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Contentieux palestino-israélien

Annapolis : Des capitaines sans troupes, Jean-Marie Allafort
30/11/2007

29/11/07

 

Sur le site de Un écho d’Israël http://un-echo-israel.net/article.php3?id_article=5262

 

La conférence d’Annapolis, pour impressionnante qu’elle fût, a laissé la majorité des Israéliens comme des Palestiniens indifférente. Selon un sondage réalisé par la première chaîne de télévision israélienne, 62% des interrogés en Israël pensent que cette conférence sera sans lendemain. Le sentiment d’un déjà-vu est plus fort que celui de l’espoir d’un réel renouveau du processus de paix. Le ministre des Affaires stratégiques, Avigdor Lieberman, a bien résumé le sentiment général : « Il y a eu Madrid, Oslo, Whye, Aqaba et aujourd’hui il y a Annapolis. Et alors ? »

 

La déclaration conjointe israélo-palestinienne, accouchée au forceps au dernier moment, est des plus feutrées. On y parle de « questions essentielles » que les négociateurs se sont bien gardés de dévoiler. La seule bonne nouvelle est peut-être la décision d’entamer dès le 12 décembre prochain des négociations intensives en vue d’arriver à un accord fin 2008. Tout est toujours possible au Proche-Orient mais, à l’heure actuelle, cette date paraît des plus irréalistes.

 

Le discours du président Bush n’a compris aucune nouveauté significative pas plus que celui du président palestinien ou que celui du Premier ministre israélien. Pourtant les trois hommes semblent déterminés. La volonté d’avancer est là.


Aussi bien Olmert que Abbas sont faibles dans leur propre pays. On a vu des manifestations contre le président palestinien non seulement dans la Bande de Gaza, mais aussi dans son propre fief à Ramallah.

 

A Jérusalem, des milliers de fidèles se sont rassemblés au Mur occidental pour prier pour l’échec de la Conférence. Notons que l’opposition est beaucoup moins forte que lors du processus d’Oslo. Si Olmert avance un peu trop dans les négociations avec les Palestiniens et touche à des sujets comme Jérusalem, sa coalition se démantèlera. Sa marge de manoeuvre est courte.

 

Les deux dirigeants peuvent se serrer les coudes car, même s’ils sont de bons capitaines, ils n’ont pas de troupes derrière eux.

 

La grande réussite de la conférence d’Annapolis fut sans aucun doute la présence massive des pays de la Ligue Arabe et d’autres nations musulmanes qui n’ont aucune relation diplomatique avec Israël. Le processus de paix qui s’ouvre à nouveau a obtenu ici une légitimation internationale incontestable.

 

Dans son discours, Ehud Olmert s’est tourné vers les pays arabes en leur demandant d’avoir une part active dans le processus de paix comprenant aussi la reconnaissance d’Israël. Certains ministres des Affaires Etrangères de ces pays ont déclaré avoir été impressionnés par les propos du Premier ministre israélien. C’est un point positif.

 

Il est trop tôt pour tirer des conclusions sur cette conférence. Annapolis sera-t-il seulement une grand-messe de plus organisée par un président en fin de mandat ou début d’un réel processus de paix ? Les mois à venir le diront.

 

Jean-Marie Allafort

 

Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 30 novembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org