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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Paris: Une association israélophobe profane les portraits des 3 otages israéliens
31/10/2007

 30/10/07

 

Le 27 octobre, un commando du CAPJPO (1) envahit le square Yitzhaq Rabin. Son but : protester contre l’initiative - qualifiée d’ « indécente », et réputée « prise en catimini par la Mairie de Paris » - d’ériger un panneau affichant les photos des trois soldats israéliens enlevés (la Capjpo dit « faits prisonniers »), en territoire israélien, non loin de la frontière du Liban (la CAPJPO dit « dans la bande de Gaza et au Liban »).

Pour avoir une idée du ton des vociférations de Mme Olivia Zémor, présidente et égérie de cette association israélophobe et palestinolâtre, il suffit de visionner la vidéo réalisée par la CAPJPO lui-même. Quant au contenu, il se passe de commentaire. On peut en lire la teneur plus loin.

Sur son site, Zémor proteste avec virulence contre ce qu’elle appelle un « soutien à une armée d’occupation » et elle exige de la Mairie de Paris qu’elle retire ce panneau « scandaleux ». Elle appelle également l’ensemble des élus, « à commencer par Monsieur Bertrand Delanöé, à demander au gouvernement israélien la libération des 11 000 prisonniers politiques palestiniens pris en otages, parmi lesquels les 45 députés kidnappés et emprisonnés en Israël, après les élections législatives de janvier 2006 en Palestine ».

Elle fournit même les coordonnées e-mail de l’état-major de la Mairie, que je reproduis avec plaisir ici, pour permettre à nos internautes qui le désirent, d’exprimer à la municipalité de Paris leur appréciation, voire leur insatisfaction éventuelle (comme l’ont déjà fait, pour leur part, le journaliste Clément Weil Raynal) et Jacques-Yves Bohbot, à propos de cette initiative).

bertrand.delanoe@paris.fr (Maire de Paris); sandrine.mazetier@paris.fr (Conseiller minicipal du 12e et député de la 8e circonscription); michele.blumenthal@paris.fr (maire du 12e/PS); christophe-najdovski@paris.fr (conseiller du 12e Verts); frederic-sperry@paris.fr (conseiller du 12e / VERTS); jose-espinosa@paris.fr (Conseiller du 12e / PC/ devenu Bové); yves.contassot@paris.fr (Conseiller de Paris, Vert).

Elle pousse même le zèle jusqu’à transcrire intégralement son intervention du 27 octobre à l’Espace Rabin, et même à en donner des traductions, en anglais et en arabe.

Je crois utile de reproduire ce morceau d’anthologie de la haine et de la partialité idéologiques.

« Nous sommes en ce moment à l’intérieur du Parc de Bercy dans le 12ème arrondissement de Paris. Et ce que vous voyez devant vous, cette installation au milieu du parc, a été mise en place la semaine dernière, vendredi 19 octobre, à l’initiative de la Mairie de Paris et en particulier de son maire, Bertrand Delanoé, qui est venu l’inaugurer avec la députée de la circonscription, Sandrine Mazetier (elle aussi du PS), ainsi que le CRIF. Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, accueilli récemment par Sarkozy, auquel il a demandé de l’aider dans ses projets d’attaque de l’Iran (2), est venu, lui aussi, ici, saluer ces photos.

De quoi s’agit-il ? Que peut-on lire sur cette espèce de monument dressé au milieu du parc ? A côté du sigle de la Mairie de Paris, il y a en gros caractères " Paris se mobilise pour… "

Et en dessous, trois noms et la photo de trois hommes souriants, habillés en civil.

Et sous leurs photos, la mention " retenu depuis telle date ".

Qui sont ces hommes ? Des otages français ? Des civils, comme Ingrid Bettencourt ? Tout le laisse croire, et c’est là une monstrueuse escroquerie.

Car ces hommes sont des soldats, des soldats (3) d’une armée d’occupation, l’armée israélienne, faits prisonniers (4) alors qu’ils occupaient des territoires qui ne sont pas les leurs, en l’occurrence Gaza (5) et le Liban (6). Ce sont les hommes d’une armée qui commet des crimes de guerre, bombarde des populations civiles, et qui n’hésite pas à tirer sur des personnes sans défense (7).

Ici, parmi nous, un journaliste français, a été grièvement blessé par ces soldats israéliens en 2000 à Ramallah, c’est-à-dire dans les territoires palestiniens alors qu’il faisait son métier de reporter. Et tout prouve qu’il s’agit d’un acte délibéré (8), dont il n’a toujours pas obtenu réparation.

Nous élevons donc une protestation officielle contre cette affirmation mensongère : NON ! Paris ne se mobilise pas et ne veut pas se mobiliser pour soutenir cette armée d’occupation qui essaie de semer le chaos et la mort dans une grande partie du monde : en Palestine, au Liban, en Irak et qui veut maintenant attaquer la population iranienne (9).

