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Antisionisme chrétien

Pour ces religieuses chrétiennes, Israël est le nouvel Hérode, B. Fauvarque
13/12/2007

Ce texte [mis en ligne il y a plus de 4 ans et que nous republions aujourd’hui, car il est toujours d’actualité] nous a été transmis par Shalom Israël, accompagné de la note suivante : " Ci-dessous une réaction, écrite par Bernard Fauvarque - chrétien de confession catholique, ancien journaliste -, concernant une émission [télévisée] diffusée le 15 août 2003 [sur A2]. Bernard Fauvarque - comme de nombreux chrétiens qui aiment Israël et son D.ieu - veut tirer la sonnette d’alarme pour secouer l’Eglise et lui dire : « Réveille-toi ! » Si, lors de la Seconde Guerre mondiale, les chrétiens n’ont pas réagi, pour différentes raisons, il est clair qu’aujourd’hui, alors qu’Israël est en danger, ils n’auront aucune excuse, et ne pourront pas dire «on ne savait pas». Les attentats sanglants qui déchirent les enfants d’Israël n’ont aucune justification, et le mensonge qui règne à propos de cette situation doit être dénoncé. Les chrétiens ont leur responsabilité dans ce conflit, leur rôle à jouer ; il est au moins celui de défendre la vérité. " Bernard Fauvarque illustre, de manière remarquable, que c’est possible. Il mérite amplement de voir son texte reproduit et diffusé sur un site juif comme celui-ci. (Menahem Macina).

17/09/03

NOTE : Les mises en grasses et en couleur, sont de la Rédaction d’upjf.org, ainsi que le titre général. Une telle présentation - partiale et injuste - de la situation complexe qui prévaut sur cette terre dramatiquement déchirée et souillée du sang de tant d’innocentes victimes, constitue incontestablement, même si ce n’est pas volontairement, une incitation à la haine d’un peuple - toujours le même.  J’estime, pour ma part - et j’assume la responsabilité de cette affirmation abrupte -, qu’une émission de cette sorte constitue une contribution catholique à la haine antijuive, en général, et anti-israélienne, en particulier. Et c’est en cela que la diffusion d’une telle thématique, dans une émission très largement suivie par les téléspectateurs, s’apparente - mutatis mutandis, à un faux antisémite de la même nature que les fameux "Protocoles des Sages de Sion" [1]. Ce faux célèbre a été largement diffusé dans toutes les couches de la société, durant près d’un siècle, et il ne fait aucun doute qu’il a été l’objet d’une ’réception’ tacite par une large majorité de chrétiens, surtout en milieu catholique. A l’instar d’un venin, il a, pour longtemps, paralysé les réflexes de justice et de quête de la vérité d’une foule de non-Juifs chrétiens, qui, dans la trajectoire de l’enseignement chrétien du mépris envers les Juifs et de la théorie du remplacement du judaïsme par le christianisme, en sont venus à haïr et à persécuter - ou laisser persécuter - les Juifs, sans protester. M. Macina. Fauvarque

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Au sujet de l’émission « Les héritières de Marie » - 15 Août 2003


L’émission «Le Jour du Seigneur» [2], du 15 Août à 10 h, était annoncée par un titre qui mettait le téléspectateur en appétit, à savoir : «Les héritières de Marie». Sans doute, pensait-on, il s’agira de femmes célèbres portant le nom de Marie ou s’étant données corps et âme à la dévotion mariale ?… Et puis, à l’heure dite, qu’avons-nous découvert ? Un reportage (un de plus…) sur des femmes palestiniennes chrétiennes, qui vivent dans leur pays, sous occupation juive, comme Marie a vécu dans son pays occupé par les Romains.

On a eu droit à toute la litanie des horreurs engendrées par cette situation de guerre : suppression des libertés, jeunesses gâchées, peur de sortir, peur d’être arrêté, ou d’être blessé ou tué, encerclement par les colonies, droits de l’homme bafoués, etc… Et derrière tout ça ?… Derrière cette occupation brutale, derrière cette armée barbare, derrière ces injustices, se profilait, comme en filigrane, la face de ces méchants israéliens (des Juifs), ces voleurs de terre et de liberté, ces assassins… dont le nom, prononcé par la sœur directrice de la crèche de Bethléem, qui, faisant allusion à tous ces enfants, victimes des violences israéliennes, s’énonçait ainsi : «Hérode existe encore !» [3]

Certes, ces femmes chrétiennes semblaient parfaitement sincères, faisant même appel aux consignes de l’Evangile, pour ne pas se laisser aller à la haine et garder confiance malgré tout. On leur a tendu un micro et elles auraient eu tort de ne pas parler. Sans doute aussi ignoraient-elles (apparemment) la manière dont les droits de l’homme sont bafoués du côté palestinien, ainsi que l’énorme duperie de l’homme qui gouverne l’Autorité Palestinienne. Accordons-leur cet a priori favorable. Par contre méritent amplement d’être blâmés les responsables qui ont programmé cette émission, dont le téléspectateur non averti (il y en a tant !) ne peut retenir qu’une chose : «dehors les Juifs !», ou peut-être même : «mort aux Juifs» !

