’ONU. Le premier sujet que j’ai abordé est la situation au sud du Liban. Je lui ai montré cette carte. Voici le fleuve Litani et voici notre frontière nord. Les villages musulmans sont en rouge, les villages chrétiens, en bleu. Les villages druzes, en vert. Vous pouvez constater que les villages chrétiens sont une île perdue, au milieu d’un océan de villages musulmans. Ils sont numériquement écrasés. La région abrite 5.000 membres de ce qu’on appelle l’OLP. Ils sont tous équipés d’armes et d’artillerie soviétiques. Depuis ces villages musulmans, ils déploient, toutes les nuits, un barrage d’artillerie et de feu et bombardent ces villages chrétiens isolés. Nous les aidons, car, sans notre aide, ces villages auraient déjà disparu. Personne d’autre ne les aide!”

 

En mars 1978, l’armée israélienne envahit le sud-Liban, jusqu’au fleuve Litani. 900 morts, 3.000 blessés et des dizaines de milliers de sans abri, dans la population civile libanaise et palestinienne. L’ONU intervient. Israël se retire mais en gardant une zone de sécurité, au nord de sa frontière : un nouveau territoire occupé. »

 

• Remarques : a) ‘Nouveau territoire occupé’, oui, mais au sens technique et stratégique du terme. Mais il eût fallu insister sur ce qu’a toujours répété Israël : il ne s’agissait pas d’une conquête territoriale mais de la création d’une zone-tampon pour protéger Israël des incursions incessantes de fedayin en territoire israélien, avec leur cortège navrant d’attentats, de meurtres et de destructions. On mesurera le bien fondé de ces mesures de sécurité, lors des événements de la guerre du Liban, 4 ans plus tard : ce sont plus de 10.000 fedayin survivants qui devront quitter le Liban après la victoire israélienne et la recherche, la confiscation et la destruction de leur énorme arsenal de guerre et de leurs bases – totalement disproportionnés par rapport au nombre de leurs combattants – prendront des mois (cf., ci-après, Bande 2ème Partie: 3454-3824).

 

b) Quant à l’argumentation de Begin sur le sort des villages chrétiens, on a beaucoup ironisé à son propos. Pourtant, malgré l’intérêt stratégique évident, pour Israël, d’une alliance avec les chrétiens maronites (’Phalangistes’ surtout), les préoccupations humanitaires concernant cette population – qui s’avérèrent tout à fait fondées – étaient réelles.

 

 

Bande 2ème Partie: 3415-3453 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) l’esplanade du Temple ; 2) panoramique sur la région du Golan.

 

• Texte : «Juillet 1980. Jérusalem est décrétée capitale éternelle d’Israël. Le secteur arabe est maintenant annexé. Décembre 1981, c’est le tour du Golan. Avril 1982, en application des accords de paix avec l’Égypte, le Sinaï est restitué, malgré la résistance des colons israéliens, évacués de force».

 

 

Bande 2ème Partie: 3454-3824 :

 

• Images : 1) Photo d’un plan de Beyrouth, portant la date de 1982, avec animation illustrant la partition de la ville en deux zones : l’arabe et la chrétienne; 2) séquences filmées de l’entrée des troupes israéliennes dans Beyrouth, des prisonniers palestiniens et des mouvements de chars; 3) séquence filmée montrant Sharon serrant des mains de soldats; 4) séquence filmée des pilonnages de Beyrouth; 5) déclaration de Begin; 6) séquence filmée montrant Arafat paraphant l’engagement de départ des forces de l’OLP de la capitale libanaise; 7) séquence filmée, sous-titrée 30/08/82, montrant le départ des troupes de l’OLP et l’embarquement honteux d’Arafat et de sa suite.

 

• Texte : «Beyrouth. Une guerre se prépare : un face à face entre Israël et l’OLP. La ville est coupée en deux par 12 ans de guerre civile. A l’est, le réduit chrétien, tenu par les phalangistes, alliés d’Israël. A l’ouest, dans le secteur à majorité musulmane, les camps de réfugiés palestiniens: Sabra, Chatila, Borj Al Barajneh et Fakani, le quartier où se trouve le siège de l’OLP, cible choisie par Israël. Le 6 juin 1982, les Israéliens entrent une nouvelle fois au Liban. Cette fois, ils ne s’arrêtent pas, remontant vers le nord, détruisant les bases, ratissant les villes, tuant et arrêtant des milliers de Palestiniens et de Libanais. Une semaine plus tard, ils encerclent Beyrouth-ouest. Pour la première fois, Israël est aux portes d’une capitale arabe. Ariel Sharon, ministre de la Défense, applique un plan mis au point depuis deux ans : installer un pouvoir phalangiste au Liban et anéantir l’OLP, une fois pour toutes. Aucun quartier n’est épargné. Pendant 88 jours, les fedayin, mais aussi les civils libanais, sont pris sous les bombes à implosion, le phosphore, les missiles. La violence et la cruauté de l’agression israélienne bouleversent l’opinion mondiale.

 

[Begin, au cours d’une allocution à la presse :] “Mesdames et Messieurs, nous ne sommes pas entrés dans Beyrouth. Je reconnais que nous hésitons. L’hésitation est humaine. Mais nous veillerons à ce que tous les terroristes quittent Beyrouth et le Liban. Il n’en restera pas un seul, croyez-moi. Pas un seul !”. Il y a déjà 10.000 morts. Alors Arafat accepte les conditions dictées par les Américains : le départ de l’OLP contre celui des forces israéliennes et la protection des civils palestiniens par la France, l’Italie et les États-Unis. Jour de deuil : le 30 août, les 14.000 fedayin survivants quittent Beyrouth. De l’eau de fleur d’oranger et des rafales de kalachnikov. Beaucoup sont nés ici. Ils laissent leur famille et ils pleurent une deuxième patrie. Ils seront dispersés en Afrique du Nord, au Yémen, au Soudan, en Iraq, loin, toujours plus loin de la Palestine».

 

• Remarques : a) Une fois de plus, c’est l’imprécision, le flou artistique. On nous dit qu’“une guerre se prépare entre Israël et l’OLP”. A l’époque, on a entendu des commentaires apitoyés d’observateurs et de journalistes, sur la disproportion des moyens entre l’Organisation de Libération de la Palestine et la puissante armée israélienne. Il eût été plus conforme à la vérité de préciser que ce n’est pas Israël qui s’en est pris à l’OLP, mais que c’est le bras armé de cette dernière qui n’a cessé, durant des années, de s’infitrer dans le territoire d’Israël pour y perpétrer des massacres aveugles, terrorisant et exaspérant la population. Un État de droit n’a pas d’autre moyen de riposte. S’il s’était agi de petits groupes de partisans, des commandos eussent suffi pour en venir à bout. Mais, cette fois, Israël avait, à ses frontières, une véritable petite armée, très bien entraînée et équipée. Ses commandos d’élite pouvaient impunément perpétrer leurs actions terroristes et se réfugier ensuite en territoire libanais. L’armée d’Israël n’avait donc pas d’autre choix que d’aller frapper elle-même les camps retranchés d’où lançaient leurs attaques des combattants palestiniens, qui faisaient la loi dans un État ravagé par une guerre civile qui durait déjà depuis plus d’une décennie.

