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Menahem Macina

L’ignoble couverture de presse relative aux deux otages décédés et à S. Kuntar, M. Macina
19/07/2008

18/07/08

 

Le président (chrétien) libanais, Michel Suleimane, une des personnalités présentes à la manifestation triomphale d’accueil de l’assassin Samir Kuntar, et de quelques prisonniers libanais :


« Nous accueillons nos héros et à leur tête, leur doyen, Samir Kuntar… »

 

Yves Bonnet, ex-patron de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) français (au cours d’une émission de France 24, en fin de soirée, le 16 juillet :

« Le Hezbollah n’est pas une organisation terroriste : ce sont des résistants… »

Alain Gresh, du Monde Diplomatique, dans la même émission, rappelle passionnément

« les mille morts libanais, et les milliers de bombes à fragmentation, dont Israël refuse de communiquer la liste des lieux sur lesquels elles ont été larguées, et qui tuent et estropient chaque jour des civils… »

Toujours dans le même programme, un personnage hargneux, dont je n’ai pas eu le temps de noter le nom et l’appartenance (Libanais ou Palestinien) a réponse à tout et tient un discours violemment anti-israélien. Entre autres perles, je citerai celle-ci. Répondant à l’objection (timide) du responsable de l’émission, déplorant que le Hezbollah ait caché jusqu’au bout la mort des deux otages israéliens :

- « C’est un mensonge stupide. Tout le monde savait cela. Les services secrets, l’armée… »

-         Mais les parents…

-         Les parents aussi…

[On reconnaît bien là l’hypocrisie proverbiale juive et israélienne. Les larmes, l’angoisse, les campagnes de presse et les pressions sur le gouvernement, tout cela, les proches des otages, l’ont mis en scène. Ils savaient que les kidnappés étaient morts, mais ils ont joué  la comédie, avec la complicité du gouvernement israélien, bien entendu…]

Pas de chance pour la thèse de ce roquet haineux, le lendemain, Nasrallah lui-même déclarait face à la foule de ses fans :

« Si leur sort (des deux soldats) avait été divulgué, par une défaillance ou par une erreur de tactique, les négociations auraient pris un autre cours »

On ne peut rêver meilleure reconnaissance de ce que, comme le remarque l’AFP, ce « secret » avait pour but de « mainten[ir] la pression lors des négociations avec Israël ».

L’AFP ne mentionne pas la morgue provocante du chef du Hezbollah, qui ajoutait :

« Ils (les Israéliens) n’ont pas été capables de savoir quoi que ce soit… »

Ironie cinglante destinée à tourner en dérision les services du renseignement israéliens.

Il faut dire qu’il a eu de quoi pavoiser. A en croire la source suivante, http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Documentsterrorisme/israeliens-captures-hezbollah.html le Hezbollah avait roulé le Shin Bet dans la farine :

« Dans la nuit du 1er au 2 août 2006, un commando israélien héliporté avait attaqué la cité de Baalbek, au coeur de la Bekaa libanaise. L’objectif des Israéliens est apparu être l’hôpital dont ils ont fouillé les pièces une par une. Ils sont repartis avant le lever du jour avec plusieurs prisonniers, de toute évidence pour les interroger. D’après certaines sources, les Israéliens savaient les deux prisonniers du Hezbollah blessés. Des informations ont laissé croire aux renseignements israéliens que les deux prisonniers étaient traités à l’hôpital de Baalbek. L’attaque israélienne contre l’établissement hospitalier, croyons-nous savoir, était destinée à libérer les deux prisonniers. »

 

Dernière remarque, à quelques rarissimes exceptions près, les commentaires de presse ne soufflent mot du fait que les soldats israéliens ont été kidnappés en territoire israélien, alors qu’aucune opération militaire n’était en cours hormis des patrouilles de routine. Tous les rapports parlent de soldats "capturés", sans plus.

Et Monsieur Enderlin, notre fierté journalistique nationale, ne fait pas exception à la règle : il utilise le terme euphémique de capture, dans le JT du 17 juillet sur France 2, et même s’il mentionne l’embuscade, il se garde de préciser qu’elle a eu lieu en territoire israélien :

« Les familles étaient sans nouvelles mais gardaient malgré tout un certain espoir depuis juillet 2006, depuis la capture des deux soldats, au cours d’une embuscade montée par le Hezbollah, et qui a marqué le début de la guerre au Liban.

Sans connaissance du contexte, on pourrait croire qu’il s’agit d’un fait qui s’est passé au cours d’un engagement armé sur le territoire libanais. En réalité les soldats ont été attaqués de l’autre côté de la "ligne bleue", qui fait office de frontière entre Israël et le Liban, et entraînés sur le territoire libanais.

 

Israël prend de plus en plus conscience qu’il ne peut compter sur personne pour défendre sa cause, si ce n’est du bout des lèvres et sans guère de sincérité.

 

Menahem Macina


© Upjf

 

Mis en ligne le 18 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org