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Contentieux palestino-israélien

Bush promeut un «droit au retour» des Palestiniens, Daniel Pipes
16/01/2008

Hélas ! Que dire ? Si ce n’est actualiser ce passage d’Isaïe, en remplaçant "Egypte" et "Pharaon" par "Amérique" et "Bush": « Voici que tu te fies au soutien de ce roseau brisé, "l’Amérique", qui pénètre et perce la main de qui s’appuie sur lui. Tel est "George Bush, président des Etats-Unis", pour tous ceux qui se fient à lui. » (Is 36, 6)…. (Menahem Macina).

14 janvier 2008

 

FrontPageMagazine.com

Version originale anglaise: Bush Promotes a Palestinian "Right of Return"

Adaptation française : Alain Jean-Mairet


Le «droit au retour» des Palestiniens est entré dans le dictionnaire du jargon politique américain en décembre 2006, lorsque le rapport du groupe d’étude sur l’Irak a enjoint au gouvernement américain de soutenir des négociations israélo-palestiniennes, abordant ce qu’il qualifiait de «question-clé du statut définitif». Cette recommandation a causé un certain choc, car ce «droit au retour» est en fait un code transparent – désignant la submersion démographique pure et simple d’Israël, et donc la suppression du sionisme et de l’État juif – qui n’a jamais été un objectif de Washington.

Un an plus tard, l’attachée de presse de la Maison Blanche, Dana Perino, adopta l’expression, sans soulever de réactions notables. Le 28 novembre 2007, lors d’une conférence de presse, elle informa les journalistes, sans autre explication, que «la question du droit au retour fait partie de la feuille de route et constituera l’un des thèmes que les Israéliens et les Palestiniens devront aborder au cours […] des négociations».

En effet, comme annoncé, le «droit au retour» a été bien présent avant et pendant la récente visite de George W. Bush en Israël et auprès de l’Autorité palestinienne; il l’a évoqué à trois reprises en public:

  • 4 janvier : Dans le cadre d’une interview accordée à la chaîne israélienne Channel 2, Bush se dit «optimiste quant à la définition d’une esquisse d’État. En d’autres termes, que nous menions des négociations sur les frontières et le droit au retour, et que ces différentes questions puissent être réglées.»
  • 9 janvier : Lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, il fait référence aux questions centrales du conflit, qu’il désigne ainsi: «Le territoire, et le droit au retour, et Jérusalem.»
  • 10 janvier : Pendant une conférence de presse commune avec le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, il déclare que l’idée des deux États «n’aura pas vraiment de portée tant que les frontières ne seront pas définies, que le droit au retour ne sera pas résolu, que [la question de] Jérusalem ne sera pas bien comprise [et] que des mesures de sécurité communes ne seront pas mises en place».

Toujours le 10 janvier, mais dans un décor différent, Bush a fait part de sa conviction, un peu évasive, selon laquelle «pour résoudre la question des réfugiés, nous devons veiller à l’établissement d’un État palestinien et de nouveaux mécanismes internationaux, dont des systèmes de compensation.» Le «droit au retour» serait-il l’un de ces mécanismes internationaux ?

Commentaires :

(1) En dépit du brusque virage politique que constitue l’adoption du «droit au retour» par le gouvernement américain, les médias ont généralement négligé le sujet, comme le relève «The Lurker» dans son billet «Censoring Bush’s call for Palestinian ‘right of return’» (Censure de l’appel de Bush en faveur du «droit au retour» palestinien). Par exemple, le Jerusalem Post a d’abord parlé de cette déclaration de Bush, puis a publié un deuxième article niant cette mention.

(2) Lorsque le rapport du groupe d’étude sur l’Irak a paru, les analystes sont restés hésitants quant à la mention du «droit au retour», comme l’explique l’une des personnes proches du processus: «Il est difficile de savoir si cette expression s’est glissée dans le dossier à la suite d’une négligence – je sais qu’il y a eu de nombreuses révisions à la toute dernière minute –, ou si c’était une tentative délibérée d’introduire un élément nouveau dans la rhétorique de Bush.» A posteriori, il semble que la référence était bel et bien intentionnelle – et qu’elle a fort bien rempli son rôle. «The Lurker» conclut, peut-être avec raison, que James A. Baker III, le principal auteur du rapport du groupe d’étude sur l’Irak, «est redevenu un facteur d’influence majeur dans la politique américaine au Moyen-Orient».

(3) Ce n’est là qu’une des déclarations problématiques de l’administration Bush, telles que l’équivalence morale de la référence du président au «terrorisme et [à] l’incitation, commis par les Palestiniens ou les Israéliens» ou encore les paroles de la secrétaire d’État Condoleezza Rice, qui a qualifié le conflit israélo-arabe de question essentielle du Moyen-Orient et a comparé les Palestiniens aux noirs du sud des États-Unis.

(4) Bush a fait précéder son commentaire du 10 janvier de l’affirmation suivante: «Je suis le seul président qui ait jamais formulé clairement une solution prévoyant deux Etats.» Il a raison. On peut dire aussi qu’il est le seul président des États-Unis à promouvoir une «Palestine» et, maintenant, à proposer un «droit au retour» des Palestiniens. D’une manière plus générale, Bush a mené sa présidence à son propre rythme dans la question israélo-arabe ; il a apporté des solutions inédites et personnelles à un problème séculaire en rejetant le règlement ordinaire de la diplomatie israélo-arabe.

(5) On ne peut qu’émettre des conjectures sur le nombre de fois où Bush a mentionné le «droit au retour» dans le cadre de ses conversations privées avec des Israéliens et des Palestiniens, et sur l’intensité et la pression dont il a accompagné ses propos.

(6) A la lumière du début de cette dernière année de la présidence de Bush - je me cite -, «si les Israéliens résistent face à une position commune aux États-Unis et aux Palestiniens, il faut craindre l’apparition d’une crise sans précédent dans les relations entre les États-Unis et Israël.» Je ne prédis pas que cela va se produire, mais je note que tous les éléments sont en place pour mener à une telle issue.

(7) Bien que Bush «passe, auprès de nombreux Israéliens, pour le meilleur ami qu’ait l’État juif à la Maison Blanche», je doute depuis longtemps que ce soit le cas – et aujourd’hui plus que jamais.

 

Daniel Pipes

 

© FrontPageMagazine.com

Mis en ligne le 16 janvier 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org