 

b) Il est vrai que le plan de Sharon était prêt depuis un certain temps. Mais la présentation tendancieuse de ce fait – au demeurant classique en stratégie militaire (tous les état-majors de toutes les armées du monde ont des plans précis d’attaque et d’invasion de leurs voisins en cas de conflit) – a pour but de présenter l’ensemble de l’opération comme une froide machination visant à détruire l’organe représentatif des Palestiniens. Aujourd’hui, on peut le dire, avec le recul du temps, si l’OLP s’était cantonnée à un rôle politique et n’avait pas sans cesse utilisé l’arme du terrorisme, jamais de tels événements ne se seraient produits. Les négociations actuelles entre Israël et les Palestiniens en sont la preuve, même si certains veulent nous faire croire que sans, ce bain de sang, Israël ne se serait jamais assis à la table des négociation. Ce qu’il faudrait démontrer.

 

c) En ce qui concerne l’usage des bombes à implosion, il eût fallu préciser qu’elles ont été utilisées précisément pour éviter, dans toute la mesure du possible, d’atteindre des cibles innocentes. Il convient de rappeler ce qui a déjà été dit : la tactique de l’OLP a toujours été d’enfouir ses bases militaires et logistiques dans des quartiers populeux, peuplés de civils. D’où l’emploi des obus à implosion qui ont l’avantage de faire s’écrouler sur lui-même l’immeuble ciblé et lui seul, contrairement à ce qui se passe avec des explosifs traditionnels. Quant aux bombes au phosphore, Israël n’en a pas l’exclusivité, tant s’en faut. Elles sont indispensables pour mettre en feu des installations enterrées prévues pour résister aux plus durs bombardements. Faut-il rappeler qu’il n’y a pas d’armes propres ? Toute arme est meurtrière.

 

 

Bande 2ème Partie: 3825-3946 :

 

• Images : Séquences filmées 1) entrée de quelques chars israéliens dans Beyrouth-ouest et prise de position devant le siège de l’OLP ; 2) images de cadavres dans les camps de Sabra et de Chatila, avec date : 16/09/82; 3) manifestations israéliennes du mouvement pacifiste ‘Shalom akhshav’ (La paix maintenant) contre l’engagement israélien au Liban et les massacres de Sabra et Chatila et pour demander la constitution d’une Commission d’enquête; 4) photo de Shamir.

 

• Texte : «Une fois de plus, les promesses américaines ne seront pas respectées. L’armée de Sharon entre à Beyrouth-ouest et, devant l’état-major de l’OLP, stationnent les tanks israéliens. Sabra et Chatila : 3.000 morts - des femmes, des enfants, des vieillards, massacrés par les phalangistes, à la hache au couteau, au révolver. L’armée d’Israël était là, tout près. Elle a tout vu. Elle a laissé faire. Ces images partout ont choqué. Partout, mais surtout en Israël. Ils sont 400.000 : un dixième de la population israélienne ; contre Sharon, contre Begin, contre cette guerre et ses massacres. Israël est déchiré, Begin condamné à la démission. Mais son successeur, Yitzhaq Shamir, maintiendra l’armée au Liban pendant encore 3 ans. Pour lui, la guerre était un succès, malgré la contestation en Israël, qui se radicalise. »

 

• Remarques : Une fois de plus, justement, comme dit l’auteur, revient le leitmotiv de tout ce film : Israël et les américains ne respectent aucune de leurs promesses. Mais ces gens savent-ils de quoi ils parlent ? Ont-ils lu les termes des accords ? Peuvent-ils soutenir tranquillement qu’une armée qui a décidé d’extirper de son ‘sanctuaire’ meurtrier des bandes armées qui sèment la terreur dans ses frontières, sans respecter la plus élémentaire des règles de la guerre, peut-on imaginer, donc, que ce corps expéditionnaire va rebrousser chemin, alors qu’étant maintenant à pied d’œuvre, il sait que le potentiel logistique et militaire de son ennemi est là, encore efficace et redoutable ? Imagine-t-on sérieusement que, dans un pays comme le Liban d’alors, où les institutions ne fonctionnaient plus, dont on ne savait qui le dirigeait, dont les forces armées, profondément divisées, s’entretuaient, et où l’OLP – qui était encore, alors, une organisation terroriste – se sentait comme un poisson dans l’eau, peut-on imaginer que cette armée de métier allait quitter les lieux sans achever sa tâche, à seule fin de ne pas pénétrer dans une ville qui, de toute façon était une ruine ouverte à tous les vents ?… La suite des événements, le nombre de combattants que l’on dénombra, l’énorme arsenal militaire (dont l’auteur du film ne dit pas un mot) qu’Israël confisqua, ou détruisit sur place (et pour cela, il fallait bien entrer dans les quartiers de la capitale libanaise où étaient situés ces arsenaux!) témoignent éloquemment que le Gouvernement israélien a eu mille fois raison d’agir comme il a agi.

 

b) Quant à la terrible accusation portée contre l’armée israélienne : “elle a tout vu. Elle a laissé faire”, on se demande comment les auteurs de ce film peuvent l’émettre avec autant d’assurance ! Pour ma part, j’étais en Israël, à l’époque des faits. J’ai pu parler avec des camarades mobilisés qui se trouvaient dans les environs de ces camps. Les plus négatifs et les plus braqués contre le gouvernement de droite de Begin allaient jusqu’à dire qu’ils avaient, en effet, vu des groupes armés entrer dans le camp et entendu des cris et des détonations. Mais ils précisaient aussitôt, avec honnêteté, que la chose se produisait fréquemment dans le secteur et que l’on savait bien que des combats incessants avaient lieu entre les Phalangistes et les Palestiniens. On se souvient du scandale que déclenchèrent ces soupçons, non seulement dans le monde, mais surtout en Israël. Des militants du mouvement de gauche, favorables à des négociations avec les Palestiniens : Shalom akhshav (’La Paix maintenant’), appuyés par une bonne partie de l’opinion publique israélienne, exigèrent et obtinrent que fût créée une Commission d’enquête. Celle-ci estima que Begin devaient endosser une partie de la responsabilité morale d’un massacre, que l’état-major israélien n’avait su ni prévoir, ni empêcher. Le Premier ministre dut démissionner. Quant à Sharon, plus compromis, on lui retira le portefeuille de la Défense. Il fut établi, en effet, que l’état-major de Sharon avait donné son accord de principe sur l’opération de nettoyage des camps palestiniens, avec le sous-entendu cynique qu’il fallait laisser les libanais ‘faire eux-mêmes le sale boulot’. Il était bien évident, dans l’esprit des militaires israéliens, qu’il ne s’agissait de rien d’autre que d’une opération militaire contre des combattants palestiniens et leurs installations stratégiques. Ce qu’on reprocha – à juste titre – à Sharon, c’est de n’avoir pas voulu ou su prévoir que les Phalangistes, dont la combativité et la cruauté étaient bien connues, pourraient se laisser aller à perpétrer des massacres de civil. Ce qui fut effectivement le cas. C’est donc une sanction pour négligence et légèreté de jugement, ayant entraîné des conséquences graves, qui fut infligée à certains responsables politiques et militaires – et c’est à l’honneur des institutions démocratiques de l’État d’Israël – et non une condamnation pour complicité active ou passive dans le massacre de civils, et encore moins pour une prétendue collusion de l’armée israélienne avec les Phalangistes, dans cette affaire.

