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Judaïsme

Tou Bichvat 5768 : Le peuple juif… une nation à en-raciner !
22/01/2008

21 janv  2008  - 14 chevat 5768      

En-raciner toute l’année, dans la Terre d’Israël, des arbres, à Tou Bichvat, est une injonction.

Cette année de shmita fait exception (tous les 7 ans, la terre d’Israël doit rester en jachère : ni culture, ni récolte, ni consommation des produits de la terre obtenus cette année-là).

Mais, comme la Torah affirme : "l’arbre des champs c’est comme l’homme lui-même", et parce que Dieu dit à Moïse "Tu feras venir ton peuple, et tu le fixeras sur la montagne de ton héritage" (Chemot - Exode, 15, 17, parashah Bechallah, contemporaine de Tou Bichvat), la descendance, même 3 500 ans après Moise - et éternellement - a comme impératif de planter le peuple, les hommes, sur cette montagne sacrée. Et Dieu ajoute ; "Je les replanterai dans leur sol et ils ne seront plus déracinés de ce sol que je leur ai donné" (Amos, 9, 15).                                     

. 

Oui, le peuple juif est venu. Revenu en Israël après 3 000 ans.

 

L’implantation de la population – le yichouv - a émergé bien des années avant la création de l’Etat en 1948. C’était une implantation toute neuve qui fleurissait, mais aussi une nouvelle sorte de Juif. « Le Juif du Yichouv, devenu productif, créateur, retournant à la terre pour s’y enraciner, pour la faire produire et pour en sortir lui-même grandi ». Si les Juifs vivant en Israël plantent des arbres, ce n’est pas seulement parce qu’ils savent qu’ils pousseront, mais bien plutôt parce qu’ils ont le sentiment d’appartenir à cet endroit et que leurs enfants et petits-enfants viendront s’abriter sous l’ombre des mêmes arbres qu’ils ont plantés (1).

 

Même chose, depuis 1967, pour le Judéen hébraïque, continuateur de son prédécesseur, le Juif du Yichouv : il s’épanouit aujourd’hui en Judée-Samarie, et y fait fleurir la terre comme personne d’autre avant lui.

 

Nous n’avons volé à aucun peuple du globe terrestre quelque territoire ni quelque souveraineté que ce soit. Notre implantation en Israël n’est pas la conquête d’un territoire étranger, mais le retour d’un peuple sur sa terre d’origine (2).

 

Il ne faut pas être religieux pour être sioniste (3).

 

Le sionisme moderne n’a fait que reprendre une aspiration profonde à revenir chez soi. S’il avait choisi une autre terre que celle qui le lie au peuple juif, il aurait échoué.

 

Alors que le christianisme et l’islam sont partis, l’un et l’autre, à la conquête du monde, le judaïsme a toujours refusé tout prosélytisme. Victime de persécutions, il n’a jamais envisagé d’exister en tant que nation en dehors de la terre d’Israël (2).

 

En 1947, les Juifs ont accepté le partage de la Palestine. Les Arabes l’ont refusé. Les Juifs ont toujours été prêts à faire des concessions. Les Arabes ne l’étaient pas. Les Juifs étaient prêts à accepter moins que tout. Les Arabes, et aujourd’hui les Palestiniens, eux, ont voulu et veulent le tout (3).

 

Les Juifs sont à la fois un peuple et une nation, tous deux indissociables de la terre d’ Israël (2).

 

Exilés à partir de l’an 70, ils ont exprimé, chaque jour, pendant deux mille ans, leur profond désir de revenir en Eretz Israel.

 

« Nous ne pouvons que constater que, durant notre exil, aucun peuple ni aucune civilisation n’a jamais fait de Jérusalem sa capitale, à l’exception des Croisés, et pour une courte période. On ne peut oublier que pendant près de deux mille ans, la terre d’Israël n’a produit que des ronces, qu’elle n’a jamais pu sortir de son deuil prolongé, ce deuil lamentable qui fut le résultat si douloureux de la punition divine infligée au peuple juif. Mais lorsque cette malédiction de l’exil a commencé à s’éclipser, la terre de nouveau nous a tendu ses bras, faisant pousser ses fruits en abondance et recouvrant de ses fleurs les montagnes et les collines, conformément à la parole du prophète Ezéchiel (36, 8) : "Et vous, montagnes d’Israël, tendez vos branches et portez vos fruits pour mon peuple Israël, car ils sont près de revenir" » (4).

 

Et maintenant que nous y sommes, « lorsque nos pieds foulent le sol d’Israël, nous ressentons une inébranlable stabilité et une énorme force intérieure. Si la terre d’Israël est appelée terre de vie, c’est qu’elle a la faculté de réveiller toutes les forces de la vie qui sont enfouies dans les profondeurs de notre âme ».

 

Il faut vivre ici et être porté par cette terre pour ressentir véritablement qu’un souffle nous transporte, au quotidien, vers des limites et des hauteurs insoupçonnées.

