Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Contentieux palestino-israélien

L’Apartheid, pas la paix, Caroline B. Glick
04/01/2008

30 novembre 2007.

 

Jewish World Review

 

Titre original anglais : "Apartheid not Peace". [1]

 

Adaptation française de Sentinelle 5768

 

 

Cette semaine, l’administration Bush a légitimé l’antisémitisme arabe. Pour plaire aux Saoudiens et à leurs frères arabes, l’administration Bush a donné son accord pour séparer physiquement les Juifs des Arabes à la conférence d’Annapolis, d’une manière qui s’aligne sur les politiques d’apartheid du monde arabe, qui interdit aux Israéliens de poser le pied sur le sol arabe.

 

Evidente partout, la discrimination à l’encontre d’Israël a trouvé sa plus forte expression lors de la principale assemblée de la conférence d’Annapolis mardi dernier. Là, en accord avec les exigences saoudiennes, les Américains ont interdit aux représentants israéliens d’entrer dans le hall par la même porte que les Arabes [2].

 

A la réunion des ministres des affaires étrangères du mercredi, la ministre Tzipi Livni a interpellé ses homologues arabes sur leur comportement discriminatoire.

 

« Pourquoi personne ne veut-il me serrer la main ? Pourquoi personne ne veut-il être vu discutant avec moi ? »

 

demanda-t-elle ostensiblement.

 

La ministre des affaires étrangères d’Israël humiliée n’a reçu aucun soutien de son homologue américaine. La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, qui a passé son enfance dans le Sud américain ségrégationniste, a pris le parti des Arabes. Bien qu’assez polie pour remarquer qu’elle ne soutient pas le massacre des Israéliens, elle n’a pas fait mystère du fait que ses véritables sympathies vont aux Arabes racistes :

 

« Je sais ce que c’est que d’entendre que vous ne pouvez pas aller sur une route ou passer un point de contrôle parce que vous êtes Palestinien. Je comprends le sentiment d’humiliation et d’impuissance ».

 

Les remarques de Rice montrent clairement que, pour la Secrétaire d’Etat, il n’y a pas de différence entre les Israéliens qui tentent de se défendre contre une société palestinienne djihadiste qui soutient la destruction de l’Etat juif, et les Sudistes blancs intolérants qui opprimaient les Noirs américains, du fait de la couleur de leur peau. Il est vrai qu’Israël a des problèmes de sécurité, mais pour Rice, les Palestiniens sont les victimes innocentes. C’est eux qui sont discriminés et humiliés, pas Livni, qui a été obligée - par Rice - d’entrer dans la conférence par la porte de service.

 

L’acceptation par l’administration Bush de cette discrimination à l’encontre Israël n’était pas qu’une simple cérémonie.

 

Diplomatiquement, la conférence a été aussi préjudiciable. A Annapolis, les Etats-Unis se sont joints aux Arabes pour attribuer à Israël la plus grande part de responsabilité dans l’absence de paix entre Israël et les Palestiniens. Mais vous n’entendrez pas cela de la bouche d’Olmert, qui s’emploie sans cesse à dissimuler ce qui s’est passé là-bas.

 

Olmert cache la vérité parce que sa stabilité politique est entre les mains des partenaires "faucons" de sa coalition, Yisrael Beiteinou* et le Shas*. Tous deux ont averti, avant le sommet, que si Olmert faisait la moindre concession, soit sur Jérusalem ou sur ce qu’on nomme les communautés des avant-postes en Judée et Samarie, ils abandonneraient sa coalition, entraînant ainsi de nouvelles élections.

 

Les partis Shas et Yisrael Beiteinou ont exprimé leur satisfaction du résultat du sommet. Les deux dirigeants du Shas*, Eli Yishai d’une part, et d’Israel Beiteinou*, Avigdor Lieberman d’autre part, ont discrédité Annapolis comme étant une farce pathétique, et proclamé qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils démissionnent du gouvernement Olmert. Mais leurs affirmations sont délibérément trompeuses.

 

Le fait que la déclaration conjointe d’Israël et de l’OLP n’ait fait aucune mention spécifique de Jérusalem, et que le gouvernement n’ait pas annoncé un programme pour détruire les communautés aux avant-postes, et expulser des centaines de familles israéliennes qui y vivent, ne signifie pas qu’Israël n’aurait fait aucune concession sur ces points. En fait, ce sont des concessions massives qu’a faites le gouvernement Olmert.

 

La déclaration conjointe Israël – OLP, d’Annapolis contient un engagement

 

« à propager une culture de paix et de non violence ; à s’opposer au terrorisme et à la provocation au terrorisme, qu’il soit le fait des Palestiniens ou des Israéliens ».

 

Bien qu’Olmert, Lieberman et Yishai aient minimisé l’acceptation de l’équivalence morale avec les jihadistes palestiniens, comme étant une concession rhétorique sans signification, la décision du gouvernement est grosse d’implications politiques et juridiques. La rencontre sans précédent de l’ambassadeur des Etats-Unis, Richard Jones, cette semaine, avec la présidente de la Cour Suprême d’Israël, Dorit Beinisch, a montré clairement que les Etats-Unis exigent que les Tribunaux israéliens interprètent le droit d’une manière préjudiciable, de façon à diaboliser les opposants israéliens à un Etat palestinien et à l’épuration ethnique des Juifs de Judée et de Samarie.

