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Commémoration de la renaissance d’Israël: Discours de Benjamin Netanyahou
15/12/2007

Remarquable intervention de l’ancien Premier Ministre israélien. Il est de nature à galvaniser non seulement les Israéliens eux-mêmes, mais tous les amis d’Israël. Les arguments de Netanyahou, concernant le bien fondé de l’existence d’Israël et l’extravagance des exigences de ses ennemis, sont indiscutables. Le problème est seulement de savoir si Israël a les moyens politiques, militaires et économiques de résister au monde entier. En effet, il est clair que la stratégie arabo-palestinienne de l’intransigeance irrédentiste et de la terreur, du fait de sa durée et de son intensification continuelle, a fini par convaincre de nombreuses nations qu’il fallait "résoudre ce problème" à tout prix et par la force s’il le fallait. Nul ne doute que cette force sera exercée contre Israël et non contre les Palestiniens et les pays arabes. Pour s’en convaincre, il n’est que d’observer ce qui se passe dans les Balkans, où les Nations unies ne font pas mystère qu’un Etat kosovar verra le jour, aux dépens des territoires serbes que revendique le Kosovo, et que le refus serbe ne pourra rien contre ce qu’on appelle la volonté des nations. Même si les deux situations sont différentes, les analogies entre elles sont suffisamment éloquentes pour laisser imaginer ce qui attend Israël quand "les nations" auront décidé d’en finir avec "l’obstination israélienne". Personnellement je ne doute pas que les dirigeants arabes aient, consciemment ou non, repris à leur compte la méthode des dictatures - qu’elles soient de droite ou de gauche -, qui consiste à isoler les récalcitrants, à les désigner à l’opinion publique comme des réactionnaires ou de dangereux éléments, bref à les traiter en pestiférés, pour les contraindre à en passer par les volontés du plus fort ou du grand nombre. Toute résistance est dès lors interprétée comme une opposition intolérable au bien commun et vaut aux récalcitrants, au mieux, l’enfermement, au pire, la mort [1]. C’est à la lumière de cette leçon de l’histoire qu’il convient d’envisager le prix que devra payer Israël s’il veut rester fidèle à son destin, tel que tracé par Netanyahou. (Menahem Macina).

12 décembre 2007

 

FrontPageMagazine

 

Texte anglais : "Commemorating Israel’s Creation". 

 

Traduction française : Albert Soued *

 

* Ecrivain : Site personnelSite Nuit d’Orient.

 

 

Discours de l’ancien Premier ministre d’Israël,
lors de la cérémonie de commémoration du vote de l’ONU de novembre 1947

 

 

La résolution de l’ONU du 29 novembre 1947, reconnaissant un Etat Juif, fut un moment important dans l’histoire de notre nation, et aussi un moment important dans l’histoire de toutes les nations.

 

Depuis lors, nous avons fait la paix avec l’Egypte et la Jordanie, mais l’obstacle à l’élargissement du cercle de la paix demeure ce qu’il a toujours été : le refus des ennemis d’Israël de reconnaître l’Etat Juif, quelles qu’en soient les frontières.

 

Nos ennemis ne veulent pas d’un état arabe à côté d’Israël,  mais un Etat arabe à la place d’Israël.

 

A maintes reprises, il leur a été proposé un Etat arabe à côté d’Israël : tout d’abord, dans le plan de partage de 1947, puis, indirectement, dans les accords d’Oslo; et, plus tard et sans équivoque, à Camp David, en 2000 ; et finalement, dans les innombrables déclarations faites depuis lors tant par des dirigeants israéliens que par des dirigeants internationaux, qui ont appelé à deux Etats pour deux peuples.

 

Et comment nos ennemis ont-ils répondu à toutes ces propositions ? A chaque fois, ils les ont rejetées avec violence.