 

C’est donc là une accusation meurtrière, indigne d’un homme, en général, et d’un auteur de film, en particulier, surtout lorsque son œuvre se présente comme un document historique, traité avec toutes les apparences de l’impartialité et de l’objectivité. Je me souviens encore personnellement, avec effroi, de l’atmosphère de lynch médiatique de l’État d’Israël, qui régnait, à cette époque, et de l’exploitation éhontée et hystérique qu’en firent alors les ennemis d’Israël, qui, eux, parlaient carrément d’un massacre perpétré par les Phalangistes et les soldats israéliens, les plus ‘modérés’ condescendant à n’admettre que la complicité passive !…

 

 

Bande 2ème Partie: 3947-4135 :

 

• Images : 1) Photo d’Arafat [1983], posant avec des Israéliens, membres du mouvement pacifiste, Shalom akhshav (’La paix maintenant’); 2) séquence filmée montrant Uri Avneri et Matti Peled arrivant à l’aéroport et interviewés par un journaliste israélien ; 3) photos d’Issan Sartaoui, Saïd Amami, Azedin Kalak, Naïm Kader, Abou Nidal.

 

• Texte : « Arafat reçoit des Israéliens. C’est la photographie du premier dialogue. Avec Uri Avneri, ex-député, rédacteur en chef d’un grand hebdomadaire et avec le général Matti Peled, héros de la Guerre des Six Jours. [Dialogue de Peled avec le journaliste :] “Vous n’êtes pas gêné de rencontrer Arafat, précisément en ces jours où Israël est toujours la cible d’attentats de l’OLP ? – De mon point de vue, au contraire. La situation actuelle, qui est très grave et qui se traduit par un nombre élevé de victimes des deux côtés [interruption par des cris hostiles] nous contraint à exploiter toutes les voies possibles pour mettre enfin un terme à cette tension. Et c’est précisément la tension actuelle qui justifie l’importance et l’urgence de notre mission”. Il risque la prison. Yistzhaq Shamir fait voter une loi interdisant aux Israéliens de rencontrer des membres de l’OLP. Mais pour les Palestiniens qui dialoguent, c’est la mort. Issan Sartaoui, représentant de l’OLP à l’Internationale socialiste, tué à Lisbonne, en 1983. Saïd Amami, représentant de l’OLP à Londres, tué en décembre 1972. Ezdin Kalak, représentant de l’OLP à Paris, tué en août 1978; Naïm Kader, représentant de l’OLP à Bruxelles, tué en juin 1981. Des Palestiniens exécutés par un Palestinien : Abou Nidal, un homme mystérieux, et qu’on dit manipulé par l’Iraq, par la Lybie, certains disent aussi par Israël ».

 

• Remarque : Une fois de plus, c’est le flou artistique. On nous dit, en effet, que, si les Israéliens qui dialoguent avec l’OLP, risquent la prison, “pour les Palestiniens qui dialoguent, c’est la mort”. On oublie seulement de nous préciser que ce ne sont pas les Israéliens qui ont assassiné Issan Sartaoui, Saïd Amami et Ezdin Kalak, mais les tueurs d’Abou Nidal.

 

 

Bande 2ème Partie: 4136-4310 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) scènes de la vie quotidienne dans un camp de réfugiés palestiniens à Gaza; 2) construction d’immeubles par des ouvriers arabes et vues sur des implantations et des villes juives; 3) scènes de vérifications d’identité et de contrôles de véhicules palestiniens, aux postes de passage des Territoires occupés; 4) déclaration d’un ouvrier arabe à un journaliste qui le filme.

 

• Texte : « Gaza. Bientôt 20 ans que dure l’occupation israélienne. Dans les camps de réfugiés, des centaines de milliers de Palestiniens vivent, entassés dans des conditions misérables. En Cisjordanie, ce sont des ouvriers palestiniens qui construisent des colonies juives. Déjà 240.000 colons juifs sur 40% des terres. Toujours le fait accompli. Il fait encore nuit lorsque les ouvriers arrivent aux barrages militaires. Par mesure de sécurité, ils sont longuement contrôlés et fouillés. Pas de Sécurité Sociale, la moitié du salaire d’un ouvrier juif. Au petit matin, c’est l’autobus pour les chantiers et, le soir, ils repasseront par les mêmes humiliations.

 [Un ouvrier à arabe à un journaliste qui le filme :] “Je lance un message au monde entier. Je lance un SOS. Aidez-nous, sinon, nous allons mourir! Nous touchons le fond. Nous sommes en dessous de zéro. [A une question de quelqu’un qui lui demande apparemment pourquoi il va travailler en Israël, dans ces conditions-là, l’ouvrier répond :] Si je ne travaillais pas en Israël, mes enfants mourraient de faim”. »

 

• Remarques : a) Je ne reviendrai pas sur la genèse des camps de réfugiés. Il en a été longuement question, plus haut. Il est évident que la vie y est précaire et pénible. Toutefois, ce n’est pas Israël qui a maintenu volontairement ces gens dans des conditions misérables ; cette situation est la conséquence du refus arabe de régler, une fois pour toutes, le statut des réfugiés palestiniens.

 

b) On remarquera, par contre, la manière grossièrement partiale dont est décrite la mise en œuvre des mesures de sécurité, qualifiées d’ «humiliations». On feint d’oublier qu’entre Israël et les Palestiniens, c’est la lutte armée, que chacun de ces civils humiliés et frustrés est potentiellement – et souvent réellement – un partisan qui peut saboter, assassiner. Il est donc extrêmement facile, dans ces conditions défavorables à l’occupant, contraint au rôle de chiourme, de se lancer dans une opération de lynch médiatique systématique de l’image d’Israël ?

