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Obama sera élu et pourrait être le nouveau Roosevelt, Fred Rabeman
21/09/2008

Véritable hymne à la gloire d’Obama et à la toute puissance des critères économiques en matière électorale, cette analyse optimiste en surprendra plus d’un. Bien que n’étant guère convaincu, j’ai cru bon de donner tribune à cette opinion, parce qu’elle ne manque pas d’arguments plausibles, même s’ils sont présentés de manière un peu trop mécaniste à mon goût. J’ajouterai que cet article a été rédigé début juillet, soit avant que l’Amérique ne passe à deux doigts d’une récession façon 1927, et que l’économie mondiale en soit affectée. A mon avis, la question tournera moins autour des "marqueurs" économiques qu’autour de l’aptitude des candidats à faire face aux graves défis de l’heure, qui ne sont pas seulement économiques, mais également militaires. Contrairement à ce qu’affirme Rabeman, il se pourrait que les motivations de vote soient plus psychologiques que technocratiques, et que le choix du candidat soit dicté par la peur de porter au pouvoir un homme, certes brillant orateur, mais qui pourra apparaître comme trop jeune et donc moins mature que le "vieux" héros du Vietman. Pour finir, je dirais qu’il est toujours dangereux de prophétiser, ce que, personnellement, je me garderai bien de faire. (Menahem Macina).

8 juillet 2008

Texte reproduit du blogue de fred.rabeman, avec l’autorisation de son auteur.


[La mise en grasses et en couleur de certains passages est le fait de l’auteur de l’article.]


C’est toujours l’économie qui décide. Bush fut assez intelligent et malin dans sa rhétorique de candidat, mais, en fait, c’est l’économie qui l’a fait triompher par deux fois. En 2000, les Américains se sont débarrassés des Démocrates car ils percevaient, à la suite de la déconfiture de Wall Street, que l’économie virait à la récession. En 2004, les Américains ont maintenu Bush au pouvoir car ils ont estimé qu’ils recommençaient à dépenser normalement depuis 2003. Maintenant, l’état de l’économie exige un programme politique où le rôle du Gouvernement sera accru. Si le sénateur McCain était subtil, il se présenterait comme le vrai successeur Roosevelt pour sauver l’économie. Mais ses stratèges l’empêcheront d’explorer cette voie car il y va de l’identité du Parti Républicain.

Il y a quatre ans, nous avions correctement prévu la réélection de George W Bush. Nous affirmons maintenant qu’Obama sera le prochain président des Etats-Unis. Notre méthode est purement économétrique. Nous choisissons des indicateurs économiques, appliquons un modèle propriétaire d’Analyse Technique et tirons la conclusion. Le modèle devrait toujours fonctionner. En effet, nous constatons que le modèle s’est avéré extraordinairement juste pour toutes les élections, depuis 1960.

Un mot sur les sondages : ils ne nous intéressent pas. En effet, les Américains votent avec leurs pieds, c.-à-d. en tant qu’agents économiques jugeant l’action de l’État fédéral. Que pense l’électeur américain de sa situation économique ? C’est en fonction de ce sentiment que l’électeur Américain blâme ou approuve le gouvernement qui conduit la politique économique.

Quand nous disons « les Américains », nous désignons le segment des Américains qui font pencher la balance. Ce sont les « indécis », qui votent à droite ou à gauche selon leur perception des circonstances ; ils sont ce que nous nommons « l’opinion mobile », que l’on doit cerner par des indicateurs eux-mêmes mobiles.

Nous estimons que 3 indicateurs sont vraiment pertinents pour saisir la situation économique de l’électeur américain : la confiance du consommateur, la durée du chômage et le taux d’intérêt.

À un moment donné de la situation macro-économique, l’électeur imagine sa consommation future. Quand l’électeur américain est pessimiste, le gouvernement sortant est blâmé. Inversement, le gouvernement est reconduit quand la confiance du consommateur est en hausse. C’est simple. Un analyste politique devrait toujours avoir cela en tête et donc examiner l’indicateur de la confiance des consommateurs de l’Université du Michigan.

Habituellement, les analystes politiques étudient le taux du chômage pour voir si le gouvernement sortant a bien stimulé l’emploi. Nous pensons que c’est une fausse piste. Le taux du chômage est le rapport entre 2 mesures, la masse du nombre de chômeurs par la masse de la population active totale. Dans une démocratie avec deux partis dominants, il est crucial de comprendre comment l’opinion majoritaire peut changer.  La mesure du mouvement est la vitesse. Ce qui compte vraiment pour les chômeurs, c’est la durée du chômage. Quand pourrai-je trouver un emploi pour pouvoir dépenser normalement ? Et si j’étais licencié, quelle serait la durée de mon chômage ?

