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Contentieux palestino-israélien

La solution à trois États, Joel Fishman
05/09/2008

5 septembre 2008

Makor Rishon

Titre original : The Three-State Solution

Traduction : Objectif-info


Ce mercredi 3 septembre, le Conseil israélien des affaires étrangères a organisé une conférence de presse de Salam Fayyad, le Premier ministre de l’Autorité palestinienne. Cet événement, qui a eu lieu au Sheraton Plaza Hotel de Jérusalem, n’était pas particulièrement remarquable. Néanmoins, il vaut la peine d’être rapporté.

Le Conseil israélien des affaires étrangères avait invité les personnalités les plus influentes sur l’opinion de la société israélienne, la presse, et les membres du corps diplomatique ; l’événement a rassemblé beaucoup de monde. Je m’y suis rendu de bonne heure pour être bien placé, et j’ai observé la présence d’une rangée de cameramen qui attendaient, près de leurs appareils photo numériques montés sur des trépieds et munis d’objectifs à large focale. Il y avait une forte participation de jeunes journalistes de la presse chinoise, et naturellement le genre de diplomates qui viennent habituellement de Tel Aviv pour des occasions semblables. Il y avait aussi quelques femmes de type nordique, des blondes appétissantes, qui honoraient cet événement de leur présence. Elles semblaient politiquement engagées, comme ces gens bien intentionnés qui jouent le rôle d’"idiots utiles", venus à Gaza par la mer, avec la prétention de briser le siège israélien. Il y eut un moment d’agitation quand les photographes ont installé leurs microphones sur l’estrade. Au dernier moment, Gershon Baskin, un sympathisant de la cause palestinienne, fixa un drapeau palestinien à la tribune, à gauche d’un drapeau israélien qui était déjà en place.

Finalement, la séance a commencé. David Kimche s’est avancé à grands pas vers le podium pour souhaiter la bienvenue à l’assistance et annoncer que M. Fayyad, retenu par des affaires urgentes, ne pourrait pas être présent, mais que Riad Malki, le ministre de l’information de l’AP, avait aimablement accepté de lire sa déclaration. Ce genre d’attitude n’est pas nouveau, et j’ai fait l’expérience personnelle d’orateurs de l’AP laissant tomber des publics israéliens à la dernière minute. Dans ce cas-ci, j’ai été soulagé de ne pas entendre le prétexte habituel qu’en dépit des demandes répétées, le Shabak n’a toujours pas délivré les autorisations d’entrée nécessaires, ou qu’il bloque l’orateur à un barrage routier.

Riad Malki a lu la déclaration de Fayyad, qui ne contenait aucune surprise. Son message fondamental était qu’il ne reste plus beaucoup de temps pour aboutir à une solution pacifique fondée sur la création d’un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël. Voici quelques-uns de ses thèmes fondamentaux :

• La ligne de séparation entre Israël et l’Autorité palestinienne devra être la frontière de 1967.
• Les constructions en Judée et en Samarie se sont multipliées par quatre depuis Annapolis.
• Les Israéliens ne mènent pas les négociations avec enthousiasme.
• l’AP a reçu un soutien diplomatique précieux de l’Égypte et de la Norvège.
• Les Israéliens sont indifférents à la souffrance palestinienne causée par l’"occupation".

Les commentaires de Malki ont été suivis d’un temps de questions/réponses, agaçant parce que le modérateur, David Kimche, ne prit pas la peine de demander aux journalistes de s’identifier et de dire qui ils représentaient. Il semblait aussi qu’aucun membre de la presse n’était de langue maternelle anglaise.

Néanmoins, il est quand même possible d’ébaucher quelques réactions à une rencontre aussi terne que celle-là. On peut en conclure que le problème palestinien est devenu marginal et qu’il a perdu sa légitimité. A l’exception des authentiques dévots du Département d’État, très peu de gens, Palestiniens y compris, croient réellement, du fond du cœur, que la cause de la paix et de la justice dans le monde est liée, si peu que ce soit, à la création d’un État palestinien. Si les Palestiniens avaient vraiment désiré un État, ils auraient conclu un arrangement à Camp David, mais ils ont raté le coche. En outre, dans une interview de 1990 au magazine de gauche, Etgar, le défunt Fayçal Husseini avait déclaré qu’il faisait tout son possible pour obtenir, au bénéfice des Palestiniens, non seulement le soutien de la gauche israélienne, mais également celui du centre traditionnel. Avec leurs campagnes terroristes, les Palestiniens ont mis à mal ce réservoir de sympathisants. Les Israéliens ne sont pas des imbéciles. Le public n’oubliera pas les victimes du terrorisme palestinien, les accusations de crime rituel à propos de Mohammed Al-Dura, le lynchage de masse de Ramallah, les distributions de sucreries par les Palestiniens au moment de l’attentat du 11 septembre [2001] et, naturellement, le Mickey nommé Farfour. Le soutien du centre israélien s’est évaporé parce que les Palestiniens l’ont démoli. De plus, comme l’ancien président Carter l’a rappelé dans son livre, Martin Luther King avait dit que la pire des choses qui puisse arriver au mouvement des droits civiques était qu’il devienne lassant. Carter craignait que la chose arrive à la cause palestinienne.