 

  • En 1947, ils ont lancé des attaques terroristes, puis une guerre généralisée pour détruire l’Etat Juif.
  • Durant le processus d’Oslo, ils ont terrorisé Israël avec des terroristes-suicide.
  • Après Camp David, ils ont orchestré la Seconde Intifada, au cours de laquelle plus de 1 000 Israéliens ont été assassinés.
  • Et depuis, ils ont tiré des milliers de Katiouchas sur la Galilée et des milliers de roquettes Qassam sur le Négev, pour, disent-ils, "libérer la Palestine occupée", c’est-à-dire Haïfa "occupée", Akko "occupée", Sdérot "occupée" et Ashqelon "occupée".

 

Ce faisant, le Hezbollah et le Hamas ne font que suivre à la lettre les propos de Jamal Husseini, cousin du Mufti et membre du Haut Comité Arabe, qui a déclaré, quatre jours avant le vote du partage à l’ONU, en 1947

 

«  Si les Juifs reçoivent, ne serait-ce qu’une parcelle de la Palestine, nous la mettrons à feu et à sang ».

 

Il est regrettable que même les Palestiniens modérés refusent de soutenir la paix avec Israël, en tant qu’Etat Juif. Ils sont favorables à deux Etats pour un seul peuple, un Etat palestinien débarrassé des Juifs, et un état binational qu’ils espèrent inonder de Palestiniens, conformément à ce qu’ils appellent la "loi du retour".

 

Tant qu’ils ne reconnaîtront pas vraiment le droit du peuple Juif à avoir un pays à lui, et tant que leurs dirigeants n’auront pas le courage du Président Anwar al Sadate, il est très douteux que nous ayons un vrai partenaire pour une paix authentique.

 

Dans ce contexte, on peut comprendre ce qui s’est passé et ce qui ne s’est pas produit lors de l’adoption de la résolution du partage de la Palestine, en 1947.

 

La résolution n’a pas déterminé une fois pour toutes les contours d’un accord final entre nous et nos voisins. Après tout, les Arabes ont refusé l’établissement d’un Etat Juif et ont cherché à le détruire. Le lendemain de ce vote, le Mufti lui-même a dit :


« Ce que l’ONU a écrit à l’encre noire, nous l’écrirons en lettres rouge sang ».

 

Les dirigeants arabes ne peuvent pas venir aujourd’hui, 60 ans plus tard, et demander de remonter le temps, comme si rien ne s’était passé. Ils ne peuvent pas nous demander d’accepter un accord qu’ils ont eux-mêmes déchiré en morceaux, parce que, ayant échoué à détruire Israël, ils ont conclu, à présent, que les clauses de cet accord dicteraient un sort funeste pour Israël.

 

Ben Gourion l’avait bien compris lorsqu’il dit lors d’une des premières réunions du gouvernement d’Israël :

 

« Les décisions du 29 novembre sont lettre morte. Les frontières du partage sont caduques. Jérusalem, ville internationale, est une pure fantaisie. »

 

Il réaffirma ces idées dans son discours à la Knesset, le 12 décembre 1949, lorsqu’il dit que les décisions de l’ONU étaient nulles et non avenues.

 

Ainsi ni les frontières du partage, ni l’internationalisation de Jérusalem ne sont des caractéristiques éternelles du vote de l’ONU.

 

Ce qui est durable, c’est la reconnaissance internationale du droit du peuple juif à son propre Etat, un droit ancré dans la déclaration Balfour [de 1917], qui reconnaissait le droit des Juifs à un foyer national sur la terre d’Israël, droit réaffirmé tant par la conférence de San Remo, en 1920, que par la Société des Nations, en 1922.

 

Mais le vote du partage de 1947 est gravé dans notre mémoire, parce qu’aussitôt après le vote, la Grande Bretagne a commencé à quitter le pays, ouvrant la voie à la bataille fatidique qui a failli effacer notre existence.

 

Le vote du partage par l’ONU, en 1947, n’a pas fondé l’Etat d’Israël. Il a simplement reconnu le droit historique du peuple juif à revenir dans sa patrie et à y restaurer son existence souveraine.

