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Christianisme

Prière «pour les Juifs», ou «pour la conversion des Juifs» ? M. Macina
07/02/2008

Cette mienne réflexion vise à tenter de démarquer les préjugés théologiques, conscients ou non, sous-jacents à la nouvelle version de la prière dite "pour les juifs", promulguée ce jour par le Vatican. J’ai été particulièrement attentif au choix du verbe latin ’agnoscere’, "reconnaître", et du substantif ’agnitio’, "reconnaissance" - qui supposent l’adhésion après conviction -, de préférence au verbe ’cognoscere’, "connaître", et au substantif ’cognitio’, "connaissance" - lesquels connotent la découverte qui précède et souvent conditionne la conviction. A tort ou à raison, j’ai cru déceler dans ce texte un retour subtil - et peut-être inconscient - à ce que j’appelle la ’théorie du reproche’, qui impute à l’incroyant son incrédulité, qu’il considère comme un ’refus’ volontaire de croire, alors qu’il s’agit souvent de ce que certains théologiens appellent une "ignorance invincible". Ce glissement - qui n’est peut-être pas que sémantique - me paraît dommageable pour la cause de l’estime mutuelle entre chrétiens et juifs, qui a fait de réels progrès dans les dernières décennies. Si je devais donner une note à cette dernière mouture d’un labeur liturgique, dont l’historique * s’apparente aux douleurs de l’enfantement, ce serait : "Peut mieux faire". (Menahem Macina).

* On peut consulter un utile historique factuel, ici.

 

06/02/08

 

Le journal catholique La Croix publie aujourd’hui un article consacré à la nouvelle version de la prière pour les juifs, de la liturgie du Vendredi-Saint, dans lequel il constate que "la prière invite toujours à prier pour la conversion des juifs (1). Et, nonobstant le pléonasme, c’est bien le cas, ainsi qu’en témoigne le texte promulgué aujourd’hui :

« Prions aussi pour les Juifs, afin que notre Dieu et Seigneur illumine leur cœur pour qu’ils reconnaissent Jésus Christ, sauveur de tous les hommes […] Dieu Tout-Puissant et éternel, Qui veux que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la reconnaissance de la vérité [cf. 1ère Epître à Timothée 2, 4], accorde, dans Ta miséricorde, que la plénitude des nations entrant dans Ton Eglise, tout Israël soit sauvé… ».

Si on la compare à la précédente - qui remonte à 1959 et figurait dans le missel latin de 1962 - il y a tout de même un mieux dans la nouvelle formulation (j’ai mis en rouge ce qui était blessant pour le peuple juif) :

« Prions aussi pour les Juifs, afin que Dieu notre Seigneur enlève de leur coeur le voile qui les empêche de reconnaître notre Seigneur Jésus-Christ. Prions : Dieu éternel et tout-puissant, vous ne refusez jamais votre miséricorde, même aux Juifs; entendez les prières que nous offrons pour l’aveuglement de ce peuple, afin qu’il reconnaisse la lumière de votre Vérité, qui est le Christ, et soit délivré de ses ténèbres. Nous vous le demandons par le même Jésus-Christ … »

Toutefois, même si ce point positif méritait d’être souligné, je crains que les institutions juives engagées dans le dialogue avec les chrétiens ne soient déçues par le recul que constitue la nouvelle formulation par rapport au texte approuvé sous le pontificat de Paul VI, qui est cité et mis en valeur à la fin du présent article. 

 

J’ai suffisamment traité, sur ce site et ailleurs (2), des problèmes que cause à l’Eglise catholique cette fameuse prière, je n’y reviendrai donc pas ici. Par contre, il me paraît nécessaire de souligner que la hiérarchie catholique témoigne, par le contenu même de cette nouvelle formulation, qu’elle entend s’en tenir à la position traditionnelle - qu’à l’évidence elle croit sincèrement conforme à l’esprit et à la lettre du Nouveau Testament et de la Tradition -, à savoir : la prédication de l’avènement du Royaume de Dieu, inauguré, selon la foi chrétienne, par la venue de Jésus - considéré par la chrétienté comme le Messie prédit par les prophètes et même comme le Fils de Dieu par excellence -, s’adresse à tous les hommes, y compris aux Juifs, et même à eux en premier lieu (3).

 

L’Eglise est d’autant plus stricte, en matière de liturgie, qu’elle se considère comme dépositaire de la Révélation et, à ce titre, responsable de l’intégrité de la diffusion fidèle et de l’interprétation « authentique » de la foi chrétienne. Cette conviction est illustrée par la formule classique "lex orandi, lex credendi" - la prière est l’expression de la foi (4).