A partir du moment où Gaza a rompu ses liens avec l’Autorité palestinienne, il est peut-être plus pertinent de parler d’une solution à trois États. L’Autorité palestinienne peut en remercier l’administration Bush qui, en faisant pression pour des élections à Gaza, lui a donné le baiser de la mort. La solution à deux État est peut-être en danger comme Riad Malki l’a indiqué, mais il est plus conforme à la vérité de dire que nous aurons une solution à trois État, et qu’avec la perte de Gaza, l’Autorité palestinienne a été considérablement affaiblie. Pour la plupart des gens, ce n’est pas vraiment important. Ce sujet est devenu lassant.


Joel Fishman *


© Maqor Rishon


* Le Dr
Joel Fishman est membre d’un centre de recherche de Jérusalem.

 

Mis en ligne le 05 septembre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

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Original anglais

Joel Fishman

Makor Rishon

5 September 2008

 

The Three-State Solution

 

On Wednesday, September 3rd, the Israel Council for Foreign Affairs hosted a press conference for Salam Fayyad, the Prime Minister of the Palestinian Authority.  This event which took place at the Sheraton Plaza Hotel in Jerusalem was not especially notable.  Nevertheless, it is worth describing.  The Israel Council for Foreign Affairs invited what it understood to be important opinion makers of Israeli society, the press, and members of the diplomatic corps, and the event was well attended.  I came early in order to get a good seat and noted a bank of videomen waiting by their tripods and shooters with digital cameras with long lenses.  There was a strong representation of young reporters from the Chinese press, and of course the type of diplomats who usually drive up from Tel Aviv for this type of occasion.  There were a few dishy blond Nordic women who graced this occasion with their presence.  They looked committed, like the well-intentioned but useful idiots who came on the boats to Gaza supposedly to break the Israeli siege.  There was an air of excitement as the photographers taped their microphones to the podium.  At the last moment Gershon Baskin, a sympathizer of the Palestinian cause, planted a Palestinian flag on a stand to the left of an Israeli flag which was already in place.  

 

Finally, the event began, and David Kimche strode to the podium in order to welcome the audience and to announce that Mr. Fayyad could not make it because of urgent business, but Riad Malki, the Information Minister of the PA had graciously agreed to read his statement.  This type of behavior is not new, and it has been my personal experience that speakers from the PA bow out from Israeli audiences at the last minute.  In this case, I was thankful not to hear the excuse that, despite repeated requests, the Shabak had still not issued the necessary entry permits or had detained the speaker at a roadblock.

 

Riad Malki, read Fayyad’s statement which contained no surprises.  His basic message was that time is running out for a peaceful solution that includes an independent Palestinian state next to Israel.  Some of his basic themes were that:

 

·         the line separating Israel and the Palestinian Authority should be the 1967 border;

·         that building in Judea and Samaria had increased four-fold since Annapolis;

·         that the Israelis were not pursuing the negotiation wholeheartedly;

·         that the PA received valuable diplomatic support from Egypt and Norway;

·         that Israelis were indifferent to Palestinian suffering under the "Occupation."

 

Malki’s comments were followed by a question and answer period, which was disturbing because the moderator, David Kimche, never bothered to ask any of the reporters to identify themselves and to state whom they represented.  It seemed, also, that no member of the press was a native English speaker. 

 

Nevertheless, it is still possible to form some tentative impressions from a colorless encounter such as this.  One may gather that the Palestinian problem has become marginalized and that it has lost legitimacy.  With the exception of the true believers in the State Department, very few people – including the Palestinians really believe deep in their hearts that the cause of peace and justice in the world has anything to do with the creation of a Palestinian state.  If the Palestinians really wanted a state, they could have gotten a deal at Camp David, but they missed the train.  Also, the late Feisal Huseini, in a 1990 interview with the leftist magazine, Etgar, stated that he was striving to gain support for a deal with the Palestinians not only of the Israeli Left but also of the mainstream center. The Palestinians, with their campaign of terror, abused this source of good will.  Israelis are not fools.  The public will not forget the victims of Palestinian terror, the blood libel of Muhammad al-Dura, the lynch mob in Ramallah, Palestinians passing out candy after 9/11, and, of course, Farfur the Mouse.  This support of the Israeli center evaporated, because the Palestinians destroyed it.  Further, as Former President Carter wrote in his book, Martin Luther King had said that the worst thing that could happen to the civil rights movement was that it would become boring, and he feared that this would happen with the Palestinian cause. 

 

Now that Gaza has broken off from the Palestinian Authority, it may be more accurate to speak of a three-state solution.   For this, the Palestinian Authority can thank the Bush administration which, by forcing elections in Gaza, gave them the kiss of death.  The two-state solution may be in danger, as Riad Malki stated, but it is closer to the truth that we shall have a three-state solution, and with the loss of Gaza, the Palestinian Authority has been greatly weakened.  For most, this really does not matter.  The subject has become boring. 

 

 

Dr. Joel Fishman is a Fellow of a research center in Jerusalem.