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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Israël a peur de l’opinion mondiale, Edward Bernard Glick
16/03/2008

15 mars 2008

Washingtontimes.com                                                                  

 

Original anglais : "Israel’s fear of world opinion".

 


Adaptation française de Sentinelle 5768


La perception qu’ont les ennemis d’Israël du problème de la Palestine, est que l’Etat juif, qui a le Premier ministre le plus faible et le plus impopulaire de son histoire, et dont l’armée a échoué dans la seconde guerre du Liban, est en chute libre sur les plans politique, militaire et relations publiques. Son armée n’intimide, ni ne défait ses ennemis. Malgré les éliminations ciblées répétées, les barrages et les incursions, les terroristes continuent d’envoyer à leur gré des roquettes et des missiles sur Israël. La raison majeure, selon leur opinion, qui est aussi la mienne, est la peur paralysante qu’a Israël d’une opinion mondiale négative, et celle de causer des victimes civiles ennemies. Comme l’a observé Fouad Ajami, de l’Université John Hopkins, le terroriste « travaille toujours avec le clin d’œil et l’approbation discrets et complices de la société qui lui donne asile » [*].

Et donc, si l’Etat juif ne maîtrise pas ses craintes et n’inflige pas plus - et non moins - de dommages collatéraux aux lieux d’où provient la terreur, il mourra sûrement.

Ceux qui veulent la destruction d’Israël et y travaillent ne s’abstiennent pas de tuer des civils innocents. Aussi ne sont-ils pas impressionnés par la politique défaillante d’Israël, qui consiste à limiter le nombre de ces victimes, à s’en s’excuser, et à demander l’absolution à un monde qui cache son antisémitisme politiquement incorrect derrière un antisionisme politiquement correct.

Les ennemis seraient plus impressionnés si Israël suivait l’adage de son ancien Chef d’état-major général, le Lt-Général David Eleazar. Après un raid de commando, en 1973, à Beyrouth, au cours duquel une Italienne, âgée de 70 ans, fut tuée, le Lt-Général Eleazar exprima ses regrets, mais ajouta : « Israël ne se pliera pas aux règles du jeu d’une guerre partielle ; on ne gagne pas les guerres avec une défense puissante ».

·         Les ennemis d’Israël se souviennent, même si les dirigeants d’Israël l’ont oublié, que l’Allemagne, l’Italie et le Japon se sont rendus en 1945, uniquement parce que la puissance alliée les a écrasés et leur a fait perdre la volonté de combattre et d’être dirigés par des perdants, politiques et militaires.

·         Les ennemis d’Israël se souviennent, même si ses chefs politiques et militaires l’ont oublié, que les puissance de l’Axe ont été défaites uniquement parce que les puissances alliées leur ont opposé une force militaire supérieure, lente, durable et plus puissante, durant plusieurs années très sanglantes.

·         Et les ennemis d’Israël se souviennent, même si les dirigeants politiques et militaires  d’Israël l’ont oublié, qu’épargner à l’ennemi des victimes civiles n’a jamais posé sérieusement problème à l’Américain Franklin Roosevelt, au Russe Joseph Staline, ni au Britannique Winston Churchill.

·         Israël doit aussi cesser de perdre la tête quand l’un de ses soldats ou de ses civils est enlevé. Cela arrive, à la guerre. Il doit cesser de libérer des centaines ou des milliers de combattants ennemis en échange d’un ou deux de ses citoyens.

 

Suivant tous les calculs, il est légitime de sacrifier un soldat pour en sauver 10, 10 pour en sauver des centaines, des centaines pour en sauver des milliers, et des milliers pour en sauver des millions. Du fait de la corrélation entre victoire et victimes, Israël doit aussi appliquer ce principe à ses pertes civiles. Au cours de la Guerre d’Indépendance de 1948, au moins un pour cent de la population d’Israël – qui était alors de 650.000 – ont donné leur vie pour affermir leur Etat. Mais aujourd’hui, alors que la population d’Israël est dix fois plus importante, ses dirigeants croient, à tort, que les Israéliens ne supporteront pas un pourcentage bien inférieur de pertes pour préserver leur Etat.

Les Israéliens doivent cesser de se soucier de l’opinion mondiale. Les seules opinions qui comptent, et uniquement dans la mesure où elles ne menacent pas l’existence d’Israël, sont l’opinion des Juifs de la Diaspora et l’opinion américaine. Pendant la guerre du Liban en 2006, les Américains, depuis le Président Bush jusqu’à l’homme et à la femme de la rue, comme on dit, ont espéré et prié pour que les Israéliens soient beaucoup plus audacieux et victorieux qu’ils ne l’ont été. Pour survivre, Israël devra combattre selon les règles de ses voisins. La première règle est : « Ne jamais laisser la crainte des pertes l’emporter sur l’évaluation militaire ». La deuxième règle est : « Si l’on ne gagne pas chez les voisins, on perd, et c’est mérité ».

 

Edward Bernard Glick *

 

© Washingtontimes.com                                                                          

 

* E.B. Glick, auteur de Between Israel and Death [entre Israël et la mort], est professeur émérite de sciences politiques de Temple University.

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Note de la Rédaction d’upjf.org

 

[*] Glick fait allusion à l’article suivant : "The Extremist Is Never Alone", The Wall Street Journal, 25 juin 2006.

 

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[Article aimablement signalé par Ch. Dalger.]

 

Mis en ligne le 16 mars 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org