 

c) On souligne que ce sont des Arabes palestiniens qui construisent les immeubles des ‘colons’ juifs. Facile. Mais, en Israël, chacun sait que les Arabes se sont spécialisés dans la construction. De plus, c’est le domaine professionnel où il est le plus facile de travailler comme manœuvre sans qualification. En outre, ce plan de constructions extensives procure du travail à une main-d’œuvre qui, sans cela, ne trouverait pas à s’employer.

 

d) On parle de salaires qui sont moitié moindres que ceux des Israéliens. Facile. Des situations semblables existent dans tous les pays. L’appétit du gain et le besoin vital en manœuvre bon marché, étant donné la situation économique difficile du pays, poussent les entrepreneurs à payer le moins cher possible leurs ouvriers, surtout si ces derniers n’ont pas de droits civiques. C’est laid et odieux, mais Israël n’a pas l’exclusivité de ce genre de pratiques. Elles sont monnaie courante dans les démocraties occidentales et spécialement en France. Quant à l’absence de Sécurité Sociale, l’argument est encore plus fallacieux. Il doit s’agir de travailleurs en situation irrégulière, ou de chômeurs de longue durée, qui ne sont plus indemnisés et ne sont pas en règle de cotisations sociales. Même si c’est là une situation triste et inadmissible, l’objectivité commanderait au moins de relativiser le phénomène, surtout lorsque on sait qu’il en est de même partout dans le monde. A-t-on déjà entendu des Parisiens originaires de Bretagne ou de Bourgogne, exclus du bénéfice des allocations de chômage et travaillant au noir, se plaindre de la modicité de leur salaire, en invoquant le racisme régional des employeurs parisiens ? C’est ainsi, pourtant, que ce film exploite une situation sociale et financière précaire endémique (qui – faut-il le préciser? – est loin d’être l’apanage des seuls ouvriers palestiniens) au profit d’un discours de diffamation systématique de l’État d’Israël.

 

e) Enfin, le dialogue, filmé au grand jour, entre un journaliste et un ouvrier des camps de réfugiés – qui, remarquons-le, ne prend même pas la peine de masquer son visage et se plaint ouvertement – ainsi, d’ailleurs, que la liberté avec laquelle les journalistes peuvent librement filmer ces mesures de contrôle, sont le meilleur antidote – certes involontaire ! – au poison de la désinformation que distille cette œuvre filmée. En effet, ces scènes démontrent éloquemment, mieux que tout discours et que toute propagande, qu’un Palestinien peut s’exprimer, sans craindre pour sa vie, ni pour sa liberté, même si c’est pour calomnier l’État dont les citoyens lui donnent du travail. Et si le salaire correspondant n’est pas à la hauteur de ses droits ni de ses besoins, et s’il est en droit de s’en plaindre, qu’il sache au moins apprécier cette liberté – qu’un gouvernement arabe ne lui concéderait probablement pas, qui lui permet – de l’aveu même de ce jeteur d’appel au secours, tout de même assez peu crédible! – de “donner à manger à ses enfants”, ce que n’ont jamais fait ses alliés arabes, riches en pétrole, qui ne savent que l’inciter à fomenter la révolte et à perpétrer des actes terroristes !

 

 

Bande 2ème Partie: 4311-4542 :

 

• Images : Séquences filmées [1987] : 1) manifestations violentes de Palestiniens, qui jettent des pierres ; répliques des soldats, qui tirent des grenades lacrymogènes ; 2) enterrements de victimes palestiniennes de la répression, manifestations violentes : on brûle le drapeau israélien; 3) passage à tabac d’un manifestant interpellé par les forces de l’ordre; 4) grèves des magasins, rues désertes ; 4) photo d’Abou Djihad, aux côtés d’Arafat ; 5) séquence filmée d’une manifestation de jeunes partisans de l’OLP, défilant masqués, dans un village, en Israël.

 

• Texte : « Ils n’ont pas de fusils : ils n’ont que des pierres. C’est l’Intifada, le soulèvement. Pendant 20 ans, ils ont attendu d’être libérés par l’OLP. Maintenant, les fedayin sont trop loin : à Alger, à Tunis. Alors, pour en finir avec l’occupation, ils prennent la relève. En un mois, 1500 arrestations. En un an, des dizaines de milliers de jeunes vont connaître la prison. Tous les jours, à midi, grève des commerçants, grève des taxes et des impôts aux occupants. Les Palestiniens qui collaborent avec Israël sont tués. Un état-major clandestin est en liaison constante avec Tunis. Ils diffusent les mots d’ordre, photocopiés à des milliers d’exemplaires et déposés la nuit devant les portes. C’est Abou Djihad qui, depuis Tunis, est chargé des contacts avec les territoires occupés. Considéré comme le commandant en chef de l’Intifada, il est assassiné par un commando israélien. Depuis Alger, l’OLP a proclamé l’indépendance de l’État de Palestine. Dans les Territoires occupés, ils défilent masqués et les femmes cousent les drapeaux du rêve ».

 

• Remarques : En réalité, la ‘révolte des pierres’, même si elle exprime, à l’évidence, les revendications nationalistes de la population palestinienne, n’est pas, comme on s’efforce de nous en persuader depuis des années, un mouvement spontané de la population palestinienne en Israël, mais une opération soigneusement orchestrée et dirigée logistiquement par l’OLP. La suite du texte, insistant sur le rôle d’Abou Djihad suffirait à nous en convaincre, si nous l’ignorions encore.

 

 

Bande 2ème Partie: 4543-4924 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) déclaration d’Arafat à Stockholm, le 7 décembre 1986 ; 2) déclaration d’Arafat à Genève, le 14 décembre 1988 ; 3) déclaration de Shamir ; 4) discussions de rue animées, à Jérusalem, entre partisans et adversaires de négociations avec l’OLP.

 

• Texte : « Désormais, Arafat s’adresse publiquement aux Israéliens. Jour après jour, phrase par phrase, il concède, il prononce les mots attendus [Stockholm, 1986] : “L’OLP, le Parlement palestinien a accepté l’idée de deux États : un État palestinien et un État juif, Israël”. [Genève, 1988] : “Je répète, pour l’enregistrement, que nous renonçons absolument, totalement à toute forme de terrorisme. Toute forme de terrorisme, qu’il soit individuel, collectif, ou étatique. Nous voulons la paix. Nous nous engageons pour la paix. Nous nous engageons pour la paix. Nous voulons vivre dans notre État palestinien. Nous voulons vivre dans notre État palestinien. Nous voulons vivre et laisser vivre. Merci”.

 

[Déclaration de Shamir] : “A Genève, Arafat n’a pas annoncé qu’il reconnaissait le droit à l’existence d’Israël. Il a ostensiblement renoncé au terrorisme, en même temps qu’il appelait à ce qu’il nomme lutte de libération. Nous ne négocierons avec l’OLP, à aucune condition, ni ne la reconnaîtrons. Pour nous, l’OLP n’est pas un partenaire pour un processus de paix. C’est une organisation terroriste dont le but est de miner notre existence nationale et d’aboutir à la destruction de l’État d’Israël”.

