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Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.
Antisémitisme

Considérations sur l’antisémitisme, à la lumière des événements récents, Dov Gamrasni
25/06/2008

23/06/08

 

Ce matin, au réveil, ma première pensée a été pour Rudy Haddad, le jeune juif agressé samedi soir à Paris ; je prie pour qu’il recouvre vite la santé et que le Qiddoush haShem [1] engendré par cet acte inhumain, s’amplifie encore.

Et puis, j’ai eu une pensée, comme d’habitude, comme tous les juifs en Israël et ailleurs, comme d’autres personnes dans le monde, pour Guilad, Eldad et Ehoud, détenus en captivité par le Hamas et le Hezbollah.

Le rachat des captifs a, de tout temps, été la mitzva prioritaire du peuple juif, et cela, nos ennemis le savent bien : ils sont cruels et sadiques, et ils s’en gargarisent.

Comparés à eux, les nazis n’étaient que des enfants de choeur: le fait qu’ils tentaient de cacher au monde l’existence de l’Holocauste, peut signifier qu’il leur restait un semblant de conscience morale.

Il y a quelques années, le journal L’Humanité ironisait sur Ariel SHARON, qu’il présentait sous les traits d’un dompteur face à des Palestiniens catalogués comme des animaux sauvages.

J’avoue avoir trouvé la comparaison extrêmement désobligeante pour… les animaux ! Parce que, eux, ils ne font que suivre leurs instincts, et qu’ils n’ont pas de libre arbitre.

Le monde libre est comme anesthésié par tant d’horreurs; une chape de plomb s’est abattue sur lui, et surtout il a peur, il est terrorisé.

Il n’arrive pas à y croire et commence à se dire que si des êtres humains en sont réduits à  se comporter de façon aussi abjecte, c’est qu’on les y a poussés, donc voilà c’est plus facile, les responsables c’est ISRAEL, les JUIFS.

Et pourtant…

Avraham Livni (z"l) nous a laissé un livre magnifique : Le retour d’Israël.

Et voici, entre autres, quelque chose d’essentiel qu’il nous remet en mémoire : de la même façon qu’une douleur ou une éruption de fièvre signale  un dysfonctionnement du corps, le degré d’intensité de la haine antisémite donne une indication sur l’état moral de la société. Car le peuple juif continue à assumer son rôle : celui du coeur de l’humanité.

Les mesures de sécurité, dues aux détournements d’avions, les fouilles, conséquences du terrorisme, les menaces de guerre atomique, l’augmentation du coût de la vie, générée par la hausse du prix du pétrole, même les voitures brûlées et les pierres lancées par les activistes de tous bords, tout cela a commencé avec les juifs et la liste est loin d’être exhaustive.

Mais, à qui la faute ?

Et, c’est là que le monde encore conscient va devoir se déterminer.

Ou bien il choisit de se reprendre et d’admettre qu’Israël est en première ligne de front contre l’idéologie la plus totalitaire, la plus sanglante et la plus arrogante depuis la nuit des temps, je veux, bien sûr, parler de l’islamo-fascisme.

Ou bien il cède, une fois de plus, à la facilité, c’est-à-dire à sa lâcheté, et il en subira les conséquences. Il sera dévoré de l’intérieur, impuissant, se lamentant chaque année un peu plus et subissant un peu plus chaque année.

Dans le Talmud, on se pose la question : quelle est la différence entre la jalousie et la haine ? Et la réponse est : on te jalouse pour ce que tu as, on te hait pour ce que tu es.

Cher Monsieur Juffa, avec tout le respect que je vous dois, s’il est vrai que cela fait plus de 7 ans que vous essayez d’innocenter Israël de l’accusation d’assassinat portée par France 2 et son "super-journaliste", Ch. Enderlin, le peuple juif, lui, est accusé de tous les maux de la terre depuis 2000 ans.

Cette haine est fondamentale et inconditionnelle, quelles que soient les circonstances ; elle ne dépend ni des traits de caractère individuels, ni de la personnalité nationale, ni de la situation financière, ni des conditions sociales,  ni du type de régime, ni des rapports avec les autorités,  ni du succès, ni de l’échec, ni de la beauté, ni de la laideur, ni du primitivisme, ni du progressisme. Car nous avons subi tout cela, et la haine est demeurée. On nous hait sous prétexte que nous sommes trop bons, mais on nous hait aussi pour notre vampirisme. On nous méprise pour notre "communautarisme", mais on ne supporte pas que nous nous mêlions des affaires des autres.

"De tous les extrémismes et les fanatismes qui se déchaînent dans la nature humaine, il n’y en a pas d’aussi irrationnel que l’antisémitisme. Les Juifs ne peuvent pas se justifier aux yeux de ces fanatiques. S’ils sont riches, on les vole. S’ils sont pauvres, on les raille. S’ils s’engagent dans une guerre, c’est parce qu’ils veulent tirer profit du sang non juif ainsi versé. S’ils prennent parti pour la  paix, c’est qu’ils sont couards de nature, ou alors traîtres. Si le Juif habite dans un pays étranger, on le persécute et on l’expulse. S’il rêve de retourner sur sa propre terre, on l’en empêche". (Lloyd Georges, 1923).

Donc, on me hait pour ce que je suis. Bien sûr, j’aimerais mieux être aimé, mais il se trouve qu’être haï par des gens inhumains est pour moi source de joie et d’honneur.

Un lien unit le Hamas et le Hezbollah, l’Iran et tous les islamo-fascistes. Il sue la haine et se réjouit de provoquer le maximum de destructions, de morts et de souffrances.

Un lien tout différent unit et lie le peuple juif, Israël, et les justes de ce monde à Guilad, Eldad, Ehoud et Rudy. Il déborde de compassion, de miséricorde et d’amour.

Car "le monde est fondé sur le Hesed [amour gratuit]".

J’ai, moi, depuis près de 3 500 ans, parié sur l’Amour que D. porte à son peuple.

"Rappelez-vous le passé, les temps reculés, car je suis le Tout-Puissant,  il n’en est pas d’autre. Je suis D. et nul n’est comme moi. Depuis le début, j’annonce les choses futures, et longtemps à l’avance ce qui n’est pas encore accompli ; je parle - ma décision demeure et tout ce que je veux, je le réalise." (Isaïe, 46, 9-10).

© Dov Gamrasni

 

Note de la Rédaction d’upjf.org


[1] Mot à mot : sanctification du Nom (ou de Dieu). L’expression désigne le martyre, c’est-à-dire le fait de sacrifier sa vie pour témoigner de sa foi en Dieu.

 

 

Mis en ligne le 24 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org