Par contre, à Paris et ailleurs, nous nous mobilisons pour la libération des 11 000 prisonniers politiques palestiniens, parmi lesquels des centaines de femmes et d’enfants. Il y a notamment parmi eux 45 parlementaires palestiniens, démocratiquement élus et kidnappés par Israël il y a plus d’un an (10), qui sont détenus en otages (11) dans les prisons israéliennes, sans que notre gouvernement, ni Monsieur Delanoé n’élèvent la moindre protestation… Qu’attendent leur collègues députés français pour demander leur libération ? Nous avons envoyé des observateurs français, européens, internationaux s’assurer du déroulement parfaitement démocratique des élections législatives de janvier 2006, qui ont amené ces Palestiniens… au Parlement. Qu’attendons-nous pour exiger leur libération comme celle de tous les autres otages palestiniens raflés, torturés, emprisonnés par Israël, parce qu’ils disent non à l’occupation de leur territoire (12)?

Comment la France, qui se veut un modèle de démocratie, la France qui fait lire à tous les lycéens la lettre d’un jeune homme qui est mort en résistant à l’occupation, peut-elle continuer à soutenir l’occupation israélienne (13) qui dure depuis des décennies avec son cortège d’atrocités, d’expulsions et d’annexions ?

Nous exigeons le retrait par ceux qui l’ont installé en catimini, comme des voleurs (14), au sein de la mairie de Paris et de celle du 12ème arrondissement, et avec l’argent des contribuables, avec notre argent, de cet ignoble symbole de l’occupation qui ne dit pas son nom (15).

Ces trois hommes, s’ils avaient refusé de servir une armée de colonisation et d’occupation, en en envahissant en permanence des territoires qui ne lui appartient [sic] pas, eh bien ils ne seraient pas tombés dans les mains de la résistance (16), et ils ne seraient pas prisonniers de guerre (17). S’ils avaient pris pour modèles leurs courageux compatriotes, ceux qu’on appelle les refuzniks, comme Yoni Ben Artzi et d’autres, ils auraient en plus représenté l’honneur de leur pays, et nous serions heureux de saluer aujourd’hui leur portrait dans ce parc.

ARMEE D’ISRAEL, ARMEE CRIMINELLE !

LIBEREZ LES PRISONNIERS PALESTINIENS !

NON NON NON ! A L’OCCUPATION !

HALTE AU MASSACRE DES PALESTINIENS !

 

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Et pour conclure :

Plus d’un an après leur enlèvement, on est sans nouvelles des soldats enlevés. Ni leurs familles, ni le gouvernement d’Israël, ni les organisations internationales ne savent où ils se trouvent, ni quel est leur état de santé. 

Ni le Comité international de la Croix Rouge, ni aucune ONG humanitaire n’a obtenu de nouvelles sur le sort des soldats. Personne ne sait s’ils sont vivants, s’ils sont encore au Liban, dans quelles conditions ils sont détenus, s’ils sont traités humainement.

Le porte-parole de la CICR (Comité International de la Croix-Rouge) à Tel-Aviv a confirmé, le 7 octobre, que, malgré des efforts continus, les ravisseurs persistaient à refuser à l’organisation tout contact avec les otages.

Rappelons que ces prises d’otages ont eu lieu sur le territoire souverain israélien, que les trois captifs ne bénéficient pas du plus fondamental des droits humains, conformément aux Conventions de Genève. En flagrante violation de la résolution 1701 de l’ONU, les organisations terroristes qui ont commis ces enlèvements, ainsi que la Syrie et l’Iran qui les soutiennent, se comportent comme si les droits de l’homme n’étaient rien d’autre qu’un atout dans les négociations.

 

Et il se trouve, en France, une femme - juive de surcroît - pour chanter la gloire des organisations terroristes et de leurs bandits armés - qualifiés par elle de « résistants » - qui ont perpétré cet acte de piraterie internationale. Pire, Mme Zémor affirme que les otages sont responsables de leur enlèvement, pour n’avoir pas refusé de servir dans les Territoires.

 

La nausée…

 

Je sais que certains internautes me reprocheront, comme on l’a déjà fait dans des cas semblables, de faire de la publicité à des gens qui ne méritent qu’un silence méprisant. Pourtant, je persiste à penser qu’il est contreproductif, et même nuisible, de se taire quand un faux apôtre des droits de l’homme comme cette femme tord la réalité des faits, foule au pied la vérité, diffame un Etat et un peuple confrontés à une situation géopolitique que leurs ennemis s’évertuent à rendre inextricable, et insulte les victimes elles-mêmes d’une prise d’otages ignominieuse.

 

Il ne faut pas laisser les menteurs et les diffamateurs occuper le terrain. Il faut leur répondre point par point et du tac au tac.

 

Ils hurlent avec rage leurs calomnies : proclamons dignement la justice de notre cause.

Qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas.

 

Menahem Macina

 

© upjf.org

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(1) CAPJPO (Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient), aujourd’hui CAPJPO-EuroPalestine, est une association qui milite pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien. Elle a été fondée par Olivia Zémor début 2002, début de la "seconde Intifada".

