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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

De la haine médiatisée, Jean-Marie Allafort
21/03/2008

20/03/08

Editorial


Texte repris du site "Un écho d’Israël".

 

Le peuple palestinien souffre. Nous qui vivons en Israël, nous ne pouvons sans doute pas mesurer la profondeur de cette souffrance, ni ses implications. Il nous est interdit de la minimiser et, à plus forte raison, de la mépriser.

La cause palestinienne gagne-t-elle en noblesse lorsque, après un attentat comme celui qui a été commis contre des adolescents de l’Institut talmudique à Jérusalem, les foules en liesse sortent dans la rue, distribuent des sucreries et se réjouissent de la mort d’innocents ? Ces scènes sont révoltantes. Elles se répètent souvent, trop souvent. Sont-elles comme inscrites dans une culture qui devient celle de la haine ? Déjà, lors de la première guerre du Golfe, des jeunes religieux catholiques palestiniens de Bethléem étaient montés sur les toits avec des cris de joie en entendant que des scuds étaient tombés sur Tel Aviv. Comment peut-on en arriver à un tel degré de haine ? Cette haine envers Israël est contagieuse. Elle prolifère dans des contrées lointaines sans aucune raison objective apparente.

La haine n’est le monopole d’aucun peuple. Elle existe aussi en Israël contre les Arabes, dans certains milieux. Nous en avons souvent de tristes exemples. Cependant, je n’ai jamais vu en Israël des manifestations de joie quand des enfants palestiniens - et même des terroristes - étaient tués par Tsahal. Lorsqu’il y a mort d’enfants, on a honte.

Le judaïsme interdit de se réjouir de la défaite de l’ennemi et de sa mort. Un texte de la tradition raconte même que lorsque les fils d’Israël ont traversé le Mer Rouge, les anges ont commencé à chanter, mais que Dieu les a fait taire à cause de la mort des Egyptiens. Israël en a tiré la leçon.

En lisant les quelques 600 pages du rapport de la commission Vinograd sur le deuxième guerre du Liban - texte indigeste s’il en fut - j’ai été frappé par les termes respectueux que les doctes enquêteurs utilisaient pour parler du Hezbollah, l’ennemi. Toute bassesse, même dans le vocabulaire, ne peut qu’entraîner un profond mépris, qui évolue bien souvent en haine irraisonnée.

Durant l’opération « Hiver chaud » , j’ai zappé longuement sur les chaînes de télévision arabe. Il n’est nul besoin de comprendre la langue pour se laisser emporter par la déferlante vague des images de sang et de mort. Dans nos télévisions occidentales nous prenons soin de cacher le visage des enfants tués ou de rendre floues des scènes trop violentes. Les télévisions arabes donnent dans une pornographie morbide sans la moindre retenue. Tout est montré dans les détails, les corps calcinés, les morceaux de bras ou de jambes récupérés au milieu des décombres. En regardant de telles images, vous ne pouvez qu’être révolté par tant de barbarie. Il n’y a rien d’étonnant que des Palestiniens se soulèvent à Hébron ou à Jérusalem, ou qu’un autre prenne un fusil pour venger la mort des innocents. La télévision est la plus grande école de haine dans le monde arabe.

Jean-Marie Allafort

© upjf.org

 

Mis en ligne le 20 mars 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org