 

Pour éclairer quelque peu cette problématique, il faut se souvenir de la véritable bataille théologique et exégétique qui a fait rage entre les Pères conciliaires des deux "camps" et leurs experts respectifs, autour de la question du "déicide" (5). Les uns voulaient que le terme soit purement et simplement supprimé de la Déclaration Nostra Aetate, § 4, les autres entendaient qu’elle fût maintenue, par fidélité à la lettre du Nouveau Testament (6). Rappelons que le Concile avait d’abord approuvé, le 20 novembre 1964, une troisième version, qui rejetait expressément l’utilisation du terme déicide (7). Mais, face à la levée de boucliers des prélats conservateurs, qui menaçaient de faire retirer, purement et simplement, le texte de la Déclaration, le cardinal Béa, responsable de la Commission, qui avait lutté bec et ongles pour son adoption, dut se résoudre à un compromis censé faire droit aux exigences sine qua non des deux camps, mais qui ne satisfaisait pleinement ni l’un ni l’autre. Tout en affirmant que « les juifs ne doivent pas être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela dé­coulait de l’Écriture », et en précisant que la responsabilité de la mise à mort de Jésus « ne peut être imputé[e] ni indistinctement à tous les juifs vi­vant alors, ni aux juifs de notre temps », le texte n’en fait pas moins porter la responsabilité de l’exécution de Jésus sur « des autorités juives et leurs partisans », et proclame, à cette occasion - sans que l’on comprenne bien ce que vient faire cette affirmation dans ce contexte -, que « l’Eglise est le nouveau peuple de Dieu » (8).

 

On se demandera peut-être, quel point commun il peut y avoir entre la question du déicide et celle de la prière pour la conversion des juifs, de la liturgie du Vendredi Saint. La réponse est à la fois simple et lourde de conséquences.

 

Dans les années 60, malgré le pas gigantesque qu’avait constitué, pour cette vénérable institution, la reconnaissance de ce que « les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, dans les patriarches, Moïse et les prophètes », les Pères conciliaires, dans leur grande majorité, n’avaient pu se résoudre à tirer les conséquences de la déclaration explicite de l’apôtre Paul, à savoir que "Dieu n’a pas rejeté le peuple qu’il a discerné par avance" (Epître aux Romains 11, 2). Au lieu de cela, la Déclaration Nostra Aetate, § 4, affirmait sans ambages : « Au témoignage de l’Ecriture sainte, Jérusalem n’a pas reconnu le temps où elle fut visitée, les Juifs, en grande partie, n’acceptèrent pas l’Evangile, et même nombreux furent ceux qui s’opposèrent à sa diffusion ». Consciemment ou à leur insu, le déicide, ou l’affirmation de la responsabilité des autorités juives dans la mort de Jésus, semblent avoir constitué, pour les Pères conciliaires, la preuve scripturaire contraignante de ce que l’Eglise avait toujours considéré comme la faillite spirituelle des juifs. Il suffisait d’ajouter à ce constat l’affirmation péremptoire que l’Eglise est le « nouveau peuple de Dieu », pour légitimer et rendre théologique, voire ontologique, la différence radicale entre l’élection de l’Eglise, consécutive à  sa "reconnaissance" de la messianité et de la divinité de Jésus, et la disqualification du peuple juif, consécutive à son "refus" de les "reconnaître".

 

Pour en revenir à la nouvelle version de la prière pour les juifs, il est difficile d’échapper à l’impression qu’est remise en vigueur subrepticement - que ce soit conscient ou non - l’ancienne théorie de la "substitution", selon laquelle, l’Eglise - "nouvel Israël" - a pris la place de "l’Israël selon la chair", qui a été défaillant.

 

