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Contentieux palestino-israélien

Annapolis : Discours du président Bush
30/11/2007

On trouvera ci-après le texte du discours que le président Bush a prononcé le 27 novembre, lors de l’ouverture de la conférence internationale sur Israël et la Palestine, qui se tient actuellement à Annapolis (Maryland) et à laquelle assistent notamment le premier ministre israélien, M. Ehoud Olmert, le président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, et l’ancien premier ministre britannique, M. Tony Blair.

27/11/07

Sur le site d’Un écho d’Israël.

 

L’ouverture de négociations sur la création d’un État palestinien vivant côte à côte avec Israël en paix et en sécurité


« Je vous souhaite la bienvenue à l’un des meilleurs instituts de notre pays, l’École navale des États-Unis. Nous vous sommes reconnaissants de vous joindre à nous pour ce qui, je pense, constitue une occasion historique d’encourager l’expansion de la liberté et de la paix en Terre sainte.

Nous nous sommes réunis pour poser les fondements nécessaires à l’instauration d’une nouvelle nation, un État palestinien démocratique qui vivra côte à côte avec Israël en paix et en sécurité. Nous nous sommes réunis également pour contribuer à mettre fin à la violence qui est le véritable ennemi des aspirations tant des Israéliens que des Palestiniens.

Nous sommes partis d’un bon pied. (le président Bush lit la déclaration israélo-palestinienne de la conférence d’Annapolis)

Toutes mes félicitations pour votre rôle dirigeant.

Les Palestiniens sont dotés de nombreux dons et talents. Ils veulent avoir la possibilité de se servir de ces dons pour améliorer leur vie et pour créer un avenir meilleur pour leurs enfants. Ils veulent la dignité qui accompagne la souveraineté et l’indépendance. Ils veulent la justice et l’égalité dans le cadre de l’État de droit. Ils veulent être à l’abri de la violence et de la crainte.

Le peuple d’Israël a lui aussi des aspirations légitimes. Il veut que ses enfants puissent monter dans un autobus ou aller à l’école sans craindre un attentat-suicide. Il veut que les attaques à la roquette cessent de même que les incessantes menaces d’assaut. Il veut que sa nation soit reconnue et acceptée là même où il vit.

Désormais, Palestiniens tout autant qu’Israéliens comprennent que, pour réaliser leurs propres aspirations, la clé est de s’entraider à réaliser leurs aspirations mutuelles, et que les deux peuples ont besoin d’un État palestinien indépendant, démocratique et viable. Un tel État donnerait aux Palestiniens la possibilité d’avoir une vie caractérisée par la liberté, la motivation et la dignité. Un tel État permettrait aux Israéliens d’avoir ce qu’ils recherchent depuis des générations : vivre en paix avec leur voisin.

Il ne sera pas facile de réaliser cet objectif. Si cela l’avait été, ce serait chose faite depuis longtemps. Pour parvenir à la liberté et à la paix, les Israéliens et les Palestiniens devront faire des choix difficiles. Les deux côtés ne se font pas d’illusions sur le travail qui les attend, mais ayant eu l’occasion de m’entretenir avec leurs dirigeants, (je sais) qu’ils sont prêts à s’attaquer aux questions difficiles. Ainsi que le premier ministre Ehoud Olmert l’a dit récemment, « Nous n’écarterons aucune des questions historiques ; nous n’aurons pas peur d’en parler. » Et, ainsi que l’a dit le président Abbas, « Je pense qu’une occasion se présente non seulement à nous, mais aussi aux Israéliens. Nous disposons d’une occasion historique et importante qu’il nous faut saisir. » C’est dans cet esprit que nous avons conclu - qu’ils ont conclu - la déclaration que je viens de lire.

Notre objectif, ici à Annapolis, n’est pas de conclure un accord. C’est plutôt de lancer des négociations entre les Israéliens et les Palestiniens. Pour nous, la tâche est d’encourager les parties à cette fin, et de leur donner l’appui dont ils ont besoin pour réussir.

