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Shoah

Collaboration de la police et des autorités à la déportation des Juifs: Excuses du maire d’Anvers
30/10/2007

Titre original : "L’honneur du bourgmestre d’Anvers, la honte du président de la N-VA". Explication dans le texte ci-dessous. Des excuses après 65 ans... Enfin, mieux vaut tard que jamais. J’ai ajouté deux références qui figurent sur notre site [*] (depuis des mois pour l’une, depuis 5 ans pour l’autre), ne serait-ce que pour rendre hommage aux institutions et aux chercheurs - tels le CEGES (Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés Contemporaines), Rudi Van Doorslaer, Emmanuel Debruyne, Frank Seberechts, Nico Wouters, Lieven Saerens, et Sylvain Brachfeld - qui, par leurs études historiques compétentes, ont fortement contribué à briser ce silence indécent. (Menahem Macina).

 30/10/07

[*] Pour en savoir plus : voir " « La Belgique docile », étude sur la collaboration belge à la déportation des Juifs ", et " La déportation des Juifs par la police d’Anvers ". [Note de M. Macina].

 

Communiqué de Presse du CCLJ


 
Diffusé le   30/10/2007

Le Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ) * salue le bourgmestre d’Anvers, Patrick Janssens, pour les excuses qu’il a présentées à la communauté juive en ce qui concerne la collaboration active de la police et de l’administration communale d’Anvers dans la déportation des Juifs de cette ville vers les centres d’extermination nazis pendant la Seconde guerre mondiale. Pour la première fois, un responsable politique anversois reconnaît la terrible responsabilité des autorités anversoises dans les trois rafles de 1942, qui avait été clairement établie par des historiens belges. De plus, le rapport du CEGES sur les autorités belges et la persécution des Juifs en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale, La Belgique docile, commandé par le gouvernement à la demande du Sénat, confirme cette implication. Ce geste important permet enfin à la mémoire collective de se conformer à la vérité historique.

En revanche, le CCLJ condamne fermement la réaction du Président de la N-VA, Bart De Wever aux excuses du bourgmestre d’Anvers. Qualifiant cet acte de gratuit, le député nationaliste flamand considère que ces excuses ont été prononcées par opportunisme pour combattre le Vlaams Belang. En outre, Bart De Wever, paradoxalement lui-même historien de formation, ajoute que ce n’est pas la ville d’Anvers qui a organisé la déportation mais elle fut elle-même victime de l’occupation. Ces déclarations travestissent la vérité historique en laissant entendre que les Juifs n’étaient ni victimes ni innocents et que ceux qui ont effectivement collaboré à leur extermination sont les « vraies victimes » de cette page tragique de l’histoire.

Enfin, le CCLJ, fort de son soutien depuis de nombreuses années au camp de la paix israélien, s’indigne vigoureusement des amalgames douteux faits par Bart De Wever pour justifier sa réaction. Il déclare que si l’on doit commémorer la Shoah, l’on ne peut perdre de vue la situation des territoires palestiniens occupés où, certains ont recours à des techniques qui me font penser à un sombre passé. Cette comparaison inappropriée et ce procédé abject de nazification des Juifs et d’Israël appartiennent à la propagande antisémite et ne peuvent en aucun cas être reproduits par un démocrate soucieux du respect d’autrui et un responsable politique négociant un accord gouvernemental.

Le CCLJ en appelle à tous les démocrates belges pour qu’ils condamnent fermement les propos inqualifiables de Bart De Wever et que celui-ci présente à son tour ses excuses à la communauté juive.

Pour le conseil d’administration du Centre Communautaire Laïc Juif,

Michèle Szwarcburt, Présidente.

 

[* Le CCLJ a son siège à Bruxelles.]

 

Mis en ligne le 30 octobre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org