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Contentieux palestino-israélien

Les Palestiniens déplorent la perte de leur droit à résider à Jérusalem: apartheid revu et modernisé
03/08/2008

Si je mets ce texte en ligne c’est pour illustrer le fait – peu connu, et surtout peu documenté – qu’il existe une presse chrétienne qui mène, elle aussi "sa guerre" de propagande anti-israélienne. Une lecture attentive montre que, si l’agence de presse en question, répercute bien les explications, légalement fondées, fournies par les autorités israéliennes - qui réduisent à néant les allégations de discrimination raciale formulées par les Palestiniens -, elle se garde bien d’en tirer les conséquences et oriente visiblement sa dépêche dans un sens anti-israélien. (Menahem Macina).

01.08.2008

Texte repris du site de l’Apic 


Jérusalem, 1er août 2008 (Apic)


Les Palestiniens déplorent la perte de leur droit à résider à Jérusalem. Lorsque Mona Nasir Tucktuck a épousé son amour d’adolescence il y a trois ans, elle n’imaginait pas que cela entraînerait la perte de son droit à résider à Jérusalem, sa ville natale. L’incroyable histoire de Mona, confiée à l’Agence œcuménique ENI, sur les pratiques d’un Etat, qu’un autre, en Afrique du Sud, a pratiqué[es] à l’époque de l’apartheid.


Mona Tucktuck, 33 ans, a rencontré son mari Habib à la paroisse anglicane Saint-Georges de Jérusalem, où ils allaient au catéchisme ensemble. Mona et Habib sont restés ensemble, parfois même malgré les distances - chacun d’eux étant parti étudier à l’étranger -, jusqu’à ce qu’ils se marient enfin, en 2005.

Habib a perdu son droit de résider à Jérusalem il y a quatre ans quand, après avoir étudié aux Etats-Unis, il est devenu citoyen de ce pays. Pourtant, Mona espérait qu’en revenant à Jérusalem chaque année pour renouveler son permis de sortie, pratique acceptée par le ministère de l’Intérieur israélien dans le passé, elle aurait la possibilité de maintenir son statut juridique de résidence.

Ses problèmes ont débuté en 2007, lorsqu’elle est tombée enceinte et n’a pas pu se rendre à Jérusalem pour renouveler son permis de sortie. Elle s’est inscrite à la place au consulat israélien de Los Angeles.

Le consulat israélien, sachant désormais que Mona n’habitait plus à Jérusalem mais à Las Vegas, a renvoyé un visa touristique au lieu de renouveler son permis de sortie. C’est à ce moment-là qu’elle a rejoint les plus de 4’000 Palestiniens, parmi lesquels des enfants de ministres présents et passés de l’Autorité palestinienne, dont le droit de résidence à Jérusalem a été annulé au cours des quatre dernières années.

Surveillant de près l’augmentation de la population arabe à Jérusalem depuis l’occupation de Jérusalem-Est en 1967, Israël a accordé aux Palestiniens qui y vivaient le statut spécial de résidents permanents.

 

8 000 Palestiniens concernés en 40 ans

Bien que les habitants de Jérusalem-Est aient la possibilité de recevoir la nationalité israélienne, ce qui implique de jurer fidélité à Israël et de renoncer à toute autre nationalité, de nombreux Palestiniens choisissent de garder le statut de résident permanent.

Ces résidents payent des impôts à Israël, peuvent voter aux élections municipales, mais pas nationales, ont théoriquement davantage de liberté de mouvement - grâce à leur carte d’identité israélienne - que les autres Palestiniens, et peuvent bénéficier des mêmes avantages sociaux que les citoyens israéliens. Lorsqu’ils sortent du pays, ils doivent être en possession soit d’un permis de sortie, soit d’un laissez-passer pour voyager.

Depuis 1967, quelque 8 000 Palestiniens ont perdu leur droit à résider à Jérusalem. Les organisations de défense des droits de la personne accusent Israël de chercher à réduire la population palestinienne de Jérusalem afin d’avoir une meilleure emprise sur cette ville que les deux peuples revendiquent comme capitale.

« Résider quelque part, cela signifie y vivre », a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur israélien.

« Tout est clairement énoncé dans la loi. S’ils ne reviennent pas vivre ici en l’espace de dix ans, ils ne peuvent plus prétendre qu’ils sont basés ici, puisqu’ils vivent autre part. Ils ne sont pas citoyens. La citoyenneté ne peut pas être révoquée. »


Le porte-parole a ajouté que certains résidents permanents juifs, comme les juifs néerlandais, qui choisissent parfois ce statut au lieu de la citoyenneté parce que les Pays-Bas n’autorisent pas la double nationalité, perdent également leur statut de résident s’ils ne vivent plus en Israël. Une lettre est envoyée à toute personne dont le droit de résidence va être annulé, et cette personne peut ensuite faire appel, a ajouté le porte-parole.

Néanmoins, affirme l’Israélien Yotam Ben-Hillel, avocat des droits de la personne pour le Centre HaMoked de défense de l’individu, certaines lois sur la résidence s’appliquent non seulement aux habitants de Jérusalem-Est qui sont nés à Jérusalem, mais également aux touristes et aux étrangers qui viennent en Israël.

 

« Ils sont nés ici »

« Les Palestiniens sont nés ici. Ils ne sont pas venus en Israël, c’est Israël qui est venu à eux. Les habitants de Jérusalem-Est n’ont pas le luxe de vivre à l’étranger pendant un temps, puis de décider de revenir vivre à Jérusalem. »,

a déclaré l’avocat.

« Je suis une résidente, pas une touriste »,

a déclaré Mona Nasir Tucktuck à l’Agence ENI lors d’une interview par téléphone depuis la maison de sa mère à Ramallah, dans les territoires palestiniens.

« Les Israéliens peuvent avoir un passeport américain et un passeport israélien sans problème, mais nous ne pouvons pas, parce que nous ne sommes pas des citoyens, nous sommes des résidents permanents. »

Les Palestiniens peuvent également perdre leur statut de résident s’ils déménagent en dehors de Jérusalem, en Cisjordanie ou même dans la banlieue à quelques kilomètres des limites de Jérusalem pendant plus de sept ans. Il en va de même lorsque un Palestinien obtient le statut de résident permanent ou la citoyenneté dans un pays étranger.

Mona Nasir Tucktuck est titulaire d’une Carte de résident permanent aux Etats-Unis et d’un passeport britannique parce qu’elle est née en Angleterre quand ses parents y étudiaient. Après avoir perdu son droit de résider à Jérusalem, elle a fait appel mais le tribunal l’a déboutée.

Elle ne peut faire annuler la décision qu’en allant vivre à Jérusalem sans quitter la ville, mais ni son fils de huit mois, ni son mari ne peuvent s’y installer légalement sans visa, donc il n’en est pas question.

« Dans les ordinateurs, je ne suis plus une résidente de Jérusalem. La prochaine fois que je viens rendre visite à ma famille je devrai faire une demande de visa touristique »,

a expliqué Mona.

« Quoi qu’ils disent, je suis une Palestinienne et c’est encore chez moi ».

 

(apic/eni/pr)

 

© APIC

 

Mis en ligne le 2 août 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org