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Obama ferait mieux de conquérir l’Amérique que de parler avec un revenant
29/07/2008

Reuters en français ferait bien de contrôler de près son staff, en cette période estivale. Un ami me signale une bourde, monumentale, qui serait comique si elle était le fait d’un jeune pigiste d’une feuille de chou de la France profonde, mais qui fait désordre s’agissant d’une Agence de presse aussi sérieuse que Reuters. On y découvre, en effet, qu’aux nombreux talents du jeune et dynamique candidat à la Maison Blanche, il faut ajouter celui de "médium", capable d’entrer en contact avec l’au-delà, devant témoins. Jugez plutôt. (Menahem Macina).

29/07/08

 

 

Cela crève les yeux qu’ils sont à peu près du même âge, n’est-ce pas ?

 

Ci-après un texte qui vous fera sans doute bailler d’ennui, sauf si vous persévérez dans votre lecture jusqu’au vingtième paragraphe.

Là, vous apprendrez que « le roi Hussein de Jordanie, qui est de la même génération d’Obama, l’a retenu à dîner et, honneur insigne, est même allé jusqu’à le raccompagner personnellement à l’aéroport d’Amman ».


Je passe pieusement sur la lamentable faute : « de la même génération de », qu’il faut lire : « de la même génération que ». En effet, c’est une vétille, comparé à l’"hénaurme" anachronisme qui fait dialoguer Obama avec le papa défunt de l’actuel roi de Jordanie, Abdullah, en précisant qu’ils sont à peu près du même âge ! (Pour mémoire le roi Hussein est né en 1935 et est décédé en 1999. Quant au sénateur Barack Obama, il est né en 1961, et, aux dernières nouvelles, il se porte comme un charme).

La bourde est d’autant plus impardonnable que l’article original en anglais ("Obama adored abroad but how will that play at home?"), dû à la journaliste chevronnée, Caren Bohan, parle, lui, comme il se doit, du  "Jordan’s King Abdullah, close in age to Obama" (le roi Abdullah de Jordanie, sensiblement du même âge qu’Obama).

J’espère vous avoir fait au moins sourire (même si c’est jaune) au milieu d’une actualité qui n’a rien de particulièrement désopilant.


Menahem Macina

 

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Plébiscité à l’étranger, Obama doit conquérir les Etats-Unis, par Caren Bohan

Sur le site Actualité Free, du Monde (rubrique information en continu)

 

27/07/08

CHICAGO (Reuters) - Barack Obama, qui vient de boucler une tournée bien remplie à l’étranger, a charmé le roi de Jordanie, séduit le président de la république française et captivé les citoyens européens, de Berlin à Londres.

Au cours de ce déplacement d’une semaine au Moyen-Orient et en Europe, le candidat démocrate à la Maison blanche semble même, en dépit de son prénom à consonance musulmane, avoir ébranlé le scepticisme d’Israël à son égard.

Mais il reste à voir si le sénateur de l’Illinois, qui n’a que trois ans d’expérience parlementaire fédérale, aura comblé le déficit d’expérience internationale dont il souffre aux yeux de nombre d’Américains par rapport à John McCain.

Héros de la guerre du Viêtnam, le septuagénaire sénateur républicain s’est forgé au fil des ans une solide autorité dans les domaines touchant à la sécurité nationale des Etats-Unis, dont il se prévaut pour brocarder son cadet de 25 ans.

L’ancien pilote de l’US Air Force a ironisé samedi sur la couverture exceptionnelle accordée par les médias américains à la tournée de son adversaire, qui se permet d’"adresser des discours au peuple du monde".

"Je commence à me sentir un peu délaissé. Peut-être que vous aussi", a grincé le sénateur de l’Arizona samedi en s’adressant à la radio à ses compatriotes.

Pour sa part, Obama a qualifié dimanche son voyage d’"utile" dans l’optique de son élection, assurant qu’il lui avait permis d’établir des liens de "confiance" avec des "dirigeants-clés" qui auront pu se rendre compte, selon lui, qu’il est "quelqu’un avec qui on peut traiter".

L’accueil chaleureux réservé à Obama à l’étranger risque en effet d’être perçu par l’électorat américain moyen comme un tour d’honneur prématuré de la part du candidat, qui reste en tête des sondages, mais avec un écart stable de seulement cinq à sept points.

Il est assez inhabituel pour un candidat à la présidence américaine d’effectuer à moins de quatre mois du scrutin crucial une tournée aussi ambitieuse - elle l’a emmené successivement en Afghanistan, en Irak, au Koweït, en Jordanie, en Israël, en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne.