(2) La passion politique n’a jamais transformé personne en expert ès conflits internationaux, ni en bénéficiaires des confidences du Président de la République. Mme Zémor assène à son public ses certitudes fantasmées. Le malheur est qu’il se trouvera des naïfs ou des "allumés" pour les gober.

(3) Mme Zémor se garde de préciser qu’il s’agit de réservistes, c’est-à-dire d’appelés du contingent que l’armée peut rappeler en cas de nécessité. A l’exception des militaires de carrière, tout Israélien majeur – homme comme femme – doit être prêt à défendre son pays et peut, en conséquence, s’il a reçu la formation adéquate, être appelé sous les drapeaux en cas de besoin et, a fortiori, en temps de guerre.  

(4) Faux. Les trois militaires n’ont pas été faits prisonniers : ils ont été enlevés sur leur territoire national.

(5) Mme Zémor date un peu : Israël avait évacué la bande de Gaza à l’été 2005, soit un an avant l’enlèvement des soldats. Mais la menteuse n’a rien à craindre : ses lecteurs l’ignorent sans doute, et il y a peu de chances qu’ils se donnent la peine de vérifier les dires de leur passionaria.

(6) Faux. Lors de l’enlèvement des soldats, l’armée israélienne avait depuis longtemps quitté le Liban (mai 2000).

(7) Toute la panoplie des accusations mensongères de la propagande palestinienne.

(8) Ici encore, Mme Zémor donne l’impression qu’elle sait ce que tout le monde ignore. Mais peu importe l’invraisemblance et l’énormité de la calomnie, l’essentiel est, comme le disait Voltaire, qu’ « il en restera toujours quelque chose ».

(9) Mme Zémor aurait pu ajouter qu’Israël veut l’Apocalypse et que le monde périsse avec lui, comme Samson qui s’écria en mourant dans l’effondrement du temple de Dagon qu’il provoqua quand il eut recouvré sa force herculéenne : « Périssent avec moi tous les Philistins ! ».

(10) Le gouvernement israélien a justifié cette action par le fait que le Hamas était une « organisation terroriste illégale » et que ces « mesures » avaient été prises afin de « protéger les citoyens israéliens ». On peut ne pas être convaincu par ces arguments, mais l’honnêteté documentaire commande de les mentionner, même si c’est pour exprimer ensuite son scepticisme.

(11) Madame Zémor est seule responsable de l’utilisation du terme "otage". Israël n’a jamais rien dit ni fait qui indique qu’il considère ces parlementaires mis en état d’arrestation comme une monnaie d’échange.

(12) Comme toute personne de bonne foi peut le comprendre, ce n’est pas parce qu’ils disent non à l’occupation de leur territoire, que des palestiniens sont incarcérés (et non « raflés » et « torturés »), mais uniquement parce qu’ils tirent sur les forces israéliennes ou lapident leurs soldats.

(13) Notez l’assonance – voulue – entre l’occupation allemande, lors de la Seconde Guerre mondiale, et celle d’Israël, parfaitement conforme aux lois de la guerre, qui permet à un pays attaqué d’occuper une région, tant qu’un accord de paix n’est pas conclu. De cela, bien sûr, Mme Zémor ne souffle mot. Le sait-elle seulement ?

(14) D’où Mme Zémor tient-elle que le panneau a été installé « en catimini », et que les responsables ont agi « comme des voleurs » ? – Suis-je bête ! Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Mais tout simplement parce que les édiles parisiens n’ont pas daigné la prévenir ! Plus sérieusement: Mme Zémor n’est pas la seule à se scandaliser du caractère furtif de cet événement, Clément Weill-Raynal, pense de même, mais pour de tout autres raisons.

(15) Ainsi, afficher les portraits d’hommes enlevés au mépris des lois internationales (et même des règles de la guerre) et détenus depuis un an, sans qu’il soit possible d’avoir des nouvelles fiables sur leur intégrité physique et morale, sans même que la Croix-Rouge ou des élus politiques non-partisans puissent leur rendre visite, une telle manifestation de soutien est donc, selon Mme Zémor, « l’ignoble symbole de l’occupation ». C’est à vomir.

(16) On remarquera jusqu’où va l’empathie de Mme Zémor pour la cause terroriste : elle reprend à son compte le vocabulaire du Hamas. Les tueurs des bandes armées sont, pour elle, des « résistants ». L’odieux parallèle entre la Résistance française à l’occupation allemande et les tueries immondes de la pseudo-résistance islamiste du Hamas est ressassé ad nauseam par la présidente de la Capjo et ses semblables, ce qui devrait suffire à les rendre infréquentables.

(17) A nouveau, le mensonge : éhonté : les kidnappés sont, selon Mme Zémor, des « prisonniers de guerre ». Je ne peux que répéter ce que j’ai écrit plus haut : si Gilad Shalit, Eldad Regev et Ehoud Goldwasser sont des prisonniers de guerre, pourquoi aucun officiel, et pas même la Croix-Rouge ne peuvent-ils leur rendre visite, et pourquoi ces soi-disant "prisonniers" ne peuvent-ils écrire à leurs familles ?

 

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Mis en ligne le 30 octobre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org