Mais il y a plus grave. L’insistance - que trahit le vocabulaire choisi par les liturgistes et qu’a entériné le pape - sur la "reconnaissance" de la messianité et de la divinité de Jésus, ne me paraît pas indemne de la vieille frustration chrétienne face à la non-conversion du peuple juif au christianisme, que le théologien protestant Fadiey Lovsky a fort justement définie comme l’"antisémitisme chrétien du ressentiment". Et même en admettant que les responsables de cette nouvelle formulation n’ont pas de tels sentiments, on peut tout de même déplorer qu’ils aient implicitement conforté la perception "punitive", qu’ont certains chrétiens, du verbe "reconnaître", dont l’un des synonymes est "admettre". Beaucoup d’entre eux - des centaines de ceux avec lesquels j’ai échangé, dans ma vie, me l’ont dit sans ambages -, estiment que le peuple juif doit "reconnaître" (ou "admettre"), qu’il s’est gravement trompé en "refusant" de confesser la messianité et la divinité de Jésus. J’ai même découvert, avec répulsion, que nombre d’entre eux sont intimement persuadés que les juifs savent (et donc reconnaissent secrètement) que Jésus est Dieu, mais qu’ils se refusent à l’admettre explicitement, par orgueil, ou par crainte d’être haïs par leurs coreligionnaires. Selon cette conception, les juifs sont coupables de leur incrédulité, voire responsables du retard de la Parousie, ou manifestation glorieuse du Christ, à la fin des temps. Certains chrétiens vont même jusqu’à interpréter en ce sens le passage de l’apôtre Paul à ce propos : "Que personne ne vous abuse d’aucune manière. Auparavant doit venir l’apostasie et se révéler l’Homme impie, l’Etre perdu […] Et vous savez ce qui le retient maintenant, de façon qu’il ne se révèle qu’à son moment" (2e Epître aux Thessaloniciens 2, 3-7). Pour ces gens, il n’est pas exclu que la manifestation de l’Antéchrist, qui, selon le Nouveau Testament, doit précéder celle du Christ en gloire, soit suspendue à la reconnaissance, par les juifs, de la messianité et de la divinité de Jésus, et son corollaire : l’Eglise est bien le "nouvel Israël" que Dieu s’est choisi en remplacement du peuple juif qui a renié Jésus, choisi Barrabas, et voué Jésus à la mort en criant : "Crucifiez-le!", et pire : "Que son sang soit sur nous et sur nos enfants!" (Evangile selon Matthieu, 27, 25)... Et s’il semble probable que la hiérarchie catholique ne partage pas ces conceptions antéconciliaires, l’acceptation de ce vocabulaire ambigu, qui réintroduit l’attente (impatiente, agacée, réprobatrice ?) de la conversion du peuple juif, risque de renforcer ces prétentions à l’hégémonie religieuse.

 

C’est sans doute dans cette ligne idéologique que s’inscrivait la sèche réponse du pape Pie X, sollicité par Théodore Herzl, en janvier 1904, de soutenir le mouvement de retour des juifs à Sion (9) :

« Nous ne pouvons empêcher les Juifs de retourner à Jérusalem, mais jamais nous ne pourrons l’encourager. Le sol de Jérusalem, s’il n’a pas toujours été sacré, a été sanctifié par la vie de Jésus-Christ. Les juifs n’ont pas reconnu Notre Seigneur, c’est pourquoi nous ne pouvons reconnaître le peuple juif […] Si vous allez en Palestine et que vous y installez votre peuple, nous y aurons des églises et nos prêtres seront prêts à baptiser tous vos compatriotes. »


On objectera sans doute qu’il n’est pas loyal de se référer à la réponse à l’emporte-pièce d’un pontife à l’ancienne, et que ce genre de comportement n’a plus cours aujourd’hui. Je le concède volontiers. Toutefois, il me paraît regrettable que la nouvelle formulation fasse prier les fidèles catholiques, le Vendredi Saint, pour que les juifs « reconnaissent Jésus Christ, sauveur de tous les hommes […] et parviennent à la reconnaissance de la vérité » (10), ce qui implique que, depuis le premier siècle de notre ère, ils ne sont toujours pas dans la vérité, et donc que leur foi juive est vaine, ce qui est en contradiction avec des dizaines de textes officiels catholiques de ces dernières décennies, qui tiennent davantage compte de la permanence de l’appel de Dieu sur son peuple, qu’il n’a pas rejeté, au témoignage de l’apôtre Paul (Epître aux Romains 11, 1-2).


Dans le droit fil de la cohérence théologique et spirituelle chrétienne elle-même, n’eût-il pas été plus adéquat et tout aussi fidèle aux Ecritures chrétiennes de recourir plutôt à la formule que l’évangéliste met dans la bouche de Jésus :
"Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent (11), toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ." (Evangile selon Jean 17, 3) ?

 

Les chrétiens sont évidemment en droit d’espérer que l’humanité, en général, et le peuple juif, en particulier, reconnaissent Dieu et Jésus-Christ. Mais, ils ne devront pas s’étonner que les juifs ne puissent réprimer une sensation de malaise, de défiance, voire de dégoût, face à cette aspiration chrétienne tenace à ce qu’ils reconnaissent (enfin) la vérité du christianisme. Et dans ce contexte, je ne puis m’empêcher de penser, malicieusement, que la flèche ironique, décochée par le juif Paul, devenu disciple de Jésus, contre ses contradicteurs juifs, atteint aujourd’hui ces chrétiens convertisseurs : "...je leur rends témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais c’est un zèle mal éclairé" (Epître aux Romains 10, 2).

