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Algérie : insinuations antisémites contre Sarkozy, Thierry Oberlé
28/11/2007

Un responsable algérien accuse le président français d’être le relais du «lobby juif». Le chanteur Enrico Macias renonce à participer au déplacement du chef de l’État, prévu la semaine prochaine. ("Le Figaro")

27/11/2007

 

Le dérapage de Mohamed Cherif Abbès, ministre des Moudjahidines (Anciens combattants),
n’a guère ému les milieux politiques algériens.
Crédits photo : AFP

Le ton monte à Alger à quelques jours de la visite d’État de Nicolas Sarkozy, prévue du 3 au 5 décembre. Dans un entretien accordé lundi à El Khabar, le principal quotidien du pays, le ministre des Anciens Combattants algériens, Mohammed Cherif Abbés, accuse, à mots à peine couverts, le président français d’être un agent à la solde d’Israël.

«Vous connaissez les origines du président français et ceux qui l’ont amené au pouvoir»,

avance-t-il. Avant de s’interroger :

« Saviez-vous que les autorités israéliennes avaient mis en circulation un timbre à l’effigie de Sarkozy, en pleine campagne électorale ? »

Il ajoute :

« Pourquoi Bernard Kouchner, une personnalité de gauche, a décidé de sauter le pas (en entrant au gouvernement) ? Cela ne s’est pas fait pour des croyances personnelles. C’était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif, qui a le monopole de l’industrie en France. »

Le dérapage contrôlé de ce membre du gouvernement n’a guère ému les milieux politiques algériens. Du moins dans des déclarations publiques. Seul le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un petit parti d’opposition, s’indigne.

« Ces propos inamicaux n’ont pas été suivis d’un rappel à l’ordre, alors que la visite du président est souhaitée par les autorités »,

s’étonne le député Rafic Hassani, qui déplore la

«déliquescence des institutions algériennes».

Le thème du "noyautage du lobby juif" est pourtant récurrent. L’an dernier, lors d’une visite à Alger un responsable socialiste français avait eu droit en privé à des remarques sur la « présence des juifs » dans les instances dirigeantes de son mouvement.

« Une provocation »

Issu des rangs du Rassemblement national des démocrates (RND), un parti de l’alliance soutenant Abdelaziz Bouteflika, Cherif Abbès considère, dans le même entretien, que

« la venue d’Enrico Macias est une provocation ».

La diatribe fait écho aux déclarations du premier ministre, Abdelaziz Belkhadem, lui aussi hostile à la présence, parmi les invités d’honneur de la délégation française, du chanteur pied-noir. La rumeur de la venue du musicien qui puise son inspiration dans le répertoire arabo-andalou a provoqué un violent tir de barrage dans les milieux islamo-conservateurs, qui l’accusent d’être un agent sioniste. L’offensive a été couronnée de succès. Dépité, Enrico Macias a révélé avant-hier qu’il ne se

«rendrait pas dans un pays» où il «ne serait pas le bienvenu».

Le président Sarkozy

« m’a conseillé de patienter »,

a-t-il précisé, en réaffirmant qu’il

«se rendrait un jour en Algérie quel qu’en soit le prix».

Chef du gouvernement et patron du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem a toujours affiché son hostilité au chanteur, dont il avait déjà combattu le projet de visite, en 2000, au début du règne du président Bouteflika. Arrivé au pouvoir avec l’idée de réconcilier l’Algérie avec son passé, le président algérien n’est jamais parvenu à permettre au fils du cheikh Raymond, le chantre du malouf, de venir en pèlerinage à Constantine, la ville de son enfance.

Très écouté par les « taxieurs », les chauffeurs de taxi, souvent d’origine kabyle, Enrico Macias demeure une icône à Alger.

« Il reste l’un des chanteurs "étrangers" qui ont le plus le succès dans la vente d’albums »,

constate le quotidien Liberté.

« Ses admirateurs sont essentiellement les jeunes de la génération des années 1980. Ses textes servent à mieux comprendre les événements d’après-guerre »,

commente le journal.


Thierry Oberlé

© Le Figaro 

 

[Information aimablement communiquée par Michaël T., à Jérusalem]

 

Mis en ligne le 28 novembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org