À la lumière de récents développements, certains ont émis l’avis que le moment n’était pas propice pour rechercher la paix. Je ne suis pas d’accord. Je pense que c’est précisément le moment de commencer ces négociations, et ce pour plusieurs raisons :

Premièrement, le moment est propice parce que les Palestiniens et les Israéliens ont des dirigeants qui sont bien décidés à rétablir la paix. Le président Abbas voudrait réaliser les espoirs de son peuple d’avoir son propre État, d’avoir la dignité et la sécurité. Le président Abbas comprend bien que ce n’est pas le terrorisme qui engendrera un État palestinien mais que le terrorisme est l’ennemi qui empêche l’établissement d’un tel État. M. Abbas et le premier ministre Fayyad ont tous les deux affirmé sans hésitation qu’ils étaient opposés au terrorisme et attachés à la paix. Ils se sont engagés à traduire ces déclarations en des actions sur le terrain afin de lutter contre le terrorisme.

L’arrivée de dirigeants palestiniens responsables a donné aux dirigeants israéliens la confiance dont ils avaient besoin pour tendre la main aux Palestiniens en tant que véritables partenaires. Le premier ministre Olmert a exprimé sa compréhension des souffrances et des outrages ressentis par le peuple palestinien. Il a dit clairement que l’établissement d’un État palestinien responsable et démocratique renforcerait la sécurité d’Israël. Avec des dirigeants courageux et animés de conviction des deux côtés, le moment est venu d’effectuer un rapprochement et de rechercher la paix que les deux côtés souhaitent.

Deuxièmement, le moment est propice parce que la lutte est engagée pour l’avenir du Moyen-Orient - et nous ne devons pas concéder la victoire aux extrémistes. Avec leurs actions violentes et leur mépris pour la vie humaine, les extrémistes cherchent à imposer une sombre vision sur le peuple palestinien, une vision qui se nourrit du sentiment d’impuissance et du désespoir pour semer le chaos en Terre sainte. Si cette vision prévalait, l’avenir de la région serait marqué par un terrorisme incessant, une guerre sans fin et de perpétuelles souffrances.

Le président Abbas et son gouvernement sont opposés à cette sombre vision. Ils offrent au peuple palestinien une autre vision de l’avenir - une vision où figurent la paix, son propre territoire et une amélioration de ses conditions de vie. Si des dirigeants palestiniens responsables peuvent réaliser cette vision, ils assèneront un coup dévastateur aux forces de l’extrémisme. Et lorsque la liberté prendra racine dans le sol rocailleux de la Cisjordanie et de Gaza, elle sera une inspiration pour les millions de gens qui, aux quatre coins du Moyen-Orient, veulent que leur société soit construite sur la liberté, sur la paix et sur l’espoir.

Par contre, si les réformateurs palestiniens ne réussissent pas à réaliser cette vision d’espoir, les forces de l’extrémisme et du terrorisme seront alors renforcées, et le désespoir grandira au Moyen-Orient. Nous ne pouvons permettre une telle issue. Le moment est venu de montrer aux Palestiniens que leur rêve d’un État libre et indépendant peut se réaliser à la table de la paix, et que la terreur et la violence que prônent les extrémistes palestiniens sont les plus gros obstacles à un État palestinien.

Troisièmement, le moment est propice parce que le monde comprend l’urgence qu’il y a à appuyer ces négociations. Nous sommes reconnaissants que des représentants de tant de gouvernements et d’institutions internationales, notamment du monde arabe, soient venus se joindre à nous ici à Annapolis. Nous sommes ici parce que nous savons quels sont les enjeux. Nous sommes ici parce que nous avons tous un rôle essentiel à jouer afin d’aider les Palestiniens à forger les institutions d’une société libre. Nous sommes ici parce que nous comprenons que la portée de la réussite des efforts visant à instituer la paix entre les Israéliens et les Palestiniens s’étendra bien au-delà de la Terre sainte.

Ce sont les raisons pour lesquelles nous sommes réunis ici à Annapolis. Et maintenant nous entamons le difficile travail de la liberté et de la paix. Les États-Unis sont fiers d’accueillir cette réunion, et nous réaffirmons la voie tracée vers la paix par la feuille de route. Mais au bout du compte, l’issue des négociations lancées ici dépend des Israéliens et des Palestiniens. L’Amérique fera tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir cette quête de la paix, mais elle ne peut pas la trouver pour eux. Le succès de ces efforts nécessitera que toutes les parties fassent preuve de patience, de souplesse et de responsabilité.

Pour que ces négociations réussissent, les Palestiniens doivent faire leur part. Ils doivent montrer au monde qu’ils comprennent que si les frontières d’un État palestinien sont importantes, la nature de cet État palestinien est tout aussi importante. Ils doivent démontrer qu’un État palestinien créera des possibilités pour tous ses citoyens, gouvernera justement et démantèlera l’infrastructure du terrorisme. Ils doivent montrer qu’un État palestinien acceptera ses responsabilités et sera capable de devenir une source de stabilité et de paix - pour ses propres citoyens, pour le peuple d’Israël et pour l’ensemble de la région.