 

Leur rencontre émettait également le signal que les Etats-Unis attendent d’Israël qu’il traite comme des actes pénaux les activités légales de construction par les Juifs en Judée et Samarie, et même dans des quartiers de Jérusalem. Puisque le gouvernement Olmert a accepté qu’Israël soit moralement indistinct de l’Autorité palestinienne, il est difficile de prévoir qu’il s’oppose à la criminalisation de ses opposants politiques. Dorénavant, les Israéliens qui s’opposent aux décisions du gouvernement Olmert peuvent s’attendre à ce qu’on les traite comme les équivalents moraux des terroristes palestiniens.

 

A Annapolis, les Américains ont assumé le rôle d’unique arbitre du respect, tant par les Israéliens que par les Palestiniens, de leurs engagements relatifs au prétendu processus de paix et à la feuille de route. Ils se sont aussi engagés à parvenir à un traité de paix complet d’ici à la fin de 2008. Mais, comme l’a reconnu Dennis Ross, l’ancien médiateur américain au Moyen-Orient sous l’administration Clinton, ces objectifs sont contradictoires. Il est impossible de s’assurer du respect de leurs engagements par les Palestiniens et de l’obtention d’un traité de paix dans un tel délai.

 

Dans un article paru dans le Washington Post**, après le naufrage du processus de paix d’Oslo à Camp David et le début du djihad palestinien, Ross expliquait :

 

« Les aspects prudentiels du respect (des engagements) ont été négligés et politisés par les Américains, pour maintenir à flot le processus de paix. A chaque fois qu’il y avait un comportement, ou un incident, ou un événement, qui n’étaient pas en cohérence avec la substance du processus de paix, la tendance était de le rationaliser, de faire l’impasse à son propos, de trouver une manière de le contourner, et de ne pas permettre que le processus soit brisé. »

 

« La substance du processus de paix », pour l’administration Clinton, était de signer des accords de paix. Ce n’était pas de s’assurer que les Palestiniens soient vraiment intéressés à vivre en paix avec Israël. Quand Rice a déclaré qu’« un échec n’était pas envisageable » dans le processus de paix à venir, elle a fait savoir clairement qu’il en est de même pour l’administration Bush aujourd’hui. Elle veut un accord. Que les Palestiniens veuillent sérieusement la paix ou non, n’est pas son affaire.

 

Même si le fait de démarquer le non-respect par les Palestiniens, de leur engagement à combattre le terrorisme puisse être préjudiciable à des « progrès » rapides, accuser Israël de chipoter sur ses engagements ne fera que précipiter les choses. Alléguer le refus israélien d’accepter cette situation obligera le malléable gouvernement d’Olmert à faire de nouvelles concessions aux Palestiniens.

 

A lumière de cela, il est clair que, contrairement à l’attitude dédaigneuse de Yishai et de Lieberman, envers ce qui s’est produit à Annapolis, l’acceptation, par Olmert, que les Américains soient à la fois juges du respect des engagements et garants du « progrès » du processus, indique qu’Israël a déjà fait des concessions massives.

 

Sur Jérusalem, par exemple, bien que Yishaï ait raison de dire que la ville n’est pas mentionnée spécifiquement dans la déclaration conjointe, le fait est qu’Israël a donné son accord pour négocier le statut de sa capitale, en acceptant de discuter de toutes les questions importantes. Puisque les Américains veulent un Etat palestinien d’ici un an et qu’ils savent que le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, ne fera aucune concession sur Jérusalem, on peut s’attendre à ce qu’ils mettent la pression sur Israël pour accepter la position palestinienne.

 

Les milliers de Hyérosolomitains arabes qui demandent aujourd’hui la citoyenneté israélienne sont un signal clair que les Arabes comprennent qu’Israël a déjà fait des concessions massives concernant la ville. Et cela, Yishaï doit le savoir.

 

Le statut américain d’arbitre du respect des engagements a des implications profondes sur la capacité d’Israël à prendre en charge efficacement la situation sécuritaire à Gaza et dans le Néguev occidental.

 

Depuis que le Hamas a pris le contrôle de Gaza, en juin [2007], Abbas s’est opposé à toute offensive militaire anti-terroriste de grande envergure dans cette zone. Abbas a proclamé - probablement avec raison - qu’une offensive israélienne terrestre à Gaza affaiblirait sa position dans la société palestinienne, puisque les Palestiniens soutiennent davantage les positions du Hamas que les siennes. Comme les Américains se sont engagés à renforcer Abbas, il est évident qu’ils interdiront tout plan israélien de mener une offensive à Gaza, visant à rétablir la sécurité dans le Néguev occidental.

