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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

En nombre de morts, le conflit israélo-arabe n’occupe que le 49e rang, D. Pipes et G. Heinsohn
09/10/2007

Une salutaire mise au point, sur base de chiffres difficilement contestables. Aux "belles âmes" qui feront une moue dégoûtée en parlant de "macabre comptabilité de la mort", je rappellerai qu’un sondage de l’institut GlobeSan, réalisé en décembre 2006 auprès d’un échantillon de 28.339 personnes - et sur l’objectivité et la fiabilité duquel il y aurait beaucoup à dire -, faisait apparaître qu’Israël d’abord, l’Iran et les Etats-Unis ensuite, sont considérés dans le monde comme les pays ayant l’influence la plus négative, suivis de près par la Corée du Nord. Les conséquences de la publication de ces résultats, sont bien résumées dans une analyse du CRIF, à laquelle nous renvoyons [*]. Extrait : " Des médias et des ONG se servent de ces résultats avec machiavélisme. Ils mettent dos à dos Israël-Etats-Unis, et le couple Iran-Corée du Nord. Les accusations et les jugements à l’emporte-pièce fusent. Les commentaires journalistiques sont parfois sidérants, comme en témoigne cette phrase extraite d’un article du "Figaro" - « Israël et l’Iran se partagent une impopularité maximale» - ("Le Figaro", mardi 6 mars 2007, p. 5) « Et les dirigeants « va-t-en guerre » de Jérusalem ou de Washington ne seraient pas plus respectables que ceux de Téhéran ou de Pyongyang… » ". C’est pourquoi la remarquable mise en perspective statistique réalisée par D. Pipes et G. Heinsohn, et dont Alain Jean-Mairet, fidèle traducteur de Pipes, depuis des années, nous donne ici une excellente traduction française, est de nature à mettre les choses au point, même si, à n’en pas douter, elle ne convaincra que les convaincus. Il serait intéressant d’observer la presse française pour voir si elle se fait l’écho de cette importante information. On me permettra de douter que la nouvelle fasse la une de nos quotidiens. Et ne demandez pas pourquoi. (Menahem Macina).

[*] Voir : "Retour sur un sondage récent qui juge qu’Israël est le pays le plus ’dangereux’ au monde". Je précise que les mises en grasses du texte ci-après ne figurent pas dans l’original. Elles sont mon fait exclusif.


8 octobre 2007

 

FrontPageMagazine 

Texte original : Arab-Israeli Fatalities Rank 49th ".


Traduction française : Alain Jean-Mairet.
 


Le conflit israélo-arabe est souvent désigné comme le plus dangereux de tous, et pas uniquement par des extrémistes, de sorte qu’Israël est considéré comme le pays le plus agressif du monde.

Par exemple, en juillet 2003, le Premier ministre britannique, Tony Blair, déclarait devant le Congrès américain :

« Le terrorisme ne peut être vaincu sans la paix au Moyen-Orient entre Israël et les Palestiniens. C’est de là que vient le poison. C’est là que l’extrémisme est capable de perturber l’esprit d’un nombre effrayant de gens, au point de confondre la plaidoirie en faveur d’un État palestinien avec la destruction d’Israël. »

Ce point de vue conduit beaucoup d’Européens, entre autres, à considérer Israël comme le pays le plus menaçant du monde.

Mais est-ce exact ? Un tel point de vue va à l’encontre de la norme bien connue, selon laquelle les démocraties libérales ne sont pas agressives ; de plus, il suppose, à tort, que le bilan du conflit israélo-arabe est parmi les plus lourds en termes de vies humaines.