 


Quant à 
l’invocation finale de la nouvelle prière, où s’exprime le vœu que « la plénitude des nations entrant dans Ton Eglise, tout Israël soit sauvé », elle me paraît relever d’une audace exégétique et théologique, dont je ne suis pas sûr qu’elle procède de l’Esprit-Saint. Elle se compose de deux passages du Nouveau Testament, que je me contenterai de citer, en les commentant très brièvement.

1. Epître aux Romains 11, 25 : "Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse: un endurcissement partiel est advenu à Israël, jusqu’à ce que soit entrée la plénitude des nations. » 

Qu’il suffise de faire remarquer le "coup de pouce" ecclésiologique donné par l’ajout du liturgiste : « dans Ton Eglise ». Ainsi, sans crier gare, on nous affirme que le "lieu" dans lequel entre (ou entrera) la "plénitude des nations" - expression on ne peut plus mystérieuse, soit dit en passant -, est l’Eglise. Pas le "Corps du Christ", ni son "Epouse", ni le "Peuple de Dieu", selon les expressions chrétiennes consacrées, mais l’Eglise, terme amphibologique à souhait puisqu’il comporte deux valences indissociables, en théologie chrétienne : l’Assemblée (ou la Communauté) que s’est constituée Jésus (également appelée mystiquement son "Corps’, et son "Epouse"), et l’institution, terriblement "incarnée", qu’est l’Eglise de Rome. Et peu importe, pour notre sujet, si cette entité humano-politique et religieuse est, ou non, partie intégrante de ce qu’on appelle volontiers, dans le langage chrétien, le « mystère de l’Eglise". Disons à nouveau qu’il s’agit là d’un coup d’audace, dont il serait souhaitable que ses auteurs explicitent la genèse, en précisant la "note" théologique - comme disent les spécialistes - de cette terminologie.

 

2. Epître aux Romains 11, 26 : " et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob. "

On l’aura compris, il s’agit du verset qui suit immédiatement celui de la "plénitude des nations" qui entre, ou doit entrer « dans l’Eglise ». Sans aucun esprit de dénigrement, je dirai que recourir à ces deux passages difficiles, voire obscurs, pour justifier la supplique à Dieu en vue de la conversion du peuple juif, c’est, comme dit l’expression consacrée, éclairer l’obscur par plus obscur encore.

 


Pour finir, je me permets de déplorer que l’on ne s’en soit pas tenu, en haut lieu, à la belle prière pour les juifs, qui fut promulguée sous Paul VI, et qui
correspondait mieux à l’exigence du respect du dessein de Dieu sur ce peuple, dont la vocation spécifique n’a pas encore été suffisamment comprise ni reconnue par la chrétienté :

 

"Prions pour le peuple juif, le premier à avoir entendu la Parole de Dieu,
pour qu’il puisse continuer à croître dans l’amour de son nom
et la croyance en son alliance."

 

 

Menahem Macina

 

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Notes de la Rédaction d’upjf.org

 

(1) "Le pape modifie une prière « pour la conversion des juifs » du Vendredi saint", La Croix du 6 février 2008. Extrait : « Dans cette nouvelle version, les passages demandant à Dieu de "soustraire ce peuple de [lire : "à"] ses ténèbres" et [à son] "aveuglement" ont disparu, mais la prière invite toujours à prier pour la conversion des juifs, "afin que Dieu et notre Seigneur illumine" le coeur des juifs et "afin qu’ils connaissent [en fait "reconnaissent"] Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes"… »

(2) Je me permets de renvoyer à mon article, mis en ligne aujourd’hui sur le présent site, sous le titre "Motu Proprio de Benoît XVI et nouvelle formulation de la prière pour les juifs", qui, outre l’original latin de la nouvelle prière, en donne une traduction littérale. Consulter également la liste des références à des textes parus sur notre site à propos du Motu Proprio, qui figure à la suite des présentes notes.

(3) Dans certains cercles chrétiens, on entend parfois rappeler, à l’appui de cette conception, ces passages du Nouveau Testament : 1) " …et il [Jésus] leur dit: « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et qu’en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem… » " (Luc 24, 46-47); 2) "S’enhardissant alors, Paul et Barnabé déclarèrent: « C’était à vous d’abord qu’il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien, nous nous tournons vers les païens. »" (Actes 13, 46).

