Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)

À Jérusalem, Rachida Dati séduit les Israéliens, Laurence de Charette
23/09/2008

"La garde des Sceaux a déclaré ce week-end : «On ne discute pas avec le terrorisme, on le combat.»". ("Le Figaro").

22/09/08

 

Sur le site du Figaro 

 


Après s’être rendue samedi sur l’esplanade des Mosquées, la ministre de la Justice a visité hier
le Mémorial de la Shoah de Yad Vashem et le mur des Lamentations (notre photo).
Crédits photo : AFP

«Souvent, les symboles sont des gadgets, mais s’ils font avancer les choses, alors, pourquoi pas ?…»

Pendant deux jours, Rachida Dati a renoncé à s’agacer des questions sur ses «origines» et leur rôle «symbolique» qui, à Paris, la font parfois sortir de ses gonds. En déplacement, ce week-end, en Israël et dans les Territoires palestiniens, la garde des Sceaux a suscité une vive curiosité chez ses deux hôtes. Une femme ministre, de famille musulmane, et, qui plus est, célibataire et future maman… Son profil atypique a fait l’objet de nombreux commentaires dans les médias.

C’est du côté israélien qu’elle semble avoir amassé le plus fort capital sympathie. Le quotidien de référence, Haaretz, marqué à gauche, lui a consacré un élogieux portrait en une.

«Les Israéliens sont agréablement surpris de constater qu’un ministre français d’origine arabe leur manifeste sa sympathie »,

explique Frédéric Encel, maître de conférences à Sciences Po Paris.

« De plus, ils sont très ’glamour’. Qu’elle soit bientôt mère les séduit, et tout un pan de la société moderne est très attaché aux libertés individuelles, notamment celles des femmes.»

Le quotidien populaire Maariv louait, il y a quinze jours, le fait que la ministre ait «choisi sa vie».

Rachida Dati s’est certes rendue en Israël dans le sillage de Nicolas Sarkozy, venu au printemps dernier, et dont les prises de position ont été très appréciées. Mais, accompagnée par le président du Crif, Richard Prasquier, elle a su tisser par elle-même des liens avec l’État hébreu. En Israël, beaucoup ont encore en mémoire son intervention sur un plateau télévisé, le soir du premier tour de l’élection présidentielle française, quand elle s’opposa au leader de la LCR, Olivier Besancenot, qui fustigeait la politique du gouvernement en matière d’immigration, la comparant à des «rafles».

«Des rafles, mais vous savez ce que ce mot signifie !»,

s’était-elle alors emportée. Elle a lancé dimanche un mot d’ordre tout aussi populaire en Israël :

«on ne discute pas avec le terrorisme, on le combat»,

ajoutant que

«les Palestiniens doivent renoncer à la violence»

et qu’Israël devait

«traiter le peuple palestinien avec justice».

D’un symbole à l’autre

Dans ce climat de confiance, la garde des Sceaux n’a pas échappé aux questions sur sa «vie privée».

«Ce qui est gênant, ce sont les rumeurs, car les rumeurs sont difficiles à démonter. Ce qui est gênant, c’est que l’on puisse supputer… mais je n’y attache pas beaucoup d’importance. »,

a-t-elle confié, à des milliers de kilomètres de Paris, en allusion à sa grossesse.

Côté palestinien, l’image de la ministre de la Justice, venue sceller une coopération juridique pour la création d’une Cour suprême, semble plus contrastée. Mais les attentes n’en sont pas moins vives.

«Que les responsables israéliens me consultent, moi, ce n’est pas rien»,

a-t-elle expliqué, en [guise] d’encouragement, à la dirigeante d’une organisation non-gouvernementale qui se désespérait de la situation politique. Une situation qu’elle a pu évoquer lors de rencontres avec plusieurs responsables, dont le président israélien, Shimon Pérès.

D’un symbole à l’autre, elle a également veillé à visiter l’esplanade des Mosquées aussi bien que le mur des Lamentations et Yad Vashem.

 

Laurence de Charrette

Envoyée spéciale du Figaro

 

© Le Figaro

 

[Texte aimablement signalé par Matsada – Info.]

 

Mis en ligne le 22 septembre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org