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Israël (Société - mentalités)

Des adolescents juifs et arabes participent à un cours d’instruction civique, Agnès Staes
26/04/2008

24/04/08

 

Le professeur Yehoshua Hats nous parle du programme d’enseignement du centre Gilo, de l’Université hébraïque de Jérusalem, qu’il a mis en place, avec d’autres enseignants, et dont l’un des buts est une meilleure connaissance mutuelle entre jeunes Juifs et Arabes.

Cette expérience a lieu dans le campus universitaire du Mont Scopus, au centre Gilo. Cette formation se déroule sur 3 ans d’études, par classes à effectif restreint (une fois par semaine). Les cours sont suivis par des Juifs, religieux et non religieux, et des Arabes israéliens. Il y a, dans chaque classe, trois professeurs : un Juif religieux, un Juif laïc et un Arabe, et autant d’étudiants juifs que d’Arabes.

D’où vient ce nom de "Centre Gilo" ?

« C’est le nom d’un millionnaire américain qui travaille dans le domaine de la haute technologie. Il donne de l’argent pour les projets démocratiques et la coexistence entre les deux peuples. Il est très attaché au respect mutuel, que l’on ne trouve pas forcément aujourd’hui dans les autres classes. »

Le professeur Hats explique :

« Ce programme est une formation à la citoyenneté et au droit civique, destinée à des élèves qui préparent leur baccalauréat [...] Ils ont donc entre 16 et 18 ans. Au baccalauréat, ils ont un examen portant sur les lois civiles, et, au départ, ce qui les a motivés à venir à ce cours est de pouvoir gagner des points. »

Voici quelques sujets qui sont abordés dans les 5 unités de valeur [programme] que les étudiants doivent suivre :

1) Qu’est ce qu’une démocratie ? L’idéal démocratique, les principes des lois démocratiques, le rôle de la loi, les limites de l’autorité gouvernementale, les fondations légales de l’Etat d’Israël, Israël comme Etat juif, etc.

2) le gouvernement et les hommes politiques en Israël, les partis politiques et les élections en Israël, les droits humains et civiques en Israël, etc.

3) L’entreprise individuelle.

4 et 5) Les étudiants doivent choisir deux sujets parmi les suivants : Etat et religion, Etat d’Israël et société, les citoyens arabes israéliens, la sécurité nationale en Israël, économie israélienne et politiques sociales, etc.

Dans la classe, les cours sont donnés en arabe et en hébreu. Mais les Arabes connaissent presque toujours l’hébreu alors que les Juifs ne connaissent pas l’arabe. Au fond d’eux-mêmes, il y a une résistance à connaître l’arabe, car c’est connaître la langue de l’ennemi. Au tableau, les professeurs écrivent en arabe et en hébreu. Le professeur Hats me confie qu’après ce projet, il aimerait faire quelque chose pour que les Juifs apprennent l’arabe. « Toutefois, explique-t-il, c’est beaucoup plus difficile que l’hébreu, malgré une parenté [sémantique] originelle », et il admet qu’il y a une difficulté supplémentaire pour les nouveaux immigrants, qui doivent d’abord apprendre l’hébreu.

L’enseignement inclut des cours théoriques, des rencontres avec des personnalités politiques ou publiques, des discussions et des visites dans des institutions gouvernementales. Cela permet à chaque étudiant de développer un sens civique actif, une approche critique de la citoyenneté.

En Israël, il y a beaucoup de problèmes entre les personnes : Arabes et Juifs ; entre les Juifs eux-mêmes, religieux ou non. Par exemple, les Arabes de Jérusalem sont résidents permanents en Israël, ils peuvent voter aux élections municipales, mais pas pour élire les députés à la Knesset.

« Dans tout pays démocratique comme en Israël, il existe des groupes différents. Ce qui est important, c’est qu’ils puissent vivre ensemble. Comment vivre une démocratie quand il y a beaucoup de cultures différentes ? », s’interroge Hats.

Les étudiants approfondissent leur connaissance et leur compréhension des concepts de base de la citoyenneté, des lois, du gouvernement, etc. Ils participent à des discussions sur des problèmes fondamentaux qui se posent à Israël en tant qu’Etat juif et démocratique.

Cette formation est portée à la connaissance du public par voie d’annonces dans les journaux et dans les écoles. Il y a aussi des associations qui donnent de l’argent pour des projets comme celui-ci.

Il y a encore un autre problème : chez les Juifs religieux orthodoxes, les filles et les garçons n’étudient pas ensemble. Il n’y a donc pas beaucoup de publicité dans les écoles religieuses. Actuellement, deux écoles religieuses participent pourtant au programme. Cette année particulièrement, ce sont les filles religieuses qui sont les plus motivées.

« Ce qui est important, dans ce cours, c’est qu’Arabes et Juifs travaillent ensemble, étudient ensemble, se découvrent les uns les autres. Par exemple il y a environ 3 mois, un rabbin ultra-orthodoxe (haredi) est venu parler à la classe de ce qu’il croit. Il est prêt à revenir avec joie ! », conclut le professeur Hats.

 

Agnès Staes

 

© Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 25 avril 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org