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Israël (Société - mentalités)

"Un écho d’Israël" : Réflexion sur le 60ème anniversaire de l’Etat d’Israël, Jean-Marie Allafort
16/05/2008

16/05/08

Un écho d’Israël 41 : mai - juin 2008


Editorial

Texte repris du site de Un écho d’Israël

 

Il est frappant de consulter les photos sélectionnées par certains journaux étrangers pour résumer les 60 ans d’Israël. On y voit surtout des clichés de batailles (c’est vrai qu’Israël a connu 7 guerres sur cette courte période), des Palestiniens qui se soulèvent contre les forces d’occupation et, bien sûr, le célèbre « mur de la honte ». Heureusement, il y a eu Begin et Rabin qui ont fait respectivement la paix avec l’Egypte et la Jordanie. Ce sont les seules photos sans canons pointés...

Un prêtre de Jérusalem a déclaré cette semaine que le pays célèbre 60 ans d’illégitimité. Si cet ecclésiastique acceptait de me suivre sur le mont Herzl à Jérusalem, je lui montrerais les nombreuses tombes sur lesquelles il est gravé « anonyme ». Ce sont des rescapés de la Shoah, qui, à leur descente de bateau se sont retrouvés avec un fusil à la main pour ne pas risquer une seconde fois de disparaître. Dans de nombreux cas, on n’avait même pas enregistré leur nom. Ils sont morts anonymes. Ce sont des rescapés de Birkenau et d’Auschwitz, qui ont versé leur sang (sans qu’on leur demande leur avis) pour que leurs fils et petit-fils puissent vivre en toute liberté loin de ceux qui veulent l’extermination des Juifs. Israël est un Etat-refuge. Ne l’oublions jamais.

Comme chaque année, le jour de l’Indépendance, je suis invité chez des amis pour le traditionnel barbecue. J’y rencontre Nurit, mère de trois enfants. Nous parlons de la journée de la veille, consacrée au souvenir des soldats tués. Elle a un seul garçon et me confie qu’elle prie tous les jours pour qu’il ne s’enrôle pas dans une unité combattante. Elle ne veut pas le perdre. Elle a les larmes aux yeux.

Quelques minutes plus tard, elle me raconte qu’elle travaille dans un jardin d’enfants, à Tel Aviv. Il y a de nombreux enfants de travailleurs étrangers, ainsi qu’un bambin palestinien. Elle m’explique que, grâce à une organisation humanitaire israélienne, une mère célibataire palestinienne est cachée à Tel Aviv. Elle a été sauvée de justesse de la mort. Son propre frère la recherche toujours pour la tuer. Personne ne sait que l’enfant est Palestinien. On lui a donné un nom juif et il parle hébreu. Et Nurit de conclure : « Il est un peu plus jeune que mon fils. Qui me dit qu’un jour, il ne se battra pas contre mon garçon ? » Dans ces quelques mots, était résumé le drame israélien d’aujourd’hui.

 

Jean-Marie Allafort

 

© Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 16 mai 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org