Les Israéliens doivent également faire leur part. Ils doivent montrer au monde qu’ils sont prêts à commencer à mettre fin à l’occupation qui a commencé en 1967, par un accord négocié. Cet accord établira la Palestine comme patrie palestinienne, tout comme Israël est la patrie du peuple juif. Israël doit donner les preuves de son soutien à la création d’un État palestinien prospère et florissant en éliminant les colonies sauvages, en stoppant l’expansion des colonies et en trouvant des moyens pour l’Autorité palestinienne d’exercer ses responsabilités sans compromettre la sécurité d’Israël.

Les États arabes ont également un rôle vital à jouer. La relance de l’initiative de la Ligue arabe et son soutien à la conférence d’aujourd’hui sont des étapes positives. Tous les États arabes devraient montrer leur ferme soutien au gouvernement du président Abbas - et fournir à l’Autorité palestinienne l’aide dont elle a besoin. Les États arabes devraient également tendre la main à Israël, œuvrer à la normalisation de leurs relations avec lui et montrer tant par leurs paroles que par leurs actions qu’ils admettent qu’Israël et son peuple ont une terre permanente au Proche-Orient. Ce sont là des étapes vitales vers l’obtention d’une paix globale que nous recherchons tous.

Enfin, la communauté internationale a des responsabilités importantes. Le premier ministre Fayyad est en train de finaliser un plan visant à accroître l’ouverture, la transparence et la responsabilité dans l’ensemble de la société palestinienne, ainsi qu’à évaluer les ressources et les appuis de la communauté internationale dont elle a besoin. Avec le ferme soutien de ceux qui sont rassemblés ici, le gouvernement palestinien peut créer des institutions démocratiques qui soutiendront un État palestinien libre.

Les États-Unis aideront les dirigeants palestiniens à bâtir ces institutions - et ils honoreront leurs engagements envers la sécurité d’Israël en tant qu’État juif et patrie du peuple juif.

Les États-Unis sont convaincus que ces efforts déboucheront sur la paix que nous voulons, et c’est pourquoi ils vont continuer de soutenir le peuple libanais. La démocratie au Liban est également vitale pour la paix au Moyen-Orient. Les Libanais sont en train d’élire un président. Cette décision leur appartient, et ils doivent être en mesure de la prendre sans ingérence de l’extérieur et sans intimidation. Alors qu’ils s’engagent dans ce processus, ils doivent savoir que le peuple américain se tient à leurs côtés, et nous avons hâte de voir le jour où ils pourront jouir des bienfaits de la liberté sans craindre la violence ou la coercition.

La tâche entreprise ici à Annapolis sera difficile. C’est le début d’un processus, non son aboutissement. Il ne fait aucun doute qu’il reste encore beaucoup de travail à faire. Pourtant, les parties peuvent aborder leur travail avec confiance. Le moment est bien choisi. La cause est juste. Et si nous ne ménageons pas nos efforts, je sais que nous pouvons réussir.

Monsieur le Président Abbas et Monsieur le Premier ministre Olmert, je vous promets de consacrer le maximum d’efforts aussi longtemps que je serai président afin de vous aider à atteindre cet objectif ambitieux. Je m’engage personnellement à soutenir vos travaux avec les ressources et la résolution du gouvernement des États-Unis. Je suis convaincu que le jour viendra où la liberté engendrera la paix que nous désirons. Et la terre qui est sainte aux yeux de tant de peuples sera le phare de la paix.

Le jour approche où les Palestiniens jouiront des bienfaits de la liberté et où tous les Israéliens jouiront de la sécurité qu’ils méritent. Ce jour approche. Le jour viendra où les terroristes et les extrémistes qui menacent les Israéliens et les Palestiniens seront marginalisés et, finalement, battus. Et lorsque ce jour viendra, les générations futures se pencheront sur les travaux que nous avons entamés ici à Annapolis. Ils remercieront les dirigeants qui se sont réunis sur les rives de la Chesapeake pour leur perspicacité, leur sagesse et le courage d’avoir choisi un avenir de liberté et de paix.

Je vous remercie d’être venus. Que Dieu bénisse votre travail. »

 

(Diffusé par le Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat.)


Mis en ligne le 30 novembre 2007, par M.
Macina, sur le site upjf.org