L’entourage d’Obama ne cache pas sa satisfaction du déroulement sans anicroche de ce périple, tout en s’efforçant de souligner qu’il ne faut pas en attendre un bond spectaculaire dans les intentions de vote.

"Nous n’avons jamais pensé que ce voyage, ou quoi que ce soit d’autre, changerait radicalement les perceptions ou les sondages. Mais nous pensons que cela viendra au fil de la campagne. Ce voyage est un bon départ", confie Robert Gibbs, un des principaux collaborateurs du sénateur de l’Illinois.

OBAMANIA

Obama, dont les fervents partisans comparent le charisme à celui de John Kennedy, a prouvé ses capacités d’envoûtement des foules américaines durant les primaires démocrates du premier semestre.

Mais l’"Obamania" qui a saisi le public européen est au moins aussi intense, sinon plus. Deux cent mille personnes se sont déplacées pour écouter le sénateur métis à Berlin cette semaine, soit plus du triple des 75.000 personnes qu’il avait réussi à rassembler à Portland, son record aux Etats-Unis.

Il a su par moment trouver les accents d’un Kennedy ou d’un Ronald Reagan, mais il a tenu à s’en démarquer dès le début de son discours en faisant allusion à son métissage: "Je sais que je ne ressemble pas aux Américains qui ont dans le passé pris la parole dans cette grande cité."

Fils d’une Américaine blanche et d’un Noir kényan, Obama a passé une bonne partie de sa jeunesse en Indonésie, un cursus qui explique l’attrait qu’il suscite à l’étranger, où on lui prête plus de largeur de vue sur les questions internationales qu’au président sortant George Bush, ou même à McCain.

A Berlin, Obama a invité l’Europe à partager avec les Etats-Unis le fardeau de la stabilisation de l’Afghanistan, un thème de sa campagne qui a pour avantage de montrer qu’il n’était pas juste en représentation électorale à l’étranger.

Il n’a pas prononcé de discours officiels à Londres ou à Paris, mais il y a attiré aussi les foules le long de ses parcours.

"J’espère que l’Amérique se rend compte quelle chance elle a", s’est exclamée une jeune supportrice britannique du sénateur devant le 10, Downing Street, où il rencontrait le Premier ministre Gordon Brown.

A l’Elysée, le président Nicolas Sarkozy a pratiquement adoubé le candidat démocrate en lui souhaitant "bonne chance" et en lui disant que "les Français suivent avec passion la campagne électorale aux Etats-Unis".

Le roi Hussein de Jordanie, qui est de la même génération d’Obama [sic], s’est montré enthousiaste devant l’engagement du candidat à relancer le processus de paix au Proche-Orient. Il l’a retenu à dîner et, honneur insigne, il est même allé jusqu’à le raccompagner personnellement à l’aéroport d’Amman.

C’est sans doute en Israël, où il n’a pas manqué de réaffirmer le droit à l’existence de l’Etat juif, qu’Obama était attendu avec le plus grand scepticisme. Il y a pris le temps de rencontrer une pléiade de dirigeants et le soin de faire écho à leur inquiétude face à la possible nucléarisation militaire de l’Iran.

"Bien sûr, tout le monde était très excité de rencontrer Obama. C’est un homme qui porte beau et qui a beaucoup d’aisance. Et il a dit tout ce que nous voulions entendre", a confié un responsable israélien.

Ce qui ’chiffonne’ certains Israéliens, ainsi que l’électorat juif américain, c’est l’insistance du candidat démocrate à se réclamer d’une politique de changement, ajoute cependant ce responsable, sous le sceau de l’anonymat.

"Israël ne veut pas de changement. Israël aimerait que la politique actuelle soit maintenue, sinon par Bush du moins par son héritier McCain", explique-t-il.

Mais Pinhas Amar, un habitant de la ville de Sderot, cible régulière des roquettes tirées par les activistes palestiniens de Gaza, n’est pas d’accord.

"C’est un homme bien. Il est charismatique. Je pense qu’Obama va gagner. C’est lui que je préfère", assure Amar, lui aussi gagné par l’"Obamania" après avoir reçu les visites successives de McCain, en mars, puis d’Obama, mercredi.


Version française : Marc Delteil

 

[Texte français aimablement signalé par A. Vatteville, Paris.]

 


© Reuters

 

Mis en ligne le 29 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org