 

Depuis près de 60 ans, nous nous accrochons fortement à notre extériorité, que toutes les tempêtes du monde essayent, une fois de plus, de nous arracher.

 

Or, le vrai combat se situe dans notre intériorité et il se gagne ici, en Eretz (5).

 

Ce n’est sans doute pas un hasard si le deuxième Livre de la Torah, celui de la délivrance, s’appelle le "Livre des Noms". C’est parce qu’ils ne changèrent pas leurs noms que nos Pères sortirent d’Egypte. Seul un peuple qui n’a pas perdu son identité peut aspirer à la délivrance.

 

Cette terre, et elle seule, a le pouvoir de nous révéler qui nous sommes, quelle est notre identité. Si, pour les uns, cette identité s’appelle démocratie, pour les autres, droits de l’homme, pour d’autres Torah, ou bien encore, terre, ou bien être comme les autres, un point c’est tout, c’est-à-dire ne pas avoir d’identité du tout, pour nous, il est temps de comprendre que l’histoire a changé.

 

Arrêtons de « démotiver notre jeunesse en la plongeant dans le doute et en remettant en cause nos droits éternels sur cette terre » (5).

 

Israël ne doit pas être "un pays comme les autres", ou un lieu de vacances et de retraite, mais un pays à construire. On ne doit pas l’abandonner à la moindre peur. Que dirait-on si quelqu’un faisait cela envers sa propre famille ! Or, c’est notre famille (6).

 

Mais c’est une réalité : « notre quotidien est en ébullition, nous construisons, comme à la plage, un château, notre devenir, celui de nos enfants… et, toutes les minutes, les vagues arrivent comme pour nous dire : ce n’est pas le moment de te reposer, il faut renforcer devant, sur les côtés, à l’intérieur, si tu veux te maintenir et mériter de regarder la mer, te réchauffer au soleil, sans peur ni angoisse. Des initiatives de tous bords déferlent sur notre quotidien. Elles reflètent notre dynamisme en tant que société juive et vivante : observons, analysons, réfléchissons, car chacune est plus intéressante, signe d’intelligence, de travail, d’avancée, de renouveau ; chacune est un non à l’attentisme et au fatalisme » (7).

 

La situation, en Israël, va certainement être reprise en mains par une nouvelle et belle génération de juifs, qui, au lieu de prôner et de faire une politique de retrait, de renoncement, de recul - faisant ainsi montre de faiblesse, ce qui excite nos ennemis et les incite à nous faire la guerre encore davantage; Amalek a toujours profité du doute qui s’emparait des Hébreux pour les harceler ! -, sera une génération remplie de confiance en elle-même ; elle va s’affirmer sans honte, avec fierté et sans haine de soi, prête à vivre en parfaite entente avec ses voisins, si on lui fiche la paix.

 

Israël n’est encore, à l’échelle de l’histoire, qu’un enfant qui apprend à peine à marcher. Un enfant à qui nous devons apprendre où se situe son identité : dans les hauteurs de la confiance en nous-mêmes et de la puissance retrouvée d’Israël.

 

Le principe consistant à ne pas irriter les nations ne doit plus s’appliquer aujourd’hui. Chassons nos doutes et nos craintes. La guerre actuelle que mène contre nous le monde islamique n’est rien d’autre que la continuation des émeutes et guerres qu’il nous impose depuis la création de l’Etat. Son objectif : nous dé-raciner et nous dépouiller de notre terre (5).

 

Quant aux nations, elles s’attendent à ce que nous redevenions nous-mêmes. Ce qu’elles haïssent, c’est le Juif qui ne se connaît pas lui-même, qui manque de confiance en soi, et qui passe son temps à se demander ce que diront Rome ou Washington (5).

 

L’antisémitisme-antisionisme, au-delà de l’événementiel, nous interpelle, en ce sens que ces nations ont besoin d’un Israël fort qui pourra servir de modèle à l’humanité tout entière. Leur haine est, en vérité, un appel : « Israël, où es-tu ? Redeviens toi-même, car de ton salut dépend le nôtre » (5).

 
 
© Pierre Caïn, INFO’SION
(Jérusalem-capitale, Israël)                                                
 
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1. Rav Adin Even-Israël (Steinsalz), Jérusalem Post, éd. française, 8-14 sept. 1999, p. 6-7.      

2. M. et Fl. Taubmann, P.A. Taguieff, et coll. Contre l’antisionisme’, mars 2002.      

3. E. Ben Elissar, 23/11/1998.       

4. Chlomo Aviner, Etincelles, p. 96, Sifriat Hava, Bet El (5758).

5. D’après Rav H. Dynovisz, La Terre d’Israël aimée et convoitée, p. 107–110.

6. Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour, "La fête de Tou Bi Chevate" www.modia.org    

7. Avraham Azoulay, Le P’tit Hebdo n° 341, 19 janv. 2008 - 12 chevat 5768.  
 
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Mis en ligne le 21 janvier 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org