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Antisémitisme

"Rédemption", de Edna Yaghi: version anti-israélienne des "Protocoles des Sages de Sion"
08/05/2008

Fin décembre 2001, j’étais tombé en arrêt sur cet article, rédigé en langue anglaise et intitulé "Redemption". Il affectait l’apparence de la confession cynique, à la première personne, d’un militaire israélien, prénommé Amos, qui avouait sa haine des Palestiniens et sa passion de les tuer. En fait, bien que ce ne soit pas mentionné, il s’agit d’une fiction due à la plume férocement anti-israélienne d’Edna Yaghi, une journaliste américaine qui vivait alors en Jordanie. D’abord paru dans le "Palestine Chronicle", du 23 déc. 2001, on le retrouve, en date du 9 janvier 2002, sur le site Media Monitors [1], et également sur un site personnel, du nom de Hejileh. Il figure également dans la bibliographie des articles d’E. Yaghi, parus sur le Web, hébergée par le site allemand Anis-Online [2]. J’ai choisi d’illustrer ma traduction avec les photos provocatrices qui figurent dans la version anglaise mise en ligne sur le site Hejileh [3]. Mon titre veut attirer l’attention sur le fait qu’un tel texte est conçu dans le même esprit que les "Protocoles des Sages de Sion" et avec le même but : accréditer la théorie du complot de domination brutale des non-juifs, par un peuple prétendûment élu qui se targue de la haute valeur morale de sa tradition. A méditer. Faut-il préciser que pour le lecteur arabe et/ou musulman de base, au Proche-Orient, ce texte est considéré comme un document authentique? D’où ma comparaison avec les "Protocoles", à la prolifération inendiguable desquels Arte consacrait hier soir une émission [4] (Menahem Macina).

07/05/08

Traduction française : Menahem Macina

 

Mon nom est AMOS.

 

Je suis un soldat israélien en poste dans les territoires palestiniens. Certains de mes compatriotes et camarades ont refusé d’obéir à l’ordre de rappel sous les drapeaux pour servir sur le front parce qu’ils s’opposent aux méthodes de mon gouvernement pour calmer l’agitation des natifs de cette terre.

 

Mes camarades de combat et moi-même avons une perspective différente. Le problème n’est pas seulement "eux ou nous" ou l’écrasement de la rébellion du peuple dont nous occupons la terre. Il s’agit de survie. Cette survie implique que des juifs comme moi accaparions les ressources hydrauliques qui sont la propriété légitime des natifs du pays, afin que l’herbe de nos pelouses continue de pousser et que nos piscines continuent de nous rafraîchir durant les longs mois d’été,  tandis que nous faisons le nécessaire pour que nos captifs n’aient pas assez d’eau à boire. Il s’agit de prendre de plus en plus de terre aux Palestiniens et de créer de plus en plus de colonies illégales dans les secteurs que notre gouvernement confisque aux natifs du pays. Il ne s’agit même pas de maintenir le peuple que nous détestons dans les camps de concentration-ghettos où nous les obligeons à vivre. C’est quelque chose de plus systématique. Il s’agit en fait soit d’éliminer les indigènes, soit de les expulser complètement de ce qui nous reste de notre pays.

 

Bien que mon travail soit dangereux et exigeant, j’apprécie ce que je fais. Bien que je sois tout à fait conscient du fait que les Juifs ne constituent plus une race ni un peuple, il est essentiel que le reste du monde continue à nous percevoir comme tels. L’ironie est que beaucoup de jeunes juifs comme moi sont complètement agnostiques, et qu’ils se gaussent de la conception d’Israël comme refuge pour ceux qui suivent la religion hébraïque et prétendent que c’est une priorité de l’état de guerre israélien.

 

 

 

Quoi qu’il en soit, je crois fermement à la théorie selon laquelle les juifs, qu’ils soient une race et un peuple ou non, sont de loin supérieurs à tous les peuples de la terre. Je fais de mon mieux pour mettre en oeuvre ma croyance chaque jour au service de mon pays.