Avons-nous besoin de plus ou de moins de gouvernement ? Les Américains changent régulièrement d’avis sur cette question décisive. S’il faut plus de gouvernement pour améliorer la situation économique personnelle des Américains, alors les Démocrates sont élus. Si le secteur privé est la meilleure réponse, alors les Républicains sont élus. Au lendemain de la Grande Dépression, les Américains ont été séduits par le programme de solidarité de Roosevelt. Les Américains ont réélu Clinton en 1996, car ils ont estimé qu’il fallait que la nation ait un budget équilibré. En revanche, quand l’économie est en pleine expansion, les Américains veulent voir qu’ils peuvent dépenser plus, s’endetter en ayant davantage recours au secteur privé. L’abaissement des impôts devient nécessaire.  Dans ce genre de conjoncture, les Républicains gagnent grâce à leur discours pro-business. L’arbitre de la question de l’importance du gouvernement dans les affaires économiques, c’est la Banque Centrale. Quand le taux d’intérêt baisse, la Banque Centrale fait savoir que la croissance est en danger ; cela équivaut à dire que les Américains feraient bien de se tourner vers le gouvernement.  Si une élection se produit à ce moment-là, le discours démocrate est le plus crédible. Quand le taux d’intérêt augmente, le consommateur perçoit que sa dette peut aussi augmenter sans risque. Dans cette situation, les entreprises estiment également qu’elles peuvent s’endetter. C’est l’enclenchement d’un cycle vertueux (sauf pour les économistes autrichiens) où l’expansion du crédit s’accompagne de la baisse du chômage et de l’accroissement des disponibilités personnelles, et en conséquence le secteur privé est le meilleur choix économique de l’électeur. Le gouvernement doit juste alors abaisser les impôts pour satisfaire l’électeur.

Et pour finir, il y aurait certainement d’autres indicateurs susceptibles d’affiner nos prévisions. Mais nous pouvons fermement affirmer que nos 3 indicateurs sont suffisants pour faire une prévision très juste.

Nous sommes certains que Barack Obama sera élu.

En effet, [voici ce qu’on constate] sous la deuxième présidence de George W. Bush :

·         La confiance du consommateur a plongé à son niveau le plus bas depuis 28 ans. Bush et les Républicains sont perçus comme les pires acteurs depuis Jimmy Carter.

·         La durée du chômage monte en flèche depuis 2007. Les Américains voient qu’il est plus difficile de trouver le travail ; par conséquent ils accusent Bush et les politiques républicaines.

·         La Banque Centrale ne cesse d’indiquer que les Autorités doivent intervenir pour aider l’économie ; les taux d’intérêt ont été abaissés en conséquence, des fenêtres spéciales de crédit sont ouvertes par les autorités,  et il n’y a aucune chance pour que le taux d’intérêt soit augmenté avant l’élection. Selon la Banque Centrale,  l’État fédéral est la solution aux problèmes des Américains ! Les Démocrates n’ont alors aucune difficulté à se présenter comme les sauveurs.

Et si ces 3 critères ne suffisent pas, Wall Street a déjà voté pour Obama depuis l’été 2007.

McCain pourrait essayer de se dissocier de Bush en proposant des mesures pour aider les Américains. Mais on n’a jamais entendu dire que la solidarité était un thème crédible chez les Républicains. Obama augmentera-t-il les impôts ? Peu importe, car les Américains estimeront que les riches devront vider leurs poches pour sauver l’économie. McCain promettra-t-il un budget équilibré, la santé gratuite pour tous les Américains ? Cela ne serait pas crédible, parce que les Républicains incarnent un individualisme qui n’est populaire que quand l’économie tourne.


Et nous pensons même qu’Obama sera réélu en 2012 !


Si l’économie américaine demeure morose dans les 18 prochains mois, comme nous le pronostiquons, Obama puisera son inspiration dans le "New Deal" de Roosevelt  pour faire valoir que [l’intervention de] l’Etat est nécessaire pour promouvoir la prospérité de l’Amérique. L’économie américaine est dynamique, les Américains la remettront en place par eux-mêmes au cours des quatre prochaines années, et c’est Obama qui en récoltera le crédit politique


Il est évident que les Etats-Unis feront tout ce qui est nécessaire pour éliminer la menace nucléaire de l’Iran. Si Bush frappe l’Iran, Obama devra présider la nouvelle politique extérieure résultant de la victoire ; si Bush ne frappe pas l’Iran, Obama devra faire le boulot… comme Roosevelt. En outre, l’Amérique fera pression sur Israël pour signer la paix avec l’Autorité Palestinienne. L’histoire sourira ainsi à Obama, qui sera considéré comme un grand président de Paix.

Mais ce qui est le plus important pour nous, la confiance du consommateur aura été rétablie d’ici 2012, et la durée du chômage aura chuté. Ces faits assureront la réélection d’Obama, à condition que la politique de la Banque Centrale incite les électeurs à faire confiance à l’État fédéral, en soutenant, par exemple, l’idée d’un budget équilibré.

Dans ce cas, OBAMA terminerait sa deuxième présidence en 2016 comme le plus grand président depuis Roosevelt, pour avoir été capable de sauver l’économie et d’instaurer la Paix au Moyen-Orient.


Dieu bénisse l’Amérique !

 

© Fred Rabeman

 

Remarque de l’auteur de l’article : "La version originale est publiée sur le site Op-Editorial, qui a correctement pronostiqué la réélection de Georges W. Bush, en 2004."

 

 

Mis en ligne le 21 septembre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org