(4) "Cet adage célèbre, résumé d’une phrase écrite au Vème siècle et attribuée à St Célestin Ier, a été repris depuis, par de nombreux autres Papes, tels Benoît XIV, Léon XIII, Pie XI et Pie XII [...] Il signifie que la loi de la prière détermine la loi de la croyance. Autrement dit, on peut en modifiant la prière modifier aussi la croyance…" (Texte emprunté au site AMDG). 

(5) Voir, entre autres, M. Macina, "La querelle du « déicide » au Concile Vatican II". 

(6) Il va de soi que le terme de déicide lui-même ne figure pas dans le Nouveau Testament. Mais, selon les partisans de cette théorie, plusieurs passages des Ecritures chrétiennes y font allusion. On cite en particulier les paroles du discours de Pierre, en Actes 3, 14-15 : "Mais vous, vous avez renié le Saint et le juste; vous avez réclamé la grâce d’un assassin, tandis que vous faisiez mourir le prince de la vie…".

(7) « Que tous aient soin, dans la catéchèse ou la prédica­tion de la parole de Dieu, de ne rien enseigner qui puisse faire naître dans le cœur des fidèles la haine ou le mépris envers les juifs : que jamais le peuple juif ne soit présenté comme un peuple réprouvé, ou maudit, ou déicide. Ce qui fut perpétré dans la passion du Christ ne peut au­cunement être imputé à tout le peuple vivant alors, moins en­core au peuple d’aujourd’hui. »

(8) Voici le passage complet de ce texte de compromis : «Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ (Jn 19, 6), cependant ce qui a été commis du­rant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les juifs vi­vant alors, ni aux juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau peuple de Dieu, les juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela dé­coulait de l’Écriture. Que tous aient donc soin, dans la catéchèse et la prédication, de ne rien enseigner qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ.»

(9) E. Lapide, Rome et les Juifs, p. 124, qui cite les carnets de Herzl. Voir aussi A. Elon, La rivolta degli ebrei, Milan, 1967, pp. 471-472.

(10) Voir note 2, ci-dessus.

(11) Ici, le verbe latin n’est plus agnoscere, reconnaître, mais cognoscere, connaître.

 

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Références à quelques textes parus sur notre site à propos du Motu Proprio

 

"Benoît XVI apporte une correction à la prière ’pour les Juifs’" (21/01/2008).

 

"Benoît XVI aux Etats-Unis, application du ’Motu Proprio’ et relation avec les juifs(15/01/2008).

 

M. Macina, "Les catholiques prieront-ils à nouveau (en latin), pour la conversion des Juifs ?" (15/07/07).


"Motu Proprio de Benoît XVI et nouvelle formulation de la prière pour les juifs" (06/02/2008).  


"Tullia Zevi au pape : « Soit la conversion, soit le dialogue »", interview de U. De Giovannangeli (09/09/07).

 

Paul Thibaud, "Benoît XVI organise le repli sur la doctrine" (28/07/2007).

M. Macina "Prière pour la conversion des juifs: Question de mots, ou problème théologique ?" (26/07/2007).

M. Macina, "Un spécialiste: «La prière pour la conversion des juifs ne sera plus prononcée»" (19/07/2007).

Abbé A. R. Arbez, "Combien d’Eglises au milieu du village ?" (17/07/2007).

"De la prière pour le peuple juif le Vendredi-Saint : repères historiques" (Zenit) (15/07/2007).

 

"Le pape va-t-il remettre en vigueur une liturgie contenant des formules blessantes pour les Juifs?" (15/07/2007).

M. Macina, "Les catholiques prieront-ils à nouveau (en latin), pour la conversion des Juifs ?" (15/07/2007).

"Lettre du Pape Benoît XVI, expliquant les raisons de son Motu Proprio pour la messe en latin(14/07/2007).

"A-t-on raison de s’inquiéter du retour possible de la prière pour la ’conversion’ des juifs ?" (08/07/07).

Traduction française du "Motu Proprio" « Summorum Pontificum », sur la messe en latin (VIS) (08/07/2007). 

 

"De la prière pour le peuple juif le Vendredi saint : repères historiques" (06/07/2007).

 

"La prière pour la conversion des Juifs réapparaîtra-t-elle?" Dossier sur le Motu Proprio « Summorum Pontificum », préparé par Jean Duhaime.



 

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Mis en ligne le 6 février 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org