 

Et puis il y a la Judée et la Samarie. Lieberman proclame qu’il peut rester au gouvernement parce que Olmert n’a pas encore annoncé un plan pour expulser les Juifs de leurs foyers dans les soi-disant communautés des avant-postes. Mais ce n’est déjà plus du ressort d’Olmert. Il a cédé aux Américains à Annapolis. C’est eux qui mettront en place le calendrier des expulsions, pas Olmert. Et maintenant, il n’y a pas que les communautés israéliennes de Judée et de Samarie qui soient en danger.

 

En donnant au département d’Etat le pouvoir de juger du respect des engagements israéliens, le gouvernement Olmert a donné aux Américains le droit de veto sur les opérations de Tsahal en Judée et en Samarie. En tant que garants du progrès du processus de paix, les Américains diront à Tsahal où il peut – ou, plus précisément, où il ne peut pas - établir des contrôles routiers. Les Américains diront aux Israéliens quelles villes ou agglomérations transférer au Fatah. Ils diront aux Israéliens quels fusils et blindés ils doivent remettre aux Palestiniens, ce qu’il faut faire des terroristes fugitifs, et quand et comment ils devront relâcher de nombreux terroristes de leurs prisons.

 

En réalité, les Etats-Unis ont constamment restreint les opérations anti-terroristes en Judée et Samarie, depuis des mois. Que ces efforts américains aient été dommageables à l’efficacité des opérations de Tsahal, c’est un fait dont la veuve d’Ido Zoldan peut attester. Après tout, Zoldan a été assassiné la semaine dernière par des terroristes du Fatah, qui devaient leur capacité de se déplacer librement à la décision d’Israël de se plier à la pression américaine, et de démanteler 24 barrages routiers, et de freiner ses efforts pour arrêter les chefs terroristes du Fatah.

 

Au fond, ce que nous voyons, dans les machinations d’Olmert et de Livni, est une répétition de la manoeuvre politique d’Ariel Sharon et de Livni, durant la période qui a précédé le retrait de Gaza. Dans les deux cas, les dirigeants au sommet d’Israël s’en sont tenus à l’interprétation politique classique, selon laquelle un combat retardé est un combat gagné.

 

En 2004, Sharon n’avait pas suffisamment de poids politique pour annoncer ouvertement qu’il allait opérer le retrait complet de Gaza et détruire toutes les communautés israéliennes de la zone. C’est pourquoi il autorisa le Likoud à organiser un référendum sur son plan de retrait et permit à Livni de rédiger l’avant-projet de ce qu’on a appelé plan de compromis, selon lequel la destruction des communautés israéliennes s’effectuerait en quatre étapes, sur plusieurs mois, et que chaque étape nécessiterait une approbation distincte du gouvernement.

 

Au moment où le Likoud rejeta son plan, Sharon était assez puissant pour passer outre à la volonté de son parti. Et quand le retrait eut lieu, loin de s’effectuer en quatre étapes, il eut lieu en quatre jours. Livni et Sharon purent renier leurs engagements précédents parce que quand vint le temps de payer les conséquences, ils avaient déjà détruit leurs opposants.

 

Aujourd’hui, en prétendant que la déclaration conjointe d’Annapolis était un grand rien, Olmert et Livni réitèrent la manoeuvre. Au moment où ils commenceront à chasser les Juifs de leurs foyers, ils n’auront plus besoin du Shas, ni de Israel Beiteinou.

 

Lieberman et Yishai n’ont aucune obligation de quitter le gouvernement. Ils peuvent rester aussi longtemps qu’ils le voudront. Mais ils ne peuvent plus prétendre qu’en y restant, ils ne sont pas totalement solidaires de la politique du gouvernement. Comme Annapolis l’a établi clairement, ces politiques incluent la division de Jérusalem, la destruction de communautés israéliennes en Judée et Samarie, et la mise en danger de la sécurité d’Israël.

 

Caroline B. Glick *

 

© The Jerusalem Post

 

* Caroline B. Glick collabore à la Jewish World Review, elle est responsable pour le Moyen Orient du "Center for Security Policy" [Centre pour la Politique de Sécurité], de Washington, D.C., et rédacteur en chef adjointe du Jerusalem Post.

 

---------------------------------

 

Notes du traducteur

 

*Yisrael Beiteinou = Droite nationaliste ; Shas = Parti National Religieux.

 

** Washington Post : Journal de la Gauche libérale américaine.

 

---------------------------------


Notes d’upjf.org


[1] Il semble que le titre anglais de cet article de Glick
, soit une allusion ironique à celui du livre de Jimmy Carter, Palestine Peace Not Apartheid.

 

[2] En fait, les choses ne se sont pas passées comme l’a relaté Glick. En effet, dans un article du 26 décembre, intitulé "Lies and deceits", l’éditorialiste du Jerusalem Post a elle-même corrigé son propos, en ces termes : « tant le Département d’Etat que les officiels israéliens ont démenti que les Etats-Unis aient appliqué l’exigence d’entrées séparées ». Voir Caroline Glick, "[A propos de l’affaire Al-Dura] Mensonges et tromperies".

 

---------------------------------

 

[Texte aimablement signalé par Koira et J.I. Cohen.]

 

Mis en ligne le 3 janvier 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org