 

Shamir est sourd aux concessions d’Arafat. Mais, dans la rue, en Israël, le débat s’est ouvert. [Un jeune kibboutznik et des badauds discutent avec véhémence :] “Les gens viennent vous dire : ‘Vos kibboutzim sont sur un sol arabe’. Mais qui, en Israël, n’est pas sur un sol arabe ? – Alors, rends-leur leur territoire! – Non. Nous affirmons que cette terre est la nôtre. Ils affirment qu’elle est à eux. Alors, soyons raisonnables et faisons moitié-moitié – Ils s’y sont opposés! – Mais maintenant… – Maintenant qu’ils ont perdu!… Qu’ils nous rendent nos jeunes qui sont morts! – Qu’ils reconnaissent l’État d’Israël ! – Mais ils refusent ! – Comment être sûrs qu’ils renoncent au terrorisme? – Ça va prendre du temps. Je ne dis pas que la paix est pour telle ou telle date. Oui, ça prendra au moins 3 ou 4 ans. S’ils ne respectent pas leur engagement, alors nous ne tiendrons pas non plus le nôtre! – A qui rendre la terre? – Ils vont et ils viennent. Les Arabes partiront. Il y a eu Rome, Byzance. Ici, les empires se succèdent. A qui veux-tu rendre ma maison ? Tu veux la rendre aux Arabes? – Propagande de droite ! Et la Samarie ? Il n’y a que des Arabes, là-bas! – Et ici, il n’y avait pas d’Arabes? Il y a cent ans, il n’y avait pas de Juifs ici!”. »

 

• Remarques : On nous parle complaisamment des ’concessions’ d’Arafat. On y oppose l’intransigeance de Shamir. Et il est vrai que Shamir ne veut rien entendre. Le moins qu’on puisse en dire est que la confiance ne règne pas. Il faut dire qu’il y a de quoi. L’OLP a changé cent fois de discours et de méthodes. Elle a longtemps prôné le refus de toute reconnaissance de l’État d’Israël, de toute négociation. Elle a usé et abusé du terrorisme meurtrier et aveugle. Puis elle s’est crue capable de faire la guerre à une armée qui avait défait toutes les forces militaires du Proche Orient. Enfin, vaincue, sur tous les champs de bataille, convaincue qu’elle n’obtiendra rien par la force, elle parle enfin de dialogue. Mais en réalité, cette Organisation ne pose aucun acte politique concret dans le sens de ce qu’elle avance. Par exemple, elle fait toujours la sourde oreille quand on lui demande d’abroger officiellement et solennellement l’article de sa Charte qui pose comme préalable à toute négociation, la disparition de l’État israélien.

 

Shamir et la Droite israélienne n’ont donc pas confiance. En outre, à leurs yeux, l’OLP n’a aucune légitimité nationale. Ils prétendent qu’elle ne représente pas toutes les aspirations des Arabes des Territoires. Ils sont convaincus que leur refus des prétentions nationalistes palestiniennes est partagé par la quasi-totalité de la population israélienne. Ce en quoi ils ont tort. Les discussions entre gens de la rue, rapportées ici, en sont la preuve, et la suite des événements, surtout à la faveur du retour de la gauche au pouvoir, quelques années plus tard, prouveront qu’on ne peut plus longtemps éluder un débat sérieux sur l’avenir d’un futur État national palestinien, quelles que soient sa nature politique, ses institutions, sa localisation et ses frontières, toutes choses qui resteront évidemment à définir et qui feront l’objet de négociations longues et laborieuses.

 

 

Bande 2ème Partie: 4925-5127 :

 

• Images : Séquences filmées : 1) des soldats israéliens passent à tabac des Palestiniens et leurs martèlent le corps avec des pierres, sous les hurlements et les sifflets de la foule, massée non loin de là; 2) Discours de Shoulamit Aloni, députée de la gauche israélienne, à la tribune de la Knesset.

 

• Texte : « Cette scène [1987], surprise par une caméra de télévision américaine révèle au monde entier que l’armée israélienne a reçu l’ordre de frapper, de briser les os, les bras, les mains qui lancent des pierres. [Shoulamit Aloni :] “Vous corrompez l’âme de notre jeunesse, dès lors que vous l’envoyez contre des femmes et des enfants” [incorrectement traduit : “Vous corrompez notre jeunesse en l’envoyant battre des enfants]. Pendant 18 ans, au sein de notre système d’éducation, ils étudient les termes de notre déclaration d’indépendance. Ils enseignent à tendre la main à la paix. Ils parlent de développer le pays pour le bien de tous les habitants. Ils parlent d’égalité de l’homme et de non discrimination. [Et ces jeunes], quand ils ont 18 ans, qu’ils sont adultes, vous les envoyez en mission, conformément à des lois colonialistes – que notre ministre des Affaires étrangères appelle ‘lois jordaniennes’ [phrase non traduite] – ces citoyens, ces enfants d’Israël, en mission sur ordre gouvernemental, conformément à des lois colonialistes, pour faire ce qui n’est pas correct, non seulement du point de vue moral, mais conformément à toute règle de droit, de justice et d’ordre”. Les consciences évoluent. Mais, sur 120 députés, ils ne sont encore qu’une dizaine à avoir le courage de parler ainsi. »

 

• Remarques : Une fois de plus, la manière de présenter les faits et le pathos du texte permettent aux auteurs de ce film de désinformer impunément les spectateurs, avec toutes les apparences de la bonne foi et de la vérité indiscutables? Voici quelques précisions et remises en cause, à ce propos :

 

a) Les images, prises au téléobjectif, donnent l’impression que la scène se passe dans un endroit retiré et que, sans la chance que constitua un caméraman qui se trouvait dans les environs, nul n’aurait pu témoigner de ce ’scandale’. En réalité, ces faits ont eu lieu sur un terrain vague tout proche du village et devant des groupes de manifestants palestiniens (qu’on aperçoit d’ailleurs furtivement, au premier plan, sur l’une des images). Si quelqu’un fait mine d’en douter, qu’il écoute les huées et les sifflets de ces assistants : ils accompagnent cette scène tout du long. Les auteurs du film eussent mieux fait de retrouver l’enregistrement d’une interview de Rabin, alors ministre de la Défense du gouvernement de coalition et qui avait donné des ordres très nets au sujet du traitement à infliger à ceux qui lapident les forces de l’ordre. Je ne me souviens pas exactement de ses propos, retransmis par la télévision, mais c’était quelque chose comme ceci : “Celui qui jette des pierres, c’est justice qu’on lui brise le bras. De toute façon, ce n’est pas mortel et c’est moins dangereux qu’une balle”. On peut se scandaliser de ces dures paroles, sauf, peut-être, si l’on a soi-même reçu en pleine figure une de ces pierres, dont le poids peut atteindre deux kilos et qui vous défigurent un homme à vie, quand elles ne le tuent pas!… On dira que les forces de l’ordre sont armées, elles. Mais on ne fait qu’inverser le problème : les forces de l’ordre n’interviennent en armes, que lorsque des vies, des biens et l’ordre public sont directement menacés. Et invoquer la justesse politique du combat national palestinien n’a aucun rapport avec le travail des forces de l’ordre, auxquelles leur métier interdit d’avoir des d’états d’âme, et qui ont l’obligation d’accomplir leur tâche de maintien de l’ordre, fût-ce par la force, si nécessaire.

