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Menahem Macina

Carla Bruni-Sarkozy et la déontologie journalistique : Bravo, Madame !
28/03/2008

27/03/08

 


Sous le titre, "Halte à la calomnie !", le journal Le Monde a publié, le 19 mars, une tribune de l’épouse du président de la République. Notre collègue avisé, Victor Pérez, nous la signale, en l’accompagnant de la remarque suivante :

« Changez le sujet de la complainte de Carla Bruni et mettez-y Israël, les Juifs ou leurs soutiens, vous verrez que beaucoup d’entre nous aurions pu écrire cet appel décriant ces journaleux qui abusent de la déontologie journalistique pour leur propagande. » 

 

Je ne puis que l’approuver. Morceaux choisis * :

 

* En bleu, le texte de Mme Carla Bruni-Sarkozy. En rouge, les passages que l’on pourrait appliquer, sans le moindre changement, au traitement biaisé, voire diffamatoire, que réservent régulièrement à Israël et à son armée un nombre non négligeable de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle dans le monde, en général, et en France, en particulier.

 

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« Le texte de la charte signée en avril 2004 entre Claude Perdriel, PDG du Nouvel Observateur, et les représentants de la Société des rédacteurs, prévoit que "l’objectif des articles est de présenter les faits aux lecteurs avec la plus grande rigueur et la plus grande honnêteté. Toute information
doit être recoupée et vérifiée. La rumeur doit être bannie, la citation anonyme évitée et la source indiquée aussi précisément que possible"...

………………………………..


Ce qui est malhonnête et inquiétant dans cet épisode, c’est qu’
à aucun moment l’"information" n’a été vérifiée, recoupée, validée. De son propre aveu, Airy Routier n’avait pas vu… le SMS, qu’il a pourtant présenté comme un fait... *

[* Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Si, si, cherchez un peu… C’est cela : un reportage voyeur, filmé au carrefour de Netzarim, le 30 septembre 2000, censé montrer en direct la mort d’un enfant palestinien, décrite par Charles Enderlin, journaliste de France 2,  qui n’était pas sur place !]

………………………………..


il me semble que quand un "journaliste", aux dépens de l’honnêteté qu’il doit à ses lecteurs, sanctifie la rumeur et prend ses désirs pour des réalités, il ne doit pas invoquer des "sources en béton".

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En attaquant le site du Nouvel Observateur pour "faux et usage de faux", mon mari [le Président de la République] ne s’en prend pas à la liberté de la presse (qu’il a toujours ardemment défendue : qu’on se souvienne, pour cela, de l’affaire des caricatures du Prophète dans Charlie Hebdo), mais au droit de dire et d’écrire n’importe quoi. De ce point de vue, loin de se conduire en despote, c’est la liberté de chacun qu’il protège.

  • Car si, désormais, la rumeur sert d’information, si les fantasmes servent de scoops, où allons-nous ?
  • Si les grands journaux cessent de faire le tri entre les ragots et les faits, qui le fera ?
  • Si, tel le pire des magazines trash, Le Nouvel Observateur, trahissant sa charte, sa vocation et même son nom, n’observe plus mais invente ce qu’il raconte, quel rempart nous reste-t-il contre l’hystérie de l’époque ?
  • Est-ce l’avenir des contre-pouvoirs que de cracher en l’air avant d’être rappelés à l’exigence élémentaire de probité ?
  • La liberté exige d’avoir le sens des responsabilités, tout comme la transparence exige l’honnêteté

…. Relisez Beaumarchais :

" La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés… elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ? " 

Réponse : les journalistes. Les vrais. »

 

Bravo, Madame la Présidente. Ce n’est plus seulement par votre beauté que vous rehaussez l’image du Président Sarkozy, votre époux, ainsi que celle de la France, mais par votre sagesse, la noblesse et la pertinence de vos propos.

 

Menahem Macina

 

© upjf.org

 

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Note du site www.upjf.org

 

Déclaration des devoirs et des droits des journalistes

En ligne sur le site du Syndicat National des Journalistes (SNJ)

 

(Comme ci-dessus, les mises en couleur rouge sont miennes.)

 

Déclaration des devoirs

Les devoirs essentiels du journaliste, dans la recherche, la rédaction et le commentaire des événements, sont :

1) respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître ;

2) défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique ;

3) publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents ;

4) ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents ;

5) s’obliger à respecter la vie privée des personnes ;

6) rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ;

7) garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement ;

8) s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information ;

9) ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs ;

10) refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction.

Tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement les principes énoncés ci-dessus ; reconnaissant le droit en vigueur dans chaque pays, le journaliste n’accepte, en matière d’honneur professionnel, que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre.

 

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Mis en ligne le 27 mars 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org