Pour remettre dans son contexte le bilan des victimes des affrontements israélo-arabes, Gunnar Heinsohn, coauteur du présent article, a collecté des statistiques permettant d’établir un classement des conflits intervenus depuis 1950, en fonction du nombre de victimes humaines. Le conflit israélo-arabe n’apparaît (en gras) que très bas dans ce classement [49ème sur les 67 recensés] :

 

Conflits intervenus depuis 1950 et ayant fait au moins 10.000 victimes *

1

40.000.000

Chine communiste, 1949-76 (tueries pures et simples, famines provoquées, goulags)

2

10.000.000

Bloc soviétique: fin du stalinisme, 1950-53; post-stalinisme, jusqu’en 1987 (essentiellement les goulags)

3

4.000.000

Éthiopie, 1962-92: communistes, famines artificielles, génocides

4

3.800.000

Zaïre (Congo-Kinshasa): 1967-68; 1977-78; 1992-95; 1998 à nos jours

5

2.800.000

Guerre de Corée, 1950-53

6

1.900.000

Soudan, 1955-72; 1983-2006 (guerres civiles, génocides)

7

1.870.000

Cambodge: Khmers Rouges 1975-79; guerre civile 1978-91

8

1.800.000

Guerre du Vietnam, 1954-75

9

1.800.000

Afghanistan: tueries soviétiques et intestines, talibans 1980-2001

10

1.250.000

Pakistan occidental, massacres au Pakistan oriental (Bangladesh 1971)

11

1.100.000

Nigeria, 1966-79 (Biafra); 1993 à nos jours

12

1.100.000

Mozambique, 1964-70 (30.000) + après le retrait du Portugal 1976-92

13

1.000.000

Guerre Iran-Iraq, 1980-88

14

900.000

Génocide du Rwanda, 1994

15

875.000

Algérie: contre la France 1954-62 (675.000); entre les islamistes et le gouvernement 1991-2006 (200.000)

16

850.000

Uganda, 1971-79; 1981-85; 1994 à nos jours

17

650.000

Indonésie: marxistes 1965-66 (450.000); Timor oriental, Papouasie, Aceh, etc. 1969 à nos jours (200.000)

18

580.000

Angola: guerre contre le Portugal 1961-72 (80.000); après le retrait du Portugal (1972-2002)

19

500.000

Brésil contre ses Indiens, jusqu’en 1999

20

430.000

Vietnam, après la fin de la guerre en 1975 (victimes de l’intérieur ; «boat people»)

21

400.000

Indochine: contre la France, 1945-54

22

400.000

Burundi, 1959 à nos jours (Tutsis/Hutus)

23

400.000

Somalie, 1991 à nos jours

24

400.000

Corée du Nord jusqu’en 2006 (victimes de l’intérieur)

25

300.000

Kurdes en Iraq, en Iran, en Turquie, années 1980-1990

26

300.000

Iraq, 1970-2003 (Saddam Hussein contre des minorités)

27

240.000

Colombie, 1946-58; 1964 à nos jours

28

200.000

Yougoslavie, régime de Tito, 1944-80

29

200.000

Guatemala, 1960-96

30

190.000

Laos, 1975-90

31

175.000

Serbie contre Croatie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, 1991-1999

32

150.000

Roumanie, 1949-99 (victimes de l’intérieur)

33

150.000

Liberia, 1989-97

34

140.000

Russie contre Tchétchénie, 1994 à nos jours

35

150.000

Guerre civile libanaise, 1975-90

36

140.000

Guerre du Koweït, 1990-91

37

130.000

Philippines: 1946-54 (10.000); 1972 à nos jours (120.000)

38

130.000

Birmanie/Myanmar, 1948 à nos jours

39

100.000

Nord Yémen, 1962-70

40

100.000

Sierra Leone, 1991 à nos jours

41

100.000

Albanie, 1945-91 (victimes de l’intérieur)

42

80.000

Iran, 1978-79 (révolution)

43

75.000

Iraq, 2003 à nos jours (troubles intérieurs)

44

75.000

El Salvador, 1975-92

45

70.000

Érythrée contre Éthiopie, 1998-2000

46

68.000

Sri Lanka, 1997 à nos jours

47

60.000

Zimbabwe, 1966-79; 1980 à nos jours

48

60.000

Nicaragua, 1972-91 (marxistes/autochtones, etc.)