Oui, une telle émission, diffusée en ce jour de l’Assomption [4], est doublement condamnable :

- Toute la responsabilité du conflit israélo-palestinien apparaît comme reposant uniquement sur Israël, l’ennemi juré.

  • Comme si, de l’autre côté, il n’y avait jamais eu de kamikazes;
  • jamais de haine systématiquement propagée à l’égard des Juifs dans les écoles;
  • jamais de charte de l’OLP, ou du Hamas, prévoyant la destruction d’Israël;
  • jamais de discours enflammé d’Arafat contre Israël et les Juifs ;
  • jamais d’entraînement des enfants palestiniens à la guerre, etc., etc.
  • Comme si, du côté israélien, on ne vivait pas aussi la peur au ventre en allant faire ses courses, ou boire un verre au café du coin.
  • Comme si, là aussi, des mères ne pleuraient pas leurs enfants et ne vivaient pas dans l’angoisse…

Tout cela, les responsables d’une telle émission n’avaient pas le droit de le passer sous silence.

- Mais il y a autre chose :

  • Préparer les chrétiens à fêter l’Assomption de la Vierge Marie, Juive entre les Juives, par un tel reportage, est totalement aberrant.
  • La Vierge Marie, dans le Magnificat (lu à l’Evangile de la messe), chante l’amour du Seigneur pour Israël et sa promesse faite à tous les descendants d’Abraham.
  • Oui, on ne prépare pas les cœurs à fêter Marie en assimilant la Vierge aux seules femmes palestiniennes, fussent-elles chrétiennes (et quelles que soient leurs qualités et leurs souffrances) ;
  • ni en lui faisant tourner le dos à ses sœurs israéliennes, des Juives parmi les Juives.

A moins que les responsables du "Jour du Seigneur" ne fassent partie de ces nouveaux théologiens, dits «de la libération de la Palestine» [5], et n’attendent, eux aussi, que l’Eglise renonce à nouveau à ses racines juives pour «retrouver» ses racines arabo-palestiniennes ?

Bernard Fauvarque

© B. Fauvarque, pour son article et upjf.org et M. Macina, pour les commentaires, les notes et la mise en page.

Source : SHALOM ISRAEL, 5, Ave. Gaston Boissier - 78220 VIROFLAY – France (33) 130-242-788 - shalom.israel@free.fr


[Texte aimablement transmis par Henri Orquera].


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Notes de la Rédaction d’upjf.org

[1] A ce propos, on lira avec avantage le dossier que lui a consacré la CICAD, et qui figure sur notre site, sous le titre : "Les Protocoles des Sages de Sion, ou la fulgurante trajectoire d’un faux".
[2] Très ancienne émission qui donne un espace d’expression cultuelle et spirituelle aux principales confessions de foi monothéistes (musulmane, juive, orthodoxe, protestante, catholique).
[3] Hérode le Grand, roîtelet des Juifs, vassal complaisant des Romains. L’Evangile lui attribue le "massacre des innocents" enfants de Bethléem en bas âge, visant à mettre à mort Jésus, censé être né dans cette bourgade de Judée, et dont Hérode, averti par des Mages d’Orient, avait, selon l’Evangile, toutes les raisons du monde de craindre qu’il ne fût le Messie, donc un concurrent.
[4] Fête catholique traditionnelle célébrant la "montée au ciel" de Marie.
[5] A propos de ces "nouveaux théologiens", dits "de la libération de la Palestine", nous ne pouvons que renvoyer à la définition de M. Perko : «Il s’agit d’un mode de réflexion et d’analyse théologique qui souligne l’expérience de l’oppression des pauvres et confère à Jésus un rôle de libérateur politique tout autant que spirituel. Quoique ce mouvement provienne d’Amérique latine, il a des partisans dans d’autres sociétés marginalisées, dont l’Indonésie et la Palestine». Pour un exposé succinct de cette "Théologie de la Libération", version palestinienne, consulter l’article de Michaël Perko, «’Jérusalem en esclavage’: Chrétiens, Bible, et époque actuelle, la politique israélo-palestinienne», chapitre [5] : "Tenants palestiniens de la Théologie de la Libération".

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Mis en ligne le 17 septembre 2003 sur le site www.upjf.org

Remis en ligne le 13 décembre 2007