 

b) On sait la fortune qu’ont eue ces images. Je me souviens qu’elles ont été projetées sur maintes stations de TV occidentales, soir et matin, et à plusieurs reprises dans la journée, durant au moins une semaine. J’ai été moi-même très choqué de cette scène insoutenable et j’ai d’abord cru à une mise en scène et à de la désinformation. Jusqu’à ce que j’apprenne, de source sûre, que ces soldats n’avaient fait qu’appliquer des recommandations de l’état-major (ce qui confirme bien que les termes de Rabin, rapportés dans l’interview évoquée plus haut, n’étaient pas une simple boutade). Des entretiens que j’ai eus, à cette époque avec des amis israéliens, militaires de carrière et réservistes, il ressortait clairement que cette consigne non officielle n’était pratiquement pas appliquée, les soldats répugnant, dans l’ensemble, à utiliser de telles méthodes (38). La preuve indirecte de l’exactitude de cette affirmation, c’est que, si ces pratiques s’étaient répandues, l’opinion mondiale aurait été saisie de plaintes des victimes de ces fractures. Or, à part ce cas illustre – et apparemment unique –, rien de tel ne s’est plus produit, à ma connaissance tout au moins.

 

c) Il reste que l’hystérie médiatique fut telle, à l’époque, qu’une chaîne de TV n’hésita pas à diffuser une interview de jeunes Palestiniens, qui accusaient l’armée de les avoir enterrés vivants, dans des tranchées qu’ils les avaient obligés à creuser, et d’avoir fait passer un char par dessus!… “Pour nous faire peur”, avaient-ils précisé. Heureusement qu’il y a eu plus de peur que de mal, sinon comment ces pauvres – qui venaient d’échapper, par miracle a) à l’étouffement, b) à l’écrasement (c’est quand même lourd, un char!… et la terre, c’est meuble, quand on l’a retournée!…) – comment, donc, eussent-ils pu venir nous raconter cette aventure rocambolesque, qui ferait rire même un idiot congénital ! On reste rêveur devant le manque de discernement (mais, au fait, n’est-ce que cela ?…) de journalistes, tellement à l’affût de ‘scoops’ qu’ils en perdent décidément tout sens de la mesure, toute déontologie professionnelle et, en fin de compte, pas mal de dignité humaine !

 

d) Quant à l’intervention de Shoulamit Aloni, elle était, en effet, courageuse et bien venue. Mais il convient de préciser que ce qu’elle flétrissait – comme elle l’a toujours fait et comme elle continue encore à le faire – ce n’était pas spécialement les coups donnés à "ces enfants" (mauvaise traduction, révélatrice, sinon intentionnelle, outre que les personnes frappées n’étaient pas des enfants, mais de jeunes hommes, à la rigueur, de grands jeunes gens), mais le fait que le gouvernement continue à envoyer des appelés dans les Territoires occupés. Il eût convenu également, pour l’objectivité du débat, de préciser que Shoulamit Aloni appartient à l’aile dure de la gauche israélienne, et qu’elle ne manquait jamais de saisir toutes les occasions de mettre en difficulté le Gouvernement de Droite, alors au pouvoir ; et il faut bien dire que ce dernier venait de lui en fournir une belle !…

 

 

Bande 2ème Partie: 5128-5356:

 

• Images : Séquences filmées : 1) des soldats israéliens procèdent à des fouilles et à des arrestations dans les Territoires occupés ; 2) le 23/10/1991 : séance plénière du Conseil National Palestinien.

 

• Texte : « Trois ans ont passé et le monde a changé. La guerre froide est terminée. Mais ici, dans les territoires occupés, la répression continue. Au Koweit, les résolutions de l’ONU sont appliquées par la force, mais ici, on attend depuis 23 ans. James Baker, le Secrétaire d’État américain a géré la crise du Golfe par la manière forte. Maintenant, il a un plan pour la paix israélo-arabe.

 

Venus de toute la diaspora, les délégués palestiniens doivent répondre aux propositions américaines pour négocier l’avenir des Territoires occupés, à des conditions que beaucoup jugent inacceptables. Georges Habash, le vieil adversaire d’Arafat, est à la tête de ceux qui refusent [s’adressant à Arafat, au cours d’une réunion du Comité Arabe pour la Palestine] : “Les enfants des pierres à qui tu t’es souvent adressé, depuis ton exil, mon frère, veulent un drapeau, un hymne national, un passeport et un siège aux Nations Unies. Ils veulent une terre où réaliser leur indépendance nationale, la libération de toute la patrie palestinienne. Ils ne veulent pas d’autonomie. Notre révolution n’a pas sacrifié 75.000 martyrs pour une autonomie”.

 

“Le plan américain ne prévoit que des négociations pour un statut intérimaire des Territoires occupés. Des négociations sans l’OLP. Rien encore sur le retour des réfugiés.

 

Arafat sait que c’est à la fois la dernière chance et un premier pas vers la paix. Mais il est bien seul pour convaincre. Tous ses compagnons les plus proches sont morts. 256 pour, 58 contre, 12 abstentions. Arafat a gagné. »

 

• Remarques : L’argument nous est sans cesse ressassé et il finit malheureusement par jouir d’un statut de crédibilité, pourtant immérité. Il affirme que l’ONU et les États-Unis, lorsque leurs intérêts vitaux sont menacés, savent employer la force brutale et d’énormes moyens financiers pour ramener à la raison les États qui transgressent le droit international, alors qu’ils n’ont que des réactions molles et platoniques face à l’injustice permanente qui est faite à la cause palestinienne. C’est sans doute vrai, mais n’est-ce pas le cas de bien d’autres causes, tout aussi tragiques, sinon plus, dans le monde (p. ex. les enfants martyrisés, les victimes du racisme, les populations qui meurent de faim, les personnes déplacées, les pauvres, les sans abri, etc.) ? Ce n’est donc pas d’un déni de justice voulu, et encore moins spécialement orienté pour leur nuire personnellement, que sont victimes les Palestiniens, mais de l’indifférence, qui est celle de l’homme, en général et, en particulier, des nantis, à l’égard de ceux qui sont dans le besoin, lorsque le nanti ne se trouve pas dans la nécessité absolue de porter secours à la victime d’un dommage, quel qu’il soit. D’ailleurs, contrairement à l’opinion généralement reçue, Israël est l’objet d’énormes pressions de la part de ses alliés et spécialement des américains, et il fait plus de concessions qu’on ne le dit dans les médias. Il reste que la gestion concrète de l’énorme problème géopolitique et financier, que représente la question palestinienne, n’est pas une mince affaire et qu’il n’y a qu’injustice et inconscience à en rendre systématiquement Israël unique responsable. Ce problème ne peut être résolu qu’avec la coopération active des nations et spécialement des nations arabes. Or, on sait, qu’à ce jour, ces dernières n’ont, dans l’ensemble, rien fait d’autre que de l’obstruction systématique et de l’incitation à la guerre contre Israël et à la déstabilisation de ce pays.

