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Contentieux palestino-israélien

Ce qu’aurait dit la déléguée de la Palestine, au dîner du CRIF, si on lui avait donné la parole
17/02/2008

Un blog, qui se targue d’être « un média juif ouvert à tous », met en ligne le discours que Madame Hind Khouri, Déléguée générale de la Palestine en France, aurait prononcé au dîner du Crif - où elle était invitée -, si on lui avait donné la parole. Il faut préciser que l’initiative de publier ses propos ne vient pas d’elle, mais du propriétaire d’un blog qui, à l’en croire, est « de sensibilité juive et connu pour être un havre de paix et un espace de dialogues [sic] entre les hommes de bonne volonté quelque [sic] soit l’horizon d’où ils viennent. » Passons pieusement sur la ’modestie’ de ce satisfecit autoproclamé, et remercions sincèrement ce chantre de la paix des cadavres juifs de donner à ceux qui se font encore des illusions à ce propos, l’occasion d’entendre, de la bouche même de celle qui en fait la promotion en France, les intentions réelles de la partie palestinienne aux négociations sur le troisième partage de la Terre d’Israël. Ce qui suit est une reproduction intégrale de ce discours inédit. J’ai seulement mis en rouge et en grasses les mots et les passages qui donnent à réfléchir, et ajouté deux notes rédactionnelles. (Menahem Macina).

Voir aussi : "Pour mieux connaître la nouvelle représentante de l’Autorité Palestinienne en France".

13/02/08 
 


La mine avenante de Madame Khoury ne doit pas faire oublier
l’objectif qu’elle sert et dont son discours inédit dévoile les dangers pour Israël.

« Né dans la douleur d’une période de l’histoire où les Juifs de France avaient besoin de se rassembler pour renaître et exister comme communauté reconnue, le CRIF a été fondé dans le but de sauvegarder des valeurs humaines universelles [1]. C’est au nom de la défense de ces valeurs humaines, celles qui reconnaissent à tous les peuples le droit à l’existence et à la dignité, celles qui défendent la tolérance et le respect de toutes les religions et de toutes les communautés, que je participerai pour la première fois à son dîner annuel.

Je remercie le président du CRIF pour cette invitation qui signifie pour moi une reconnaissance des droits du peuple palestinien à un Etat indépendant dans les frontières d’avant 1967 au côté d’un Etat israélien vivant lui aussi en sécurité dans ses frontières. Cette invitation me semble exprimer l’importance du respect de l’autre et des valeurs humaines fondamentales et universelles.

Les juifs, meurtris par le passé, fils de la Shoah ou des pogroms, ont trop souffert pour rester insensibles à la misère et à l’injustice faites aux Palestiniens. Comment peuvent-ils s’accommoder de la situation actuelle, insupportable pour tout être humain ? Comment peut-on accepter ce qui se passe en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la Bande de Gaza qui subit un véritable martyre, asphyxiée économiquement, privée d’énergie et obligée de recourir à l’aide internationale ? Comment cautionner ce régime d’apartheid où, séparés par un mur, chacun a ses routes, ses écoles, ses hôpitaux, ses rues ? Comment enfin, en 2008, justifier encore l’occupation de 22% de la Palestine historique, là où devait exister notre futur Etat ? Enfin, comment justifier la colonisation qui au mépris du droit international continue de prospérer au cœur des frontières de ce même futur Etat ?

L’immense majorité des Palestiniens aspire à une vie normale, dans le cadre d’un état reconnu dans les frontières de 1967, avec pour capitale Jérusalem-Est [2] et une solution juste pour les réfugiés. Ce sont les seules bases de négociation pour une paix à venir. Les conditions de cette paix sont donc connues de tous et ont été à maintes reprises rappelées par le droit international. Depuis 1988, nous avons accepté de faire un compromis historique en reconnaissant Israël. Qu’avons-nous obtenu en échange ?

Le temps est venu pour nous tous de choisir notre camp, celui de cette paix fondée sur la tolérance des religions qui nous différencient sans pour autant nous défendre de vivre ensemble dans le droit et le respect mutuel. Cela fait 60 ans que nous attendons cette paix que nous voulons bâtir ensemble pour nos enfants. Voilà le sens que j’aimerais donner à la présence symbolique des Palestiniens que je représente en France au dîner du CRIF. Pour cela, Israéliens et Palestiniens doivent s’élever au dessus de cette politique de la force et de la violence pour se regrouper autour d’une politique des droits fondamentaux de l’homme.

C’est parce que je suis convaincue qu’Israéliens et Palestiniens peuvent vivre ensemble et pour cela doivent se parler sur la base du droit, que mon action, s’inscrira toujours dans l’espoir d’un dialogue aboutissant à une paix commune. La période des Lumières en France nous a appris que l’homme pouvait dépasser l’obscurantisme et l’intolérance : faisons de ce message un ciment commun pour notre avenir".

Hind Khoury

Déléguée Générale de la Palestine en France

 

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Notes de la rédaction d’upjf.org

 

[1] On reconnaît, dans cette phraséologie, l’art de la propagande palestinienne. Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France n’a évidemment pas été fondé, comme l’affirme Madame Khoury, « dans le but de sauvegarder des valeurs humaines universelles ». Pour en savoir plus sur cette institution, lire la notice que lui consacre Wikipedia. Extrait : « Le CRIF est né en 1944 et est issu du Comité général de défense juive, créé dans la clandestinité dès juillet 1943 dans la France occupée. Selon la première charte élaborée, son objectif premier est alors le sauvetage des Juifs de France, alors gravement menacés par la politique de collaboration du régime de Vichy avec les forces nazies. Dès sa forme primitive, il tend à unifier l’ensemble de la communauté juive… À l’issue de la guerre, le CRIF se structure et établit ses premières passerelles politiques, notamment avec des organismes tels que le Congrès juif mondial et l’American Jewish Committee. »

 

[2] "Jérusalem-est", cette expression ’topographique’, et donc apparemment neutre, ne doit pas faire oublier qu’elle englobe, entre autres lieux saints et vestiges archéologiques juifs, le Kotel (Mur occidental) et surtout le lieu du Temple ! Il est utile lire la notice que Wikipedia consacre à cette partie de la Ville sainte. Extrait : « Jérusalem-Est représente la partie orientale de Jérusalem qui était administrée par la Jordanie et qui fut conquise puis occupée et annexée par Israël en 1967. Cette partie inclut la vieille ville et ses lieux saints (le Saint-Sépulcre, l’Esplanade des Mosquées/Mont du Temple et le Mur des Lamentations). La population y est principalement arabe depuis la domination jordanienne à l’issue de la guerre israélo-arabe de 1948 et l’expulsion des Juifs de la vieille ville. Les Jordaniens ont perdu le contrôle des lieux saints et de toute la Cisjordanie après sa conquête par Israël lors de la guerre de 1967. Les dirigeants israéliens annoncèrent alors officiellement la "réunification" de la ville de Jérusalem et la proclamèrent "Capitale éternelle et indivisible d’Israël et du peuple juif". La Loi de Jérusalem est adoptée par la Knesset en 1980. L’appellation "Jérusalem-Est" est depuis lors utilisée par l’ONU. »

 

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Mis en ligne le 14 février 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org