Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Contentieux palestino-israélien

Et après Annapolis, qu’y a-t-il ? Edward Bernard Glick
04/12/2007

02/12/2007


The American Thinker


Original anglais : "After
Annapolis, what?"

 

Traduction française : Menahem Macina


Dans le jeu à somme nulle du Moyen-Orient, quiconque ne gagne pas perd.

 

En dépit de la conférence qui a eu lieu à l’Académie Navale des Etats-Unis, si l’on regarde le combat de la Palestine de la manière dont le voient l’Iran, le Hamas, le Hezbollah et les autres ennemis existentiels d’Israël, ils sont en train de gagner et les sionistes sont en train de perdre.

Comme ils voient la situation, Israël, avec le plus faible et le plus impopulaire Premier ministre de son histoire, est en déclin irréversible sur les plans politique, militaire, et de relations publiques. Sa légendaire Armée de Défense d’Israël ne les intimide ni ne les vainc. Malgré des assassinats [ciblés] répétés, des barrages, des incursions, Tsahal n’empêche pas les terroristes de lancer, à leur guise, des roquettes et des missiles à l’intérieur de l’Etat juif.

La raison en est, selon eux et selon moi, qu’Israël craint d’infliger des pertes civiles, ou des dommages collatéraux, comme on les appelle en jargon moderne.

Comme l’a fait remarquer le professeur Fouad Ajami, de l’Université John Hopkins, le terroriste

« agit toujours avec les clins d’œil et les signes d’assentiment de la société qui l’abrite ».

Et donc, si l’Etat juif ne domine pas ses peurs et n’inflige pas davantage – plutôt que moins – de dommages collatéraux aux endroits d’où émane la terreur qui s’exerce à son encontre, il périra.

Ceux qui veulent la destruction d’Israël et y travaillent ne s’abstiennent pas de tuer des civils innocents. C’est pourquoi ils ne sont pas impressionnés par la politique, qui a échoué, consistant à limiter ces dommages et à s’en excuser, puis à demander pardon au monde qui, lui, masque son antisémitisme politiquement incorrect par un antisionisme politiquement correct.

Les ennemis d’Israël seraient plus impressionnés s’il suivait le mot de son défunt Chef d’Etat-major, le Lieutenant-Général David Eléazar. Après un raid de commando à Beyrouth, au cours duquel une dame italienne de 70 ans avait été tuée, le général exprima ses regrets, mais ajouta :

« Israël ne se prêtera pas au jeu d’une guerre partielle ; les guerres ne se gagnent pas grâce à une forte défense ».

Ennemis d’Israël, souvenez-vous, même si les dirigeants d’Israël l’oublient, que l’Allemagne, l’Italie et le Japon n’ont capitulé, en 1945, que parce que la puissance des Alliés les avait écrasés et leur avait fait perdre la volonté de combattre et d’être dirigés par des perdants politiques et militaires.

Ennemis d’Israël, souvenez-vous, même si les dirigeants politiques et les chefs militaires d’Israël l’oublient, que les Puissances de l’Axe n’ont été vaincues que parce que les Puissances Alliées ont mis en œuvre une force lente, soutenue et supérieure durant un nombre de très sanglantes années.

Et, Ennemis d’Israël, souvenez-vous, même si les dirigeants et les chefs militaires d’Israël l’oublient, qu’éviter les pertes civiles ennemies n’a jamais constitué une question sérieuse pour l’Américain Franklin Roosevelt, le Russe Joseph Staline, et le Britannique Winston Churchill.

Israël doit aussi cesser de devenir fou furieux à chaque fois qu’un de ses soldats ou citoyens est capturé. Cela arrive dans la guerre. Il doit cesser de libérer des centaines et des milliers de combattants ennemis en échange d’un ou deux de ses citoyens. Tous comptes faits, il vaut la peine de sacrifier un soldat pour en sauver dix, dix pour en sauver des centaines, des centaines pour en sauver des milliers, et des milliers pour en sauver des millions. A cause du lien étroit entre victoire et pertes, Israël doit aussi appliquer ce principe aux pertes civiles.

Dans leur Guerre d’Indépendance de 1948, pour fonder leur état, au moins un pour cent des 650 000 habitants d’Israël ont donné leur vie. Mais à présent, alors que la population d’Israël est dix fois plus nombreuse, ses dirigeants croient, à tort, que les Israéliens ne supporteront pas un pourcentage bien inférieur de pertes pour préserver leur Etat.

Les Israéliens doivent cesser de s’inquiéter de l’opinion du monde. La seule opinion qui compte, et seulement dans la mesure où cela ne menace pas l’existence d’Israël, est celle des Juifs américains et de la Diaspora. Durant la guerre du Liban de 2006, les Américains, depuis le Président George W. Bush, jusqu’à ceux qu’on a coutume d’appeler l’homme et la femme de la rue, tous ont souhaité et espéré que les Israéliens soient beaucoup plus audacieux et victorieux qu’ils le furent.

Pour survivre, Israël devra se battre selon les règles de son environnement.

Première règle :

"Ne jamais laisser la crainte des pertes l’emporter sur l’évaluation militaire."

Seconde règle :

"Si vous ne triomphez pas de ceux qui vous entourent, vous perdrez et vous l’aurez mérité."

 

Edward Bernard Glick *

 

* E.B. Glick habite Portland, dans l’Orégon. Il est l’auteur de Between Israel and Death [entre Israël et la mort] et professeur émérite de sciences politiques de l’Université Temple, de Philadelphie. Il a également été chauffeur de camion et aide-machiniste.

 

© The American Thinker

 

[Texte anglais aimablement signalé par Koira.]

 

Mis en ligne le 3 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org