 

 

Bande 2ème Partie: 5357-5606 :

 

• Images : Séquence filmée de la séance d’ouverture de la Conférence de la paix entre Palestiniens et Israéliens (30/10/91), avec, en final, surimpression de la carte de Palestine.

 

• Texte : « Le nouvel ordre mondial. George Bush et Mikhaïl Gorbatchev ouvrent la conférence de la paix. Pour la première fois, tous les voisins d’Israël sont là pour négocier : la Syrie, la Jordanie, le Liban ont envoyé leur ministre des Affaires étrangères. Shamir, lui, s’est déplacé en personne, pour mieux défendre sa position. Il ne cédera rien. L’OLP et Yasser Arafat sont absents de la négociation, mais la Palestine est là, représentée par Aïzakh Abd El Shafi, un militant des Territoires occupés. C’est un événement. Pour la première fois, un Palestinien négocie directement l’avenir de son peuple et il a été officiellement mandaté par Yasser Arafat. James Baker : Pax americana. Les derniers vents de la ’Tempête du désert’ ne sont pas encore retombés. Ce jour-là, le 30 octobre 1991, ils n’ont pas fait la paix, mais ils lui ont ouvert la voie. L’espoir est enfin là. L’espoir de voir se dessiner, sur la terre de Palestine, des frontières qui se cherchent et qui feront la part du droit, de la justice et de l’histoire. »

 

FIN

 

 

Générique de la deuxième partie :

 

 

• Auteurs : Simone Bitton, Jean-Michel Meurice • Montage : Caroline Roulet, Aska Talczewski • Consultant historique : Elias Sanbar • Recherche de documents : Alexandre Dolgorouki • Documentalistes INA : Marie-Frédérique Jan, Catherine Bernard • Recherche musicale : Even de Tissot • Illustration sonore : Serge Kochyne • Mixage : Vianney Aube • Introductions : Catherine Neuve-Église, Akram Saghie • Texte dit par Philippe Fure • Montage régie : Christophe Lespingal • Palette graphique : Pierre-Marie Fenech • Assistant de production INA : Thierry Ippolito; Assistante de production : Martine Lebreton • Assistante de rédaction : Sophie Renon • Producteur synthé : Didier Burel • Moyens techniques : Transatlantic Video, Télé Europe, INA • Documents : Al Quds Television Production, Archive Films TV española, United Studios Israel, Imperial War Museum, Institut des Études Palestiniennes, Institut Lumière, Israel Broadcasting Authority, Israel Film Archive-Jerusalem, Archives ONU, UNRWA, Jewish Film Archive, Hebrew University, World Zionist Organisation-Jerusalem, Visnews; WTN, INA, Movietone, Pathé • Remerciements : United Nations Television • Producteurs délégués : Patrice Baraquesrat et Jean-Louis Saporito • Producteur associé : Christiane Graziani-Traube • Avec la participation du Centre National de la Cinématographie • Une co-production France 3 Point du Jour – INA Entreprise • Dans la collection “Histoires d’Actualité”, conçue et dirigée par Jean-Michel Meurice • Réalisation : Simone Bitton • Copyright : France 3 / Point du Jour / INA Entreprise, 1993.

 

 

 

 

 

IV. CONCLUSION de M. Macina

 

 

 

Il n’est pas nécessaire d’insister sur la nécessité d’une réaction – sur le fond et sur la forme – à ce document redoutable. On trouvera quelques pistes et suggestions en ce sens dans un rapport annexe, intitulé Letipheret yisrael : Rapport prospectif pour une meilleure médiatisation de la cause juive et israélienne”. Mais, d’ores et déjà, du comte rendu qui précède, nous pouvons dégager les lignes de force suivantes, qui appellent l’attention et la vigilance de tous ceux que concerne l’honneur d’Israël :

 

1. Le fameux ’Quatrième Pouvoir’ (les médias et surtout la TV) a pris une place énorme dans la conscience de nos contemporains. Une cause qui en est absente, ou y est clouée au pilori, est perdue d’avance.

 

2. Nos contemporains se savent incapables de juger objectivement de la justesse intrinsèque d’une cause. Leur principale source d’information est médiatique. Même si, interrogés, ils affichent un scepticisme plus ou moins sincère envers la crédibilité des médias, le fait est que leurs jugements sur les événements ou les causes, sont profondément influencés, voire infléchis par ces moyens d’information.

 

3. La manière de communiquer, de se faire percevoir, de réagir à des attaques, de justifier le bien fondé d’une action ou d’une prise de position est désormais affaire de professionnels (tant des médias que des disciplines concernées par le sujet : histoire, politique, religion, pensée juive, etc.).

 

4. Il y a urgence à constituer, dans chaque pays, des Groupes de réflexion et de travail sur la question regroupés au sein d’une Commission internationale disposant de pouvoirs et de moyens d’exécution.

 

 

 

M. R. Macina

 

mars 1993


Notes

 

(1) A. W. KAYYALI, Histoire de la Palestine 1896-1940, L’Harmattan, Paris 1985, p. 201. Sur le rôle des banques arabes dans la riposte à la politique sioniste de rachat des terres en Palestine, voir, ci-après, Bande 1ère Partie: 437-533, Remarques, b.

 

(2) On consultera avantageusement, à ce propos, l’ouvrage suivant : J.-P. CHAGNOLLAUD, Israël et les Territoires occupés. La confrontation silencieuse, L’Harmattan, Paris 1985, pp. 115ss.

 

(3) Terres réservées à la réalisation d’un but pieux ou d’utilité générale. Le bénéficiaire en est souvent une institution religieuse.

 

(4) A. W. KAYYALI, Histoire de la Palestine 1896-1940, L’Harmattan, Paris 1985, p. 201.

 

(5) M. ABITBOL, Les deux terres promises. Les juifs de France et le sionisme, Olivier Orban, Paris 1989, pp. 45ss.