49

51.000

Conflit israélo-arabe, de 1950 à nos jours

50

50.000

Nord Vietnam, 1954-75 (victimes de l’intérieur)

51

50.000

Tadjikistan, 1992-96 (laïques contre islamistes)

52

50.000

Guinée Équatoriale, 1969-79

53

50.000

Pérou, 1980-2000

54

50.000

Guinée, 1958-84

55

40.000

Tchad, 1982-90

56

30.000

Bulgarie, 1948-89 (victimes de l’intérieur)

57

30.000

Rhodésie, 1972-79

58

30.000

Argentine, 1976-83 (victimes de l’intérieur)

59

27.000

Hongrie, 1948-89 (victimes de l’intérieur)

60

26.000

Indépendance du Cachemire, 1989 à nos jours

61

25.000

Jordanie, gouvernement contre Palestiniens, 1970-71 (Septembre Noir)

62

22.000

Pologne, 1948-89 (victimes de l’intérieur)

63

20.000

Syrie, 1982 (contre des islamistes à Hama)

64

20.000

Guerre sino-vietnamienne, 1979

65

19.000

Maroc: guerre contre la France, 1953-56 (3000) et au Sahara occidental, 1975 à nos jours (16.000)

66

18.000

République du Congo, 1997-99

67

10.000

Yémen du Sud, 1986 (guerre civile)

* Chiffres arrondis. Sources: Brzezinski, Z., Out of Control: Global Turmoil on the Eve of the Twenty-first Century, 1993; Courtois, S., Le Livre Noir du Communisme, 1997; Heinsohn, G., Lexikon der Völkermorde, 1999, 2e éd.; Heinsohn, G., Söhne und Weltmacht, 2006, 8e éd.; Rummel. R., Death by Government, 1994; Small, M. and Singer, J.D., Resort to Arms: International and Civil Wars 1816-1980, 1982; White, M., Death Tolls for the Major Wars and Atrocities of the Twentieth Century, 2003.

 

Cet inventaire macabre affiche un total de quelque 85 millions de morts causées par des conflits depuis 1950. Le chiffre des victimes du conflit israélo-arabe, dénombrées depuis 1950, s’élève à 32.000 morts, causées par les attaques arabes, et à 19.000, causées par les attaques palestiniennes, soit un total de 51.000. Les Arabes représentent environ 35.000 de ces victimes, et les Israéliens juifs, quelque 16.000.

Ces chiffres montrent que les morts, causées depuis 1950 par les affrontements israélo-arabes, ne représentent que 0,06% du total de victimes de tous les conflits de cette période. En d’autres termes, depuis 1950, seule une victime de conflit sur 1 700 est tombée dans des affrontements israélo-arabes.

(L’ajout des 11.000 victimes de la Guerre d’Indépendance israélienne, de 1947 à 1949, soit 5 000 Arabes et 6 000 Juifs israéliens, n’affecte pas sensiblement ces résultats.)

En guise de comparaison, quelque 11 millions de musulmans ont été victimes de mort violente depuis 1948, dont 35.000, soit 0,3%, sont morts dans le cadre des 60 ans de lutte contre Israël, soit une victime musulmane sur 315. Ceci alors que plus de 90% de ces 11 millions de victimes ont été tuées par d’autres musulmans.

 

Commentaires :

  • En dépit du bilan relativement peu meurtrier du conflit israélo-arabe, il est probable que sa renommée, sa notoriété, sa complexité et sa portée diplomatique continueront de lui valoir une importance démesurée dans l’imaginaire collectif. Et la réputation d’Israël continuera d’en payer le prix.
  • Malgré cela, il vaut la peine de souligner le ratio statistique de 1/1 700, en guise de correctif et dans l’espoir qu’un jour, cette réalité sera reconnue et permettra de classer le conflit israélo-arabe à sa place légitime sur l’échelle des priorités politiques mondiales.


Pour mémoire : Mao Tsé-toung fut, de loin, le plus grand des tueurs de l’après-1950.

 

Gunnar Heinsohn and Daniel Pipes *

 

© FrontPageMagazine.com

 

 

* Le Professeur Heinsohn dirige le Raphael-Lemkin-Institut für Xenophobie und Genozidforschung [Institut Raphaël Lemkin pour l’étude de la xénophobie et du génocide], à l’Université de Brême. Le Dr Pipes dirige le Middle East Forum.

 

 

Mis en ligne le 9 octobre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org