 

Mais n’étaient cette aspiration millénaire du peuple Juif à la terre d’Israël, la présence continue de Juifs sur cette terre, à travers les âges, et les 70 ans d’implantation intensive sur la terre, avant le vote de l’ONU, ce droit historique n’aurait jamais abouti.

 

Et même cela n’aurait pas suffi si, à la suite de l’horrible Holocauste, les membres de cette petite nation n’avaient pas levé l’épée des Macchabées, et repoussé, avec un héroïsme incomparable, l’assaut arabe qui s’apprêtait à écraser l’Etat naissant.

 

La foi inébranlable en nos droits nationaux historiques, l’effort d’implantation qui a concrétisé ces droits, et la lutte armée qui les a défendus, voilà ce qui a fondé l’Etat Juif.

 

Le vote de l’ONU a simplement entériné cela au plan international. Cependant, le vote de l’ONU a été une décision importante et historique, et il est bon que nous le commémorions et il est juste que nous le commémorions aujourd’hui, avec les distingués ambassadeurs des pays qui l’ont soutenu.

 

Mais réfléchissez à ce qui serait advenu de cette décision de l’ONU, si nous avions été battus lors de la Guerre d’Indépendance.

 

La clé de l’existence d’Israël a toujours résidé dans le renforcement du sionisme et de notre capacité à nous défendre, et cela reste toujours la clé de notre existence et celle qui forgera une paix authentique avec tous nos voisins arabes. Ce n’est que quand certains d’entre eux auront reconnu la pérennité et l’indestructibilité d’Israël, qu’ils se résoudront à faire la paix avec nous.

 

C’est pourquoi j’ai été choqué d’entendre, dans les médias, que notre Premier ministre avait dit :

« S’il n’y a pas deux Etats, c’en est fini d’Israël ! »

 

Monsieur le premier Ministre! L’Etat d’Israël ne sera jamais liquidé ! C’est nous et nous seuls qui déciderons de notre destin !

 

Notre existence ne dépend pas du bon vouloir des Palestiniens à faire la paix avec nous. Notre existence est garantie par notre droit à vivre sur cette terre et par notre capacité à défendre ce droit.

 

Nous avons édifié notre pays pendant 31 ans, avant qu’un accord de paix soit signé avec l’Egypte ; nous avons continué à l’édifier pendant 16 autres années avant qu’un accord de paix soit signé avec la Jordanie ; et j’espère que nous n’aurons pas longtemps à attendre pour parvenir à réaliser un accord de paix avec les Palestiniens et avec d’autres pays du monde arabe.

 

Mais nous ne faisons pas dépendre notre existence de leur accord. Ç’a été la politique de tous les gouvernements israéliens jusqu’à maintenant, et ce doit être la politique de tous les gouvernements d’Israël à l’avenir. Permettez-moi de le répéter : C’est nous et nous seuls qui déciderons de notre destin !

 

Au Moyen-Orient, la paix et la sécurité vont de pair. En fait, la sécurité qui découle de la force d’Israël, précède la paix et les accords de paix. Et quiconque ne comprend pas cela restera privé de sécurité et de paix.

 

Seul un Israël fort, confiant dans la justesse de sa cause et dirigé par des chefs solides, sera capable de conclure avec nos voisins la paix durable à laquelle nous aspirons tous.

 


Benjamin Netanyahou

 

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Note de la rédaction d’upjf.org

 

[1] Rappel, à titre d’illustration, de ce qui se passa dans la Russie soviétique, sous la férule idéologique de Lénine et de ses épigones : "Afin de protéger la République soviétique contre ses ennemis de classe, nous devons isoler ceux-ci dans des camps de concentration. Toutes les personnes impliquées dans des organisations de gardes blancs, dans des complots ou des rebellions doivent être fusillées." (Décret du conseil des Commissaires du peuple, 5 septembre 1918). Comme évoqué plus haut, les dictatures de droite n’ont pas fait mieux.

 

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Mis en ligne le 14 décembre 2007, par M.
Macina, sur le site upjf.org