 

J’ai été bien entraîné à accomplir ma tâche au mieux de mes capacités. J’apprécie d’être envoyé en différents lieux pour exécuter une myriade de tâches. Parfois, je suis de garde aux points de contrôle entre les villes palestiniennes. Je prends un plaisir particulier à humilier les Palestiniens qui tentent de passer d’un secteur occupé à l’autre. Parfois, je tire sur des civils en voiture, juste pour qu’ils aillent au diable. Je ne suis pas responsable si l’un d’eux meurt et, naturellement, je ne suis jamais puni. Ceux sur lesquels je tire me servent seulement de cibles d’entraînement pour améliorer mes performances en matière de tir de précision.

 

 

C’est amusant d’empêcher des ambulances transportant des patients qui ont besoin de soins d’urgence de franchir nos points de contrôle pour se rendre dans les hôpitaux. J’ai personnellement été témoin de la mort de gens souffrant de reins bloqués, de crises cardiaques, et du décès de femmes en couches et de leurs nouveaux-nés.

 

Parfois, je me lève au milieu de la nuit et je monte dans un tank avec quelques autres jeunes soldats. Nous roulons dans des villes et des villages palestiniens avant l’aube et bombardons les familles palestiniennes qui dorment dans leurs maisons. Parfois, je participe à des incursions avant l’aube et pénètre dans les maisons des combattants de la résistance, soit pour les arrêter, soit pour les tuer devant leurs épouses et leurs enfants. Parfois, je conduis des bulldozers israéliens qui, en quelques secondes, démolissent les maisons et les rêves de leurs occupants, ou bien je déracine des arbres dont la croissance a pris des générations. J’aime détruire des champs. Cela me rappelle la manière dont les Nordistes ont puni les Sudistes au terme de la guerre civile américaine [Guerre de Sécession].

 

 

Parfois je tire à balles réelles sur de paisibles manifestants, mais ce que je préfère, c’est tirer sur les enfants palestiniens qui osent me jeter des pierres. J’essaye de viser la tête et le coeur de ces gosses, et je suis fier d’en avoir tué beaucoup et d’en avoir mutilé davantage encore.

 

Je crois fermement que la vie d’un Israélien vaut davantage que la vie de 1000 Palestiniens. Chaque fois que les combattants de la résistance palestinienne essayent de se défendre ou de contre-attaquer, mes camarades et moi nous faisons en sorte d’infliger une punition collective à toute la population palestinienne.

 

Notre propagande sioniste est à son zénith. Les Israéliens ont convaincu le monde que nous combattons pour nous défendre contre un ennemi palestinien armé qui ne veut que nous jeter à la mer. Les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Peu de gens dans le monde savent que ce sont les Israéliens qui font tout ce qu’ils peuvent pour exterminer les Palestiniens. Nous pouvons le faire facilement grâce à nos amis américains qui nous soutiennent, quoi que nous fassions, nous donnent 5 milliards de dollars par an et nous fournissent les armes, les avions de combat et les hélicoptères les plus modernes. Nous ne voulons pas la paix. Nous voulons toujours davantage de terres arabes jusqu’à ce que notre empire atteigne [leurs] frontières. Nous traitons les Palestiniens de terroristes et considérons le Président palestinien Yasser Arafat comme quelqu’un d’inadéquat et qui donne asile au terrorisme.

 

MAIS,

 

Inscription sur le casque : "Né pour tuer"

 

Je suis AMOS, soldat israélien.

 

La terreur est mon jeu [favori] et le meurtre est mon nom. Je ne me repens pas, parce que mon âme est morte ; et je sais qu’il n’y a pour moi nulle rédemption.

 

 

© Ednah Yaghi 

 

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Notes du traducteur

 

[1] http://www.mediamonitors.net/edna82.html 

[2] http://www.anis-online.de/1/rooms/edna/index.htm

[3] http://www.hejleh.com/edna_yaghi/redemption.html

[4] Voir "Les bréviaires de la haine", sur ARTE, à propos des "Protocoles des Sages de Sion".

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Mis en ligne le 07 mai 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org