 

(6) Il y a vingt ans, DEIR YASSIN. Comment oublier? Comment pardonner?, Brochure publiée en plusieurs langues (16 pages pour l’édition en franÇais) par la Délégation Permanente de la Ligue des États Arabes, Genève, avril 1968).

 

(7) M. de REYNIER, A Jérusalem, un drapeau flottait sur la lige de feu, sans mention de lieu, ni de date, ni d’éditeur, plusieurs fois cité dans la brochure de la Ligue Arabe (cf., ci-dessus, note 2), aux pages 1-6 et 12-13.

 

(8) Ibid., p. 2. Faut-il rappeler que ‘génocide’ renvoie au mot grec, gènos et veut dire meurtre d’un peuple, pas de la population d’un village.

 

(9) Conseil de Sécurité de l’ONU, Dossiers officiels, 3ème année, N° 62, 23 avril 1948, p. 14.

 

(10) Sada al-Janub, quotidien de Beyrouth, 16 août 1948.

 

(11) E. ATIYAH, The Arabs, London, 1955, p. 183.

 

(12) NIMR AL_HAOUARI, Sir an-Nakbah [Le secret du désastre], Nazareth, 1955.

 

(13) Falastine, 19 février 1949.

 

(14) Falastine, 30 mai 1955.

 

(15) Al-Ourdoun, 9 avril 1953.

 

(16) K. W. BILBY, New Star in the Near East, New York 1950, pp. 30-31.

 

(17) Bulletin du R.EM.P, La Haye, janvier-mars 1957, pp. 10-11.

 

(18) Newark News, Newark, New Jersey (USA), 1er novembre 1952.

 

(19) Mémoires de Haled al Azm, Beyrout, 1973, 1ère Partie, pp. 386-387. C’est nous qui soulignons. (Photocopie du texte arabe disponible en Annexe 1).

 

(20) “Comment les juifs furent expulsés des pays arabes”, dans Al-Nahar, Beyrout, 15 mai 1975 (titre original inconnu, mais photocopie du texte arabe disponible en Annexe 2).

 

(21) “Ce que nous avons appris et ce que nous devons faire”, dans Falastin el Thawa, organe officiel de l’OLP, Beyrout, mars 1976.

 

(22) Cf., à ce propos, ce que dit, ci-après, un spécialiste de la question : Bande 1ère Partie: 4943-5125, Remarque, k.

 

(23) Sur l’absence comme motif d’appropriation des terres par l’État d’Israël, voir l’ouvrage, déjà cité : J.-P. CHAGNOLLAUD, Israël et les Territoires occupés. La confrontation silencieuse, L’Harmattan, Paris 1985, pp. 129ss.

 

(24) Rapport de la Mission spéciale d’Études pour le Proche Orient, soumis à la Commission des Affaires Étrangères de la Chambre des Représentants, 14 mars 1956, p. 43.

 

(25) Propositions soumises à l’Assemblée de l’ONU, en décembre 1951, p. 11. Le groupe comprenait, entre autres : le Dr R. Niebuhr, professeur de Morale chrétienne au Union Theological Seminary, Mr A. LacLeish, de l’Université de Harvard, le Dr H. A. Atkinson, secrétaire général de la Church of Peace Union, le Dr F. May Elliot, Pdt de l’American Unitarian Association, Mr E. G. Harrison, représentant des États-Unis à la Commission Inter-gouvernementale pour les Réfugiés et vice-président de l’Université de Pensylvanie.

 

(26) Ibid., pp. 8-9.

 

(27) New York Times, 14 mai 1957.

 

(28) The Christian Century, juin 1951.

 

(29) On aurait pu ajouter les Indiens d’Amérique du Nord et bien d’autres peuples, purement et simplement rayés de la carte du monde.

 

(30) Radio du Caire, 19 juillet 1957.

 

(31) Discours devant le Parlement jordanien, 6 juin 1952.

 

(32) Al-Misri, quotidien du Caire, 11 octobre 1949.

 

(33) Rapport du sénateur Hubert H. Humphrey, en mission d’études dans le Moyen Orient et dans le sud de l’Europe, 1er juillet 1957.

 

(34) E. REES, “Century of the Homeless Man”, Rapport publié en 1957 par le Carnegie Endowment for International Peace.

 

(35) L’Orient, quotidien de Beyrout, avril 1957.

 

(36) Discours de Yusef A. Sayegh, directeur du Centre de recherches palestiniennes à Beyrouth, au Central Hall de Westminster, le 15 avril 1970, cité dans O. CARRÉ, Septembre noir : refus arabe de la Résistance palestinienne, Éditions Complexe, Paris 1980, pp. 80-81.

 

(37) Sur ce conflit aigu et fratricide entre les Palestiniens et les autorités jordaniennes, voir Ibidem.

 

(38) Un récent programme télévisé confirme éloquemment cette version des faits. Il s’agit d’une émission de la Télévision suisse romande, intitulée “Comment les jeunes recrues israéliennes, en poste dans les Territoires occupés, réagissent-elles à l’Intifada?” (Télé 21, Samedi 20 mars 1993, 20 h). Réalisée par un groupe intitulé Critical Jews, cette émission, au demeurant quelque peu démoralisante pour un israélien et un sympathisant de la cause de l’État juif, donne la parole à des réservistes – pas tous jeunes d’ailleurs – dans l’ensemble hostiles à un maintien d’Israël par la force dans les Territoires occupés. La fameuse séquence du passage à tabac, avec bris de membres, évoquée plus haut, y est longuement diffusée et commentée. Les réactions des intéressés sont, dans l’ensemble, très négatives à l’égard de ce comportement. Mais, de leurs propos, plus ou moins démoralisés, ressort une prise de position intéressante et révélatrice : “On ne sait pas quoi faire, disent-ils en substance. Nous sommes des militaires. Nous avons appris à tirer contre des gens armés, à réprimer une manifestation avec des moyens traditionnels. Mais là, qu’est-ce qu’on peut faire contre toute une population qui nous lance des pierres? Les laisser continuer à faire ce qu’ils veulent, à paralyser la vie normale, le commerce et l’industrie, à tout détruire, à mettre le pays à feu et à sang? C’est impossible!… Et puis, les pierres c’est dangereux : beaucoup de camarades ont été gravement blessés. On nous poignarde aussi et on nous tire même dessus! Alors, on n’a pas le choix des moyens… Tant que notre Gouvernement ne rend pas ces Territoires, on est bien obligés de rétablir l’ordre et de nous défendre… Et puis, vous savez, ces Palestiniens qui lancent des pierres, c’est pas des petits saints, loin de là. Ce sont même souvent des criminels!… En tout cas, c’est pas de gaîté de cœur qu’on fait ce sale boulot et on a hâte que cela finisse!”

 

 

 

© M. Macina, 1993